Publié le 17 Janvier 2017

Réunion/débat : Etudiants et résistance en Palestine (jeudi 26 février à 18h, Bâtiment Le Platane)

L'UEC Strasbourg a le plaisir de vous inviter à une Réunion/débat "Etudiants et résistance en Palestine", le JEUDI 26 JANVIER 2017 à 18h au Bâtiment Le Platane (Agora), campus central de Strasbourg, avec :
 

Mohamed MASRI
étudiant palestinien, ancien membre de la GUPS Aix-Marseille (Union Générale des Etudiants Palestiniens)


Andrea BENEDETTI
responsable aux relations internationales pour l’UEC

https://www.facebook.com/events/263969017356442/

Depuis 69 ans, depuis la création de l’Etat d'Israël en 1948, le peuple Palestinien souffre d’une occupation illégitime de la part du gouvernement israélien. Les interventions militaires de ce dernier sont regulières dans les terrtoires palestiniens, prenant plusieurs formes : bombardements aériens, colonisation, check-points... L’occupation est un fait reconnu internationalement : la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU du 23 décembre 2016 a denoncé clairement la colonisation israélienne.

Non seulement la France refuse de reconnaître l’Etat palestinien, elle renforce aussi la répression et la criminalisation à l’encontre de ceux qui font vivre la solidarité internationale avec le peuple palestinien. Lescirculaires Alliot-Marie (2010) et Mercier (2012) criminalisent les actions de la campagne BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions). Cette campagne consiste à créer une pression internationale à plusieurs échelles (économique, académique, culturelle, politique) pour contraindre Israël à abandonner l’occupation des territoires palestiniens. 

En Palestine, 214.000 étudiants sont divisés sur les 17 universités publiques et privées en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza. Être etudiant en Palestine relève du parcours du combattant. Les frais d’inscriptions sont hors portée (l’équivalent de 300 à 1.000 euros), du fait de l’impossibilité du gouvernement palestinien à effectuer des investissement dans le secteur éducatif. Nombre de jeunes restent ainsi en dehors des études supérieurs, ou bien souvent leurs familles se voient obligées à vendre leurs proprietés pour pouvoir subvenir aux frais d’inscription. Par exemple, dans la ville de Jénine, sur les environ 15.000 étudiants, il y en a 60% qui vivent sous le seuil de pauvreté. 
Le parcours entre la maison et le lieu d’étude est parsemé de check-points israéliens, ce qui empêche certains étudiants de suivre les cours qu’ils souhaitent, notamment dès lors qu’ils doivent se déplacer d’un site universitaire à un autre pour assister à des cours. 
Le rôle des étudiants palestiniens est pourtant fondamental dans la lutte de libération, qui a connu une place importante dans les dernières années. C’est pour cela qu’Israël s’acharne contre les étudiants : à l’heure actuelle, 350 enfants de moins de 18 ans ainsi que 700 étudiants sont prisonniers politiques. Ils croupissent dans les geôles israéliennes, enfermés pour des raisons aléatoires et n’ont pas le droit à l’avocat lors des interrogatoires. Par exemple, en 2015 une forte mobilisation internationale s’est construite pour la libération de Lina Khattab, étudiante en journalisme de 18 ans à l’université de Bir Zeit, emprisonnée pendant 6 mois pour avoir participé à une assemblée étudiante et à une manifestation contre l’arrestation d’autres camarades étudiants. Shorouq Dwayyat, étudiante en Histoire-Géographie de 19 ans à l’université de Bethlehem, a été condamnée en décembre 2016 à 16 ans de prison pour s’être révoltée contre un colon israélien.

L’accès et le droit à l’éducation restent un combat fondamental en Palestine. Le gouvernement israélien s’acharne à remettre en cause ce droit pour enlever aux jeunes palestiniens l’arme la plus puissante pour continuer la lutte de libération. Malgré toutes les tentatives israéliennes de mettre à mal le système universitaire palestinien, ce peuple démeure l’un avec le taux de scolarisation le plus élevé au Moyen-Orient. Être étudiant en Palestine est un moyen de résistance, et nous nous devons d’être solidaires de cette lutte pour que cesse enfin l’occupation israélienne et la mise à mal de centaines de parcours de vie et d’études des jeunes palestiniens. 

 

Union des Etudiants Communistes de Strasbourg

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Publié le 12 Janvier 2017

Photo : RTL

Photo : RTL

La nouvelle a fait grand bruit en ce début d'année 2017 : la hausse des tarifs bancaires, c'est-à-dire les frais de tenue de compte à la banque, de retrait d'argent dans un distributeur et les cotisations pour les cartes bancaires, dans la plupart des entreprises bancaires françaises à partir du 1er février. Ce fait a été dénoncé par l'AFUB (Association Française des Usagers des Banques). A la suite des différents scandales qui ont touché les différentes banques françaises, notamment celui des Panama Papers, les jeunes et les plus âgés sont en droit de se s'interroger sur la légitimité de cette hausse.

Les entreprises bancaires sont loin d'être des pauvres petites PME qui se développent de façon affolante en France. La Banque Postale, l'une des banques dégageant le moins de bénéfices, a néanmoins gagné 800.000 euros pour l'année 2016, la somme allant jusqu'à 2 milliards pour la BNP. Dès lors, comment justifier le fait que les tarifs bancaires atteindront les 12 euros par an à la Banque Postale (une augmentation de 93,6%), ou encore 30 euros par an à la BNP ?

