Publié le 20 Février 2017

Un évêque réactionnaire et anti-IVG nommé en Alsace par l’État !

Nous avons appris cette semaine la nomination de M. Luc Ravel au poste d’évêque d’Alsace. Concordat oblige, cette décision ne concerne pas uniquement les catholiques alsaciens, mais bien toute la population. En effet, le clergé alsacien est choisi et entretenu financièrement par l’État : la nomination de M. Ravel a donc reçu l’aval de François Hollande.

Le Concordat date de l’époque napoléonienne : il a été abrogé en 1905 en France, mais pas en Alsace-Moselle puisque la région était alors sous souveraineté allemande. Le Concordat désigne le fait que, dans notre région, les clergés catholique, protestant et israélite sont payés et nominés par l’Etat, c’est-à-dire par les impôts des Français. Il instaure aussi un enseignement religieux dans l’enseignement primaire. Nous tenons à rappeler que le Concordat n’a en aucun cas de lien avec le régime spécial d’assurance-maladie d’Alsace-Moselle.

 

Des propos scandaleux d’un évêque soutenu par l’extrême-droite

Au-delà de l’atteinte à la laïcité que représente le Concordat, nous nous interrogeons sur la personne de M. Ravel qui, même au sein de l’Église catholique, apparaît comme profondément réactionnaire. En effet, avant d’être nommé en Alsace, il a exercé la fonction d’aumônier aux Armées. Cette fonction l’a amené à s’exprimer dans la revue EGMIL, le Mensuel de l’Aumônerie Militaire. Il y a tenu des propos si scandaleux que l’Armée de Terre a décidé de retirer son logo de la revue afin de ne plus y être associée. Petit florilège commenté :

« D’un côté, des adversaires déclarés et reconnus : les terroristes de la bombe, vengeurs du prophète. De l’autre côté, des adversaires non déclarés mais bien connus : les terroristes de la pensée, prescripteurs de la laïcité, adorateurs de la République. Dans quel camp se situer comme chrétien ? Nous ne voulons pas être pris en otage par des islamistes. Mais nous ne souhaitons pas être pris en otage par des bien-pensants. L’idéologie islamique vient de faire 17 victimes en France. Mais l’idéologie de la bien-pensance fait chaque année 200 000 victimes dans le sein de leur mère. L’IVG devenue droit fondamental est une arme de destruction massive. Alliés pour la France avec d’autres, nous devons faire front contre les attaques terroristes explicites. Mais, pour autant, nous ne devons pas cautionner les folies de l’euthanasie, du mariage pour tous et autres caricatures de Charlie-Hebdo. »

Ici, M. Ravel fait un parallélisme répugnant entre les terribles attentats qui ont touché la France et le droit à l’avortement, qu’il nomme « l’idéologie de la bien-pensance », dans une rhétorique chère à l’extrême-droite. M. Ravel se positionne non seulement très clairement dans le camp de la réaction, mais il le fait en culpabilisant les femmes qui choisissent d’avorter en les comparant aux terroristes de Daesh qui ont massacré nos concitoyens.

Ces propos scandaleux ont par ailleurs été repris et appuyés par une grande partie de l’extrême-droite française. Suite à ses attaques contre le Mariage pour Tous et l’IVG, de nombreuses associations féministes et LGBT ont dénoncé l’idéologie portée par M. Ravel. Mais ce dernier a pu compter sur des soutiens de poids, comme le très progressiste Riposte Catholique, site ouvertement traditionaliste qui a fustigé les attaques du « Lobby LGBT » contre M. Ravel. Il a également eu droit à un article élogieux de la part du site internet reinformation.tv, portail d’information extrémiste bien connu.

 

L’urgence d’une réflexion sur le Concordat

Le fait que de tels propos soient soutenus et relayés par l’extrême-droite ne nous surprend pas. En revanche, les nombreux messages de félicitations que l’évêque a reçu de la part de la classe politique alsacienne nous révoltent profondément. Le maire de Strasbourg, qui se prétend être une capitale européenne des droits de l’Homme et de la démocratie, a tenu à exprimer à M. Ravel « ses meilleurs voeux de réussite dans sa mission. » Le député bas-rhinois Patrick Hetzel a aussi tenu à lui souhaiter la bienvenue.

Comme souvent, on voit toute la complaisance dont peut bénéficier la frange réactionnaire de l’Église de la part des pouvoirs publics : la mairie socialiste de Strasbourg prétend défendre la laïcité et les droits de l’Homme mais tient à féliciter un réactionnaire de la pire espèce qui promeut une vision dégradante des femmes et des LGBT.

 

Le Mouvement des Jeunes Communistes du Bas-Rhin tient à exprimer son indignation face à la nomination d’une personne haineuse et soutenue par l’extrême-droite, nomination qui s’est faite avec l’aval de l’État. Nous condamnons également avec la plus grande fermeté les propos scandaleusement complaisants qui ont été tenus à l’égard de M. Ravel par certains hommes politiques alsaciens.

Pour mettre fin à ces situations, notre Mouvement réclame :

- La nomination d’un nouvel évêque qui n’ait pas été soutenu par l’extrême-droite ;

- Des excuses publiques de la part du maire de Strasbourg ainsi que de tous les élus de la République qui ont souhaité la bienvenue à ce réactionnaire de la pire espèce ;

- La tenue d’un référendum sur l’abrogation du Concordat en Alsace-Moselle afin que la laïcité soit pleinement appliquée sur l’ensemble du territoire de la République française.

 

Le Mouvement des Jeunes Communistes du Bas-Rhin

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Publié le 20 Février 2017

Culture du viol : mieux la comprendre pour mieux la combattre

Aujourd'hui, dans un système patriarcal des plus forts, la « culture du viol » fait partie intégrante de notre quotidien. La totalité de ses aspects est pour la plupart du temps invisible à nos yeux. C'est déjà cela le premier succès de la culture du viol : le fait même d'être devenue une culture, banalisée et ancrée dans les mœurs de la société, qui excuse, tolère voire approuve le viol et dont plus personne n'a conscience. Le mot « viol » lui-même reste tabou, secret, honteux: si cela serait surprenant pour un fait qui est pourtant si fréquent, cela ne l'est pas dès lors qu'on s'aperçoit que le viol n'est qu'un des outils dont dispose le système patriarcal pour rendre les hommes propriétaires des femmes et de leurs corps. Lors des rapports sexuels non-consentis, les viols, l'agresseur s'empare de la sexualité des femmes, il la leur arrache.

