Publié le 5 Décembre 2016

 Le fascisme, une affaire de classe ! Strasbourg ne tombera pas !

Aujourd'hui le fascisme, avec son visage le plus "présentable", celui du Front National, pose les débats et est hégémonique dans la société. Menant à l'avant-garde les combats réactionnaires médiatiquement et de manière parlementaire, la place occupée par le FN permet le développement de groupuscules fascistes violents dans les villes de France comme à Strasbourg. Du fait que ces idées et ces attitudes sont présentes au quotidien, il est impératif d'identifier cette menace et de s'organiser à lutter contre !

Le fascisme est la conséquence de la crise générale du système capitaliste, système qui cherche alors à survivre en s’appuyant et en assumant ouvertement le sexisme, le racisme, la hiérarchie et le contrôle des individus de manière générale dans la société. Divisant et opposant le prolétariat, le fascisme promet au peuple le retour à un passé glorieux, avec travail et justice en affirmant que les responsables du malheur populaire sont les minorités ethniques, religieuses, sexuelles etc. Le fascisme s'attaque sans relâche à l'armée de réserve du Capital (chômeurs, femmes, immigrés) tout en refusant de s'attaquer au véritable responsable du malheur populaire : le capitalisme ! Quand le sage désigne la lune, le fasciste regarde le doigt. Seul l'union du prolétariat permettra une rupture avec le capitalisme. Le fascisme, lui, fera tout pour éviter cette union.

Lors de la Première Guerre mondiale, la gauche (avec des figures comme Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht en Allemagne, ou Jean Jaurès en France) luttait contre la guerre avec pour argument le fait que l'on envoyait des ouvriers tuer d'autres ouvriers au profit des industriels et de leurs intérêts impérialistes. L'extrême droite, elle, était pour la guerre, ne voyant pas le problème d'envoyer des milliers d'enfants du peuple à la mort officiellement pour la Patrie. Charles Maurras appelait même à l'assassinat de Jean Jaurès dans l'Action Française, ce qui est malheureusement arrivé. « On croit mourir pour la Patrie, on meurt pour les industriels », écrivait Anatole France dans l'Humanité.

Les groupes fascistes ne se contentent pas d’avoir une opinion, ils la mettent en pratique. Racistes, ils attaquent en bande tous ceux qui ne sont pas blancs et ceux qui pour eux ne semblent pas Français (ce qui est assez large). Ils s’attaquent aussi aux militants communistes et anarchistes. Pour preuve, les militants de Deus Vult ("Dieu le veut" en latin / un groupuscule catholique intégriste voulant le retour de la monarchie de droit divin) se vantent souvent d'actions violentes en Alsace. Tous ceux qui défendent des intérêts contraires à ceux de la bourgeoisie (ouvriers, lycéens, étudiants en lutte) sont sous la menace de leurs coups. Leur but est d’empêcher toute mobilisation populaire dans le sens du progrès social. Parfois, ils font le travail de la police avec une liberté d’agir aussi violente qu’ils le désirent, sans jamais être ni enquêtés ni arrêtés par les forces de l’ordre. La bourgeoisie peut faire appel à eux pour casser les luttes sociales, pour attaquer les étudiants mobilisés (comme nous l'avons vu à Lyon où le GUD s'est attaqué aux étudiants qui manifestaient contre la loi Travail) ou pour attaquer les ouvriers sur les piquets de grève allant parfois jusqu’à l'assassinat.

Il n’y a rien de populaire dans le fascisme. Prétendument subversif, il demeure profondément réactionnaire. Encore aujourd’hui, il suffit de lire le programme du FN pour voir que l'intérêt servi est celui du patronat. Est-ce révolutionnaire de supprimer l’ISF, les cotisations patronales pour la sécurité sociale, la carte scolaire, les subventions aux cantines scolaires, les bourses sur critères sociaux ? Les fascistes se présentent comme des défenseurs du peuple, mais ce n’est là que des mensonges. Ils représentent les intérêts d’un système arrivé à son extrême pourrissement, le capitalisme. Pour Antonio Gramsci, le fascisme, « ne marque pas le commencement d’un monde nouveau, mais l’agonie du monde ancien ».

TOUS ENSEMBLE, ABATTONS LE FASCISME QUI GAGNE NOS RUES AVANT QU'IL NE SOIT TROP TARD !

 

Mouvement des Jeunes Communistes du Bas-Rhin et Union des Etudiants Communistes de Strasbourg

Voir les commentaires

Publié le 5 Décembre 2016

BU ouvertes 24h/24 : une mauvaise solution qui cache de vrais problèmes !

Ces derniers temps, une idée a commencé à se propager sur les réseaux sociaux et les bouches des étudiants de Strasbourg : et si on ouvrait les bibliothèques universitaires 24h/24 et 7j/7 ? Si l’idée peut sembler intéressante pour permettre à tous les étudiants de disposer d’un cadre travail serein pour étudier, elle est loin d’être sans danger, et masque des problèmes encore plus importants.

L’ouverture constante des bibliothèques, de nuit comme le dimanche, implique la présence constante de salariés. On peut donc légitimement s’inquiéter pour les conditions de travail de ces derniers. Rappelons que si les étudiants ont le choix de venir ou non étudier à la bibliothèque de nuit, les salariés sont tenus par un contrat de travail d’y être présents. Or, de nombreuses études prouvent que le travail nocturne régulier est bel et bien nuisible à la santé (voir : http://www.inrs.fr/risques/travail-de-nuit-et-travail-poste/effets-sur-la-sante-et-accidents.html). Sans compter le fait que les vacataires travaillant dans les bibliothèques sont souvent des étudiants : sachant que le travail salarié des étudiants est la première cause d’échec à l’Université, il est évident que faire travailler des étudiants vacataires de nuit et le dimanche ne va que faire empirer la situation. Car oui, le statut d’étudiant-vacataire n’est pas idéal, loin de là ; rappelons par exemple que les vacataires de l’IEP de Strasbourg s’étaient justement mis en grève en janvier pour protester contre l’austérité à l’Université, et pour réclamer une reconnaissance de leurs droits : ces derniers avaient subi plusieurs mois de retard dans le payement de leur salaire ! (voir : http://uecstrasbourg.over-blog.com/2016/01/les-vacataires-de-la-bibliotheque-de-l-iep-strasbourg-en-greve.html). Enfin, l’argument selon lequel l’ouverture de nuit des bibliothèques va permettre de créer des emplois est ridicule : il existe bien d’autres moyens de créer de l’emploi que de faire travailler des étudiants en pleine nuit. D’ailleurs, si on avait voulu lutter contre le chômage à l’Université de Strasbourg, peut-être aurait-on dû éviter d’appliquer des politiques d’austérité budgétaire ces années ?