En France, tout le monde est obligé de posséder un compte bancaire. Comment peut-on combattre dans ce cas cette hausse, qui est considérée comme illégale (cf. article L312-1-1 du code monétaire et financier) ? Il faut envoyer une lettre à sa banque disant que l'on refuse cette augmentation, ainsi qu'au Ministère des finances.

Cette hausse des tarifs bancaires montre bien l'impuissance de l’État français dans ses fonctions régaliennes, puisque c'est les banques qui mènent la danse. Les étudiants qui traînent d'énormes charges à payer chaque mois doivent-ils encore subir cette nouvelle hausse pour des raisons totalement injustifiées ? Surtout que ces mêmes banques refusent de verser à certains lycéens ou étudiants des prêts sous prétexte qu'ils ne croient pas aux projets des jeunes et qu'ils ont peur de perdre de l'argent (rappelons que les banques ne marchent que via l’argent des usagers et par les créations de comptes bancaires que nous sommes obligés d'avoir...).

Cette hausse des tarifs bancaires est une insulte aux jeunes qui galèrent tous les mois à payer leur vie étudiante, à ces mêmes jeunes qui se sont vus refuser un prêt bancaire. Nous ne devrions rien dire ? A qui devons-nous la précarité de notre vie étudiante et la crise qui perdure depuis longtemps déjà et qui étouffe les classes populaires dont nombre d'étudiants font partie ?

Il est plus que jamais le temps de mettre au pas un système bancaire devenu incontrôlable : il faut nationaliser les banques afin de permettre un contrôle social du crédit et des capitaux !

 

Union des Étudiants Communistes de Strasbourg

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Publié le 9 Janvier 2017

Photo : DNA

Photo : DNA

Depuis le 6 janvier 2017, les 68 ouvriers de l’usine Itron d’Haguenau ont entamé un mouvement de grève contre la fermeture du site d’ici 2018. Itron est une société d’origine américaine spécialisée dans les « systèmes de comptage intelligents », le site d’Haguenau s’occupe de la fabrication de compteurs à eau de grande dimension pour les collectivités et pour les grands distributeurs (avec une production de 170.000 à 175.000 unités par an, exportées dans 70 pays), ainsi que de bornes d’irrigation agricole. Le 26 octobre 2016, la société Itron a annoncé un plan de restructuration global, touchant ses sites aux quatre coins du monde et concernant pas moins de 800 salariés. La volonté de la société Itron est de renouveler sa stratégie d’organisation industrielle pour rester compétitive dans la production et proposer une offre globale (gestion et transport des données) aux distributeurs. Pour ce qui est d’Itron France, le plan de restructuration prévoit de recentrer la production sur le site de Mâcon (71), qui s’occupe à l’heure actuelle de la fabrication de compteurs d’eau résidentiels.

Comme le déplorent les délégués syndicaux d’Itron Haguenau, le site a été progressivement délaissé par la multinationale (notamment par un manque d’investissement dans les nouvelles technologies comme les produits à ultrason), si bien que l’annonce de fermeture était attendu. Déjà en 2015, près de 120 emplois avaient été supprimés sur le site Itron de Chasseneuil-du-Poitou (86). Mais pour le site d’Haguenau les garanties pour les salariés sont inférieures à celles proposées en 2015 à Chasseneuil. Pour l’instant, la direction d’Itron France s’est engagée à des propositions de reclassement aux 68 salariés d’Haguenau : pour les 2/3 d’entre eux, un transfert sur le site de Mâcon, pour les autres un transfert dans les autres sites en France.

Le MJCF 67 - Haguenau dénonce le plan social d’Itron et est solidaire de la mobilisation des ouvriers du site d’Haguenau : la grève reste le moyen le plus puissant pour empêcher l'application des licenciements économiques et éviter un nouveau bond en avant dans la désertification industrielle de la zone d’Haguenau, où déjà chômage et précarité sont la règle. Il est plus que jamais nécessaire de contrer les directions d'entreprises qui restructurent leurs activités en fonction de leurs perspectives de profit sans prendre en compte les conditions de vie et d'emploi de ceux qui produisent véritablement les richesses, les travailleurs.

 

Mouvement Jeunes Communistes du Bas-Rhin – Union de ville d’Haguenau

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Publié le 5 Janvier 2017

Marsault n’est pas le bienvenu à Strasbourg !

Le 7 janvier 2017, la Librairie Kléber de Strasbourg accueille le dessinateur Marsault pour une séance de dédicaces. Marsault est pourtant un « artiste » qui se sert de ses dessins pour véhiculer la propagande raciste et sexiste de l’extrême-droite. Ses dessins sont souvent des appels mal dissimulés au tabassage des militants gauchistes, féministes, antiracistes, commis par son « héro » le crâne rasé... Sa maison d’édition, Ring, s’est faite connaître pour avoir publié l’ode à Breivik de Laurent Obertone et le « Manifeste de la Dissidence Blanche », ainsi que pour accueillir regulièrement des écrivains racistes tel Renaud Camus.

Pendant l’été 2016 Marsault a été protagoniste d’un différend qui a montré une fois de plus quelles sont ses méthodes pour réduire au silence ses opposants : après la fermeture de sa page Facebook, il a lancé un appel à harceler une militante féministe qui saluait l’événement. Cette dernière, ainsi que ses amis et sa famille, se sont alors vus tomber dessus la réaction de la milice pro-Marsault, avec la série infinie d’insultes, menaces de viol, tabassage et meurtre qui vont avec. Des méthodes fascistes et mafieuses ![1]

 

La langue de bois d’une France qui se veut « républicaine », d’une Strasbourg qui se veut « capitale des droits de l’Homme », d’une « liberté d’expression » qui est répétée à l’infini jusqu’à perdre son sens militant... tout cela est évident dès lors que les lieux publics et/ou de diffusion du savoir sont ouverts aux réactionnaires de la pire espèce. Devons-nous rappeler l’invitation de Bruno Gollnisch au Palais Universitaire en février 2015[2] ? Comme nous le disions à l’époque, la liberté d’expression oui, mais pas pour les propagateurs de haine !

