Publié le 10 Mars 2017

Réunion publique « Solidarité internationale » - mercredi 15 mars à 15h au Patio

Réunion publique « Solidarité internationale »

Mercredi 15 mars à 15h au Patio (campus central de Strasbourg)

https://www.facebook.com/events/2233364493554564/

Vous êtes invités à venir débattre avec les lycéens des Jeunes Communistes du Bas-Rhin sur divers sujets, dans un esprit internationaliste, tels que le conflit israélo-palestinien, la situation du peuple Kurde ou encore l'OTAN !

 

Pour plus d'informations, voir nos articles et tracts au sujet :

"Contre l'impérialisme, pour la paix dans le monde" : http://uecstrasbourg.over-blog.com/2016/11/contre-l-imperialisme-pour-la-paix-dans-le-monde.html

"Une rentrée de solidarité internationale avec le peuple Palestinien" : http://uecstrasbourg.over-blog.com/2016/09/une-rentree-de-solidarite-internationale-avec-le-peuple-palestinien.html

"Liberté pour Abdullah Ocalan" : http://uecstrasbourg.over-blog.com/2016/02/liberte-pour-abdullah-ocalan-manifestation-a-strasbourg-le-13-fevrier.html

 

Mouvement des Jeunes Communistes du Bas-Rhin

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Publié le 5 Mars 2017

Lycéens en grève contre l’austérité imposée à leurs études : NON à la marchandisation des heures de cours !

Jeudi 2 Mars 2017, 80 % des professeurs du lycée Marie Curie à Strasbourg étaient en grève et réclamaient une hausse des dotations horaires attribuées au lycée de 0,67 % minimum (soit 6 heures supplémentaires) nécessaires au bon déroulement de la formation des lycéens.

Pourquoi la dotation horaire globale est elle insuffisante ?

Chaque établissement dispose d’un nombre d’heures à répartir pour l’année suivante. Cette dotation horaire globale est calculée à partir d’un ratio commun à tous les lycées de l’académie et en fonction d’une estimation du nombre d’élèves à accueillir l’année suivante pour chaque lycée. Ces heures sont ensuite censées être ventilées par le/la proviseur-e et son administration en fonction des besoins de l’établissement.

Cet abaissement de la dotation horaire entraîne la réduction du temps attribué aux options du lycée ainsi que l’impossibilité de pratiquer certaines heures de dédoublement de classe qui permettent un meilleur suivi des élèves et un allègement partiel des effectifs d’élèves par classe. Dans un lycée accueillant un tiers de boursier, un accompagnement au plus proche des élèves est indispensable. Le rectorat n’entend pas les choses de cette manière et justifie cette baisse de dotation horaire par une diminution du nombre d’élèves à accueillir l’année suivante.

En réponse à l’attaque portée aux moyens attribués au lycée, le jour suivant (vendredi 3 mars 2017) c’est près de 200 élèves qui ont rejoint la lutte entamée par les professeurs pour réclamer le doit de mener leurs études dans de meilleures conditions. Les élèves ne se sont pas rendus en cours de la matinée puis ont marché jusqu’au rectorat afin d’affirmer leurs revendications :

- augmentation des dotations horaires de 0,67 %

- diminution des effectifs d’élèves par classe

Une délégation d’élèves fut accueillie au rectorat à la mi-journée mais n’a obtenu rien de concret, si ce n’est la promesse de l’ouverture d’un dialogue entre professeurs, membres de l’administration, élèves, parents d’élèves et représentants du rectorat. La bataille n’est donc pas terminée au sein du lycée Marie Curie, une instance regroupant représentants des élèves, parents d’élèves, professeurs, direction et rectorat devrait se dérouler.

Le Mouvement des Jeunes Communistes du Bas-Rhin apporte toute sa solidarité à ces professeurs et lycéens luttant pour un meilleur accompagnement éducatif. Cette baisse des dotations horaires n’est que le reflet d’une politique irresponsable menée durant ces dix dernières années par les gouvernements de Nicolas Sarkozy et François Hollande. Espérons que ce mouvement remette au centre la question du modèle éducatif à l’échelle nationale. Ainsi nous revendiquons un accès totalement gratuit à l’éducation par la gratuité des transports scolaires, la gratuité des cantines ainsi que la gratuité des fournitures scolaires.

 

Mouvement des Jeunes Communistes du Bas-Rhin – cellule Lycée Marie Curie

Grève et manifestation sauvage des lycéens de Marie Curie, 3 mars 2017Grève et manifestation sauvage des lycéens de Marie Curie, 3 mars 2017
Grève et manifestation sauvage des lycéens de Marie Curie, 3 mars 2017Grève et manifestation sauvage des lycéens de Marie Curie, 3 mars 2017

Grève et manifestation sauvage des lycéens de Marie Curie, 3 mars 2017

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Publié le 2 Mars 2017

Sexisme à l'université : retour sur la table ronde du 1er mars 2017Sexisme à l'université : retour sur la table ronde du 1er mars 2017

Nous publions ici la contribution de l'UEC Strasbourg à l'occasion de la table ronde "L'université et l'égalité : vous avez dit sexisme ?" (organisée par Efigies-Strasbourg le 1er mars 2017 avec des associations féministes et des associations étudiantes : https://www.facebook.com/events/1832648280316247/). Il s'agit des interventions de Lola ROMIEUX à la tribune de la table ronde ainsi que d'éléments d'analyse sur les liens entre patriarcat et capitalisme au delà du milieu universitaire.

 

I. Sur l'affaire du bréviaire sexiste du Comité des traditions de l'INSA Strasbourg

Au mois de janvier 2017, nous avons été mis au courant de l’existence d’un bréviaire sexiste produit par le « Comité des traditions » (CDT) de l’INSA Strasbourg et nous avons réussi à nous le procurer. Le contenu allait de chansons paillardes virilistes, dégradantes pour les femmes, à l’homophobie et aux dessins incitant au viol ou aux agressions sexuelles : http://uecstrasbourg.over-blog.com/2017/01/culture-du-viol-sexisme-homophobie-les-belles-traditions-de-l-insa-strasbourg.html

Le CDT est un comité composé par 9 personnes visant à organiser l’intégration des nouveaux arrivants à l’INSA, et le bréviaire est un archivage de diverses chansons laissées au fur et à mesure par les organisateurs. Le bréviaire continuait à être vendu dans l’Institut mais il était censé rester confidentiel.

Parmi les chansons on peut voir :

  • « On aime se faire sucer et vous péter le cul » ;
  • « On te prend par derrière, on t’en met plein les dents » ;
  • « J’aime bien les culs d’ces grosses teupuh mais j’dois m’branler car j’peux pas chasser » ;
  • « Je porte mes couilles et mon emblème ».

Pour ce qui est des dessins qui accompagnent les chansons, nous pouvons voir :

  • une image où un homme incarnant le CDT attend une fellation d’une femme, accompagné de paroles « Dans cette partie du spectacle ton role consiste à faire plaisir au CDT » ;
  • une image d’une femme à quatre pattes se faire toucher violemment les fesses par un homme ;
  • une image d’agression sexuelle où un homme par surprise pose ses parties génitales sur la tête d’une femme ;
  • une image d’un viol dont est victime un 1ère année, appelé « bizuth » ;
  • une image d’un homme qui tient la tete d’une femme pendant une fellation et qui dit « On ne parle pas la bouche pleine »

Ce qui émerge de ce bréviaire, c’est qu’entre la culture du viol, le bizutage (interdit en France depuis 1998), le virilisme, les propos sexistes et dégradants en général, et les rites d’intégration des 1ères années, la frontière est très fine.

Lors de la révelation de l’existence de ce bréviaire, nous avons assisté à un déchaînement violent de certains étudiants de l’INSA, renforcé par un esprit corporatiste, contre notre article. Ils nous ont accusé de parler de sexisme là où il n’y en aurait pas. Ils ont ainsi renversé la logique de culpabilité : c’est nous que nous avons soi-disant humilié l’INSA, alors que les véritables coupables de l’humiliation de l’INSA en tant qu’institut et plus particulièrement de ses étudiantes, sont bien les auteurs du bréviaire et leurs complices.