La culture du viol nie l'importance ou la nécessité du consentement féminin dans les rapports sexuels. Elle est véhiculée par des pratiques, des paroles, des affiches, des publicités, des vidéos... qui propagent le message que le viol n'est pas si grave que ça, en minimisant son atrocité, en le rendant banal, un « accident » du quotidien. Cela peut également passer par affirmer que le viol est rare. On sait pourtant qu'en France 16 % des femmes ont vécu un viol (plus de 75.000 femmes sont violées chaque année en France, une toute les sept minutes)1 ; 1 femme sur 10 sera victime de viol, d'agression sexuelle ou de tentative au cours de sa vie2. Ce sont des statistiques plus que minimes face à la réalité, puisque ces données reposent sur les plaintes déposées, alors qu'une large majorité ne porte pas plainte : seulement 10 % de victimes de viol ont déposé plainte3, 62% des femmes victimes de viol ont décidé de ne pas en informer ni la police ni la gendarmerie, et ceci pour s'éviter « des épreuves supplémentaires » (selon l'étude de l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales - ONDRP)4. Au delà des obstacles matériels (coûts de la procédure, de l'avocat, etc), la culture du viol est précisément la raison de ce manque de plainte. L’accueil de la police en cas de dépôt de plainte est tout sauf adapté : elle rejette souvent la plainte, fait des remarques désobligeantes en affirmant que le cas en question ne peut pas être considéré comme un viol pour telles ou telles raisons qui font partie de la culture du viol. Certains policiers vont jusqu’à sous-entendre (et parfois l'affirment clairement) que les femmes victimes de viol « l’auraient cherché ». C’est ce que dénonce le tumblr « Paye Ta Police »5 qui regroupe des témoignages de personnes ayant subi des viols et qui ont fait face par la suite à des remarques des plus terrifiantes. Dans une situation pareil, il n'y a rien d'étonnant si le viol reste impuni par la société et par la ''Justice'' : moins de 2 % des violeurs sont condamnés en France, les peines sont rarement lourdes et beaucoup de plaintes aboutissent à des non-lieux6. Parallèlement, il n'y a rien d'étonnant si des femmes qui ont réussi à parler autour d'elles des agressions sexuelles subies, ou qui ont déposé plainte, se voient ensuite victimes de plaintes pour « diffamation » de la part de leurs agresseurs.

N'oublions pas que les minorités trans et handicapées sont les plus touchées par les agressions sexuelles : 1 personne transgenre sur 2 est agressée sexuellement ou attaquée à un moment de sa vie. Le handicap d’une personne peut l’empêcher de se défendre ou d’exprimer ce qu’elle a vécu.

Le rapport de classe n'est pas inexistant à ce moment présent. Tous les violeurs ne sont pas traités de la même manière. Si le violeur est un prolétaire, un jeune des quartiers populaires, il y aura plus de chances que la justice réagisse ; mais combien de cas sont restés impunis lorsque le violeur faisait partie de la classe bourgeoise, connaissait un juge, un avocat, un policier ? Lorsque ce sont des membres mêmes de la police qui violent, comme dans le cas de Théo Luhaka, nous avons vu quelle est la réponse de la justice.

La culture du viol touche également les hommes : selon la même culture, l'homme est toujours consentant, et lors d'un viol d'une femme sur un homme les réactions seront soit méprisantes (« Il aurait pu se défendre ») soit des plus déplacées (« Il a forcément aimé »). Oui, un homme peut être victime de viol (dans 10 % des cas la victime est un homme, souvent mineur au moment des faits7), et non il n'y a toujours pas de soi-disant plaisir dans l'acte du viol. De plus, lorsque un homme est victime de viol par un autre homme le sujet est encore plus tabou, la société imposant un sentiment de honte encore plus tenace.

 

Tout violeur quel qu'il soit doit être puni ! Et chaque victime doit être reconnue comme telle !

 

Par ailleurs, le viol est de plus en plus instrumentalisé pour propager xénophobie et haine raciale : comme dans le cas des agressions sexuelles du Nouvel An 2016 à Cologne, la bourgeoisie tire profit des cas de viol pour affirmer qu'il existerait des peuples composés structurellement par des violeurs et/ou propageant une culture du viol (les « autres ») et des peuples n'ayant rien à voir avec tout cela (« nous »).

 

Le système patriarcal propage tout simplement une méconnaissance totale de ce qu’est le consentement. En effet, une étude de l'association Mémoire Traumatique et Victimologie a récemment révélé que 19% des interrogés pensent que lorsqu'une femme dit "non" à une proposition de relation sexuelle veut en fait dire "oui". Ou encore, 21% de jeunes de 18 à 24 ans estiment que les femmes peuvent prendre du plaisir à être forcées lors d'une relation sexuelle8. Si on ne sait pas ce qu'est le consentement, on ignore aussi ce qu’est le viol. Le viol conjugal est une autre réalité souvent occultée par la culture du viol. A croire que le viol n’est un viol que dans le cadre où il est perpétré par un inconnu en imperméable noir dans une petite ruelle sombre. Or, dans 80% des cas l’agresseur est connu de la victime, dans 50 % des cas il s'agit d'un membre de la famille ou de l'entourage proche, et dans 34 % des cas il s’avère être le conjoint9. Le fait d'avoir épousé ou être en couple avec quelqu'un ne signifie en aucun cas donner un consentement automatique à tout rapport sexuel.

D'autres nombreux éléments justifient, normalisent et donc excusent le viol dans la société. Que ce soit des publicités, comme celles tristement célèbres d'American Apparel, de Depiltech, de Johnny Farah, de Sisley, de Dolce&Gabbana, de Calvin Klein, de Belvedere Vodka, de Bagelstein etc. souvent censurées pour incitation au viol10. Que ce soit dans les programmes télé, où les agressions sexuelles sont banalisées derrière les rires des spectateurs et présentateurs, comme par exemple lors de l'agression sexuelle que Capucine Anav a subi de Cyril Hanouna dans l'émission Touche Pas à Mon Poste, ou encore celle que l'actrice Soraya Riffi a vécu par le chroniqueur Jean-Michel Maire dans la même émission. Même dans les jeux vidéo cette culture du viol est présente : par exemple, dans la saga de Tomb Rider, le personnage de Lara Croft subit un viol qui sera dénommé par la suite « calvaire charnel », sauf qu'il ne s'agit pas d'un calvaire charnel mais d'un viol pur et simple.

Il n'y rien d'étonnant si certaines associations étudiantes propagent elles aussi la culture du viol, par des affiches de soirées, des vidéos, des chansons, etc. Par méconnaissance totale de ce qu'est la culture du viol, ces associations osent encore se justifier : « ce n'était pas sérieux », « c'était pour rigoler », ou pire encore « c'est la tradition »11.

Nous pouvons aller bien sûr plus loin dans cette analyse, puisque l'existence même de certaines institutions comme celle de la prostitution favorisent la culture du viol. Rappelons-le, une femme qui est forcée par le système capitaliste de se prostituer pour vivre, et qui n'a en aucun cas de choix sur les hommes avec qui elle devra avoir ses rapports, sans oublier les violences commises trop fréquemment par le client sur la prostituée, tout cela ne relève en aucun cas du consentement ! Le fait que la misère du système capitaliste ne laisse d'autre choix à des femmes que de se prostituer ne signifie pas que leurs rapports sexuels soient consentants, puisqu'ils ont lieu sous contrainte matérielle (le besoin d'argent) ou d'intégrité physique (violences de la part des clients et des protecteurs).

Pour continuer, la pornographie autorisée et normalisée reste également un élément qui propage la culture du viol. La pornographie est en majorité une représentation du sexe pour les hommes, et du sexe violent, brutal, où le plaisir de la femme est soit mystifié soit complètement effacé au profit de celui d'un soi-disant fantasme masculin de forcer, violenter et humilier la femme. Cela n'est qu'un reflet de l'idée, bien trop généralisée, que le sexe n'est que pour l'homme. La pénétration serait un plaisir d'homme aux dépens de celui de la femme qui, elle, ne peut aimer cela. Cette idée, bien évidemment fausse, continue l'expansion de la culture du viol : si le sexe est pour l'homme, chaque fois qu'une femme a des rapports sexuels elle subit un viol.