Malheureusement, aujourd'hui la haine sexiste, lorsqu'elle est portée par des racistes d'extrême-droite est tolérée et même applaudie. Malheureusement, Marsault est également soutenu par les éternels défenseurs de la liberté d'expression, comme si la violence raciste, sexiste, antisémite, homophobe, dessinée, écrite, fantasmée, ressassée était un vague inconvénient que les victimes devraient supporter pour garantir la liberté des bourreaux.[3]

 

Le MJCF 67 et l’UEC Strasbourg dénoncent la venue de Marsault à la librairie Kléber : il n’est pas le bienvenu dans notre ville, dans notre région qui porte encore les blessures de la haine fasciste dont Marsault est le digne successeur. Comme en avril 2010 les responsables de la librairie Kléber ont annulé la conférence d’Eric Zemmour, nous exigeons que la même politique soit appliquée vis-à-vis de la séance de dédicaces de Marsault. Un sursaut d’honneur antifasciste s’impose pour tous ceux qui ne veulent pas être complices de la descente de notre pays dans la barbarie fasciste !

 

Mouvement des Jeunes Communistes du Bas-Rhin et Union des Etudiants Communistes de Strasbourg

 

[1] Voir Info-Antiraciste, Marsault, dessinateur d'extrême-droite et harceleur en meute : http://info-antiraciste.blogspot.fr/2016/08/marsault-dessinateur-dextreme-droite-et.html?m=1

[2] Voir UEC Strasbourg, Monsieur Gollnisch le négationniste est indésirable à l’Université de Strasbourg : http://uecstrasbourg.over-blog.com/2015/02/monsieur-gollnisch-le-negationniste-est-indesirable-a-l-universite-de-strasbourg.html, ainsi que UEC Strasbourg, Annulation de la conférence de Gollnisch : une victoire pour l’Université médaillée de la Résistance : http://uecstrasbourg.over-blog.com/2015/02/annulation-de-la-conference-de-gollnisch-une-victoire-pour-l-universite-medaillee-de-la-resistance.html

[3] Voir Info-Antiraciste, cit.

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Publié le 4 Janvier 2017

Extension du tramway vers Kehl, extension des inégalités !

À partir du 30 avril 2017, Strasbourg et la ville allemande de Kehl seront reliées par une extension de la ligne D du réseau de tramway strasbourgeois. Sur le papier, c’est une bonne nouvelle, notamment pour les jeunes : cela permet de développer les transports en commun et de renforcer leur attractivité. En outre, la dimension transfrontalière pourrait permettre de renforcer la solidarité entre nos deux peuples. Malheureusement, la réalité est toute autre : l’extension du tramway vers Kehl va surtout se traduire par une croissance des inégalités en matière d’accès aux transports en commun !

 

Des inégalités entre les abonnés CTS et les usagers ponctuels

Les abonnés de la CTS, qui possèdent une carte Badgéo, sont les principaux bénéficiaires de cette extension. En effet, en plus de pouvoir se rendre à Kehl par le tramway, ils pourront utiliser gratuitement certains des bus de la Compagnie des Transports de l’Ortenau (TGO) leur donnant la possibilité de se déplacer sans frais supplémentaires dans Kehl et certaines villes alentour telles que Kork ou Auenheim. Si cette mesure peut sembler judicieuse, elle se fait au détriment des usagers ponctuels de la CTS. En effet, l’achat d’un ticket de tramway permettra de se rendre jusqu’à Kehl, mais ces usagers devront ensuite payer un ticket TGO s’ils veulent changer de ville !

Avec cette mesure, la CTS crée donc deux catégories d’usagers, traités de manière inégale. Les abonnés sont privilégiés au détriment des usagers ponctuels.

 

Un tramway au seul bénéfice des Français

Mais la distinction entre abonnés et usagers ponctuels n’est pas la seule inégalité engendrée par l’extension du tramway vers Kehl : celle-ci bénéficie avant tout aux Français ! En effet, là où les abonnés CTS peuvent se déplacer gratuitement dans Kehl avec le réseau de bus, la réciproque n’est pas vraie. Les Allemands qui prendront la ligne D du tramway pour se rendre à Strasbourg devront acheter un ticket supplémentaire s’ils veulent utiliser une autre ligne du réseau de la CTS !

Il ne s’agit donc pas de relier les deux villes entre elles, mais plutôt de poursuivre une politique visant à faire de Kehl une simple banlieue de Strasbourg, où les Français pourront aller pour se détendre ou faire leurs achats avec une plus grande facilité. Pendant ce temps, les Kehlois devront payer plus s’ils veulent se déplacer dans Strasbourg. Ce n’est pas une coopération transfrontalière, c’est une vassalisation de Kehl par Strasbourg !

 

La nécessité d’une politique de transports transfrontaliers ambitieuse

À rebours des logiques inégalitaires qui guident aujourd’hui ce projet, les Jeunes Communistes du Bas-Rhin proposent une politique de transports frontaliers ambitieuse et mutuellement bénéfique pour Strasbourg et pour Kehl. Nous réclamons la mise en place d’un ticket au tarif unique de 1,70€ qui donnera les mêmes droits aux usagers ponctuels qu’aux abonnés de la CTS, mais aussi aux Allemands souhaitant se déplacer dans Strasbourg.