Nous avons finalement obtenu l’ouverture du débat au sein de l’institut ainsi qu’une prise de position ferme de la part de la direction. Celle-ci a ouvert une enquête auprès des étudiants et prévoit 4 mesures pour combattre le sexisme à l’institut :

  1. la création d’une Charte de bonne conduite à faire signer par les organisateurs des week-end et soirées d’intégration et par l’association d’anciens élèves ;
  2. l’introduction de la Charte dans le Règlement intérieur de l’INSA ;
  3. une campagne de sensibilisation auprès des étudiants sur les comportements sexistes ;
  4. la mise en place d’un dispositif de veille et d’alerte à chaque rentrée sous la forme d’une plate-forme privée.
Le communiqué de la direction de l'INSA Strasbourg suite au scandale du bréviaire sexisteLe communiqué de la direction de l'INSA Strasbourg suite au scandale du bréviaire sexiste

Le communiqué de la direction de l'INSA Strasbourg suite au scandale du bréviaire sexiste

II. Pour se débarasser du sexisme à la fac : les propositions de l’UEC

Le sexisme dans les campus n’est pas une réalité isolée, mais bien un reflet d’une société qui reste patriarcale. Le patriarcat empêche aux femmes à l’université de pouvoir étudier sereinement. L’UEC appelle à se mobiliser contre le sexisme à la fac et établir une réelle égalité des genres : http://uecstrasbourg.over-blog.com/2016/12/pour-un-enseignement-superieur-feministe.html

Cela passe d’abord par des revendications de court terme :

  1. la mise en place de cellules d’écoute sur les campus et dans les cités-U, auprès desquelles les femmes pourraient libérer leur parole et témoigner des violences subies. Ces cellules doivent avoir un véritable rôle de prévention, d’alerte et d’accompagnement des victimes de pratiques sexistes. Cela passe par l’application de sanctions effectives envers les étudiants ou professeurs coupables de chantage à la note, de harcèlement, de viol… Les pratiques sexistes ne doivent pas être étouffées par peur de ternir le prestige d’une université, la carrière d’un enseignant ou le parcours d’un étudiant.
  2. l'interdiction de toute soirée et affiche sexiste, et un controle renforcé particulièrement pendant les moments d’intégration. Le but n'est pas de priver les étudiants de moments conviviaux, mais d’empêcher que la convivialité soit éternellement réservée au public masculin aux dépens des femmes, qu'elles ne soient plus réduites à des objets sexuels sur les affiches, qu'elles ne se fassent plus harceler régulièrement aux soirées étudiantes. Pour cela, nous exigeons que l'Université engage la responsabilité de toutes les associations via une « Charte étudiante pour une université féministe » sur le modèle de celle envisagée par l’INSA ou de celle gagnée par les Etudiants Communistes de Grenoble. Si les associations refusent de respecter cette Charte, nous demandons à ce qu'elles ne bénéficient plus d'accès à un local et aux aides de l'Université.
  3. la création de crèches et de pôles publics de santé à proximité des campus avec accès gratuit aux soins : contraception, IVG, gynécologie, psychologie... cela doit permettre aux étudiantes de poursuivre leurs études jusqu’au plus haut niveau. Un aménagement des horaires de cours dans chaque filière doit être possible pour les étudiantes enceintes ou jeunes mères.
  4. la création d’un salaire étudiant, afin de mettre fin à la précarité des étudiants en générale et, particulièrement pour les étudiantes, faire en sorte que pour subvenir au manque de ressources elles n'aient plus à envisager la pratique de la prostitution ou à travailler la nuit, sous risque de violences sexuelles de tout genre.
  5. une réelle reconnaissance des diplômes obtenus par les femmes, via l’inscription des diplômes dans les conventions collectives, pour briser l’inégalité de genre dans l’insertion professionnelle.

Au moment du scandal de l’INSA, des étudiants ont affirmé que le bréviaire n’était plus utilisé ni chanté et qu'il s'agissait seulement d'un archivage. Pourquoi alors le garder confidentiel ? Nous proposons alors que toutes les associations étudiantes rendent publics et accessibles leurs archives de chansons paillardes, d'affiches et flyers de soirées à thème, etc. pour que tout le monde puisse s’informer sur le traitement qui a été reservé aux femmes à la fac depuis toujours par certaines corporations, et aussi pour que chacun puisse avoir les moyens de constater si et comment la situation a évoulé au sein des associations. 

Bien entendu, ces dispositions ne proposent que des résultats partiels bien qu'immédiats. Tant que la société patriarcale continuera d'exister, le sexisme existera à l’université en tant qu'un outil pour préparer et habituer les futures travailleuses à l’humiliation, la domination et l’exploitation. Tant que le système capitaliste continuera d'exister, la marchandisation des corps des femmes et leur objectivisation ne feront qu'alimenter le sexisme et la culture du viol, à l’université comme dans la société en général. Le combat à mener pour nous cible à la fois le patriarcat et le capitalisme : il ne s'agit pas seulement de briser les liens de correlation que les deux systèmes entretiennent, mais bien de renverser les deux. Cela ne se fera pas sans la participation active des femmes au combat révolutionnaire avec leurs propres moyens d'auto-défense. Ce combat implique non seulement les femmes mais aussi les hommes.

 

III. De l'université au monde du travail : éléments d'analyse sur les liens entre patriarcat et capitalisme

Quand on parle de la situation des femmes à l’université ou dans le monde du travail, il ne faut pas parler de "domination" ou de "discrimination" (un terme souvent utilisé dans les communiqués des directions universitaires lorsqu'une pratique sexiste est découverte et dénoncée). Nous devons parler d'exploitation des femmes ! En effet, un groupe humain dont le travail est aliéné par un autre n'est pas seulement un groupe dominé ou discriminé, c'est un groupe exploité. C'est important, parce qu'en parlant simplement de "domination" ou de "discrimination", on joue le jeu de l'aliénation en rendant le travail des femmes invisible.

L’ouvrier est-il discriminé par le patron, par le système capitaliste ? Non. Les femmes ne sont pas discriminées par les hommes ou par le système patriarcal, elle en sont exploitées ! Comme le capitalisme crée les conditions systémiques pour que le patron s’approprie de la force de travail des ouvriers et les exploite pour renforcer sa position de force, ainsi le patriarcat crée les conditions systémiques pour que les hommes s’approprient des corps des femmes et les exploitent à leur profit. C’est pour cela que Friedrich Engels a constaté que « Dans la famille, la femme est le prolétaire et l'homme est le bourgeois » : les femmes, tout comme les ouvriers, ne sont pas propriétaires d’elles-mêmes.

L'exploitation des femmes repose sur une division du travail très forte entre les hommes et les femmes. Elle est enseignée, promue et organisée dès le plus jeune âge et tout au long de la vie. Cette division du travail s’exprime dans trois formes :

1. dans la famille, où les femmes assument 80 % des tâches ménagères (spécialisation des tâches au sein du couple).

2. dans l’entreprise, où les hommes exercent les métiers qui valorisent la compétence technique, alors que les femmes exercent les métiers qui valorisent la compétence personnelle (soin, écoute, accueil). On constate évidemment cette répartition dès l'éducation, et notamment à l'université : c'est ce qu'on appelle l'orientation genrée. Bien évidemment, l'organisation des entreprises dérive de l'organisation des familles. Les compétences demandées aux femmes sont des compétences de maman (ou d'épouse), les compétences demandées aux hommes sont des compétences de papa (ou d'époux). Ensuite, cette division professionnelle entre les hommes et les femmes est aussi une division hiérarchique : en France, les conventions collectives sont faites de telle manière que c'est la compétence technique qui sert de mètre-étalon pour évaluer le travail, tant pour les salaires, les droits professionnels, que pour les promotions ou l'accès aux responsabilités. Or, la dimension technique des métiers dits « féminins » est absurdement gommée ; dès lors, les femmes sont clouées au sol. Elles ne risquent pas de faire valoir leurs compétences techniques dans des métiers qui n’en nécessitent pas. Enfin, de nombreux métiers dits « féminins » peuvent mobiliser une compétence technique gigantesque (infirmière par exemple), mais elle n'est simplement pas valorisée : elle est rendue invisible dans l'image que renvoie le secteur d'activité, elle n'est pas reconnue sur le plan salarial, etc. Un exemple dans l'enseignement supérieur : les infirmières font trois ans d'études, mais leur diplôme est considéré comme un Bac+2 parce qu'on estime que leur formation ne vaut pas davantage.

3. entre la famille et l’entreprise : dans les rapports hommes-femmes, les femmes ont pour responsabilité principale de s'occuper de la famille, les hommes ont pour responsabilité principale de s'occuper de ramener le salaire. Attention : on s'imagine (et on nous dit) que « c'était comme ça avant mais que ça a changé avec les nouvelles générations ». C'est faux. Aujourd'hui, 20 % des femmes de 20 à 34 ans sont femmes au foyer, contre 0,5 % des hommes ; et attention aux idées caricaturales, la moitié d'entre elles sont passées par l'enseignement supérieur. 44 % des femmes entre 25 et 29 ans sont tentées par la vie au foyer. Après une naissance, quand le couple est confronté à de nouvelles tâches et à de nouvelles exigences, une femme sur deux suspend son activité professionnelle, contre un homme sur neuf. Dans la division du travail entre les genres, les femmes doivent s'occuper de la famille… et elles y travaillent pour leur conjoint.