La culture populaire affirme cette culture du viol. Dans le plus ridicule, il existerait un soi-disant fantasme de la femme d'être forcée. Dans quel lieu et monde une femme aurait plaisir à se faire violer ? N'est-ce pas plutôt un acte destructeur et traumatisant pour une femme ? Il n'y a aucun plaisir à se faire pénétrer par la force et dans la douleur. Il y a bien entendu les « mais » : « elle a bu », « elle était habillée de façon provocante », etc. Encore une fois ce sont des aberrations banalisées, puisque une pénétration quelle qu'elle soit, sans consentement, sous drogues ou alcool, sous menaces ou contraintes, est un viol. Le vocabulaire même pour parler de viol est ancré dans cette culture. Lorsque nous disons « une femme s'est faite violer », nous montrons cette responsabilité et culpabilisation que l'on porte à la victime, au lieu de porter l'attention sur le fait que « quelqu'un a violé ».

Alors nous le réaffirmons : une femme victime de viol n'est pas la fautive ! Il n'y a pas de « mais » possible, la façon dont elle s'est habillée, le fait qu'elle ait bu, ne sont en aucun cas des facteurs de cause : le violeur est le seul coupable !

Une société où le viol n'est même plus une surprise tellement il est banal, une société où on culpabilise une femme d'avoir été une victime de viol, une société qui rigole du viol, un système où sa police et sa justice humilient des femmes déjà meurtries est un système meurtrier !

 

Maintenant il faut se poser la question de pourquoi cette culture du viol et à quoi sert-elle ? Les violences sexuelles sont bien entendu un outil de contrôle, un moyen de dominer, humilier les femmes et les rendre dociles. La culture du viol apparaît alors d'elle-même : puisque la société viole, la culture du viol existe et est nécessaire pour approuver et excuser.

Les agressions sexuelles et le viol sont utilisés par les patrons sur les ouvrières, jouant sur la double domination de la femme (au sein des rapports de production capitalistes et des rapports de domination genrée dans le patriarcat). Avant que les femmes rentrent dans le monde du travail, les agressions sexuelles et le viol étaient utilisés pour les garder à la maison : la peur du viol et des violences sexuelles permettait au système capitaliste de garder les femmes à la maison en tant qu'outils pour qu'elles reproduisent la force de travail de l'homme, en lui faisant à manger, s'occupant de lui et des enfants, etc. Puis le système capitaliste a eu besoin des femmes au travail (d'abord suite à l'introduction du machinisme dans la grande industrie et ensuite pendant les périodes d'économie de guerre), et l'outil du viol à continuer d'exister mais à d'autres fins : contrôler la force de travail des femmes. On voit bien alors comment les rapports de production influencent et nourrissent la culture du viol : dès lors que l'on considère la femme comme un instrument (en tant que force de travail ou en tant que reproduction de la force de travail), quel besoin de lui accorder son mot à dire ?12

Le viol a historiquement servi d'instrument de répression à l'époque où la bourgeoisie mettait tout en œuvre pour enfermer les femmes à la maison et les mettre au bas du monde du travail, les écrasant sous l'autorité masculine : après les avoir dépossédées de toute propriété et existence juridique (XVIe siècle), après avoir détruit les métiers indépendants jusqu'alors occupés par des femmes (XVIIe siècle), le viol devient une pratique diffuse et licite à l'encontre des femmes qui ne sont pas mariées, qui ne sont pas au service d'un homme. C'est seulement en 1980 qu'une loi reconnaît le viol comme un crime en France.

Le viol sert également d'outil à l'impérialisme : en cas de guerre, violer les femmes d'un autre peuple a toujours été un moyen d'imposer domination et humiliation. De l'enlèvement des Sabines (acte fondateur de la Rome ancienne) aux viols de masse commis dans les conflits contemporains tant par des miliciens que par les armées régulières, le scénario est toujours le même.

 

Il est plus qu'urgent de lutter contre la culture du viol, contre la banalisation de ces agressions. Des dispositions immédiates peuvent être prises :

- La création de cellules d’écoute dans tous les lieux de travail et d'étude, afin que les victimes puissent être écoutées et non jugées. La meilleure façon de faire reculer la culture du viol c’est d’en parler, de définir clairement les limites du consentement.

- Lors des plaintes pour viol, mais aussi pour agression sexuelle, la police doit être accompagnée d'une association féministe spécialisée dans ces questions et qui surveille la prise en compte de la plainte ainsi que des éventuels propos tenus par les agents de police.

 

Bien entendu, ces dispositions ne proposent que des résultats partiels bien qu'immédiats. Tant que la société patriarcale continuera d'exister, la culture du viol en tant qu'un outil pour humilier, dominer et exploiter la femme existera. Tant que le système capitaliste continuera d'exister, la marchandisation des corps des femmes et leur objectivisation ne feront qu'alimenter la culture du viol. Le combat à mener cible à la fois le patriarcat et le capitalisme : il ne s'agit pas seulement de briser les liens fraternels que les deux systèmes entretiennent, mais bien de renverser les deux. Cela ne se fera pas sans la participation active des femmes au combat révolutionnaire avec leurs propres moyens d'auto-défense. Ce combat implique non seulement les femmes mais aussi les hommes.

 

Aucune victime de viol ne devrait avoir honte, car encore une fois le violeur est le seul fautif ! Il est temps que cela s’arrête. Face à la culture du viol, faisons front !

 

Mouvement des Jeunes Communistes du Bas-Rhin – groupe de travail Féminisme

 

1 Voir le site Contre le viol, « 10 idées reçues sur le viol » : http://www.contreleviol.fr/viol-en-france/10-idees-recues-sur-le-viol/

2 Voir Marianne, « Le viol en France, enquête sur un silence assourdissant » : http://www.marianne.net/Le-viol-en-France-enquete-sur-un-silence-assourdissant_a204395.html

3 Voir le site Contre le viol, « 10 idées reçues sur le viol » : http://www.contreleviol.fr/viol-en-france/10-idees-recues-sur-le-viol/

4 Voir Le Huffington Post, « En France, seule une victime de viol sur cinq va voir la police ou la gendarmerie » : http://www.huffingtonpost.fr/2017/02/08/une-victime-de-viol-sur-cinq-va-voir-la-police/

5 https://payetapolice.tumblr.com/

6 Voir le site Contre le viol, « 10 idées reçues sur le viol » : http://www.contreleviol.fr/viol-en-france/10-idees-recues-sur-le-viol/

7 Voir le site Contre le viol, « 10 idées reçues sur le viol » : http://www.contreleviol.fr/viol-en-france/10-idees-recues-sur-le-viol/

8 Voir Le Huffington Post, « Pour 27 % des Français, l'auteur d'un viol est moins responsable si la victime portait une tenue sexy » : http://www.huffingtonpost.fr/2016/02/29/francais-victime-viol-etude_n_9346702.html

9 Voir le site Contre le viol, « 10 idées reçues sur le viol » : http://www.contreleviol.fr/viol-en-france/10-idees-recues-sur-le-viol/

10 Pour avoir un aperçu des modalités avec lesquelles les publicités propagent le sexisme en général et la culture du viol en particulier, voir la vidéo de la campagne Women Not Objetcs : http://www.huffingtonpost.fr/2016/03/11/campagne-anti-objectivation-women-not-objects_n_9438320.html)

11 Pour prendre des exemples récents à l'Université de Strasbourg, au-delà des bizutages régulièrement subis lors des journées d'intégration et constituant souvent des attouchement sexuels non-consentis, il suffit de regarder les polémiques récentes quant à la vidéo du BDE de l'IEP banalisant une agression sexuelle (https://www.facebook.com/EtudiantsCommunistesStrasbourg/posts/663919520377210), à la vidéo de l'Amicale des Étudiants en Médecine montrant des femmes en « libre service » (https://www.facebook.com/UNEF.Strasbourg/posts/10157821172020114), au bréviaire du Comité des Traditions de l'INSA banalisant culture du viol, sexisme et homophobie (http://uecstrasbourg.over-blog.com/2017/01/culture-du-viol-sexisme-homophobie-les-belles-traditions-de-l-insa-strasbourg.html).