Il faut aussi rendre cette ligne de tramway écologiquement utile. Pour ce faire, nous proposons de la rendre gratuite lors des pics de pollution et des fortes chaleurs afin de désengorger les axes routiers reliant les deux villes.

De plus, nous affirmons qu’un projet transfrontalier doit aussi viser à rapprocher les peuples ! À cet effet, nous proposons que la ligne D soit gratuite entre Strasbourg et Kehl lorsque des événements culturels majeurs ont lieu dans l’une ou l’autre ville.

Enfin, sur le long terme, cette ligne de tramway doit, comme les autres, voir sa tarification diminuer pour aller vers une gratuité totale des transports en commun, en mettant notamment les entreprises à contribution ! La gratuité est possible et viable : l'exemple d'Aubagne, municipalité communiste jusqu'en 2014, le montre bien !

 

Le Mouvement des Jeunes Communistes du Bas-Rhin

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Publié le 4 Janvier 2017

Appel à la Manifestation européenne "Vérité et Justice pour Sakiné, Rojbin et Leyla - Paris le samedi 7 janvier 2017 à 11h - de Gare du Nord à République

https://www.facebook.com/events/571786313017890/

Sakine, Rojbîn et Leyla, 
militantes kurdes assassinées à Paris le 9 janvier 2013

Nous exigeons la vérité, toute la vérité et enfin la justice ! 

Appel à manifester samedi 7 janvier 2017, Gare du Nord, 11h

Le mercredi 9 janvier 2013 est gravé à tout jamais comme un jour noir dans l’histoire kurde. Ce jour-là, les militantes kurdes Sakine Cansiz, Fidan Dogan (Rojbîn) et Leyla Saylemez étaient froidement assassinées d’une balle dans la tête, dans les locaux du Centre d'Information du Kurdistan, situés au 147 rue La Fayette, à Paris. 

De nombreux éléments de l’enquête, notamment un enregistrement sonore et un document écrit publiés sur internet un an après le crime, font apparaître que le meurtrier présumé, Ömer Güney, avait agi pour le compte des services secrets turcs (MIT), comme le confirme le réquisitoire pris par le parquet dans cette affaire : « de nombreux éléments de la procédure permettent de suspecter l’implication du MIT dans l’instigation et la préparation des assassinats. »

Depuis le début de l’enquête, on ne peut pas dire que les autorités politiques françaises se soient efforcées de faire la lumière sur ce triple assassinat. En Turquie, une enquête a été ouverte au lendemain du crime, mais ses résultats ont été gardés secrets par les autorités turques qui, malgré une commission rogatoire internationale de la justice française, n’ont donné aucune information. Côté français, le gouvernement a refusé de lever le secret-défense sur les renseignements qui auraient pu permettre l’avancement de l’enquête judiciaire. Les juges chargés de l'instruction ont finalement clos leur dossier sans avoir pu remonter jusqu’aux commanditaires qui sont pourtant connus. 

Malgré l’identité politique des victimes et la gravité du crime qui, au-delà de la diaspora kurde en Europe, a bouleversé tout un peuple, les autorités françaises n’ont jamais pris la peine de recevoir les familles des victimes, et encore moins les représentants de la communauté kurde dont les innombrables requêtes sont restées sans réponse. Au contraire, la France a toujours veillé à ce que cette « affaire embarrassante » ne trouble pas ses relations avec la Turquie. 

La mort de l’assassin présumé Ömer Güney, le 17 décembre 2016, à un mois de son procès qui devait se tenir à Paris, à partir du 23 janvier 2017, suscite beaucoup d’interrogations et de colère au sein des familles des victimes, de l’ensemble du peuple kurde et chez toutes les personnes qui réclament depuis quatre ans la vérité et la justice. Alors que l’instruction avait été bouclée en mai 2015, et alors que l’on avait connaissance des graves problèmes de santé de Güney, cela dès son arrestation, pourquoi le procès a-t-il été fixé à une date aussi lointaine ? Ce décès nous prive d’un procès public qui aurait permis de juger non seulement l’exécutant, mais aussi, et surtout, le commanditaire, l’Etat turc qui, non content de la répression effroyable exercée à l’encontre des dirigeants et des militants politiques kurdes à l’intérieur de son territoire, continue à les menacer partout en Europe. En différant la tenue du procès, la France a manqué une occasion cruciale de juger enfin un crime politique commis sur son territoire !

La mort du meurtrier présumé ne change rien à notre revendication de justice et de vérité. Nous vous appelons à participer nombreuses et nombreux à la marche du 7 janvier 2017 pour :

- Honorer la mémoire de Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez, et de toutes les victimes des assassinats politiques commis en France ;

- Crier haut et fort notre colère et notre indignation face à l’inertie des autorités françaises qui est à l’origine de l’extinction de ce procès tant attendu ;

- Clamer notre soif de vérité et de justice !

Vérité et Justice pour Sakiné, Rojbin et Leyla - infos pour Strasbourg (7 et 9 janvier)

Informations pour Strasbourg :

1. Pour participer à la manifestation européenne "Vérité et Justice pour Sakiné, Rojbin et Leyla" : départ de bus de Strasbourg pour Paris le samedi 7 janvier à 1h du matin, point de rdv à Komel (7, rue de la Broque). Prix du bus : 10€ (aller-retour).

Pour plus d'informations contacter : Ciwanên Azad Strasbourg
 

2. Le lundi 9 janvier, à 14h30 à place Kléber (Strasbourg) : mise en scène de l'assassinat par les femmes du Centre Démocratique du Peuple Kurde.