Patriarcat et capitalisme ne sont pas simplement deux systèmes qui cohabitent, qui se développent de manière parallèle. Au contraire, ils sont inter-connectés depuis l’émergence des rapports de production capitalistes, tant qu’aujourd’hui la division du travail femmes/hommes est organisée et subventionnée par la société. Les tâches auxquelles les femmes sont assignées consistent à produire et à reproduire la marchandise fondamentale du capitalisme, le seul carburant dont il se nourrit, la marchandise qui crée toutes les autres : la force de travail. Cela est évident avec une analyse de la période historique où les premiers capitalistes mènent une lutte implacable pour installer leur système économique partout en Europe. Cette période correspond en gros à ce que les historiens appellent l'époque Moderne (du XVème au XVIIIème siècle). Karl Marx la désigne comme l'accumulation dite « primitive » du capital, parce que les premiers capitalistes s'y approprient (et accumulent) les richesses qui leur sont nécessaires pour partir à la conquête du monde. La même violence que les capitalistes appliquent pour mettre définitivement les paysans à l'usine, est également mise en oeuvre pour enfermer les femmes à la maison et pour les mettre au bas du monde du travail. Pour créer cette division du travail nouvelle, rendue nécessaire par l'industrialisation, il va falloir écraser les femmes pour les mettre toutes entières sous l'autorité de leur famille, et en réalité des hommes de leur famille.

On commence par les déposséder de toute propriété et de toute existence juridique : c'est au XVIème siècle qu'elles perdent le droit de se représenter elles-mêmes et de toucher de l'argent sans l'accord de leur mari. Elles y perdent également la co-propriété qu'elles exerçaient jusqu'alors sur les terres familiales.

On continue au XVIIème siècle en détruisant les métiers indépendants jusqu'alors occupés par des femmes : les sages-femmes sont remplacées par les chirurgiens, les herboristes par des pharmaciens, les brasseuses de bière exclues par les corporations. Les seuls métiers qui leur sont autorisés sont les plus déconsidérés : domestiques ou ouvrières à domicile.

Tout au long de cette période, les exigences d'obéissance à leur rôle dans la famille se durcissent. L'adultère est puni de mort, la contraception et l'avortement (largement pratiqués au Moyen-Âge au moyen de préparations d'herbes) également ; en France, un Édit royal de 1556 condamne à mort les femmes qui font des fausses couches ou dont les enfants meurent avant le baptême. De même, les femmes qui ne sont pas mariées, qui ne sont pas au service d'un homme, sont persécutées : elles sont considérées comme des prostituées, il est licite de les violer et toute personne qui leur donne refuge est déclarée hors la loi. C'est la période où le mariage devient la prison des femmes : il fixe un rapport d'exploitation entre une femme et son conjoint, et il est impossible d'en échapper.

Dans le même temps, la chasse aux sorcières, qui commence au XVème siècle, atteint des proportions de masse : il s'agit de terroriser, de torturer et d'exécuter toutes celles qui ne se plient pas aux nouveaux règlements. Les métiers indépendants exercés par les femmes (herboristes notamment) sont identifiés avec la sorcellerie ; l'avortement et la contraception également ; de même que toutes les infractions à la domination fixée par le mariage, comme l'adultère ou le célibat. On estime qu'entre 1550 et 1650 seulement il y a eu 200.000 procès et 100.00 exécutions : c'est un massacre de masse, analogue dans ses proportions aux massacres commis dans la même période outre-mer pour soumettre les peuples indigènes à l'économie coloniale. On s'imagine que cette vague de terreur est simplement l'expression de la superstition et de la bêtise populaires : là aussi, c'est faux, elle est méthodiquement organisée par les Etats et par les autorités ecclésiastiques. C'est une Bulle du pape (document juridique papal) qui lance la campagne de chasse aux sorcières en 1484 : elle est accompagnée d'un manuel en deux parties, la première attribuant la sorcellerie aux femmes, la seconde expliquant comment procéder à leur capture, instruire leur procès, organiser leur détention et leur élimination.

En un mot : la division du travail et l'exploitation des femmes telles que nous les connaissons n'ont pas toujours existé, et le système capitaliste a même fait couler des fleuves de sang pour l'imposer, parce qu'elle est vitalement nécessaire pour dégager du profit.

Patriarcat et capitalisme sont deux systèmes qui ne peuvent aujourd'hui se passer l'un de l'autre.

Le capitalisme à pioché ses forces dans le patriarcat déjà d'actualité, pour s'imposer, et le patriarcat qui n'était pas aussi fort s'y est retrouver renforcé. Aujourd'hui ils sont liés l'un à l'autre et fonctionnent ensemble en se renforçant à chacune de leurs victoires.

Évidemment, ces quelques éléments historiques permettent de remettre en cause la légende dorée que les capitalistes racontent au sujet de leur propre histoire : l'économie marchande aurait permis de sortir de l'obscurantisme médiéval, et de libérer graduellement les femmes. On a vu que c'est l'inverse. Plus encore, le développement du capitalisme industriel aurait graduellement sorti les femmes du foyer en leur donnant accès au travail salarié. Là encore, c'est faux : dans les différentes phases de son développement, l'économie capitaliste, en détruisant les économies traditionnelles (paysannes et artisanales, dans lesquelles ni les hommes ni les femmes ne sont salariés), développe en même temps le salariat (y compris celui des femmes) et l'assignation des femmes au foyer. Il développe la division du travail dans toutes ses dimensions, au sein de la famille, au sein de l'entreprise, et entre la famille et l'entreprise.

Très concrètement, tout au long du XIXème siècle, parmi les femmes qui sont arrachées à la production agricole dans le cadre de l'industrialisation et de l'exode rural, les unes sont assignées au foyer et les autres aux emplois dévalorisés que nous connaissons : le nombre de salariées augmente en même temps que le nombre de femmes au foyer. Plus généralement, chaque femme subit les deux processus dans une certaine proportion : on pense aux femmes au foyer qui sont, en plus, ouvrières textiles à domicile ou qui font des ménages, ainsi qu'aux salariées dans l'industrie qui s'occupent en plus de la maison et des enfants. Par suite, les deux guerres mondiales accélèrent le développement du capitalisme… Les usines tournent à plein régime, l'industrialisation est dopée, l'exode rural met un nombre croissant de paysans à l'usine : il faut davantage de salariés pour produire les marchandises (notamment les armes), donc les femmes sont embauchées bien plus largement. Entre 1914 et 1918, par exemple, la proportion de femmes dans les équipes de Renault Billancourt passe de 4 à 32%. En même temps, il faut accentuer la production de la force de travail des salariés, donc les femmes sont encore plus assignées au foyer… Tant et si bien qu'à l'issue de la seconde guerre mondiale, avec l'apogée dans les années 60, on se retrouve avec plus de femmes salariées qu'il n'y en a jamais eu… et en même temps le nombre de femmes au foyer le plus important de toute l'histoire de France.

Le même processus se produit à partir des années 1980, avec le renouveau néo-libéral du capitalisme : un grand nombre de femmes accède au travail salarié, et en même temps les gouvernements prennent les premières mesures pour généraliser et subventionner (par des crédits d'impôts aux entreprises et des exonérations de cotisations) les emplois à temps partiels, qui ont pour rôle d'assigner les femmes à leurs tâches domestiques.

On constate que, dans cette période (qui est encore la nôtre), la division du travail et l'exploitation des femmes changent de forme. On a de moins en moins, d'un côté les femmes au foyer et de l'autre les salariées ; au contraire, chaque femme doit être à la fois une femme au foyer et à la fois une salariée. En effet, les exigences nouvelles de l'économie capitaliste à la fin du XXème siècle (l'industrialisation générale de la planète et l'informatisation de l'économie) nécessitent de consommer plus de force de travail que jamais… Il est devenu nécessaire que chaque femme assume davantage de tâches, que les femmes au foyer se salarient et que les salariées s'occupent davantage de la famille.

L'abolition de toute division du travail est la seule solution pour dépasser cette position contradictoire des femmes dans la société : la fin de la double journée (les deux journées en une qu'assument les femmes, à l'entreprise et à la maison).

 

Union des Etudiants Communistes de Strasbourg

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Publié le 25 Février 2017

Tsahal : l’armée la plus morale. Vraiment ?

Nous avons appris la tenue d’une conférence intitulée « Tsahal : l’armée la plus morale » organisée par l’association sioniste francophone et pro-Netanyahu Israel is Forever, le lundi 27 février 2017 à la Synagogue de la Paix de Strasbourg ! L’invité est Richard Darmon, journaliste et géopolitologue spécialiste des conflits au Moyen-Orient, ainsi que conseiller politique de la Rédaction du mensuel Israel Magazine. Il parlera de « comment Tsahal respecte les obligations contraignantes du droit de la guerre et relève le défi de la conduite éthique de ses soldats lors des conflits asymétriques à basse intensité dans les zones surpeuplées de la Bande de Gaza ».

Il ne s’agit bien évidemment pas d’un moment « neutre », de débat sur le rôle de l’armée israélienne au Moyen-Orient, mais bel et bien d’une conférence de propagande pour l’armée qui s’auto-proclame « la plus morale » du monde. Le titre et la description de l’événement ainsi que le profil de l’intervenant ne pourraient être plus clairs.