Malgré tout, on ne peut nier qu’une extension des horaires d’ouverture des bibliothèques profiterait à une partie des étudiants qui en auraient besoin ; les étudiants forcés de se salarier pour survivre par exemple. Comment pouvoir étudier dans une bibliothèque quand on sort du travail à 23h ? Les bibliothèques étant fermées de nuit, le seul moyen d’y parvenir est d’y aller le week-end, sachant qu’une seule n’est ouverte le dimanche, et souvent remplie. Le problème est le même pour les étudiants précaires vivant dans un mauvais logement : la bibliothèque est bien souvent la seule alternative à un logement bruyant, de mauvaise qualité, ou ne permettant pas ou peu d’accès à Internet (par exemple les cités-U strasbourgeoises, avec leurs problèmes récurrents de coupure de l’Internet et de manque de salles de travail accessibles). D’autant plus que la fermeture imminente de la bibliothèque Blaise Pascal va encore plus surcharger les bibliothèques déjà existantes, rendant aux étudiants l’accès à un cadre de travail convenable encore plus difficile.

Il est pourtant possible, et nécessaire, d’offrir des conditions optimales de travail aux étudiants, sans forcer d’autres personnes à subir une dégradation de leurs propres conditions de travail. Une ouverture plus longue des BU ne fera que masquer le plus grand obstacle à notre réussite : la précarité étudiante. L’UEC défend depuis des années des propositions en faveur des étudiants, pour abolir à leur source ces difficultés que nous rencontrons tous :

1. La création d’un salaire étudiant inconditionnel, pour remplacer un système de bourses archaïque et insuffisant. Les étudiants ne sont pas de simples écoliers, ce sont des travailleurs en formation, devant travailler tout autant voire plus que des salariés, afin de fournir une main-d’œuvre qualifiée au patronat. Cependant, nombre d’entre eux sont confrontés à la précarité : problèmes de logements, nécessité de se salarier en plus de leurs cours pour survivre, etc. Il en vient deux constats. Premièrement, ce n’est pas parce que le travail des étudiants ne produit pas de richesses pendant le temps d’étude qu’il n’existe pas ; puisque nous passons des dizaines heures à travailler chaque semaine, heures que nous ne pouvons pas investir dans un travail salarié à temps plein, nous avons besoin et nous méritons un salaire ! Deuxièmement, l’existence d’une force de travail bien formée profitant avant tout aux capitalistes qui vont s’enrichir sur notre dos, c’est à eux d’en assumer les frais : finançons notre salaire étudiant par de nouvelles cotisations patronales ! Ainsi, nous aurons de quoi vivre décemment pendant nos études, et nous pourrons ainsi tous disposer entre autres d’un cadre de travail correct : plus besoin de se salarier pour payer un logement adapté à nos besoins, plus besoin d’espérer avoir une place à la BNU le dimanche pour avoir la chance de pouvoir travailler correctement, plus besoin de se forcer à réviser à minuit tous les soirs parce qu’on n’avait pas le temps avant à cause de notre job étudiant, et donc plus besoin de devoir faire travailler des employés de bibliothèque en pleine nuit.

2. La mise à disposition de logements étudiants salubres, à la portée de tous. Pour étudier dans de bonnes conditions, nous avons besoin de logements adaptés à notre situation. Cependant, nombre d’entre nous n’ont pas accès aux cités-U, qui ne couvrent les besoins que de 7% des étudiants. Nous avons donc le choix entre subir des heures de trajet pour accéder à nos facultés, vivre dans un lieu inadapté à un travail efficace, ou dans un logement insalubre. Nous proposons pour cela la nationalisation des résidences étudiantes privées (qui se développent de plus en plus répondant à un besoin réel mais qui font de la spéculation sur la misère étudiante), la construction de nouveaux logements étudiants et la rénovation des cités-U existantes qui ne répondent pas aux besoins d’un travail universitaire, ainsi que la mise en place de loyers pour ces logements ne dépassant pas le montant des APL.

Le capitalisme n’est pas la seule option ! Ensemble, luttons pour un enseignement supérieur de qualité pour tous !

 

Union des Etudiants Communistes de Strasbourg

Voir les commentaires

Publié le 2 Décembre 2016

Dans le Haut-Rhin, le bénévolat devient obligatoire pour les titulaires du RSA

Ce vendredi 2 décembre, le conseil départemental du Haut-Rhin (68) a annoncé la mise en place du contrat de bénévolat en parallèle du RSA. Ainsi les titulaires du RSA, en collaboration avec des associations, ainsi que les partenaires à l'insertion, devront pour pouvoir percevoir l'aide financière de l’État s'acquitter auprès de la collectivité d'heures de travail bénévoles hebdomadaires (7h/semaine). Cette proposition fut promise par le président du département Eric Straussmann, membre des Républicains-Divers Droite, bien que le Tribunal administratif de Strasbourg s'opposait à cette idée de conditionnement du RSA. Suite à la décision du Tribunal rendue le 5 octobre, défavorable à la mesure de Straussmann, ce dernier a pourtant trouvé un escamotage pour la faire passer : l'obligation de bénévolat devient une "incitation" sur la base de contrats d'engagements réciproques. Nous savons tous comment, en régime capitaliste, une incitation signifie souvent obligation, étant donné l'inégalité des positions entre le demandeur d'emploi et le détenteur des moyens de production (ou, dans le cas de la collectivité, le détenteur des moyens de survie matérielle). Les contrats d'engagement qu'on prétend être réciproques ne le sont pas dans la réalité.

Nous rappelons que le RSA est déversé par l’État, soit payé par le contribuable (par nous tous). Dans une certaine logique, il semble assez illogique de demander à une personne en difficulté de recherche d'emploi d'aider bénévolement pour percevoir une aide payée en partie par ses impôts. Par ailleurs, le simple fait de conditionner le versement du RSA est contraire au principe même d'une aide sociale qui en plus s'inscrit dans une logique de "solidarité".

Deuxièmement, si il y a assez de nombres d'heures à faire bénévolement, pourquoi ne pas plutôt embaucher en 25h ou 35h ? Cela montre l'hyporcrysie qui est au fond de la question : en effet, si il y a des heures à faire bénévolement pour les demandeurs de RSA, c'est que quelque part, il y a du travail qui est disponible.

Troisièmement, la politique libérale qui a été menée par les Républicains et le PS entre 2007 et 2016 est la raison principale de la pauvreté des ménages, de la précarité, du chômage : comment peut-on aussi prétendre que les titulaires du RSA, pour pouvoir vivre dignement via une aide payée par le contribuable, donnent de leurs temps bénévolement ? Eric Straussman, par ce procédé, vient d'inventer un nouveau moyen de créer des emplois encore plus précaires !

Nous voyons déjà l'argument idéologique qui nous sera opposé, qui prétend que le bénévolat permet à celui qui le touche de rester inséré dans la société, de contribuer à celle-ci, à la communauté... Mais aujourd'hui ceux qui s'éloignent voire fuient la société, ce ne sont pas les titulaires du RSA, mais les grands patrons, les évaseurs et fraudeurs fiscaux, qui après avoir touché les cadeaux du CICE et du Pacte de responsabilité et de solidarité foutent le camp, délocalisent et créent des déserts d'emploi.