Vérité et Justice pour Sakiné, Rojbin et Leyla - infos pour Strasbourg (7 et 9 janvier)

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Publié le 31 Décembre 2016

Non à la sélection en Master : éducation pour tous et pour toutes !

I) La réforme des masters dans la logique de privatisation des universités

Nos universités connaissent depuis trente ans des coups de canifs de la part des gouvernements successifs. Tous répondants à des logiques marchandes et commerciales. Nos aînés se sont déjà battus contre la loi Devaquet, qui présentait toutes les caractéristiques de la casse des universités ; et nous nous sommes également battus contre les lois LRU et Fioraso, qui garantissent pour les instances dirigeantes des facultés et le patronat, le principe de libéralisation et de privatisation de nos lieux d’enseignement.

Or, aujourd’hui certains acteurs du monde universitaire souhaitent donner un blanc-seing à une réforme mère d’inégalité, la sélection en Master ! Sous le poids des présidents de facultés, plus intéressés par leurs carrières, et le patronat obnubilé par les nombreux profits que leur procurerait la privatisation de l’enseignement dans notre pays, les forces « du progrès » ont complètement abandonné les étudiant.e.s en signant pour cette réforme du master. “La sélection”, le mot est lâché et il fait mal. Une situation qui restait jusqu’ici illégale dans notre pays, notamment après l’invalidation du Conseil d’État, le 10 février 2016, d’un décret gouvernemental prévoyant une liste de 1300 mentions sélectionnables.

Toutefois, la digue cède et cet écran de fumée est là pour officialiser une pratique connue dans le milieu universitaire et souvent invoquée par les enseignants. Ces derniers qui poussèrent pour voir apparaître une sélection légale et officielle dans nos universités. Pour l’expliquer, ils évoquent l’augmentation des moyens, donnés à un plus petit nombre, ou encore la présence d’une « aristocratie » étudiante. Mais ces justifications sont aussi fallacieuses que naïves. Il existe une construction à court terme d’une université à deux vitesses, et à long terme la mort de l’université publique d’État​. Et cette situation a des conséquences sur les étudiant.e.s.

II) Quelles sont les conséquences de cette réforme ?

Cette réforme des masters peut se résumer de manière simple : les universités pourront désormais sélectionner librement à l’entrée du M1​. En “contrepartie”, elles seront obligées de proposer aux étudiant.e.s non retenu.e.s au moins trois options de master différents vers lesquels s’orienter.

Toutefois, la réforme ne précise pas les critères sur lesquels les étudiant.e.s seront, dans les faits, accepté.e.s ou non en master. “Critères basés sur la motivation et le projet professionnel de l’étudiant.e”… : cela reste extrêmement flou​ !

Du côté des professeur.e.s, il ne faut pas s’y méprendre non plus : quand certains évoquaient les problèmes liées à la sélection en master, il s’agissait en fait des problèmes que eux rencontraient ! En effet, plusieurs recours ont été intentés par des étudiant.e.s qui s’étaient vu.e.s refuser l’accès en M1 ou en M2. Suite à quoi les tribunaux ont à chaque fois donné raison aux étudiant.e.s, jugeant donc que les pratiques sélectives des universités étaient illégales. En réalité, les universités, en réclamant cette réforme, cherchaient simplement à se mettre à l’abri d’éventuels recours juridictionnels. Il y avait un vide dans la loi, et désormais l’administration des facultés dispose d’un cadre juridique pour pouvoir sélectionner en toute sécurité. On ne résout pas un problème en le légalisant !

Renforcement de la sélection sociale

Pour compenser cette légalisation de la sélection, la réforme fait semblant de maintenir un soit disant “droit à la poursuite des études”, avec l’obligation de toujours proposer trois options de master à l’issue de la licence. Toutefois, ces propositions, par définition, ne correspondront pas aux masters choisis initialement par l’étudiant.e. De plus, cela pourra impliquer un changement d’université. Ce garde fou est donc hypocrite : il s’agira de changement d’académie contraint ​afin de faire un master pour lequel on n’a jamais postulé ! La promesse de créer des bourses d’aide à la mobilité n’est qu’un pansement pour cacher le véritable problème.

Une fois de plus, les étudiant.e.s les plus pénalisé.e.s par ces mesures seront ceux qui appartiennent aux classes les plus défavorisées. Comment envisager de changer de ville, avec toutes les dépenses que cela implique, quand on parvient déjà à peine à payer son loyer et ses dépenses en jonglant entre fac et job étudiant ? Cela sera une contrainte supplémentaire qui risque de forcer les étudiant.e.s à rester dans leur académie pour y faire des études ne correspondant pas à leur choix.

De même, pour un.e étudiant.e qui n'a d'autre choix que d’habiter chez ses parents, celui-ci sera tout simplement obligé de faire face à ces nouvelles dépense en cas de changement d'université. Ce qui signifiera nécessairement la recherche (il n'y aucune garantie d'en trouver un, bien au contraire) d'un job étudiant, première cause d'échec dans les études.

On risque donc de voir apparaître des masters à deux vitesses​, avec d’un côté les quelques masters les plus demandés, faisant l’objet d’une sélection de plus en plus rude ; et de l’autre, des “masters poubelles” où les étudiant.e.s se retrouveront par défaut, pour ne pas dire par hasard.

Il faut noter que cette logique de sélection particulièrement dure existe déjà, et notamment à Strasbourg en ce qui concerne le passage entre le M1 et le M2. On pense à la faculté de droit, où quelques M2 sont particulièrement prisés au détriment des autres. Avec cette réforme, ce fossé risque de s’élargir encore plus, et cette tendance sélective et élitiste va se généraliser à l’ensemble des filières​.