La réalité de Tsahal est bien différente. Déjà on ne peut pas définir une armée par rapport à sa moralité : la moralité de l’armée est celle du gouvernement qui la contrôle, et la moralité du gouvernement se définit par rapport aux intérêts de la classe qui le constitue. L’armée israélienne est, comme les autres, un instrument au service du pouvoir. Dans le cas israélien, la bourgeoisie ultra-nationaliste se sert de son armée high-tech pour sa politique impérialiste et terroriste. Et, « lorsqu’une armée doit se transformer en force d’occupation, inévitablement elle viole les droits de l’homme et pratique la répression. Le fait que les parents des soldats israéliens aient été victimes du génocide hitlérien n’apporte aucune circonstance attenuante à la spoliation des droits des Palestiniens »[1]. Dans un monde gangrené et meurtri par l’impérialisme, la morale militaire est par définition immorale.

Même si on voulait jouer au jeu de la « moralité », il est impossible de définir ainsi Tsahal. Le gouvernement et l’armée israéliens sont les auteurs d’un lent génocide depuis 1967, pratiquent une politique d’apartheid et promeuvent une politique d’expansion coloniale qui est illégale vis à vis du droit international et de la Charte des Nations Unies. La résolution du Conseil de sécurité de l’ONU du 23 décembre 2016 l’a également reconnu, enfin.

Tsahal applique la « doctrine Dahiya », une théorie de l’utilisation d’une force disproportionnée par l’armée contre les civils palestiniens (développée par l’université de Tel-Aviv dans le cadre de sa collaboration technologique et idéologique avec l’armée israélienne). Est-ce moral ?

Durant la guerre du Liban (1975-1990), Tsahal s’est rendu coupable de la mort de plus de 20.000 Palestiniens et Libanais. Est-ce moral ? Les bombardements des villes, la destruction de camps de réfugiés au Sud-Liban, le siège de Beyrouth, le massacre de Sabra et Chatila, etc. est-ce moral ?

Lors de la première Intifada (1987-1993), la répression militaire contre une jeunesse Palestinienne armée de pierres a provoqué plus de 2.000 morts civils et militaires ainsi que 30.000 blessés. Lors de la seconde Intifada (2000-2008), Tsahal a fait plus de 3.000 morts civils et militaires. Est-ce moral ?

Depuis l’année 2000, les différentes offensives militaires d’Israël en Palestine ont tué plus de 7.100 civils palestiniens, sans compter le nombre impressionnant de blessés et de déplacés. Est-ce moral ? Les check-points, les bombardements des villages, les exécutions sommaires des leaders de la résistance palestinienne par les unités de l’escadron de la mort de Tsahal, les dynamitages des maisons des Palestiniens, la « barrière de séparation israélienne » en Cisjordanie, les explusions et les emprisonnements arbitraires, les tortures, les mauvais traitements et les violences sexuelles en prison, l’arrachement des arbres fruitiers, etc. est-ce moral ?

L’arrestation et l’emprisonnement chaque année de 500 à 700 enfants Palestiniens, poursuivis automatiquement devant la justice militaire, souvent immobilisés par étranglement, interrogés sans leurs parents ou un avocat[2], est-ce moral ? Lors de la rentrée scolaire de 2016, les soldats israéliens ont bloqué l'arrivée de livres scolaires prévus pour la jeunesse âgée de 7 à 17 ans, enclenchant ainsi une nouvelle étape vers un génocide culturel du peuple palestinien[3]. Est-ce moral ?

Près de 7.000 palestiniens, tout âge compris, croupissent à l’heure actuelle dans les geôles israéliennes. Pour beaucoup, ils n'ont pas été jugés, leur tort est le simple fait d’être palestiniens. Récemment, Israël a baissé à 12 ans l’age minimum d’empisonnement. Depuis l’occupation des terres palestiniennes de 1967, 700.000 Palestiniens des territoires occupés ont été détenus par Israël, soit 20% de la population palestinienne. Au-delà des raisons purement politiques qui justifient les emprisonnements, les conditions des détentions sont des plus inhumaines. Les détentions dites administratives se font dans l’arbitrarieté, elles sont contraires au droit international et au droit humanitaire, dans une violation perpétuelle de la 4ème Convention de Génève de 1949[4]. Est-ce moral ?

Israël « a développé une industrie militaire florissante pour surmonter l’embargo sur les ventes d’armes décrété par quelques puissances occidentales pendant les deux premières décennies de l’existence de l’Etat. Il a vendu du matériel militaire à des régimes fascistes comme celui de Pinochet, aux dictatures d’Amérique latine et aux racistes d’Afrique du Sud. Les responsables de l’industrie militaire ont toujours justifié ces fournitures par la nécessité de vendre à qui est prêt à payer, si le pays doit subsister »[5]. Est-ce moral ?

La « justice » israélienne excuse systématiquement les crimes des soldats de Tsahal. Le cas d’Elor Azaria en mars 2016[6] est le dernier d’une longue liste de crimes restés impunis. Est-ce moral ? Quant à la « justice » internationale, elle a le plus grand mal à émettre des condamnations vis à vis des soldats de Tsahal qui commettent des actes criminels : Israël n’est pas signataire du Statut de Rome qu’en 1998 a crée la Cour Pénale Internationale, et le droit de véto dont disposent les États-Unis au Conseil de Sécurité de l’ONU rend illusoire tout espoir de condamnation internationale des crimes contre l’humanité commis par les membres de Tsahal[7].

Non, Tsahal n’est pas l’armée la plus morale. Elle est, comme les autres, une armée d’occupation et de répression. Ses crimes jouissent du soutien du gouvernement et de la justice israélienne, ainsi que de nombreuses forces politiques et associations sionistes. Tsahal est l’outil dont se sert l’État israélien pour imposer sa domination sur le peuple Palestinien ainsi que renforcer sa position en tant que facteur de déstabilisation au Moyen-Orient.

Nous rappelons aussi la complicité de la France et des puissances impérialistes occidentales dans la montée en puissance de Tsahal. En 2012, la France a accordé des autorisations d’exportations d’armes en direction d'Israël d’une valeur de plus de 200 millions d’euros. Le matériel vendu consiste en missiles, roquettes, aéronefs et matériel électronique. Alors qu’en 2014 des pays comme l’Espagne ou le Royaume-Uni ont décidé de suspendre totalement ou partiellement leurs ventes d’armes à Israël, la France n’a jamais remis en cause sa politique de soutien matériel à l’armement d'Israël. En mars 2016, nous avons pu apprendre par la sénatrice UDI Nathalie Goulet que les contribuables Français qui effectuent un don à l’armée israélienne bénéficient d’une réduction d’impôts de 60%[8]. Non contente de sa passivité, la France est donc complice directe des bombardements et des massacres des palestiniens, car c’est bien avec les armes dont elle autorise l’exportation que ces tueries sont accomplies, ainsi que les contribuables français sont incités à financer l’armée d’occupation israélienne.

Ce qui nous scandalise le plus c’est que cette conférence de propagande pro-Tsahal soit hébergée à la Synagogue de la Paix de Strasbourg, lieu de culte et qui héberge également les locaux de la Communauté israélite de Strasbourg. Le conférencier et les responsables communautaires mélangent volontairement judaïsme et sionisme, religion et politique, et participent ainsi au développement de l’antisémitisme.

Nous devons combattre les amalgames idéologiques qui présentent le conflit israélo-palestinien comme un conflit relgieux, alors qu’il s’agit clairement d’une question politiqueLe peuple palestinien est privé d’État et subit la colonisation d’un autre État. Cette injustice est politique et absolument pas religieuse. Le conflit israélo-palestinien, c’est celui d’une puissance occupante – qui ne se définit pas par la religion de ses habitants (tous les Israéliens ne sont pas juifs !) – et d’un peuple occupé – qui ne se définit pas davantage par la religion de ses habitants (tous les Palestiniens ne sont pas musulmans !). C’est celui de la troisième armée du monde et d’un peuple sans État donc sans armée. C’est celui d’une grande puissance économique et d’un peuple écrasé et pillé, occupé et humilié.

Face à cela, nous réaffirmons notre solidarité avec le peuple Palestinien en lutte pour sa reconnaissence et sa dignité. Nous continuerons à combattre ici et maintenant la politique impérialiste et criminelle d’Israel, notamment à travers la campagne de « Boycott, Désinvestissement, Sanctions » (BDS) pour isoler l’Etat israélien et contraindre l’Occident à abandonner sa politique complice à son égard. Ce combat passe également par la reconnaissance d’un État Palestinien ainsi que la libération des prisonniers politiques Palestiniens.

Nous dénonçons qu’une telle conférence puisse se tenir dans une ville qui s’auto-proclame « capitale des droits de l’Homme », ainsi que dans un lieu de culte qui ne devrait pas diviser sa communauté en hébergeant des véritables meetings de propagande.