Le MJCF 67 et l'UEC Strasbourg considèrent que le conditionnement du RSA au bénévolat est une pratique inacceptable. Son éventuelle généralisation ne ferait que profiter au patronat parasite, qui aurait encore plus d'intérêt à créer du chômage pour ensuite profiter du travail "bénévole" obligatoire. Nous soutiendrons les luttes des chômeurs contre cette nouvelle attaque à leur dignité : ce qu'il faut créer, ce sont des emplois stables pour tous, et non pas du servage moderne !

 

Mouvement des Jeunes Communistes du Bas-Rhin et Union des Etudiants Communistes de Strasbourg

Voir les commentaires

Publié le 2 Décembre 2016

Pour un enseignement supérieur féministe !

Quand le patriarcat s'attaque aux étudiantes

Femmes et Hommes, nous sommes tous les jours confrontés à une société patriarcale. Nous assistons souvent à ses manifestations sans même nous en rendre compte, qu’elles soient via certaines réflexions ou certaines remarques. Aujourd’hui nous n'y prêtons généralement plus aucune attention, cela est devenu la norme. Pourtant, elles ne sont pas anodines, elles reflètent bien le quotidien du système patriarcal. Il est bon de rappeler ce qu'est ce dernier, puisque nous avons tendance à l'oublier. Le patriarcat désigne l'ensemble des mécanismes par lesquels un homme, ou la société toute entière, se rendent propriétaires des femmes.

Ce système patriarcal s'est imposé également sur nos lieux d'étude et y est aujourd’hui majoritaire. Le sexisme est devenu si important que nous ne pouvons même plus compter ne serait-ce que les affiches dégradant les femmes, simplement pour promouvoir des soirées d’intégration. De plus, les principales associations étudiantes en sont les premières instigatrices. Et tout cela reste sans grande réaction de la population étudiante qui continue d’arborer fièrement ses œillères.

Ce système patriarcal que nous côtoyons sur notre propre faculté est malheureusement aussi illustré par la pratique du viol et sa culture qui reste terriblement présente et qui continue à constituer un réel danger pour toutes les étudiantes. La culture du viol, elle, culpabilise toutes les femmes qui auraient vécu ce traumatisme. Le harcèlement sexuel est également très présent, et promu par lesdites affiches... quel beau cercle vicieux ! Pour couronner le tout, beaucoup d'enseignants participent à cet état de fait en faisant régulièrement du chantage à la note, des remarques sexistes, du harcèlement sexuel. Tout ceci est excusé par les directions de Faculté et de l’Université, qui continuent à prôner le système patriarcal avec une certaine subtilité, tout en affirmant l’inexistence de quelconque problème d'inégalité... Elles couvrent les agissements abjects de certaines associations, elles se contentent de muter d'une fac à une autre un enseignant-harceleur.

Remarquons aussi que l'accès à la santé n'est pas gratuit, que l’accès à la contraception, au dépistage ainsi qu'à l'IVG sur le campus connaît encore nombre d'entraves. Et ne parlons pas non plus des crèches près des campus pour les jeunes parents, qui n'existent pas tout court. Cela perpétue le fait que beaucoup d'étudiantes sont contraintes d'arrêter leurs études lorsqu'elles sont enceintes. Aujourd'hui comme toujours, être enceinte est « un problème », tant à l'université que dans le monde du travail. Cela s'explique par les liens qu'entretiennent le système patriarcal et le système capitaliste, ce dernier prônant une optimisation et une efficacité que, soit disant, les femmes enceintes n'auraient plus ou ne pourraient pas garantir pour une période déterminée.

Nous pouvons aussi parler de la prostitution étudiante : loin d'être absente de la réalité universitaire (20.000 étudiantes en France sont concernées par ce fléau), elle trouve son origine dans le manque cruel d'aides financières, de bourses accordées aux étudiants. La question de classe ne disparaît pas dans l'enjeu d'égalité hommes-femmes, puisque les femmes des classes les plus démunies sont les plus touchées par ce patriarcat ambiant, les plus susceptibles de se tourner vers la prostitution, d'abandonner les études en cas de grossesse.

De plus, il existe à l'université une réelle orientation en fonction du genre. Majoritairement, les études se divisent de cette manière : Arts, Lettres, Langues pour les femmes ; Médecine, STAPS, Sciences dites dures pour les hommes. Dans toutes ces filières il y a des discriminations de genre, aux dépens des étudiants dans les filières dites féminines comme aux dépens des étudiantes dans les filières dites masculines. Il y a une véritable dévalorisation de la formation des études dites « féminines », qui justifie les inégalités salariales, d'où encore un lien patriarcat/capitalisme qui renforce l'un et l'autre.

 

Pour se débarrasser du sexisme à la fac, les propositions de l'UEC

Le patriarcat empêche aux femmes de pouvoir étudier sereinement. C'est pour cela que nous, Étudiants Communistes, appelons à se mobiliser contre le sexisme ambiant dans nos campus, pour obtenir une réelle égalité des genres.

De même qu’appartient à chaque femme le choix d’avoir ou non un enfant, une étudiante doit pouvoir bénéficier d’un cadre propice à sa poursuite d’études, qu’elle soit enceinte ou jeune mère, par la création de crèches et de pôles publics de santé avec accès gratuit aux soins : contraception, IVG, gynécologie, psychologie... cela doit leur permettre de poursuivre leurs études jusqu’au plus haut niveau. Un aménagement des horaires de cours dans chaque filière doit être possible pour les étudiantes enceintes ou jeunes mères.

Nous voulons également la mise en place de cellules d’écoute sur les campus et dans les cités-U, auprès desquelles les femmes pourraient libérer leur parole et témoigner des violences subies. Ces cellules doivent avoir un véritable rôle de prévention, d’alerte et d’accompagnement des victimes de pratiques sexistes. Cela passe par l’application de sanctions effectives envers les étudiants ou professeurs coupables de chantage à la note, de harcèlement, de viol… Les pratiques sexistes ne doivent pas être étouffées par peur de ternir le prestige d’une université, la carrière d’un enseignant ou le parcours d’un étudiant.

Nous nous battons pour obtenir un salaire étudiant, afin de mettre fin à la précarité des étudiantes et faire en sorte qu'elles n'aient plus à envisager la pratique de la prostitution pour subvenir au manque de ressources.

Nous voulons une réelle reconnaissance des diplômes obtenus par les femmes, via l’inscription des diplômes dans les conventions collectives, pour briser l’inégalité de genre dans l’insertion professionnelle.