Toujours plus de sélection mais toujours moins de moyens !

D’un point de vue logique, avec un manque de moyens d’un côté et des pratiques sélectives accrues de l’autre, comment financer les programmes d’études ? Ce seront aux étudiant.e.s de payer plus​ de leur poche, ce qui impliquera éventuellement une augmentation des frais d’inscription. Ainsi, on risque d’assister à un renforcement de la privatisation des financements à l’Université.

Avec l’idée de sélection, on renforce également la logique de concurrence​, que ce soit entre les universités ou au niveau des étudiant.e.s entre eux. De manière générale, l’intention est de concurrencer à terme les grandes écoles en créant une élite au sein même des facultés.

Les universités sont des endroits de transmission du savoir et de développement de la pensée critique​ qui ont pour objectif l’émancipation de l’individu. Ce ne sont pas des lieux favorisant l’élitisme dans le but de concurrencer les grandes écoles en se calquant peu à peu sur leur modèle !

III) Nos propositions

Pour faire face à la destruction de l’Université française, l’Union des Étudiants Communistes exprime son opposition à la réforme des masters et propose plusieurs réformes qui pourraient être mises en place dès maintenant  :

- L’interdiction de toute sélection à l’Université

Nous passons déjà des examens à chaque semestre, nous permettant en cas de réussite d’accéder à l’année supérieure. Ces examens sont déjà garants d’un certain niveau scolaire. De plus, il existe déjà une sélection sociale des étudiant.e.s. Pourquoi y rajouter une sélection élitiste à l’Université ?

- Un réinvestissement de 3 milliards d’euros dans l’éducation supérieure

Si des filières se retrouvent surchargées, c’est avant tout par manque de moyens​. Redonnons à l’Université la capacité d’accueillir tous les étudiant.e.s sans distinction: plus de professeurs, plus de salles, plus de matériel. Cet argent peut par exemple être pris sur diverses subventions dont l’apport est très faible par rapport aux sommes investies, telles le CICE ou le Crédit Impôt Recherche.

- Un cadrage national des diplômes

Peu importe notre lieu d’apprentissage, nous travaillons tous autant pour obtenir nos diplômes. Mettons fin à la concurrence injuste​ entre les étudiants, en proposant des formations ayant les mêmes exigences pédagogiques et les mêmes moyens alloués sur tout le territoire français.

 

Union des Etudiants Communistes de Strasbourg

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Publié le 26 Décembre 2016

Solidarité avec les 6 syndicalistes d'Haguenau : la lutte n'est pas un crime ! - mardi 17 janvier 2017 à 8h devant le TGI de Strasbourg

Manifestation de soutien aux 6 syndicalistes d'Haguenau 

mardi 17 janvier 2017 à 8h devant le Tribunal de Grande Instance de Strasbourg (1, quai Finckmatt)

https://www.facebook.com/events/1038682439592815/

 

Les six syndicalistes d'Haguenau (CGT, FO, Solidaires) passent une nouvelle fois en jugement devant le Tribunal de Grande Instance de Strasbourg le mardi 17 janvier, après que leur procès initialement prévu pour le 9 novembre ait été renvoyé à date ultérieure. A cette occasion, plus de 200 personnes s'étaient rassemblées devant le TGI de Strasbourg, et avaient entamé une manifestation dans la foulée. 

Qu'est-ce que reproche la justice de classe aux 6 syndicalistes ? Avoir organisé une manifestation sur la voie publique sans autorisation préalable et avoir participé à des actions entravant la circulation de véhicules sur la voie publique. Les faits remontent à l’opération de « barrage filtrant » avec distribution de tracts dans la zone industrielle de Schweighouse-Haguenau, suivie d’une « opération escargot » sur l’autoroute en direction de Strasbourg, dans le cadre de la journée de grève du 19 mai pour le retrait de la loi Travail.

À travers la mise en cause des 6 syndicalistes, qui émane directement du Procureur de la République, les pouvoirs publics manifestent une fois de plus leur volonté de criminaliser les luttes sociales et d’intimider les participants pour empêcher toute reprise des mobilisationsMais le 19 mai, nous étions plusieurs centaines, syndicalistes, étudiants et lycéens mobilisés contre la loi Travail à Haguenau. Nous étions à côté des salariés des sites d’Alstom, Siemens, Usocome, Schaeffler et Hager en grève pour la défense de leurs conditions de travail et contre l’utilisation du 49.3 pour forcer le passage de l’enième loi anti-sociale. Si les 6 d'Haguenau sont coupables, alors nous le sommes tous !

Le MJCF 67 condamne la mise en cause des 6 syndicalistes d'Haguenau et appelle à l’arrêt des poursuites pour tous les manifestants inculpés lors des mobilisations contre la loi Travail.

Nous n’oublions pas non plus les intimidations subies par les élèves des lycées Siegfried et Schuman d’Haguenau lors de la mobilisation du 24 mars 2016 contre la loi Travail, quand les proviseurs des deux lycées ont utilisé tous les moyens de pression pour obliger les lycéens à aller en cours et ne pas se rendre à la manifestation.

Nous réaffirmons que face à la remise en cause des droits des travailleurs et de la jeunesse et au déni de démocratie du 49.3, la lutte est légitime : ce ne seront pas les intimidations de la police et des administrations des établissements scolaires qui nous feront reculer !

 

Mouvement des Jeunes Communistes du Bas-Rhin - Union de ville de Haguenau

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Publié le 23 Décembre 2016

Pour soutenir les militants communistes dans le Bas-Rhin, participez à la souscription via le Pot Commun !