12 C'est par rapport à cette situation que Friedrich Engels dans L'origine de la famille, de la propriété privée et de l’État (1884) a pu dire : « Dans la famille, la femme est le prolétaire et l'homme est le bourgeois ». Et c'est aussi pour cette raison que Karl Marx, dans son analogie entre mariage et prostitution, qualifie les femmes de « simples instruments de production » dans la société capitaliste. Du reste, dans la mesure où leur rôle, dans la division du travail, est d'être au service de leurs conjoints, on comprend mieux pourquoi elles sont aliénées (dépossédées de ce qu'elles font, de ce qu'elles sont et de ce qu'elles veulent).

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Publié le 15 Février 2017

BU ouvertes 24h/24 et 7j/7 : le débat à l'Unistra cache encore des vrais problèmes des étudiants

Dans un article publié sur Rue89 Strasbourg (http://www.rue89strasbourg.com/bibliotheques-universite-ouvertures-dimanche-115815?utm_source=Newsletter+Rue89+Strasbourg&utm_campaign=43ef46be7f-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email&utm_term=0_2cc103f91a-43ef46be7f-68257297&mc_cid=43ef46be7f&mc_eid=2b83ea8e9a), le président de l’Université de Strasbourg Michel Deneken s’est déclaré favorable à l’ouverture le dimanche des bibliothèques, comme cela est actuellement le cas pour la BNU. Cette question de leur ouverture dominicale ayant été déjà soulevée auparavant par des étudiants, l’Union des Étudiants Communistes de Strasbourg en profite pour réaffirmer ses positions sur ce sujet. Si ce genre de projet peut sembler bénéfique, ce n’est qu’un masque qui cache le fond de problèmes réels rendant l’ouverture des bibliothèques le dimanche tentante.

 

Note : cet article est en grande partie tiré d’un article publié sur notre blog il a quelques mois de cela (http://uecstrasbourg.over-blog.com/2016/12/bu-ouvertes-24h/24-une-mauvaise-solution-qui-cache-de-vrais-problemes.html)

 

L’ouverture des bibliothèques le dimanche y implique évidemment la présence de salariés. Doit-on encore appliquer sans broncher la logique libérale qui gangrène de plus en plus notre société, selon laquelle les travailleurs doivent à tout prix se plier à la demande de leurs employeurs? Disposer d’un jour de congé hebdomadaire est un conquis social fondamental, malgré sa remise en cause par la loi Macron; peut-on demander à d’autres travailleurs de remettre en cause leurs droits essentiels et légitimes pour notre seul bénéfice? Rappelons en plus le fait que les vacataires travaillant dans les bibliothèques sont souvent des étudiants : sachant que le travail salarié des étudiants est la première cause d’échec à l’Université, il est évident que faire travailler des étudiants vacataires le dimanche ne va que faire empirer la situation. Car oui, le statut d’étudiant-vacataire n’est pas idéal, loin de là ; rappelons par exemple que les vacataires de l’IEP de Strasbourg s’étaient justement mis en grève en janvier dernier pour protester contre l’austérité à l’Université, et pour réclamer une reconnaissance de leurs droits : ces derniers avaient subi plusieurs mois de retard dans le payement de leur salaire ! (voir : http://uecstrasbourg.over-blog.com/2016/01/les-vacataires-de-la-bibliotheque-de-l-iep-strasbourg-en-greve.html). Coupons aussi cours aux idée saugrenues qui pourraient germer dans nos esprits pour justifier cette nouvelle exploitation ; non, ouvrir les bibliothèques le dimanche n’est pas un bon moyen de créer de l’emploi, il existe bien d’autres moyens d’en créer que de faire travailler des étudiants le dimanche. D’ailleurs, si on avait voulu lutter contre le chômage à l’Université de Strasbourg, peut-être aurait-on dû éviter d’appliquer des politiques d’austérité budgétaire ces années ? Enfin, rappellons que les bibliothèques proposent déjà des horaires d’ouvertures très étendus. Ainsi, la bibliothèque U2-U3 est ouverte 75h par semaine, la BNU 80h, et la bibliothèque du PEGE 80h aussi (d’après les horaires présentés par l’application Affluences, recommandée par l’Unistra).

Malgré tout, on ne peut nier qu’une extension des horaires d’ouverture des bibliothèques profiterait à une partie des étudiants qui en auraient besoin ; les étudiants forcés de se salarier pour survivre par exemple. Comment pouvoir étudier dans une bibliothèque quand on sort du travail à 23h ? Les bibliothèques étant fermées de nuit, le seul moyen d’y parvenir est d’y aller le week-end, sachant qu’une seule n’est ouverte le dimanche, et souvent remplie. Le problème est le même pour les étudiants précaires vivant dans un mauvais logement : la bibliothèque est bien souvent la seule alternative à un logement bruyant, de mauvaise qualité, ou ne permettant pas ou peu d’accès à Internet (par exemple les cités-U strasbourgeoises, avec leurs problèmes récurrents de coupure de l’Internet et de manque de salles de travail accessibles). D’autant plus que la fermeture de la bibliothèque Blaise Pascal (http://uecstrasbourg.over-blog.com/2017/01/fermeture-de-la-bibliotheque-blaise-pascal-les-grands-projets-a-l-heure-de-l-austerite-a-la-fac.html)surcharge d’autant plus les bibliothèques déjà existantes, rendant aux étudiants l’accès à un cadre de travail convenable encore plus difficile.

Il est pourtant possible, et nécessaire, d’offrir des conditions optimales de travail aux étudiants, sans forcer d’autres personnes à subir une dégradation de leurs propres conditions de travail. Une ouverture plus longue des BU ne fera que masquer le plus grand obstacle à notre réussite : la précarité étudiante. L’UEC défend depuis des années des propositions en faveur des étudiants, pour abolir à leur source ces difficultés que nous rencontrons tous :

1. La création d’un salaire étudiant inconditionnel, pour remplacer un système de bourses archaïque et insuffisant. Les étudiants ne sont pas de simples écoliers, ce sont des travailleurs en formation, devant travailler tout autant voire plus que des salariés, afin de fournir une main-d’œuvre qualifiée au patronat. Cependant, nombre d’entre eux sont confrontés à la précarité : problèmes de logements, nécessité de se salarier en plus de leurs cours pour survivre, etc. Il en vient deux constats. Premièrement, ce n’est pas parce que le travail des étudiants ne produit pas de richesses pendant le temps d’étude qu’il n’existe pas ; puisque nous passons des dizaines heures à travailler chaque semaine, heures que nous ne pouvons pas investir dans un travail salarié à temps plein, nous avons besoin et nous méritons un salaire ! Deuxièmement, l’existence d’une force de travail bien formée profitant avant tout aux capitalistes qui vont s’enrichir sur notre dos, c’est à eux d’en assumer les frais : finançons notre salaire étudiant par de nouvelles cotisations patronales ! Ainsi, nous aurons de quoi vivre décemment pendant nos études, et nous pourrons ainsi tous disposer entre autres d’un cadre de travail correct : plus besoin de se salarier pour payer un logement adapté à nos besoins, plus besoin d’espérer avoir une place à la BNU le dimanche pour avoir la chance de pouvoir travailler correctement, plus besoin de se forcer à réviser à minuit tous les soirs parce qu’on n’avait pas le temps avant à cause de notre job étudiant, et donc plus besoin de devoir faire travailler des employés de bibliothèque en pleine nuit.