Nous exigeons l'interdiction de toute soirée et affiche sexiste. Le but n'est pas de priver les étudiants de moments conviviaux, mais d’empêcher que la convivialité soit éternellement réservée au public masculin aux dépens des femmes, qu'elles ne soient plus réduites à des objets sexuels sur les affiches, qu'elles ne se fassent plus harceler régulièrement aux soirées étudiantes. Pour cela, nous exigeons que l'Université engage la responsabilité de toutes les associations via une « Charte étudiante pour une université féministe » dont nous sommes à l'initiative. Si les associations refusent de la respecter, nous demandons à ce qu'elles ne bénéficient plus d'accès à un local et aux aides de l'Université.

 

Union des Etudiants Communistes de Strasbourg

Voir les commentaires

Publié le 1 Décembre 2016

Marché de Noël de Strasbourg 2016 : bienvenue à la forteresse de Strasbourg !

Les mesures sécuritaires mises en place lors du Marché de Noël strasbourgeois de 2015 (voir notre article : http://uecstrasbourg.over-blog.com/2015/11/strasbourg-en-etat-de-siege-pendant-un-mois-le-fric-et-la-peur-oui-les-luttes-sociales-et-le-vivre-ensemble-non.html) se remettent en place cette année jusqu’au 24 décembre. En revanche le déploiement policier et militaire massif imposé l’année dernière ne suffit plus, il a fallu en faire encore plus : restriction du Marché de Noël à la seule Grande Île, fermeture d’une bonne partie des points de passage sur l’Ill et points de contrôle sur les autres, le tout agrémenté de plots en béton et de véhicules lourds des services de l’Eurométropole pour empêcher un attentat comme celui de Nice l’été dernier. Le dispositif humain engagé dans la défense de la forteresse est disproportionné : 660 policiers et gendarmes, 70 policiers municipaux et 150 agents de sécurité mobilisés, sans compter les militaires du dispositif Sentinelle. Nous nous devons d’évoquer les conditions de travail exécrables des vigiles engagés pour l’occasion. Par le biais de la société GVS (Groupe Valliance Sécurité), des intérimaires payés au Smic se doivent de remplir leur mission de 10h30 à 20h, avec seulement deux pauses de 30 minutes, tout cela dans le froid toute la journée (http://www.rue89strasbourg.com/marche-de-noel-hyper-securise-test-113999). Ces conditions sont ignobles, mais état d’urgence et Marché de Noël obligent, l’Eurométropole est peu regardante sur la manière dont ces vigiles doivent travailler.

À l’instar de l’année précédente où des événements avaient été purement et simplement annulés sous prétexte d’état d’urgence, la célèbre Zombie Walk organisée dans le cadre du Festival européen du film fantastique de Strasbourg a été sacrifiée sur l’autel sécuritaire. Cependant pas le sacro-saint Marché de Noël – ou encore la Grande braderie – qui rapportent bien trop d’argent pour pouvoir être annulés.

De plus, cette escalade sécuritaire pose encore une fois la question du contrôle au faciès qui est malheureusement une réalité (voir notre article de l’année précédente : http://uecstrasbourg.over-blog.com/2015/12/chronique-d-une-chute-libre-vers-l-autoritarisme-a-strasbourg-sous-l-etat-d-urgence-la-police-fouille-les-enfants.html) comme témoignent les articles suivants de la Feuille de Chou : http://la-feuille-de-chou.fr/archives/90939 et http://la-feuille-de-chou.fr/archives/91006. Le pire est encore à craindre, car nous ne sommes qu’au début de la grand-messe consumériste de Strasbourg.

En quoi l’exposition de fusils d’assaut flambants neuf par la police rassure-t-elle les visiteurs du Marché de Noël ? Encore et encore nous nous acheminons vers une militarisation de notre société et un piétinement de notre liberté de circulation. D’autant plus que la systématicité des contrôles n’est même pas assurée, favorisant encore le contrôle arbitaire (voir : http://www.rue89strasbourg.com/marche-de-noel-hyper-securise-test-113999). Ces mesures sont totalement inutiles et des centaines de milliers d’euros vont être dépensés pour cela. Mettre des centaines de policiers et militaires dans la rue, cela a-t-il empêché les attentats de Nice ? Il va sans dire que non. Il est temps que la France cesse son trouble jeu et ses politiques guerrières, nous n’avons pas à payer le prix de l’impérialisme français, encore une fois.

Relevons encore les propos des policiers qui selon l’article de Rue89 « admettent qu’après des mois de castagne autour de la « Loi Travail », patrouiller en calot dans les rues illuminées du centre-ville de Strasbourg n’est pas la plus désagréable des missions ». De tels propos sont aberrants, au vu de l’impunité policière totale acquise durant le mouvement contre la loi Travail. Nos camarades injustement condamnés et/ou blessés s’en souviendront.

Nous voulons de l’argent pour l’éducation, la santé et la culture, pas pour des mesures sécuritaires absurdes !

 

Mouvement des Jeunes Communistes du Bas-Rhin et Union des Etudiants Communistes de Strasbourg

Voir les commentaires

Publié le 29 Novembre 2016

Un monde à part - projection du film, mercredi 7 décembre à 18h à l'Institut Le Bel

L'Union des Étudiants Communistes de Strasbourg vous invite à la projection du film « Un monde à part » de Chris Menges, le mercredi 7 décembre 2016 à 18h salle SOIH au sous-sol de l’Institut Le Bel. La projection sera suivie d’une discussion.

https://www.facebook.com/events/1195051873919411/

Le film :
Nous sommes quarante ans après les grandes émeutes de Soweto qui secouèrent au mois de juin 1976 l’Afrique du Sud de l’Apartheid. La répression du régime blanc fit officiellement 140 morts et 1128 blessés. Depuis lors, le régime d’Apartheid est tombé en juin 1991, après son abolition par le président De Clark. Mais si dans ce combat l’ANC (African National Congress), parti du futur président Nelson Mandela, a joué un rôle de premier plan, il ne faut pas éclipser la place prise par le SACP (South African Communist Party), dont ses membres risquèrent leurs vies dans le combat contre l’exploitation du peuple sud-africain. Ce film narre une partie de l’histoire des époux Ruth et Joe Slovo, leader et journaliste du parti communiste sud-africain. Ce film propose une belle fresque sur Ruth First (Slovo), militante convaincue, souvent emprisonnée dans son pays, et qui fut assassinée par les services secrets sud-africains le 17 août 1982, lors de son exil mozambicain. 

A travers cette lutte pour l’émancipation et contre l’exploitation du genre humain, nous devons puiser nos forces pour les luttes d'aujourd'hui !

Un monde à part - projection du film, mercredi 7 décembre à 18h à l'Institut Le Bel

Voir les commentaires

Publié le 29 Novembre 2016

Fidel Castro 1926-2016

Ce 25 novembre 2016 disparaît l'une des grandes figures de la Guerre Froide et des révolutionnaires de la seconde partie du XXème siècle. Entre émotion et délivrance, les réactions furent plurielles à l’événement. Dictateur, assassin, libérateur, « commandante », différents adjectifs sillonnent le parcours de l'ancien président de Cuba. Parler de Fidel Castro, c'est parler d'une histoire nationale, celle de Cuba et de sa politique, d'une histoire internationale, celle de la Guerre Froide, de ses conséquences, et de la notre, communistes, pays voisins, contemporains. Souffrant d'une image bien noire il est important de comprendre notre monde pour comprendre qui était Fidel Castro, l'homme qui a tenu en respect les États-Unis.