 

Mouvement des Jeunes Communistes du Bas-Rhin et Union des Etudiants Communistes de Strasbourg

 

RASSEMBLEMENT LE LUNDI 27 FEVRIER

à 18h devant le siège du CRIF (9, place Kléber à Strasbourg)

à l'appel de l'UJFP-Alsace et du MJCF 67 pour protester contre la tenue de la conférence de propagande pro-Tsahal !

https://www.facebook.com/events/1196809417099507/

 


[1] Le Monde diplomatique, « Tsahal, défense et illustration de l’armée israélienne » (2006) : http://www.monde-diplomatique.fr/mav/88/KAPELIOUK/13690

[2] En 2015, l’ONG Human Rights Watch à constaté que « Les forces de sécurité israéliennes ont eu recours à une force excessive pour arrêter ou placer en détention des enfants palestiniens, dont certains n'avaient pas plus de 11 ans. Les forces de sécurité ont pratiqué sur des enfants des immobilisations par pseudo-étranglement, ont lancé vers eux des grenades assourdissantes, les ont passés à tabac pendant leur garde à vue, les ont menacés et soumis à des interrogatoires sans la présence de leurs parents ou de leurs avocats, et se sont abstenus d'informer leurs parents sur leur sort » : https://www.hrw.org/fr/news/2015/07/19/israel-les-forces-de-securite-commettent-des-abus-lencontre-denfants-palestiniens

[3] Voir UEC Strasbourg, « Une rentrée de solidarité internationale avec le peuple Palestinien » : http://uecstrasbourg.over-blog.com/2016/09/une-rentree-de-solidarite-internationale-avec-le-peuple-palestinien.html

[4] Voir UEC Strasbourg, « Une rentrée de solidarité internationale avec le peuple Palestinien » : http://uecstrasbourg.over-blog.com/2016/09/une-rentree-de-solidarite-internationale-avec-le-peuple-palestinien.html

[5] Le Monde diplomatique, « Tsahal, défense et illustration de l’armée israélienne » (2006) : http://www.monde-diplomatique.fr/mav/88/KAPELIOUK/13690

[6] Voir Libération, « En Israël, le soldat ayant tué un Palestinien s’en tire avec les honneurs » : http://www.liberation.fr/planete/2017/02/21/en-israel-le-soldat-ayant-tue-un-palestinien-s-en-tire-avec-les-honneurs_1550007

[7] Voir UEC Strasbourg, « La Palestine à la Cour pénale internationale : et maintenant ? » : http://uecstrasbourg.over-blog.com/la-palestine-a-la-cour-penale-internationale-et-maintenant.html

[8] Voir MJCF, « La France, complice des bourreaux des Palestiniens » : http://www.jeunes-communistes.org/2016/04/01-france-complice-bourreaux-palestiniens-12805

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Publié le 24 Février 2017

Programme de la Semaine du Féminisme 2017 à Strasbourg : « Féminisme et Révolution »

L'Union des Etudiants Communistes de Strasbourg a le plaisir de vous inviter à l'édition 2017 de la Semaine du Féminisme, autour du thème « Féminisme et Révolution ».

Voici le programme :

Lundi 6 mars à 18h, Amphi A3 de l'Institut Le Bel : Conférence « Révolution féminine au Kurdistan » avec Nursel KILIC (représentante du Mouvement des Femmes Kurdes et ancienne présidente de la Fondation internationale des femmes libres), en partenariat avec l'association Zin pour les femmes : https://www.facebook.com/events/1836315583304271/

 

Mardi 7 mars à 18h, salle A27 du bâtiment Le Platane (Agora) : Projection/débat de « Rosa Luxemburg » (Margarethe von Trotta, 1986) : https://www.facebook.com/events/417041431981524/

 

Mercredi 8 mars à 18h, salle A26 du bâtiment Le Platane (Agora) : Conférence « La place des femmes dans la Révolution française » avec Isabelle LABOULAIS (professeure d'Histoire moderne à l'université de Strasbourg) : https://www.facebook.com/events/422540524755908/

 

Jeudi 9 mars à 18h, salle A14 du bâtiment Le Platane (Agora) : Conférence « Les femmes dans le mouvement ouvrier en Alsace » avec Françoise OLIVIER-UTARD (présidente de l'association Almémos - Association Alsace mémoire du mouvement social) : https://www.facebook.com/events/789510611198598/

 

 

L'entrée aux conférences et projections est bien évidemment libre !

 

 

Par ailleurs, l'UEC Strasbourg partecipera à la table ronde "L'université et l'égalité : vous avez dit sexisme ?" organisée par Efigies-Strasbourg avec des associations féministes et des associations étudiantes - le mercredi 1er mars à 17h dans l’amphithéâtre du Collège Doctoral Européen (46 Boulevard de la Victoire - Strasbourg, tram Observatoire) : https://www.facebook.com/events/1832648280316247/

 

 

Qu'est ce que la Semaine du Féminisme ?

 

A l'heure actuelle la question de la place des femmes dans la société et dans les rapports de production est posée avec toujours plus de force. Le contexte actuel connait des graves remises en question des droits des femmes : fermeture de centres d'IVG, banalisation du harcèlement sexuel et de la culture du viol, chantage aux notes, inégalités salariales, violences en tout genre, etc. Plus que jamais d’actualité, le combat féministe a toute sa place au sein de l’université et de la société toute entière, afin de réaffirmer les droits des femmes, de briser les non-dits, et surtout de permettre l'émancipation de tous.

L’Union des Étudiants Communistes, et le Mouvement des Jeunes Communistes de France, réaffirment leurs positions dans la lutte féministe à travers une semaine d’action nationale : la Semaine du Féminisme. 

Cette année la Semaine du Féminisme portera sur le thème « Féminisme et Révolution : le pouvoir aux femmes ». Il s'agit de mettre en avant une idée simple : les femmes doivent reprendre le pouvoir qui leur est confisqué, dans une société patriarcale et capitaliste, par les hommes et plus particulièrement par la bourgeoisie (droit à maitriser leur corps, mettre fin à l'exploitation du travail domestique et à la double journée de travail qui est imposée aux femmes). Comme nous avons pu voir par le passé, les luttes féministes pour l'obtention de nouveaux droits ont ouvert des espaces d'émancipation pour l'ensemble des travailleurs, et ont franchi des étapes dans la réalisation de l'égalité réelle. La Semaine du Féminisme sera l'occasion pour que les femmes prennent la parole et affirment leur role fondamental dans la société. Il sera aussi question de la place des femmes au sein du combat révolutionnaire d'hier et d'aujourd'hui, en France et dans le monde. Pas de révolution sans les femmes !

 

Pour aller plus loin voir notre article "Pour un enseignement supérieur féministe" : http://uecstrasbourg.over-blog.com/2016/12/pour-un-enseignement-superieur-feministe.html

 

La Semaine du Féminisme 2017 dans le programme officiel de la Semaine internationale des droits des femmes de l'Université de Strasbourg : https://www.unistra.fr/index.php?id=26081&utm_source=unistra_fr&utm_medium=unistra_fr_homepage#c118089

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Publié le 20 Février 2017

Un évêque réactionnaire et anti-IVG nommé en Alsace par l’État !

Nous avons appris cette semaine la nomination de M. Luc Ravel au poste d’évêque d’Alsace. Concordat oblige, cette décision ne concerne pas uniquement les catholiques alsaciens, mais bien toute la population. En effet, le clergé alsacien est choisi et entretenu financièrement par l’État : la nomination de M. Ravel a donc reçu l’aval de François Hollande.

Le Concordat date de l’époque napoléonienne : il a été abrogé en 1905 en France, mais pas en Alsace-Moselle puisque la région était alors sous souveraineté allemande. Le Concordat désigne le fait que, dans notre région, les clergés catholique, protestant et israélite sont payés et nominés par l’Etat, c’est-à-dire par les impôts des Français. Il instaure aussi un enseignement religieux dans l’enseignement primaire. Nous tenons à rappeler que le Concordat n’a en aucun cas de lien avec le régime spécial d’assurance-maladie d’Alsace-Moselle.