Lien unique pour participer à la souscription :

https://www.lepotcommun.fr/pot/6q1fjton

 

En première ligne dans les lutte sociales dans notre département et dans les quatre coins du monde, les Jeunes Communistes du Bas-Rhin (MJCF) et les Etudiants Communistes de Strasbourg (UEC) ont besoin de votre aide pour pérenniser leurs activités militantes à l’adresse de la jeunesse. Nous lançons un appel à soutien pour financer nos activités diverses : impression de tracts et affiches, location de salles, remboursement des déplacements militants, etc.

Par ailleurs, plusieurs membres de la JC et l’UEC sont actuellement en attente de procès, suite aux dernières années de répressions policières et judiciaires inédites, qui entendent réduire au silence les organisateurs de la colère de la jeunesse. Les faits qui leur sont reprochés relèvent de leur engagement politique révolutionnaire et internationaliste : des procédures judiciaires sont ouvertes allant de la Côte d’Ivoire au Québec, de la Belgique à la France, ciblant nos camarades.

Nous ayant depuis bien longtemps voués à la précarité et au chômage, les gouvernements complices du capital nous ont nié la possibilité même de nous défendre dignement. Nos camarades manquent cruellement de finances pour pouvoir s’en sortir face à la violence du système répressif.

C’est pour cela que nous ouvrons ce Pot Commun à destination des dépenses légales et médicales, présentes et futures, de nos camarades, ainsi que pour financer les activités militantes et faire entendre la voix des communistes dans toutes les mobilisations.

La solidarité est une arme, utilisons-la !

 

Mail : mjcf67@gmail.com

Blog : http://uecstrasbourg.over-blog.com/

Pages Facebook : https://www.facebook.com/EtudiantsCommunistesStrasbourg et https://www.facebook.com/jc.basrhin

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Publié le 18 Décembre 2016

Répression contre les antifascistes à Bruxelles : le témoignage des militant-e-s communistes interpellé-e-sRépression contre les antifascistes à Bruxelles : le témoignage des militant-e-s communistes interpellé-e-s

Le samedi 17 décembre, les Jeunes Communistes du Bas-Rhin ont participé à la manifestation antifasciste à Bruxelles contre le congrès de l’APF (Alliance for Peace and Freedom), regroupement européen de plusieurs partis néo-nazis (notamment le grec Aube Dorée, l’italien Force Nouvelle, le belge Nation, l’espagnol Démocratie Nationale, l’allemand Parti National-Démocrate...). Nous avons participé à la manifestation pour faire vivre la solidarité internationale antifasciste, à l’heure où en Europe l’austérité ouvre les portes à la réaction et les violences des groupuscules fascistes se mulitiplient dans un climat d’autoritarisme d’Etat avec ses lois d’exception et les états d’urgence.

 

Après un rassemblement devant le siège de l’APF (square de Meeûs, Ixelles), protégé par plusieurs camionettes de police, une manifestation sauvage a commencé peu après 11h dans les rues du quartier européen de Bruxelles, malgré l’interdiction explicite venant du commissaire de police. Dès le départ du cortège, quelques abribus et vitrines de magasins ont été brisés. Remontant la manifestation de ses arrières, la police est alors intervenue sans sommation. Les manifestants ont été coursés pour quelques minutes, ensuite ils ont été nassés et les forces de l’ordre ont arrêté 56 d’entre eux dont trois militants de la Jeunesse Communiste du Bas-Rhin. Les arrestations se sont deroulées avec une violence inouïe. A titre d’exemple, pour ce qui est de nos militant-e-s : le premier a été jeté au sol par trois policiers, il a reçu des coups dans les jambes et un policier lui a donné un coup de genou sur le crane alors qu’il était déjà menotté, puis s’est servi de sa genouillère sur sa tête pour le garder au sol ; le deuxième a été jeté au sol à trois reprises et a reçu un coup brutal à la jambe, alors qu’il obtemperait aux ordres de la police et se dirigeait vers le point de rassemblement des personnes arrêtées ; le troisième a reçu un coup de genou dans la colonne vertebrale alors qu’il était déjà immobilisé, D’autres manifestants ont reçu des coups violents après leur immobilisation, notamment des coups de genou et de matraque dans le visage ; une jeune femme a par ailleurs été percutée violemment par une voiture de police, et elle a dû être transportée aux urgences avec une jambe cassée.

Les arrestations ont été faites de manière arbitraire, la police ne ciblant pas les auteurs des dégradations mais tout manifestant présent dans le cortège. L’abritraire a rejoint son paroxysme lorsque la police a plaqué au sol et menotté une femme dont on a découvert par la suite être une de leurs collègues, membre de la BAC bruxelloise.