 

1. Quand une révolution nationale devient continentale

La Révolution Cubaine qui débuta en 1953 et s'acheva en 1959, fut bien plus qu'un soulèvement national. La République de Cuba qu'évincèrent Fidel Castro, Ernesto Guevara, Raul Castro était un régime loin d'être une démocratie. L'ancienne République de Cuba était à l'image de ces régimes d'Amérique Centrale ou d'Amérique Latine sous domination indirecte des nordaméricains. La révolution cubaine s'exporta hors de ses frontières territoriales et toucha de plein fouet l'Amérique du Sud faisant prendre conscience aux peuples de ces pays de l'impérialisme des États-Unis. Les FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) sont les héritières de ce mouvement qui se démocratisa des années 50 à aujourd'hui en Amérique du Sud.

 

2. L'impérialisme policier et matérialiste des États-Unis

L'embargo que subit Cuba depuis 1962 soulève de nombreuses questions sur le rôle des États-Unis dans la Guerre Froide, mais également de nos jours. En effectuant ce blocus au nom de la lutte anti-communiste, les États Unis s'attaquèrent à l'un des droits fondamentaux de nos sociétés, peux importe nos opinions, peu importe nos origines : le droit des peuples à disposer d'eux mêmes. Ce blocus, recouvert du bouclier de la défense des libertés par le colosse américain cache une terrible vérité : à travers cette action les américains ont affamé le peuple cubain qui obtint son salut grâce à l'action de ses voisins sud-américains et, durant la Guerre Froide, des pays de l'ex-URSS. Ce blocus démontre aussi que les gouvernements états-uniens on tendance à imposer leur vision du monde aux pays du continent américain (voire au reste du monde). Comment espérer que son pays se développe lorsqu'il est asphyxié commercialement ?

 

3. Le régime cubain condamné pour « ses crimes »...

Le régime de Fidel Castro, ainsi que celui de son frère dans une moindre mesure, furent longuement condamnés par l'ONU et Amnesty International pour différents crimes, notamment l'assassinat des opposants politiques, contribuant à une image noire du castrisme et du communisme de manière plus générale. Il est étonnant pour un communiste d'être dénommé « assassin », notamment par les libéraux et capitalistes, dans la mesure où le communisme met l'humain et le social au centre de ses préoccupations et de son régime. Il est étonnant de voir l'engouement de certains pour les États-Unis, ce pays qui dans de nombreux Etats tolère encore la peine de mort, où le port d'armes est un droit fondamental, où durant ce qu'on nomma le maccarthysme une véritable « chasse aux sorcières » se déclencha envers les communistes dans le « pays des libertés » (l'an dernier un film sur Donald Trumbo éclairait le grand public sur la condition des communistes aux États-Unis durant la Guerre Froide). Certes, de nombreuses exécutions ont eu lieu sous Fidel Castro, amplifiées par une propagande capitaliste dans un contexte de Guerre Froide (notre vision européocentriste a tendance à voir plus facilement les défauts des autres que les nôtres). Deuxièmement, cela est toujours triste à dire et à expliquer, mais aucune révolution ne se fait pacifiquement : que ce soit nos révolutions Françaises (1789, 1830, 1848, 1870), ou les révolutions d'indépendance (Guerre d'Indochine, prolongée par la Guerre du Vietnam, Guerre d'Algérie, et tant d'autres).

 

4. Peu d'informations sur le développement du pays

Sous Fidel Castro, une politique sociale fut mise en œuvre, notamment en ce qui concerne l'éducation et la santé. Le nombre de médecins et de personnels enseignants s'est développé au cours des décennies qui ont suivi la prise de pouvoir par les révolutionnaires. Aujourd'hui les soins médicaux et l'enseignement sont gratuits pour la population cubaine. L'IDH (Indice de Développement Humain), se base sur trois facteurs pour classer les pays : la durée de vie des habitants, les connaissances, et la possibilité de jouir d'une vie décente. Au vue des conditions dans lesquels le pays a dû se développer au cours des dernières décennies, il est étonnant de voir ce pays atteindre la 67ème position, classant le pays dans le premier tiers du classement. Si nous comparons avec un pays européen comme l'Espagne, et un pays nord-américain comme les États-Unis, voyons si les politiques menées par Fidel Castro furent si catastrophiques au vue de son histoire. L’espérance de vie d'un cubain est en moyenne de 79,4, contre 82,6 pour un espagnol et 79,1 pour un états-unien. Concernant l'éducation, la durée attendue de scolarisation en année est de 13,8 pour un cubain, 17,3 pour un espagnol, 16,5 pour un états-unien. Concernant l'indice de développement de genre, Cuba est à 0,954, 0,975 pour les espagnols, 0,995 pour les États-Unis. En ce qui concerne l'emploi, il est de 54,4 pour les cubains, 43,3 pour les espagnols, 57,8 pour les États-Unis. Le dernier facteur est celui de l'écologie, les cubains n'émettent que 5,8 tonnes de dioxyde de carbone par habitant contre 17 pour les états-uniens (à l'heure ou l'environnement est au centre des débats).

Pour un pays qui a dû subir des conditions extrêmes de la part des États-Unis, son bilan peut être considéré comme positif.

 

5. Les médias et les cubains de Floride

A la mort de Fidel Castro une importante quantité de médias a relayé l'information selon laquelle de nombreux exilés cubains fêtèrent la mort de celui qui, pour des millions de personnes dans le monde, est le « commandante ». D'un point de vue éthique, il n'est jamais admirable de souhaiter la mort de qui que ce soit, car les communistes comme de nombreuses personnes sur cette planète pensent que tout homme a le droit de vivre. Deuxièmement, ils est important de dire que cette population est souvent issue des opposants politiques au régime castriste et de ce fait, l'objectivité peut être mise en doute sur ces personnes. Troisièmement et en parallèle du paragraphe précédent, ces migrations, notamment vers les États-Unis, nous invitent à nous pencher sur ce qui fait le bonheur de l'Homme. Un régime communiste rejette la société de consommation, notamment celle prônée par le capitalisme. Il considère que l'homme, le social et les relations humaines sont au centre de son développement et de son épanouissement. Il privilégie une vie plus simple (non pas plus morose), où relations et désirs sont en harmonie avec le développement de la société et en phase avec notre époque.