 

Des propos scandaleux d’un évêque soutenu par l’extrême-droite

Au-delà de l’atteinte à la laïcité que représente le Concordat, nous nous interrogeons sur la personne de M. Ravel qui, même au sein de l’Église catholique, apparaît comme profondément réactionnaire. En effet, avant d’être nommé en Alsace, il a exercé la fonction d’aumônier aux Armées. Cette fonction l’a amené à s’exprimer dans la revue EGMIL, le Mensuel de l’Aumônerie Militaire. Il y a tenu des propos si scandaleux que l’Armée de Terre a décidé de retirer son logo de la revue afin de ne plus y être associée. Petit florilège commenté :

« D’un côté, des adversaires déclarés et reconnus : les terroristes de la bombe, vengeurs du prophète. De l’autre côté, des adversaires non déclarés mais bien connus : les terroristes de la pensée, prescripteurs de la laïcité, adorateurs de la République. Dans quel camp se situer comme chrétien ? Nous ne voulons pas être pris en otage par des islamistes. Mais nous ne souhaitons pas être pris en otage par des bien-pensants. L’idéologie islamique vient de faire 17 victimes en France. Mais l’idéologie de la bien-pensance fait chaque année 200 000 victimes dans le sein de leur mère. L’IVG devenue droit fondamental est une arme de destruction massive. Alliés pour la France avec d’autres, nous devons faire front contre les attaques terroristes explicites. Mais, pour autant, nous ne devons pas cautionner les folies de l’euthanasie, du mariage pour tous et autres caricatures de Charlie-Hebdo. »

Ici, M. Ravel fait un parallélisme répugnant entre les terribles attentats qui ont touché la France et le droit à l’avortement, qu’il nomme « l’idéologie de la bien-pensance », dans une rhétorique chère à l’extrême-droite. M. Ravel se positionne non seulement très clairement dans le camp de la réaction, mais il le fait en culpabilisant les femmes qui choisissent d’avorter en les comparant aux terroristes de Daesh qui ont massacré nos concitoyens.

Ces propos scandaleux ont par ailleurs été repris et appuyés par une grande partie de l’extrême-droite française. Suite à ses attaques contre le Mariage pour Tous et l’IVG, de nombreuses associations féministes et LGBT ont dénoncé l’idéologie portée par M. Ravel. Mais ce dernier a pu compter sur des soutiens de poids, comme le très progressiste Riposte Catholique, site ouvertement traditionaliste qui a fustigé les attaques du « Lobby LGBT » contre M. Ravel. Il a également eu droit à un article élogieux de la part du site internet reinformation.tv, portail d’information extrémiste bien connu.

 

L’urgence d’une réflexion sur le Concordat

Le fait que de tels propos soient soutenus et relayés par l’extrême-droite ne nous surprend pas. En revanche, les nombreux messages de félicitations que l’évêque a reçu de la part de la classe politique alsacienne nous révoltent profondément. Le maire de Strasbourg, qui se prétend être une capitale européenne des droits de l’Homme et de la démocratie, a tenu à exprimer à M. Ravel « ses meilleurs voeux de réussite dans sa mission. » Le député bas-rhinois Patrick Hetzel a aussi tenu à lui souhaiter la bienvenue.

Comme souvent, on voit toute la complaisance dont peut bénéficier la frange réactionnaire de l’Église de la part des pouvoirs publics : la mairie socialiste de Strasbourg prétend défendre la laïcité et les droits de l’Homme mais tient à féliciter un réactionnaire de la pire espèce qui promeut une vision dégradante des femmes et des LGBT.

 

Le Mouvement des Jeunes Communistes du Bas-Rhin tient à exprimer son indignation face à la nomination d’une personne haineuse et soutenue par l’extrême-droite, nomination qui s’est faite avec l’aval de l’État. Nous condamnons également avec la plus grande fermeté les propos scandaleusement complaisants qui ont été tenus à l’égard de M. Ravel par certains hommes politiques alsaciens.

Pour mettre fin à ces situations, notre Mouvement réclame :

- La nomination d’un nouvel évêque qui n’ait pas été soutenu par l’extrême-droite ;

- Des excuses publiques de la part du maire de Strasbourg ainsi que de tous les élus de la République qui ont souhaité la bienvenue à ce réactionnaire de la pire espèce ;

- La tenue d’un référendum sur l’abrogation du Concordat en Alsace-Moselle afin que la laïcité soit pleinement appliquée sur l’ensemble du territoire de la République française.

 

Le Mouvement des Jeunes Communistes du Bas-Rhin

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Publié le 20 Février 2017

Culture du viol : mieux la comprendre pour mieux la combattre

Aujourd'hui, dans un système patriarcal des plus forts, la « culture du viol » fait partie intégrante de notre quotidien. La totalité de ses aspects est pour la plupart du temps invisible à nos yeux. C'est déjà cela le premier succès de la culture du viol : le fait même d'être devenue une culture, banalisée et ancrée dans les mœurs de la société, qui excuse, tolère voire approuve le viol et dont plus personne n'a conscience. Le mot « viol » lui-même reste tabou, secret, honteux: si cela serait surprenant pour un fait qui est pourtant si fréquent, cela ne l'est pas dès lors qu'on s'aperçoit que le viol n'est qu'un des outils dont dispose le système patriarcal pour rendre les hommes propriétaires des femmes et de leurs corps. Lors des rapports sexuels non-consentis, les viols, l'agresseur s'empare de la sexualité des femmes, il la leur arrache.

La culture du viol nie l'importance ou la nécessité du consentement féminin dans les rapports sexuels. Elle est véhiculée par des pratiques, des paroles, des affiches, des publicités, des vidéos... qui propagent le message que le viol n'est pas si grave que ça, en minimisant son atrocité, en le rendant banal, un « accident » du quotidien. Cela peut également passer par affirmer que le viol est rare. On sait pourtant qu'en France 16 % des femmes ont vécu un viol (plus de 75.000 femmes sont violées chaque année en France, une toute les sept minutes)1 ; 1 femme sur 10 sera victime de viol, d'agression sexuelle ou de tentative au cours de sa vie2. Ce sont des statistiques plus que minimes face à la réalité, puisque ces données reposent sur les plaintes déposées, alors qu'une large majorité ne porte pas plainte : seulement 10 % de victimes de viol ont déposé plainte3, 62% des femmes victimes de viol ont décidé de ne pas en informer ni la police ni la gendarmerie, et ceci pour s'éviter « des épreuves supplémentaires » (selon l'étude de l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales - ONDRP)4. Au delà des obstacles matériels (coûts de la procédure, de l'avocat, etc), la culture du viol est précisément la raison de ce manque de plainte. L’accueil de la police en cas de dépôt de plainte est tout sauf adapté : elle rejette souvent la plainte, fait des remarques désobligeantes en affirmant que le cas en question ne peut pas être considéré comme un viol pour telles ou telles raisons qui font partie de la culture du viol. Certains policiers vont jusqu’à sous-entendre (et parfois l'affirment clairement) que les femmes victimes de viol « l’auraient cherché ». C’est ce que dénonce le tumblr « Paye Ta Police »5 qui regroupe des témoignages de personnes ayant subi des viols et qui ont fait face par la suite à des remarques des plus terrifiantes. Dans une situation pareil, il n'y a rien d'étonnant si le viol reste impuni par la société et par la ''Justice'' : moins de 2 % des violeurs sont condamnés en France, les peines sont rarement lourdes et beaucoup de plaintes aboutissent à des non-lieux6. Parallèlement, il n'y a rien d'étonnant si des femmes qui ont réussi à parler autour d'elles des agressions sexuelles subies, ou qui ont déposé plainte, se voient ensuite victimes de plaintes pour « diffamation » de la part de leurs agresseurs.

N'oublions pas que les minorités trans et handicapées sont les plus touchées par les agressions sexuelles : 1 personne transgenre sur 2 est agressée sexuellement ou attaquée à un moment de sa vie. Le handicap d’une personne peut l’empêcher de se défendre ou d’exprimer ce qu’elle a vécu.

Le rapport de classe n'est pas inexistant à ce moment présent. Tous les violeurs ne sont pas traités de la même manière. Si le violeur est un prolétaire, un jeune des quartiers populaires, il y aura plus de chances que la justice réagisse ; mais combien de cas sont restés impunis lorsque le violeur faisait partie de la classe bourgeoise, connaissait un juge, un avocat, un policier ? Lorsque ce sont des membres mêmes de la police qui violent, comme dans le cas de Théo Luhaka, nous avons vu quelle est la réponse de la justice.

La culture du viol touche également les hommes : selon la même culture, l'homme est toujours consentant, et lors d'un viol d'une femme sur un homme les réactions seront soit méprisantes (« Il aurait pu se défendre ») soit des plus déplacées (« Il a forcément aimé »). Oui, un homme peut être victime de viol (dans 10 % des cas la victime est un homme, souvent mineur au moment des faits7), et non il n'y a toujours pas de soi-disant plaisir dans l'acte du viol. De plus, lorsque un homme est victime de viol par un autre homme le sujet est encore plus tabou, la société imposant un sentiment de honte encore plus tenace.

 

Tout violeur quel qu'il soit doit être puni ! Et chaque victime doit être reconnue comme telle !

 

Par ailleurs, le viol est de plus en plus instrumentalisé pour propager xénophobie et haine raciale : comme dans le cas des agressions sexuelles du Nouvel An 2016 à Cologne, la bourgeoisie tire profit des cas de viol pour affirmer qu'il existerait des peuples composés structurellement par des violeurs et/ou propageant une culture du viol (les « autres ») et des peuples n'ayant rien à voir avec tout cela (« nous »).