2. La mise à disposition de logements étudiants salubres, à la portée de tous. Pour étudier dans de bonnes conditions, nous avons besoin de logements adaptés à notre situation. Cependant, nombre d’entre nous n’ont pas accès aux cités-U, qui ne couvrent les besoins que de 7% des étudiants. Nous avons donc le choix entre subir des heures de trajet pour accéder à nos facultés, vivre dans un lieu inadapté à un travail efficace, ou dans un logement insalubre. Nous proposons pour cela la nationalisation des résidences étudiantes privées (qui se développent de plus en plus répondant à un besoin réel mais qui font de la spéculation sur la misère étudiante), la construction de nouveaux logements étudiants et la rénovation des cités-U existantes qui ne répondent pas aux besoins d’un travail universitaire, ainsi que la mise en place de loyers pour ces logements ne dépassant pas le montant des APL.

3. Un réinvestissement de 3 milliards d’euros dans l’enseignement supérieur. Si nous voulons plus de places dans les bibliothèques, cessons d’essayer d’étirer les horaires aux dépends du personnel, mais construisons de nouvelles bibliothèques. Cependant, ce genre de projet nécessite de la part de l’État une réelle contribution, pour ne pas retomber dans des situations absurdes comme celle du projet Studium, une dépense de 30 millions d’euros alors que l’Université continue de vivre avec des budgets trop faibles, et privant par ailleurs pendant 3 ans les étudiants d’une bibliothèque ! (http://uecstrasbourg.over-blog.com/2017/01/fermeture-de-la-bibliotheque-blaise-pascal-les-grands-projets-a-l-heure-de-l-austerite-a-la-fac.html). Cette investissement peut par exemple être réorienté depuis d’autres investissements inutiles ne servant qu’à engraisser le patronat, comme les 40 milliards d’euros du CICE, qui a été 10 fois moins utile que ce que promettait le MEDEF, ou les 6 milliards d’euros du Crédit Impôt Recherche.

Le capitalisme n’est pas la seule option ! Ensemble, luttons pour un enseignement supérieur de qualité pour tous !

 

Union des Étudiants Communistes de Strasbourg

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Publié le 12 Février 2017

Mobilisation européenne contre le CETA - mercredi 15 février à Strasbourg

Le MJCF 67 et l'UEC Strasbourg appellent à participer à la journée de mobilisation européenne à Strasbourg le mercredi 15 février 2017 contre la ratification du CETA (Comprehensive Economic and Trade Agreement), traité de libre-échange des marchandises entre le Canada et l'Union européenne.

Notre analyse sur les conséquences du CETA : http://uecstrasbourg.over-blog.com/2016/10/ceta-pour-nous-c-est-non.html

 

L'appel du collectif #StopCETA et le programme de la journée :

http://​​​​​​​https://www.facebook.com/events/1761532844165855/

Tou-te-s à Strasbourg pour le vote du CETA !

Après des années de mobilisation de la société civile des 2 côtés de l'Atlantique, le traité de libre-échange UE-Canada doit être ratifié par le Parlement européen le 15 février. 

Pour la justice sociale et climatique, nous serons là pour dire non au traité des multinationales ! 
#StopCETA 

S'inscrire aux bus au départ de Paris :
 https://www.collectifstoptafta.org/actu/article/mobilisation-stopceta-organisation-des-bus-pour-strasbourg
Si vous partez d'ailleurs en France, contact@collectifstoptafta.org

Programme :

Le 14 février :

19h Soirée festive au CAJ Molodoï (19, rue du Ban de la Roche) avec une rencontre avec des eurodéputé-e-s anti-CETA, les mouvements européens, suivi d'un concert : https://www.facebook.com/events/374850279564420/

Le 15 février : 

8h30 RDV devant le Parlement européen pour l'accueil des eurodéputé-e-s.

10h30 RDV place Kléber à partir de 10h30 pour une marche au Parlement européen avant le vote du CETA. 

12h Arrivée devant le Parlement européen. Vote des eurodéputé-e-s.

14h, nous nous rassemblerons au Molodoï pour une assemblée afin de discuter des suites de la mobilisation. 

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Publié le 7 Février 2017

Programme de la Semaine de la pensée marxiste 2017 à Strasbourg : « Révolution »

L'Union des Etudiants Communistes de Strasbourg a le plaisir de vous inviter à l'édition 2017 de la Semaine de la pensée marxiste, autour du thème de la « Révolution ».

Voici le programme :

Lundi 13 février à 18h, salle A08 du bâtiment Le Platane (Agora) : Projection du film Octobre (Sergueï Eisenstein, 1928) et débat autour des innovations politiques et artistiques du cinéma soviétique : https://www.facebook.com/events/244759982639806/

Mardi 14 février à 18h, Amphi A3 de l'Institut Le Bel : Conférence/débat sur le thème « La contre-révolution capitaliste après 1989 dans les pays de l'Est » avec Maurice CARREZ (professeur d'Histoire contemporaine à l'Institut d'Etudes Politiques de Strasbourg) : https://www.facebook.com/events/161476421019699/

 

L'entrée aux conférences et projections est bien évidemment libre !

 

Qu'est ce que la Semaine de la pensée marxiste ?

Alors que la recherche universitaire et les contenus de nos cours sont chaque jour de plus en plus soumis aux exigences des capitalistes, l'Union des Étudiants Communistes propose une alternative concrète : la Semaine de la pensée marxiste !

Organisée depuis 7 ans sur tous les campus de France, elle vise à faire avancer les connaissances et le débat sur un thème précis chaque année. Elle s'attache à donner la parole à ceux qui ne l'obtiennent jamais : les chercheurs marxistes et progressistes de toutes les disciplines.

Cette année la Semaine de la pensée marxiste portera sur le centenaire de la Révolution d'Octobre 1917 en Russie. L'année 2017 sera riche en commémorations et réflexions autour de l'actualité du projet révolutionnaire des communistes. Il y a tout juste un siècle, le refus de la misère et de la guerre faisait s’embraser toute la Russie, et l’action des plus conscients et utiles des révolutionnaires faisait déboucher cette colère populaire sur la première Révolution communiste de l’Histoire.

En cette année 2017, nous ne pouvions passer outre un événement qui marqua l’histoire mondiale de tout le XXe siècle, et donna une toute autre dimension au mouvement social et à l’émancipation des peuples à travers le monde. Cent ans plus tard si l’URSS s’est effondrée, les luttes et les révolutions ne sont pas mortes. Bien au contraire, les forces révolutionnaires sont plus que jamais en action dans la société : de l’informatique, en passant par les nouveaux modes de travail, les forces productives comme les rapports de production sont en perpétuel bouleversement. Et cent ans après 1917, il existe toujours des hommes et des femmes prêt.e.s à faire advenir une société nouvelle et plus juste : le communisme.