 

6. Fidel Castro, une image noire, comme tant d'autres figures

L'image de Fidel Castro, prônée par les modèles occidentaux, nous pousse à repenser nos propres figures, celles qui composent notre histoire. Quand nous voyons aujourd'hui le nombre de commémorations, notamment dans les pays dits du Tiers Monde, nous ne pouvons nous empêcher de repenser à ceux qui ont fait notre pays. Prenons l'exemple de Robespierre qui possède également une image noire en France. Aujourd'hui, avec de nouveaux travaux, il semblerait que ce personnage sorte de cette vitrine d'assassin dans lequel on l'a mis pendant de nombreuses années. Les images sont faites par les vainqueurs, par la propagande, par les modèles politiques de nos gouvernements. Aujourd'hui, nous sommes en droit de repenser l'image du révolutionnaire cubain, tout comme nous repensons l'image de nos révolutionnaires. Il est impensable d'associer à un seul homme (Fidel Castro) la responsabilité toute entière des problèmes cubains, tout comme il est impensable d'associer toutes les atrocités de la Terreur à Robespierre, surtout sans les recontextualiser, sans analyser les rapports de forces, en oubliant le fait que ces hommes, tout comme nous, sont des personnes qui rêvaient de liberté et qui avaient un idéal (l'un Rousseau, l'autre Marx). Les révolutions sont les faits non pas d'un seul homme, mais de tout un peuple !

 

7. L'héritage de Fidel Castro et de la Révolution Cubaine

Aujourd'hui, on considère que la Guerre Froide a disparu avec le Mur de Berlin en 1989, mais en est-il réellement ainsi ? Si l'on regarde les liens diplomatiques, ainsi que les hommes politiques qui ont rendu un hommage sincère à Castro (notamment en Amérique Latine, en Afrique, au Moyen et Extrême Orient), nous voyons que cette guerre n'est pas finie. La lutte des classes est toujours présente et on exploite, aujourd'hui plus que jamais, les pays dits du Tiers Monde (ceux avec qui Fidel Castro entretenait de nombreux liens diplomatiques). Fidel Castro nous laisse non pas un héritage matériel, mais idéologique, celui qui montre que la lutte continue, que malgré les propagandes, malgré les politiques nocives contre le prolétariat (qui s'est généralisé sur les continents, dans les couches des sociétés), il faut continuer le combat.

 

Citations d'un "assassin" :

« Que disparaisse la philosophie du pillage, et la philosophie de la guerre aura disparue » (Fidel Castro 26 septembre 1960, ONU).

« Le vote contre l'embargo américain démontre la nécessité de mettre fin au blocus [contre Cuba], mais aussi au système qui engendre l'injustice sur notre planète, dilapide les ressources naturelles et met en danger la survie de l'homme. » (Fidel Castro 26 octobre 2011, AFP).

 

Union des Etudiants Communistes de Strasbourg - cellule Palais U

Voir les commentaires

Publié le 22 Novembre 2016

La transphobie tue, elle commence à l'université ! - Appel unitaire

L'Union des Etudiants Communistes de Strasbourg est signataire et soutient l'Appel unitaire "La transphobie tue, elle commence à l'université !" :

 

La transphobie tue, elle commence à l'université !.

Le 20 novembre, c'est la Journée internationale de la mémoire transgenre.

Cette journée, nous nous recueillons pour les victimes de transphobie assassinées ou poussées au suicide par un système excluant.

Nous nous recueillons pour des personnes qui meurent toute l'année.

Nous nous recueillons pour y penser tout le temps, et pour pousser encore un cri d'alerte pour les années à venir.

Combien de victimes encore pour réagir ?

La transphobie commence au niveau politique : par l'État, les collectivités ; et se perpétue dans les autres institutions et sphères sociales.

L'Université de Strasbourg EST concernée, en tant qu'institution et sphère sociale.

Parce que les étudiant.e.s trans sont plus sujet.te.s à être victimes de harcèlement au sein de leurs facultés, à abandonner leurs études.

Il n'y a qu'à regarder les nombreuses études à ce sujet, et parmi celles disponibles de nombreuses aux États-Unis notamment.

Parce qu'en France 69% des jeunes trans de 16 à 26 ans auraient déjà pensé au suicide, selon un rapport d'Homosexualité Et Socialisme daté de 2014, d'après une enquête réalisée en ligne.

Dans la vie d'un.e étudiant.e trans, la transphobie est un problème quotidien.

La politique universitaire actuelle mène au mégenrage, à l'outing forcé (la révélation publique de la transidentité d'une personne), à la mise en cause de la légitimité de l'identité de genre des étudiant.e.s, des prénom et pronom utilisés quotidiennement dans leur vie sociale, etc.

 

Nous profitions des élections du CA de l'Université pour passer cet appel.

Nous exigeons...

  1. le respect du prénom d'usage de tout.e étudiant.e, sur simple demande, sur tous les documents administratifs, pédagogiques ou autres (dossier étudiant, listes d'appel, résultats d'examens, carte étudiante, etc.),

C'est une mesure si simple à mettre en place. Elle ne gêne en aucun cas la reconnaissance administrative des étudiant.e.s, et des mesures similaires sont déjà mises en place dans des universités à travers le monde sans avoir à attendre les changements législatifs sur la mention du genre à l'état civil.

Elle facilite et allège le processus de transition. Elle évite une confusion qui peut survenir à tout moment quand l'étudiant.e et/ou son interlocuteur.rice est confronté.e à une identité qui n'est pas la sienne, alors même qu'on l'utilise quotidiennement, l'obligeant souvent à s'expliquer, à être confronté.e au regard des autres, pouvant ainsi mettre son intégrité physique et morale en danger, la réduisant toujours au genre qu'on lui a assigné à la naissance.

 

  1. la formation et la sensibilisation du personnel administratif et pédagogique de l'université en contact avec les étudiant.e.s aux problématiques trans,

Si doute il y a sur l'identité de genre des étudiant.e.s, éviter les « Monsieur/Madame », éviter de genrer, sinon demander les prénoms à utiliser. Préférer un contact inclusif, non-genré, non-discriminant. Être préparé.e à recevoir des étudiant.e.s trans, à les orienter vers les procédures qui pourraient les concerner comme le changement de prénom.

 

  1. la demande à tou.te.s les étudiant.e.s par leurs professeur.e.s, au moins à chaque début d'année, du pronom qui leur correspond le mieux,

Pour signifier à tou.te.s les étudiant.e.s, quelle que soit leur identité, que nous sommes les bienvenu.e.s en tant que nous-mêmes. Pour offrir un espace sécurisé, en désarçonnant dès le début les préjugés potentiels des classes sur l'identité de genre, et une ouverture aux personnes trans qui n'osent pas faire leur scolarité sous l'identité de genre qui leur correspond et en souffrent. Ce pronom est ensuite respecté par l'ensemble des professeur.e.s, sauf bien entendu rectification de la part d'un.e étudiant.e quant au pronom à utiliser.