 

Le système patriarcal propage tout simplement une méconnaissance totale de ce qu’est le consentement. En effet, une étude de l'association Mémoire Traumatique et Victimologie a récemment révélé que 19% des interrogés pensent que lorsqu'une femme dit "non" à une proposition de relation sexuelle veut en fait dire "oui". Ou encore, 21% de jeunes de 18 à 24 ans estiment que les femmes peuvent prendre du plaisir à être forcées lors d'une relation sexuelle8. Si on ne sait pas ce qu'est le consentement, on ignore aussi ce qu’est le viol. Le viol conjugal est une autre réalité souvent occultée par la culture du viol. A croire que le viol n’est un viol que dans le cadre où il est perpétré par un inconnu en imperméable noir dans une petite ruelle sombre. Or, dans 80% des cas l’agresseur est connu de la victime, dans 50 % des cas il s'agit d'un membre de la famille ou de l'entourage proche, et dans 34 % des cas il s’avère être le conjoint9. Le fait d'avoir épousé ou être en couple avec quelqu'un ne signifie en aucun cas donner un consentement automatique à tout rapport sexuel.

D'autres nombreux éléments justifient, normalisent et donc excusent le viol dans la société. Que ce soit des publicités, comme celles tristement célèbres d'American Apparel, de Depiltech, de Johnny Farah, de Sisley, de Dolce&Gabbana, de Calvin Klein, de Belvedere Vodka, de Bagelstein etc. souvent censurées pour incitation au viol10. Que ce soit dans les programmes télé, où les agressions sexuelles sont banalisées derrière les rires des spectateurs et présentateurs, comme par exemple lors de l'agression sexuelle que Capucine Anav a subi de Cyril Hanouna dans l'émission Touche Pas à Mon Poste, ou encore celle que l'actrice Soraya Riffi a vécu par le chroniqueur Jean-Michel Maire dans la même émission. Même dans les jeux vidéo cette culture du viol est présente : par exemple, dans la saga de Tomb Rider, le personnage de Lara Croft subit un viol qui sera dénommé par la suite « calvaire charnel », sauf qu'il ne s'agit pas d'un calvaire charnel mais d'un viol pur et simple.

Il n'y rien d'étonnant si certaines associations étudiantes propagent elles aussi la culture du viol, par des affiches de soirées, des vidéos, des chansons, etc. Par méconnaissance totale de ce qu'est la culture du viol, ces associations osent encore se justifier : « ce n'était pas sérieux », « c'était pour rigoler », ou pire encore « c'est la tradition »11.

Nous pouvons aller bien sûr plus loin dans cette analyse, puisque l'existence même de certaines institutions comme celle de la prostitution favorisent la culture du viol. Rappelons-le, une femme qui est forcée par le système capitaliste de se prostituer pour vivre, et qui n'a en aucun cas de choix sur les hommes avec qui elle devra avoir ses rapports, sans oublier les violences commises trop fréquemment par le client sur la prostituée, tout cela ne relève en aucun cas du consentement ! Le fait que la misère du système capitaliste ne laisse d'autre choix à des femmes que de se prostituer ne signifie pas que leurs rapports sexuels soient consentants, puisqu'ils ont lieu sous contrainte matérielle (le besoin d'argent) ou d'intégrité physique (violences de la part des clients et des protecteurs).

Pour continuer, la pornographie autorisée et normalisée reste également un élément qui propage la culture du viol. La pornographie est en majorité une représentation du sexe pour les hommes, et du sexe violent, brutal, où le plaisir de la femme est soit mystifié soit complètement effacé au profit de celui d'un soi-disant fantasme masculin de forcer, violenter et humilier la femme. Cela n'est qu'un reflet de l'idée, bien trop généralisée, que le sexe n'est que pour l'homme. La pénétration serait un plaisir d'homme aux dépens de celui de la femme qui, elle, ne peut aimer cela. Cette idée, bien évidemment fausse, continue l'expansion de la culture du viol : si le sexe est pour l'homme, chaque fois qu'une femme a des rapports sexuels elle subit un viol.

La culture populaire affirme cette culture du viol. Dans le plus ridicule, il existerait un soi-disant fantasme de la femme d'être forcée. Dans quel lieu et monde une femme aurait plaisir à se faire violer ? N'est-ce pas plutôt un acte destructeur et traumatisant pour une femme ? Il n'y a aucun plaisir à se faire pénétrer par la force et dans la douleur. Il y a bien entendu les « mais » : « elle a bu », « elle était habillée de façon provocante », etc. Encore une fois ce sont des aberrations banalisées, puisque une pénétration quelle qu'elle soit, sans consentement, sous drogues ou alcool, sous menaces ou contraintes, est un viol. Le vocabulaire même pour parler de viol est ancré dans cette culture. Lorsque nous disons « une femme s'est faite violer », nous montrons cette responsabilité et culpabilisation que l'on porte à la victime, au lieu de porter l'attention sur le fait que « quelqu'un a violé ».

Alors nous le réaffirmons : une femme victime de viol n'est pas la fautive ! Il n'y a pas de « mais » possible, la façon dont elle s'est habillée, le fait qu'elle ait bu, ne sont en aucun cas des facteurs de cause : le violeur est le seul coupable !

Une société où le viol n'est même plus une surprise tellement il est banal, une société où on culpabilise une femme d'avoir été une victime de viol, une société qui rigole du viol, un système où sa police et sa justice humilient des femmes déjà meurtries est un système meurtrier !

 

Maintenant il faut se poser la question de pourquoi cette culture du viol et à quoi sert-elle ? Les violences sexuelles sont bien entendu un outil de contrôle, un moyen de dominer, humilier les femmes et les rendre dociles. La culture du viol apparaît alors d'elle-même : puisque la société viole, la culture du viol existe et est nécessaire pour approuver et excuser.

Les agressions sexuelles et le viol sont utilisés par les patrons sur les ouvrières, jouant sur la double domination de la femme (au sein des rapports de production capitalistes et des rapports de domination genrée dans le patriarcat). Avant que les femmes rentrent dans le monde du travail, les agressions sexuelles et le viol étaient utilisés pour les garder à la maison : la peur du viol et des violences sexuelles permettait au système capitaliste de garder les femmes à la maison en tant qu'outils pour qu'elles reproduisent la force de travail de l'homme, en lui faisant à manger, s'occupant de lui et des enfants, etc. Puis le système capitaliste a eu besoin des femmes au travail (d'abord suite à l'introduction du machinisme dans la grande industrie et ensuite pendant les périodes d'économie de guerre), et l'outil du viol à continuer d'exister mais à d'autres fins : contrôler la force de travail des femmes. On voit bien alors comment les rapports de production influencent et nourrissent la culture du viol : dès lors que l'on considère la femme comme un instrument (en tant que force de travail ou en tant que reproduction de la force de travail), quel besoin de lui accorder son mot à dire ?12

Le viol a historiquement servi d'instrument de répression à l'époque où la bourgeoisie mettait tout en œuvre pour enfermer les femmes à la maison et les mettre au bas du monde du travail, les écrasant sous l'autorité masculine : après les avoir dépossédées de toute propriété et existence juridique (XVIe siècle), après avoir détruit les métiers indépendants jusqu'alors occupés par des femmes (XVIIe siècle), le viol devient une pratique diffuse et licite à l'encontre des femmes qui ne sont pas mariées, qui ne sont pas au service d'un homme. C'est seulement en 1980 qu'une loi reconnaît le viol comme un crime en France.

Le viol sert également d'outil à l'impérialisme : en cas de guerre, violer les femmes d'un autre peuple a toujours été un moyen d'imposer domination et humiliation. De l'enlèvement des Sabines (acte fondateur de la Rome ancienne) aux viols de masse commis dans les conflits contemporains tant par des miliciens que par les armées régulières, le scénario est toujours le même.

 

Il est plus qu'urgent de lutter contre la culture du viol, contre la banalisation de ces agressions. Des dispositions immédiates peuvent être prises :

- La création de cellules d’écoute dans tous les lieux de travail et d'étude, afin que les victimes puissent être écoutées et non jugées. La meilleure façon de faire reculer la culture du viol c’est d’en parler, de définir clairement les limites du consentement.

- Lors des plaintes pour viol, mais aussi pour agression sexuelle, la police doit être accompagnée d'une association féministe spécialisée dans ces questions et qui surveille la prise en compte de la plainte ainsi que des éventuels propos tenus par les agents de police.

 

Bien entendu, ces dispositions ne proposent que des résultats partiels bien qu'immédiats. Tant que la société patriarcale continuera d'exister, la culture du viol en tant qu'un outil pour humilier, dominer et exploiter la femme existera. Tant que le système capitaliste continuera d'exister, la marchandisation des corps des femmes et leur objectivisation ne feront qu'alimenter la culture du viol. Le combat à mener cible à la fois le patriarcat et le capitalisme : il ne s'agit pas seulement de briser les liens fraternels que les deux systèmes entretiennent, mais bien de renverser les deux. Cela ne se fera pas sans la participation active des femmes au combat révolutionnaire avec leurs propres moyens d'auto-défense. Ce combat implique non seulement les femmes mais aussi les hommes.