Cette Semaine est un moment essentiel de la vie universitaire du second semestre. Alors que la pensée libérale domine le milieu universitaire, c'est le moment où de nombreux professeurs et écoles de pensée ont enfin la parole et peuvent montrer, sur beaucoup de sujets, que d'autres réflexions et d'autres ambitions pour l'Université sont possibles et nécessaires.

Toutes les infos sur cette semaine au niveau national : www.semaine-pensee-marxiste.org

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Publié le 30 Janvier 2017

Culture du viol, sexisme, homophobie: les belles traditions de l'INSA Strasbourg

Depuis l’affaire Paye Ta Fac (blog regroupant des remarques sexistes proférées dans des établissements universitaires) le sexisme à l’université est de plus en plus dénoncé. Toute discrimination est à combattre, y compris dans nos lieux d'études. Certaines amicales ont montré leur caractère sexiste en organisant des soirées qui avaient une stratégie de communication sexiste, notamment avec des affiches où la femme se trouvait grimée en objet à vocation sexuelle. 

 

L’UEC Strasbourg a récemment été contactée par un étudiant qui nous a transmis des photographies de pages du bréviaire du C.D.T (comité des traditions) de l’INSA Strasbourg. Un CDT est un comité de 9 personnes visant à organiser l’intégration  des nouveaux arrivants dans l’école. Un accueil des nouveaux arrivants semble être une bonne idée.  Mais cette idée devient mauvaise lorsque ces nouveaux arrivants sont nommés « Bizuths », rappelons que le bizutage est interdit par la loi française depuis le 17 juin 1998. 

 

Ce bréviaire constitue une sorte d’archivage de différentes chansons nauséabondes laissées par les organisateurs de ces intégrations au fur et à mesure des années.

Culture du viol, sexisme, homophobie: les belles traditions de l'INSA Strasbourg

Ces chansons ont un contenu particulièrement choquant. Nous voyons clairement dans ces textes des paroles très ambiguës sur des rapports sexuels  « imposés » à ces « bizuths », la chanson ci dessus va même jusqu’à la menace en disant « c’est clair qu’un jour, tu vas prendre très cher ! ». 

Culture du viol, sexisme, homophobie: les belles traditions de l'INSA Strasbourg

De plus, ces chansons extrêmement misogynes comme nous pouvons le voir avec la phrase  « J’aime bien les culs d’ces grosses teuphuhs (pute en verlan) », tendent à s’inscrire dans la tradition de cette école. Il est à noter également que ces bréviaires ne doivent pas sortir de l’école, ce qui montre bien que les CDT savent que leurs chansons diffusent des propos ignobles et violents.

Ces actes sont d’autant plus inquiétant que l’INSA a vocation à former des étudiants pour les conduire vers des postes à responsabilités. Cela pose problème car nous pouvons y voir une continuité entre le sexisme dans l’enseignement supérieur et le sexisme au travail. 

De plus selon nos informateurs ce bréviaire serait vendu aux alentours de 10 euros. Toutefois nous ne savons pas qui touche cet argent, mais la question de la légitimité de ces fonds se pose.

Culture du viol, sexisme, homophobie: les belles traditions de l'INSA Strasbourg

Dans cette illustration, nous voyons un membre d’un de ces fameux C.D.T, se placer de façon supérieure face à une « première année », en lui imposant une fellation parce qu’elle doit faire plaisir aux anciens de l’école, que feront-ils une fois qu’ils seront supérieurs hiérarchiques dans leurs futurs emplois ? 

 

Les illustrations et textes sexistes, misogynes, homophobes, humiliants, pro-bizuthage sont nombreux dans ce bréviaire, encore une preuve de la réalité de la culture du viol ! 

 

Il est inquiétant qu’une école qui appartient à l’Etat laisse se perpétrer ces traditions qui ne sont pas un apport bénéfique pour notre société. Nous ne devons laisser passer cela en aucun cas. 

 

Afin de détruire les discriminations au sein des établissements universitaires l’Union des Etudiants Communistes de Strasbourg demande : 

  • Une explication claire de la direction de l’INSA Strasbourg 
  • Une explication de tout membre impliqué de près ou de loin à un de ces C.D.T 
  • La mise en place d’une charte antisexiste devant être signée par toutes les associations étudiantes et tous les étudiants visant à interdire réellement toute forme de comportement dégradant envers autrui, et toute image/mots discriminants. 
  • La surveillance organisée de tous évènements étudiants pouvant conduire à un bizutage ou à des discriminations. 

L’UEC déplore fortement le laisser faire coupable de l’INSA Strasbourg et nous attendons des actes forts de la part de la direction au plus vite afin que les étudiantes puissent étudier sereinement, sans menaces de viol et sans faire l’objet de caricatures dégradantes.

 

Union des Etudiants Communistes de Strasbourg

 

 

Voici d’autres photographies provenant de ce bréviaire : 

Culture du viol, sexisme, homophobie: les belles traditions de l'INSA Strasbourg
Culture du viol, sexisme, homophobie: les belles traditions de l'INSA Strasbourg
Culture du viol, sexisme, homophobie: les belles traditions de l'INSA Strasbourg
Culture du viol, sexisme, homophobie: les belles traditions de l'INSA Strasbourg
Culture du viol, sexisme, homophobie: les belles traditions de l'INSA Strasbourg
Culture du viol, sexisme, homophobie: les belles traditions de l'INSA Strasbourg

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Publié le 25 Janvier 2017

Sélection en master : Réunion publique d'information le mercredi 1er février au Patio

Abrogeons la loi sur la sélection en master.

Non à l’ouverture d'un marché des études !

 

Luttons contre la loi sur la sélection en master, adoptée par l’Assemblée nationale le 19 décembre dernier. Comme son nom l'indique, ce texte vise l'« adaptation du deuxième cycle de l’enseignement supérieur français au système Licence-Master-Doctorat ». Un coup de plus porté à la destruction de l'université publique !

Cette loi instaure la sélection dès l'entrée en master, pour remplacer une sélection fréquente à l’entrée du M2 alors que celle-ci avait été invalidée par le conseil d'Etat suite à des recours d'étudiant.e.s. Et ce n’est pas la garantie d’un « droit à la poursuite d’études » négocié par la FAGE, l’UNEF et le Ministère qui est de nature à nous rassurer, quand il n'y a aucune garantie de continuer dans le master de son choix. Si rien n'est fait, nous assisterons à l'aggravation de la concurrence inégale d'un recrutement sur concours ou dossier. Les étudiant.e.s travaillant dans des conditions moins favorables risquent d'être relégué.e.s dans des filières poubelles créées pour l'occasion, voire d'être contraint.e.s à abandonner leurs études. Même de bons résultats ne permettront pas un accès aux masters aux nombres de places limité !

Cette loi s'inscrit dans une série de réformes (réformes LMD, LRU, Fioraso) visant à privatiser l'enseignement supérieur, tout en restreignant l’accès aux classes populaires, par une série d'attaques des différents gouvernements contre le droit à un enseignement libre, gratuit et ouvert à toutes et tous.

Conséquence directe à Strasbourg : jusqu’à 20% des finances de certains UFR ont été coupées, près de 40 postes d’enseignants-chercheurs ont été remplacés par des contrats précaires et 15000 heures de cours ont été supprimées des maquettes.

Aujourd’hui, on observe l’ajustement de la formation universitaire au marché de l'emploi précarisé par la loi « travaille ! ». Déjà gérée comme une entreprise, l’université ne doit pas devenir une boîte d'intérim au service des employeurs !