 

  1. la formation et la sensibilisation des responsables associatifs aux problématiques des étudiant.e.s trans, pour garantir une vie associative inclusive,

Les événements associatifs où les rôles de genres sont caricaturés, cloisonnés, et autres événements sexistes, homophobes, biphobes, transphobes, etc., sont oppressifs pour les personnes trans, binaires ou non-binaires. Il est nécessaire d'informer sur les mots, les comportements, les règles à suivre, les représentations qui seraient le relai de cette oppression.

 

  1. la mise en place de toilettes neutres sur le campus,

À l'Université comme partout, les étudiant.e.s transgenres et les personnes non conformes dans le genre en général, comme les autres, ont besoin d'utiliser les toilettes, mais se retrouvent souvent à ne pas pouvoir soit par crainte du regard que vont porter les autres sur le genre (réel ou supposé) qui leur a été assigné à la naissance, soit parce que ce sont personnes assignées garçon à la naissance mais d'une identité ou expression de genre féminine qui souhaitent utiliser des urinoirs, soit parce que ce sont des personnes non-binaires qui ne se reconnaissent ni d'un côté ni de l'autre...

Il existe des toilettes neutres dans de nombreux lieux publics. Nous ne demandons pas la construction d'autres toilettes, encore moins la désignation de toilettes « pour personnes trans ». Nous ne demandons à ce qu'on réfléchisse à ne plus genrer les toilettes : pourquoi pas toilettes avec urinoirs et toilettes sans urinoirs ? Avant de se poursuivre ainsi avec les toilettes collectives, en même tant qu'on sensibiliserait sur l'enjeu d'une telle mesure pour éviter les réticences, cela peut commencer très simplement par les toilettes individuelles ; et en attendant garantir l'accès à tout le monde aux toilettes de son choix.

 

  1. les développement des études de genre et plus largement des études culturelles, postcoloniales, etc., en elles-mêmes et dans l'ensemble des filières universitaires.

L'enseignement et la recherche ne doivent pas céder face aux illuminé.e.s de la « théorie du genre ». Elle doit ouvrir ses disciplines aux aspects analytiques et critiques des études de genre, pour prendre conscience de la construction des genres, du rôle du genre dans tous les domaines de la vie sociale, même à l'Université. L'enseignement du genre à l'Université doit également pouvoir décentrer le regard de la binarité du genre occidentale pour voir les rôles et les identités de genre ailleurs dans le monde, mais également l'intersection entre genre, race et classe.

 

À l'attention de l'Université de Strasbourg et de ses composantes,

un appel du Collectif Copines avec Support Transgenre Strasbourg

Voir les commentaires

Publié le 22 Novembre 2016

De la misère en milieu étudiant - 50 ans après : héritage, critique et actualité du situationnisme

Le 21 novembre, l'UEC Strasbourg est intervenue à la table-ronde "De la misère en milieu étudiant : héritage et actualité" (salle Pasteur, Palais Universitaire), dans le cadre de la semaine "Trajectoire situationniste" organisée par le SUAC de l'Université de Strasbourg (le programme complet : http://trajectoire-situationniste.unistra.fr/).

Nous publions ici notre contribution au débat pour cette semaine culturelle à l'occasion du 50ème anniversaire de la parution du manifeste de l'Internationale Situationniste "De la misère en milieu étudiant" (Strasbourg, 1966).

 

 I) La mémoire du mouvement situationniste à l’UEC

Il ne reste pas de traces du mouvement situationniste dans notre mouvement tant au niveau local que national. Le mouvement situationniste n’a été qu’un feu de paille, nous avons le sentiment d’être tout à fait extérieur à son histoire. Nous n’avons jamais partagé quoi que ce soit avec le mouvement situationniste, c’est tout le contraire. En revanche, le situationnisme marque de manière subliminale l’UEC comme le dit Gérard Streiff (ancien responsable du cercle de l’IEP à l'UEC Strasbourg en 1968, auteur et dirigeant national du PCF) dans son roman La Collection, mais le mouvement situationniste déjà mort à l’époque. Des "tentations situationnistes" peuvent toucher des membres de l'UEC dans les années 1966-1968, notamment autour du principe de déconstruction de l'université. Pourtant, la montée de courants maoistes au sein des organisations communistes en Occident, à l'époque de la Révolution Culturelle chinoise, sera un frein au développement des positions situationnistes : dans une époque trouble pour notre organisation, les quelques membres qui quittent l'UEC se tournent plutôt du côté maoiste, alors que les situationnistes critiquaient fortement ce courant (Mao étant mis au meme plan qu'un Krouchtchev et accusé de stalinisme, la Révolution Culturelle étant considérée comme « menée par la bureaucratie la plus gigantesque des temps modernes »). 

La critique du mouvement situationniste à l'égard de l'UEC est plutôt simple : nous sommes une organisation réformiste, gangrénée par la bureaucratie et totalitaire, car nous imposons tout à nos militants « sans cervelle ». Également idéologie « pétrifiée », nous participerions à la consolidation de la société capitaliste et à la défense irréfléchie de l’URSS. Le situationnisme critique surtout des principes du léninisme concernant l’organisation, les situationnistes voulant construire leur société sur les ruines du « stalinisme ». C'est assez drôle de constater que les situationnistes nous qualifient « d’organisation mourante » en voyant leur destinée. De même les voir parler de « pouvoir ouvrier » alors que la majorité des ouvriers sont dans les organisations communistes et pas dans leur milieu petit-bourgeois. L'accusation également formulée à l’égard des communistes « staliniens » est de ne pas avoir pris le pouvoir après 1945. Les situationnistes s’insèrent dans une critique « gauchiste » typique du mouvement communiste et du « stalinisme », n’apportant pas de critiques constructives au débat. Critiques qui n’ont pas eu lieu d’être à l’époque, pas plus qu’aujourd’hui.

 

II) Actualité de la « misère étudiante »

La première constatation du manifeste des situationnistes, que l’étudiant est méprisé dans la société, est pourtant plutôt vraie encore aujourd’hui. La réflexion sur l’extrême pauvreté des étudiants est à notre sens toujours une réalité. Même si de nos jours les origines sociales des étudiants ont quelque peu évoluées, notamment grâce à la « démocratisation » de l’université peuplée essentiellement de petit-bourgeois avant mai 1968. 

On dit souvent que les étudiants sont des paresseux, qu'ils passent leur temps à sortir et à faire la fête. La réalité est bien différente : aujourd'hui, la majorité des étudiants vivent dans une situation de précarité. Plus d'un étudiant sur deux est obligé de se salarier pour financer ses études. Ce problème devient considérable lorsqu'on sait que les jobs étudiants sont la première cause d'échec dans les études. Quand un étudiant doit aller au travail pendant ses heures de cours ou pendant son temps libre, on voit clairement le désavantage qu'il subit. Peut-être certains diront-ils que des aides existent déjà ? Seulement 30% des étudiants ont accès aux bourses. Par conséquent, nombre d'étudiants doivent vivre aux dépens de leurs parents (plus de détails dans notre article : http://uecstrasbourg.over-blog.com/2016/10/finissons-en-avec-la-precarite-etudiante-luttons-pour-le-salaire-etudiant.html).