Les interpellés ensuite ont été rassemblés tous au même endroit, disposés sur plusieurs rangs, assis les uns contre les autres. A ce moment là, des insultes ont été proférés à leur encontre : « connards », « bons à rien », « vous n’avez jamais travaillé de votre vie », « vous ne savez que tout détruire », etc. Plusieurs camionettes les ont ramenés au Commissariat de Bruxelles, puis ils ont été placés dans trois cellules de garde à vue et ont fait l’objet d’un véritable arbitraire policier. Alors que les hommes ont eu rapidement la possibilité d’aller aux toilettes, les femmes se sont vues refuser ce droit pendant longtemps. Elles ont été par ailleurs l’objet d’une infinité d’insultes à caractère sexiste : « salopes », « écartez vos jambes, de toute façon vous y êtes habituées », etc. Sans parler des insultes racistes qui ont été proférés à l’encontre d’un manifestant, appelé « Bamboula » par les policiers, ou des remarques méprisantes proférées à l’encontre des militants communistes (les policiers invoquent leur droit à rester en silence lorsqu’on leur demande pourquoi ils agissent de manière violente, mais n’ont évidemment aucun problème à faire preuve de leur anticommunisme). Pendant la fouille corporelle et la prise de photos, les policiers ont qualifié l’un de nos militants de « sale gauchiste, enculé » ; ils lui ont dit également « Tu sais lire des livres sans images ? Bizarre tu n’as pas fait d’études, t’es que boulanger ». Lorsque notre camarade a reproché à un policier d’être pareil aux policiers français en termes de violence, ce dernier lui a répondu tout simplement « Je vais te casser la gueule au point où ta mère ne te reconnaîtra pas, comme ça tu verras si on est pareil ».

L’imcompétence des policiers a été évidente lorsqu’il leur a fallu une bonne minute pour comprendre qu’un interpellé, ne pouvant s’exprimer qu’en anglais, avait besoin d’aller aux toilettes. Ou encore, lorsqu’ils ont ignoré une autre manifestante anglophone lorsqu’elle leur demandait de changer les SERFLEX (menottes type « bride plastique ») qui étaient beaucoup trop serrés autour de ses poignets et qui les avait rendu violets.

Nombre de règles de la procédure de garde à vue n’ont pas été respectées : s’agissant d’une garde à vue « administrative », les forces de l’ordre n’avaient pas le droit de prendre des photos des interpellés. Pourtant, après une première fouille corporelle et avant la notification du placement en garde à vue, ceux-là ont été conduits un par un dans un local où deux policiers cagoulés les ont obligés à être pris en photo en différentes positions, avec et sans les affaires qu’ils portaient en manifestation (notamment, pour permettre ensuite aux forces de l’ordre de reconnaître des éventuels auteurs des dégradations). Lorsque des interpellés ont protesté contre la prise de photo, les policiers ont affirmé qu’il s’agissait d’une garde à vue « judiciaire » et que donc ils étaient dans leur droit pour le fichage. C’est seulement après la prise de photo que tous les interpellés se sont vus notifier une garde à vue « administrative » (qui, en Belgique, permet de priver de liberté un individu pour une durée maximum de 12h, hormis les étrangers qui peuvent se voir prolonger la détention pour 12h supplémentaires). Tout les signes d’appartenance politique (drapeaux, badges, stickers...) ont été saisis, et cela avec d’autres remarques méprisantes.

Enfin, les interpellés ont été placés dans une autre série de cellules collectives, dépourvues de chauffage et d’horloge. Vers 16h, les interpellés ont été sortis un par un, placés dans des camionettes de police et accompagnés vers le centre-ville, les policiers les déposant par groupes à des endroits différents de la ville pour éviter un nouveau rassemblement. Mais heureusement, avant de partir, la police a fait preuve de son humanisme et a respecté enfin la procédure en nous offrant une gauffre et une bouteille d’eau !

 

Ce que nous retenons des événements de Bruxelles, c’est d’abord qu’une fois de plus les forces de l’ordre sont utilisées pour protéger les fascistes et réprimer et intimider ceux qui osent protester. Quant à la garde à vue, l’arbitraire de celle-ci reste sans équivoque : après les violences dans la rue, les mensonges, les insultes et le non-respect des procédures rendent légitime la question « qui nous protège de la police ? ». Dans ses prisons, la légalité bourgeoise montre toute son hypocrisie : les droits que l’on accorde aux interpellés ne sont que du crayon sur du papier, la volonté du policier est la seule loi. Cela relève aussi des mots que les policiers ont proféré lorsqu’ils nous enlevaient les SERFLEX ou nous conduisaient aux toilettes : alors qu’ils ne faisaient qu’appliquer l’un de nos droits de garde à vue, ils ne cessaient pas de répeter des phrases telles que « T’as vu comme on est gentils ? ». Un policier a par ailleurs répondu à une interpellée qui ne sentait pas bien et demandait de boire de l’eau, « Ce n’est pas parce que vous avez des droits que vous devez en demander ».

Concernant la manifestation, nous constatons que l’intervention policière a permis une fois de plus de détourner le débat sur la présence des néo-nazis dans nos villes, sur la mise à leur disposition de locaux. Enfin, nous trouvons regrettable que l’objectif premier de la manifestation (le blocage et la perturbation du congrès de l’APF) ait été délaissé si rapidement. Certes, la présence policière devant le siège de l’APF a été à l’origine du départ en manifestation sauvage, mais nous aurions préféré être arrêtés dans la tentative de bloquer le congrès plutôt que dans un cortège ayant perdu son véritable objectif. Une question à réflechir collectivement avec toutes les forces qui partagent l’objectif de massifier le mouvement antifasciste international à l’heure où la réaction monte en puissance en toute Europe.

 

Mouvement des Jeunes Communistes du Bas-Rhin et Union des Etudiants Communistes de Strasbourg

[Vidéo] La manifestation antifasciste de Bruxelles : https://www.youtube.com/watch?v=Hq3btTDYfmU

Témoignage féministe des arrestations du 17/12/2016, "Encore une fois la police nous confirme ce que nous pensons d'elle" : https://bxl.indymedia.org/spip.php?article12861&lang=fr

[Radio] Emission de Radio Onda Rossa dédiée à la campagne Bruxelles Zone Antifasciste, 22.12.2016 [version en italien] : https://soundcloud.com/user-552419704/radio-onda-rossa-redazionale-belgio-221216

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