Aussi, rejoignons les luttes qui émergent déjà à Lyon, à Nantes, à Lille et ailleurs dans le monde. En Afrique du Sud les étudiant.e.s ont lutté contre les augmentations des frais universitaires. Au Chili, ils et elles se battent depuis des années pour sortir du système universitaire (à majeur partie privatisé sous la dictature de Pinochet) en se rassemblant sous la bannière d’une éducation gratuite et de qualité ! Les étudiant.e.s espagnol.e.s se battent contre la loi « revalides » qui vise comme en France à instaurer une sélection à l’entrée dans les universités et ce, dès le secondaire.

Nous exigeons une éducation gratuite pour toutes et tous et le droit de continuer ses études dans le master, la filière et l’université souhaités.

Abrogation de la loi sélection, aucune concession !

Organisons nos forces et luttons :

Nous, CLER, J.R, Solidaires-étudiant.e.s Strasbourg, CNT Strasbourg, UEC Strasbourg, vous invitons à venir à une réunion d'information et de débats :

Réunion publique d'information le mercredi 1er février à 18h, salle 3201, Patio

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Publié le 24 Janvier 2017

Cérémonie de voeux 2017 de l’Unistra en cachette et sécurisée : peur des contestations ?
Cérémonie de voeux 2017 de l’Unistra en cachette et sécurisée : peur des contestations ?Cérémonie de voeux 2017 de l’Unistra en cachette et sécurisée : peur des contestations ?

Ce mardi 24 janvier 2017 l’Université de Strasbourg organisait sa cérémonie de voeux 2017 dans l’Aula du Palais Universitaire. Contrairement aux années précédentes, cette fois-ci la tenue  de la cérémonie n’a pas été annoncée publiquement, ou du moins pas à l’ensemble de la communauté universitaire. L’événement n’a pas été annoncé ni sur le site officiel de l’Unistra ni dans son agenda publique. Aucun mail a été envoyé dans la messagerie de l’E.N.T. de l’ensemble des étudiants strasbourgeois. Seuls les personnels de l’Unistra semblent avoir été mis au courant de la cérémonie. Par ailleurs, cette dernière s’est déroulée dans un climat sécuritaire, avec une présence policière à l’extérieur du Palais U et les vigiles de sécurité privée qui circulaient à l’intérieur du batiment.

Pourquoi organiser la cérémonie de voeux en cachette ? L'université qui fait matraquer ses étudiants aurait-elle peur d'une contestation ? Nous en sommes convaincus. L’année 2016 vient de s’achever sous le signe de la répression des étudiants strasbourgeois lors du mouvement contre la loi Travail, répression qui a été publiquement cautionnée par la direction sortante de l’Unistra (matraquage devant la Fac de Droit du 17 mars 2016, évacuation du Patio le 31 mars 2016, fermeture administrative des locaux de la fac à plusieurs reprises pour éviter l’organisation du mouvement…). La rentrée 2016 a été marquée par l’élection aux limites de la légalité de Michel Deneken à la présidence de l’Unistra : au delà de la question de l’emprise de l’Eglise sur la diffusion du savoir universitaire, question qui reste ouverte, cette élection marque une fois de plus le renforcement du camp de l’austérité à l’Unistra, avec un président qui a été le plus fidèle collaborateur de Beretz durant les 8 ans de boucherie budgétaire imposée aux étudiants et personnels de Strasbourg. L’année 2017, quant à elle, s’ouvre avec le spectre de la sélection en Master (sur laquelle Deneken a déjà tranché en affirmant qu’il « ne pourra pas faire de miracles ») et de la fermeture pour 3 ans de la bibliothèque Blaise Pascal. Nous sommes en janvier, nous sommes persuadés que l’année 2017 nous réservera encore de surprises quant aux moyens mis en oeuvre pour dégrader nos conditions d’étude.

L’Union des Etudiants Communistes de Strasbourg réaffirme sa volonté de mobiliser les étudiants pour contrer la mise à mal de leurs parcours de vie et d’étude. Cela passe par une opposition radicale aux politiques gouvernementales ainsi qu’à son plus fidèle serviteur, la direction de l’Unistra. A tous ceux qui ne se retrouvent pas dans le discours d’autocélébration prononcé aujourd’hui par Deneken, nous souhaitons une belle année de luttes pour 2017.

 

Union des Etudiants Communistes de Strasbourg

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Publié le 20 Janvier 2017

Fermeture de la bibliothèque Blaise Pascal : les grands projets à l'heure de l'austérité à la fac

Prochainement, la bibliothèque des sciences Blaise Pascal va fermer ses portes afin d’être démolie. Ces travaux ont pour but l’érection d’un nouveau bâtiment, le Studium. Cela aura des répercussions sur tous les étudiants de l’Université, qui sacrifieront leurs conditions d’études pour un projet que, théoriquement, devrait améliorer celles des futurs étudiants. Cependant, l’investissement de sommes colossales dans ce projet soulève d’autres contradictions : pourquoi lance-t-on de telles constructions onéreuses tout en diminuant les ressources allouées à l’éducation supérieure ?

 

Le premier facteur évident de désagréments suite à la fermeture de cette bibliothèque est la dispersion de centaines d’étudiants dans les autres bibliothèques, U2/U3 et BNU notamment. Il était déjà difficile de trouver une place en bibliothèque aux heures de pointe, on anticipe donc avec envie les heures que nous passerons désormais pour trouver une place afin de simplement pouvoir travailler. Des espaces de travail, individuels ou en groupe, sont essentiels pour la réussite de nos études. Ils sont mêmes indispensables pour de nombreux étudiants n’ayant pas les moyens d’avoir un hébergement proche du campus, ne pouvant donc pas rentrer chez eux entre deux cours, du fait de la longueur des trajets et de leur dépendance aux transports en commun. De cette augmentation de la concentration d’étudiants dans les bibliothèques, et de la suppression temporaire de la bibliothèque des sciences, découle une nouvelle augmentation des trajets, renforçant l’isolement de nombreuses facultés par rapport aux lieux propices au travail.

Un autre problème réel est celui des vacataires (souvent étudiants) travaillant dans les bibliothèques. La suppression temporaire d’un lieu de travail va disséminer le personnel contractuel de Blaise Pascal dans les autres bibliothèques, et créer un surplus de force de travail… qui entraînera très probablement à des suppressions de postes d'étudiants-vacataires. Ces postes sont pourtant des opportunités pour éviter aux étudiants de sombrer dans la précarité, et s’avèrent d’un certain secours en cas de difficultés financières. Mais bien évidemment la direction de l'université est disposée à dépenser des sommes absurdes pour rénover un bâtiment mais non pas à subvenir à la précarité étudiante et sécuriser des emplois.

 

Il faut toutefois noter que des solutions temporaires ont évidemment été mises en place pour compenser la perte de Blaise Pascal ; en témoigne par exemple l’aménagement du troisième étage de la bibliothèque U2/U3. Ces désagréments valent-ils le coup d’attendre qu’une bibliothèque soit remplacée par une autre bibliothèque ? C’est ce que laisse entendre l’Université, puisque le projet Studium est d’envergure (https://www.unistra.fr/index.php?id=parc_central#c110079). Permettant jusqu’à un millier d’étudiants d’y accéder en même temps, sur 6630 m², le nouveau bâtiment offrira aussi 37 salles de travail. A titre de comparaison, la bibliothèque U2/U3 n’offre que 450 places sur 3000 m², et la BNU 617 places. Plus qu’une bibliothèque, le Studium s’inscrit dans la liste de plus en plus longue des Learning Center, ayant pour but de créer un pôle centralisé d’informations, de recherches et de travail pour les étudiants au sein des universités. On y trouvera ainsi aussi bien le Service de la Vie Universitaire (SVU), les Presses Universitaires de Strasbourg (PUS), que des espaces de travail.