Il est vrai également que l’étudiant est conditionné par l’université à servir les besoins de la société capitaliste. Encore plus aujourd’hui avec la soumission de l’université aux exigences des entreprises qui se fait omniprésente. Sur la soumission de l’appareil universitaire aux besoins de l’appareil productif capitaliste, nous ne pouvons qu’être d’accord.

Pourtant, la politisation des étudiants est bien moindre aujourd’hui qu’à l’époque de la rédaction du manifeste. De même que la place de la religion, alors que les situationnistes parlaient « des prêtres-étudiants continuent à sodomiser, sans se cacher, des milliers d’étudiants dans leurs chiottes spirituelles ». Réflexion tout à fait exquise, à l’image de leur ex-meneur Daniel Cohn-Bendit.

 

III) Solutions du manifeste

Quelles solutions concrètes propose le manifeste des situationnistes à part de l’incantation intellectualiste ? Ils forment leur socle sur leur haine viscérale des bolchéviques, des théories de Lénine, et des « staliniens ». Le résultat est une longue liste de logorrhées stériles, rien de tangible. Leurs analyses sont très proches du "communisme de conseils", mais dans une vision complètement pervertie, qui fait abstraction de la lutte des classes : loin des formulations de Rosa Luxembourg et de Karl Liebknecht (qui est pourtant cité dans le manifeste), les situationnistes idolâtrent les Conseils Ouvriers sans se rendre compte qu'un Conseil Ouvrier en soi n'est pas la garantie d'adoption d'une perspective révolutionnaire. L'exemple des conseils ouvriers de novembre 1918 pendant la Révolution allemande est manifeste : ces conseils étant gangrenés par la social-démocratie, il a fallu un travail formidable des communistes au sein des conseils pour rendre hégémonique la perspective de rupture révolutionnaire avec le système capitaliste et arriver à l'insurrection armée de janvier 1919. Sans organisation communiste travaillant avec et au sein des conseils, ces derniers se seraient contentés d'entériner l'option de co-gestion du pouvoir étatique avec le grand capital et l'appareil militaire telle que proposée par le SPD.

Néanmoins, nous restons d’accord avec les situationnistes sur des principes fondamentaux de notre visée révolutionnaire, comme la fin de la société de classe ou l’autogestion des outils de production par les travailleurs. Quant à la suppression du travail et au slogan situationniste "Ne travaillez jamais", justifié de leur point de vue par un refus du "travail abstrait" dans la continuité des travaux de Karl Marx, nous trouvons qu'il s'agit d'une erreur tactique, ne s'attaquant pas au travail dans sa forme actuelle, capitaliste, du salariat et renforçant ainsi les stéréotypes que l'idéologie dominante véhicule à l'égard des étudiants (féignants, enfants gâtés...) pour diviser leurs luttes de celles des travailleurs.

La vision que porte l'UEC de la solution contre la misère étudiante consiste dans l'adoption de mesures d’urgence comme le salaire étudiant afin de garantir un revenu à chacun, la nationalisation des logements étudiants pour garantir à tous le droit à un logement digne et mettre fin à la spéculation sur les chambres étudiantes privées. La lutte pour la fin de l’austérité et de la casse dans les universités publiques est une priorité, en engageant des moyens dignes de ce nom ou encore la reconnaissance de nos diplômes dans le monde du travail.

Nous constatons enfin que nombre de mouvements de l'ultra-gauche, 50 ans après l'échec du situationnisme, n'ont pas encore su dépasser le stade de la critique et proposer les voies du changement, au delà d'un simple appel aux barricades. Tout mot d'ordre sur lequel mobiliser les étudiants pour des victoires immédiates (nécessaires pourtant à l'élévation de la conscience de classe ainsi qu'à l'espoir nécessaire pour toute action révolutionnaire) est considéré comme réformiste. Et au final, lorsque l'ultra-gauche s'interroge sur les solutions à proposer pour le milieu étudiant après des décennies de défaites, elle finit, comme le montre de manière emblématique l'article de Paris Luttes Info (https://paris-luttes.info/misere-perpetuelle-en-milieu-6751?lang=fr) sur les 50 ans du manifeste situationniste, à adopter la même revendication que les organisations réformistes (UNEF, FAGE) : puisque un salaire étudiant est utopique dans l'état actuel de crise du système capitaliste, il faut se contenter de demander une simple augmentation des bourses. Une logique caritative qui ne fait que prolonger la non reconnaissance de la place des étudiants dans les rapports de production comme étant des travailleurs en formation, des futurs salariés exploités, et qui entrave l'alliance étudiants-travailleurs dans la lutte pour la réappropriation des moyens de production.

 

Union des Etudiants Communistes de Strasbourg

De la misère en milieu étudiant - 50 ans après : héritage, critique et actualité du situationnismeDe la misère en milieu étudiant - 50 ans après : héritage, critique et actualité du situationnisme

Le texte du pamphlet "De la misère en milieu étudiant" (1966)

Voir les commentaires

Publié le 21 Novembre 2016

500 personnes se sont rassemblées samedi 19 novembre devant le Stadthalle de Kehl pour protester contre le congrès régional de l'AfD (Alternative pour l'Allemagne), parti fasciste allemand. Le cortège, composé des différentes organisations antifascistes des deux côtés du Rhin (malgré les contrôles renforcés à la frontère franco-allemande), a ensuite défilé dans les rues de Kehl, avec une prise de parole devant l'Eglise de la Paix. Dans la partie communiste et autonome du cortège, des slogans en allemand, en français et en anglais ont été scandés tout au long de la manifestation, pour réaffirmer l'urgence de l'accueil des réfugiés, le besoin de solidarité internationale antifasciste et l'opposition à la montée des mouvements fascistes en Allemagne tels que Pegida et AfD. 

 

Vidéo MJCF 67 : https://www.youtube.com/watch?v=c9_25Qn3U3I

Retour sur la manifestation antifasciste à Kehl contre la congrès régional du AfD (19 novembre 2016)
Retour sur la manifestation antifasciste à Kehl contre la congrès régional du AfD (19 novembre 2016)Retour sur la manifestation antifasciste à Kehl contre la congrès régional du AfD (19 novembre 2016)
Retour sur la manifestation antifasciste à Kehl contre la congrès régional du AfD (19 novembre 2016)Retour sur la manifestation antifasciste à Kehl contre la congrès régional du AfD (19 novembre 2016)Retour sur la manifestation antifasciste à Kehl contre la congrès régional du AfD (19 novembre 2016)
Retour sur la manifestation antifasciste à Kehl contre la congrès régional du AfD (19 novembre 2016)Retour sur la manifestation antifasciste à Kehl contre la congrès régional du AfD (19 novembre 2016)Retour sur la manifestation antifasciste à Kehl contre la congrès régional du AfD (19 novembre 2016)

Voir les commentaires