 

Mais ne nous leurrons pas ici : un grand projet implique de grandes dépenses. En l’occurrence, le projet Studium a un coût de 30,2 millions d’euros. Nous sommes en droit de nous demander si un bâtiment comme celui-ci vaut vraiment une telle dépense : même si ce projet permettra d’obtenir un bon cadre de travail pour les étudiants, cela vaut-il vraiment le coup d’investir une telle somme pour au final relocaliser et centraliser des services déjà existants ? La bibliothèque Blaise Pascal, malgré certains défauts, remplissait correctement sa fonction de lieu de travail pour les étudiants. La question de l’intérêt d’une telle dépense se pose surtout au vu des politiques d’austérité qu’a subi l’université ces dernières années. Rappelons par exemple le budget 2014 (http://uecstrasbourg.over-blog.com/2014/01/les-20-de-trop-message-d%E2%80%99alerte-de-l%E2%80%99intersyndicale-de-l%E2%80%99universit%C3%A9-de-strasbourg.html), qui a provoqué un grand mouvement de contestation, à cause par exemple de la diminution de 20 % des dotations des composantes, ou des dizaines de gels de postes. Rappelons que les budgets 2015 (http://uecstrasbourg.over-blog.com/2014/12/bloquer-le-conseil-d-administration-de-l-universite-de-strasbourg-seule-solution-face-a-un-budget-inacceptable.html) et 2016 (http://uecstrasbourg.over-blog.com/2015/11/de-l-assemblee-generale-publique-du-9-novembre-a-une-reelle-mobilisation-etudiante-contre-le-budget-2016.html) ont étés incapables de redresser véritablement la tendance. Rappelons les effets catastrophiques des lois LRU et Fioraso de ces ces dernières années (http://uecstrasbourg.over-blog.com/2014/01/la-loi-fioraso-dans-l%E2%80%99impasse.html). Quel est l’intérêt de dépenser des dizaines de millions dans une bibliothèque si c’est pour d’un autre côté promouvoir des budgets désastreux ? Pourquoi construire un learning center ultramoderne si c’est pour supprimer des TD et étudier dans des amphis délabrés ?

 

Nous avons besoin de lancer des véritables politiques de redressement de l’Université publique. L’argent investi dans l’Université n’est pas perdu, bien au contraire : investir dans l’Université, c’est directement investir dans le futur de toute la société, pour le progrès des connaissances. L’Union des Étudiants Communistes de Strasbourg appelle à un réinvestissement massif d’au moins 3 milliards d’euros dans l’enseignement supérieur, pour que nous puissions tous profiter d’un apprentissage de qualité dans des conditions de travail optimales, et pour que des projets de rénovation n'aient pas des conséquences néfastes sur nos études !

 

Union des Étudiants Communistes de Strasbourg – cellule Sciences

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Publié le 17 Janvier 2017

Réunion/débat : Etudiants et résistance en Palestine (jeudi 26 février à 18h, Bâtiment Le Platane)

L'UEC Strasbourg a le plaisir de vous inviter à une Réunion/débat "Etudiants et résistance en Palestine", le JEUDI 26 JANVIER 2017 à 18h au Bâtiment Le Platane (Agora), campus central de Strasbourg, avec :
 

Mohamed MASRI
étudiant palestinien, ancien membre de la GUPS Aix-Marseille (Union Générale des Etudiants Palestiniens)


Andrea BENEDETTI
responsable aux relations internationales pour l’UEC

https://www.facebook.com/events/263969017356442/

Depuis 69 ans, depuis la création de l’Etat d'Israël en 1948, le peuple Palestinien souffre d’une occupation illégitime de la part du gouvernement israélien. Les interventions militaires de ce dernier sont regulières dans les terrtoires palestiniens, prenant plusieurs formes : bombardements aériens, colonisation, check-points... L’occupation est un fait reconnu internationalement : la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU du 23 décembre 2016 a denoncé clairement la colonisation israélienne.

Non seulement la France refuse de reconnaître l’Etat palestinien, elle renforce aussi la répression et la criminalisation à l’encontre de ceux qui font vivre la solidarité internationale avec le peuple palestinien. Lescirculaires Alliot-Marie (2010) et Mercier (2012) criminalisent les actions de la campagne BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions). Cette campagne consiste à créer une pression internationale à plusieurs échelles (économique, académique, culturelle, politique) pour contraindre Israël à abandonner l’occupation des territoires palestiniens. 

En Palestine, 214.000 étudiants sont divisés sur les 17 universités publiques et privées en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza. Être etudiant en Palestine relève du parcours du combattant. Les frais d’inscriptions sont hors portée (l’équivalent de 300 à 1.000 euros), du fait de l’impossibilité du gouvernement palestinien à effectuer des investissement dans le secteur éducatif. Nombre de jeunes restent ainsi en dehors des études supérieurs, ou bien souvent leurs familles se voient obligées à vendre leurs proprietés pour pouvoir subvenir aux frais d’inscription. Par exemple, dans la ville de Jénine, sur les environ 15.000 étudiants, il y en a 60% qui vivent sous le seuil de pauvreté. 
Le parcours entre la maison et le lieu d’étude est parsemé de check-points israéliens, ce qui empêche certains étudiants de suivre les cours qu’ils souhaitent, notamment dès lors qu’ils doivent se déplacer d’un site universitaire à un autre pour assister à des cours. 
Le rôle des étudiants palestiniens est pourtant fondamental dans la lutte de libération, qui a connu une place importante dans les dernières années. C’est pour cela qu’Israël s’acharne contre les étudiants : à l’heure actuelle, 350 enfants de moins de 18 ans ainsi que 700 étudiants sont prisonniers politiques. Ils croupissent dans les geôles israéliennes, enfermés pour des raisons aléatoires et n’ont pas le droit à l’avocat lors des interrogatoires. Par exemple, en 2015 une forte mobilisation internationale s’est construite pour la libération de Lina Khattab, étudiante en journalisme de 18 ans à l’université de Bir Zeit, emprisonnée pendant 6 mois pour avoir participé à une assemblée étudiante et à une manifestation contre l’arrestation d’autres camarades étudiants. Shorouq Dwayyat, étudiante en Histoire-Géographie de 19 ans à l’université de Bethlehem, a été condamnée en décembre 2016 à 16 ans de prison pour s’être révoltée contre un colon israélien.

L’accès et le droit à l’éducation restent un combat fondamental en Palestine. Le gouvernement israélien s’acharne à remettre en cause ce droit pour enlever aux jeunes palestiniens l’arme la plus puissante pour continuer la lutte de libération. Malgré toutes les tentatives israéliennes de mettre à mal le système universitaire palestinien, ce peuple démeure l’un avec le taux de scolarisation le plus élevé au Moyen-Orient. Être étudiant en Palestine est un moyen de résistance, et nous nous devons d’être solidaires de cette lutte pour que cesse enfin l’occupation israélienne et la mise à mal de centaines de parcours de vie et d’études des jeunes palestiniens. 

 

Union des Etudiants Communistes de Strasbourg

Réunion/débat : Etudiants et résistance en Palestine (jeudi 26 février à 18h, Bâtiment Le Platane)

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