 

Aucune victime de viol ne devrait avoir honte, car encore une fois le violeur est le seul fautif ! Il est temps que cela s’arrête. Face à la culture du viol, faisons front !

 

Mouvement des Jeunes Communistes du Bas-Rhin – groupe de travail Féminisme

 

1 Voir le site Contre le viol, « 10 idées reçues sur le viol » : http://www.contreleviol.fr/viol-en-france/10-idees-recues-sur-le-viol/

2 Voir Marianne, « Le viol en France, enquête sur un silence assourdissant » : http://www.marianne.net/Le-viol-en-France-enquete-sur-un-silence-assourdissant_a204395.html

3 Voir le site Contre le viol, « 10 idées reçues sur le viol » : http://www.contreleviol.fr/viol-en-france/10-idees-recues-sur-le-viol/

4 Voir Le Huffington Post, « En France, seule une victime de viol sur cinq va voir la police ou la gendarmerie » : http://www.huffingtonpost.fr/2017/02/08/une-victime-de-viol-sur-cinq-va-voir-la-police/

5 https://payetapolice.tumblr.com/

6 Voir le site Contre le viol, « 10 idées reçues sur le viol » : http://www.contreleviol.fr/viol-en-france/10-idees-recues-sur-le-viol/

7 Voir le site Contre le viol, « 10 idées reçues sur le viol » : http://www.contreleviol.fr/viol-en-france/10-idees-recues-sur-le-viol/

8 Voir Le Huffington Post, « Pour 27 % des Français, l'auteur d'un viol est moins responsable si la victime portait une tenue sexy » : http://www.huffingtonpost.fr/2016/02/29/francais-victime-viol-etude_n_9346702.html

9 Voir le site Contre le viol, « 10 idées reçues sur le viol » : http://www.contreleviol.fr/viol-en-france/10-idees-recues-sur-le-viol/

10 Pour avoir un aperçu des modalités avec lesquelles les publicités propagent le sexisme en général et la culture du viol en particulier, voir la vidéo de la campagne Women Not Objetcs : http://www.huffingtonpost.fr/2016/03/11/campagne-anti-objectivation-women-not-objects_n_9438320.html)

11 Pour prendre des exemples récents à l'Université de Strasbourg, au-delà des bizutages régulièrement subis lors des journées d'intégration et constituant souvent des attouchement sexuels non-consentis, il suffit de regarder les polémiques récentes quant à la vidéo du BDE de l'IEP banalisant une agression sexuelle (https://www.facebook.com/EtudiantsCommunistesStrasbourg/posts/663919520377210), à la vidéo de l'Amicale des Étudiants en Médecine montrant des femmes en « libre service » (https://www.facebook.com/UNEF.Strasbourg/posts/10157821172020114), au bréviaire du Comité des Traditions de l'INSA banalisant culture du viol, sexisme et homophobie (http://uecstrasbourg.over-blog.com/2017/01/culture-du-viol-sexisme-homophobie-les-belles-traditions-de-l-insa-strasbourg.html).

12 C'est par rapport à cette situation que Friedrich Engels dans L'origine de la famille, de la propriété privée et de l’État (1884) a pu dire : « Dans la famille, la femme est le prolétaire et l'homme est le bourgeois ». Et c'est aussi pour cette raison que Karl Marx, dans son analogie entre mariage et prostitution, qualifie les femmes de « simples instruments de production » dans la société capitaliste. Du reste, dans la mesure où leur rôle, dans la division du travail, est d'être au service de leurs conjoints, on comprend mieux pourquoi elles sont aliénées (dépossédées de ce qu'elles font, de ce qu'elles sont et de ce qu'elles veulent).

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Publié le 15 Février 2017

BU ouvertes 24h/24 et 7j/7 : le débat à l'Unistra cache encore des vrais problèmes des étudiants

Dans un article publié sur Rue89 Strasbourg (http://www.rue89strasbourg.com/bibliotheques-universite-ouvertures-dimanche-115815?utm_source=Newsletter+Rue89+Strasbourg&utm_campaign=43ef46be7f-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email&utm_term=0_2cc103f91a-43ef46be7f-68257297&mc_cid=43ef46be7f&mc_eid=2b83ea8e9a), le président de l’Université de Strasbourg Michel Deneken s’est déclaré favorable à l’ouverture le dimanche des bibliothèques, comme cela est actuellement le cas pour la BNU. Cette question de leur ouverture dominicale ayant été déjà soulevée auparavant par des étudiants, l’Union des Étudiants Communistes de Strasbourg en profite pour réaffirmer ses positions sur ce sujet. Si ce genre de projet peut sembler bénéfique, ce n’est qu’un masque qui cache le fond de problèmes réels rendant l’ouverture des bibliothèques le dimanche tentante.

 

Note : cet article est en grande partie tiré d’un article publié sur notre blog il a quelques mois de cela (http://uecstrasbourg.over-blog.com/2016/12/bu-ouvertes-24h/24-une-mauvaise-solution-qui-cache-de-vrais-problemes.html)

 

L’ouverture des bibliothèques le dimanche y implique évidemment la présence de salariés. Doit-on encore appliquer sans broncher la logique libérale qui gangrène de plus en plus notre société, selon laquelle les travailleurs doivent à tout prix se plier à la demande de leurs employeurs? Disposer d’un jour de congé hebdomadaire est un conquis social fondamental, malgré sa remise en cause par la loi Macron; peut-on demander à d’autres travailleurs de remettre en cause leurs droits essentiels et légitimes pour notre seul bénéfice? Rappelons en plus le fait que les vacataires travaillant dans les bibliothèques sont souvent des étudiants : sachant que le travail salarié des étudiants est la première cause d’échec à l’Université, il est évident que faire travailler des étudiants vacataires le dimanche ne va que faire empirer la situation. Car oui, le statut d’étudiant-vacataire n’est pas idéal, loin de là ; rappelons par exemple que les vacataires de l’IEP de Strasbourg s’étaient justement mis en grève en janvier dernier pour protester contre l’austérité à l’Université, et pour réclamer une reconnaissance de leurs droits : ces derniers avaient subi plusieurs mois de retard dans le payement de leur salaire ! (voir : http://uecstrasbourg.over-blog.com/2016/01/les-vacataires-de-la-bibliotheque-de-l-iep-strasbourg-en-greve.html). Coupons aussi cours aux idée saugrenues qui pourraient germer dans nos esprits pour justifier cette nouvelle exploitation ; non, ouvrir les bibliothèques le dimanche n’est pas un bon moyen de créer de l’emploi, il existe bien d’autres moyens d’en créer que de faire travailler des étudiants le dimanche. D’ailleurs, si on avait voulu lutter contre le chômage à l’Université de Strasbourg, peut-être aurait-on dû éviter d’appliquer des politiques d’austérité budgétaire ces années ? Enfin, rappellons que les bibliothèques proposent déjà des horaires d’ouvertures très étendus. Ainsi, la bibliothèque U2-U3 est ouverte 75h par semaine, la BNU 80h, et la bibliothèque du PEGE 80h aussi (d’après les horaires présentés par l’application Affluences, recommandée par l’Unistra).

Malgré tout, on ne peut nier qu’une extension des horaires d’ouverture des bibliothèques profiterait à une partie des étudiants qui en auraient besoin ; les étudiants forcés de se salarier pour survivre par exemple. Comment pouvoir étudier dans une bibliothèque quand on sort du travail à 23h ? Les bibliothèques étant fermées de nuit, le seul moyen d’y parvenir est d’y aller le week-end, sachant qu’une seule n’est ouverte le dimanche, et souvent remplie. Le problème est le même pour les étudiants précaires vivant dans un mauvais logement : la bibliothèque est bien souvent la seule alternative à un logement bruyant, de mauvaise qualité, ou ne permettant pas ou peu d’accès à Internet (par exemple les cités-U strasbourgeoises, avec leurs problèmes récurrents de coupure de l’Internet et de manque de salles de travail accessibles). D’autant plus que la fermeture de la bibliothèque Blaise Pascal (http://uecstrasbourg.over-blog.com/2017/01/fermeture-de-la-bibliotheque-blaise-pascal-les-grands-projets-a-l-heure-de-l-austerite-a-la-fac.html)surcharge d’autant plus les bibliothèques déjà existantes, rendant aux étudiants l’accès à un cadre de travail convenable encore plus difficile.

Il est pourtant possible, et nécessaire, d’offrir des conditions optimales de travail aux étudiants, sans forcer d’autres personnes à subir une dégradation de leurs propres conditions de travail. Une ouverture plus longue des BU ne fera que masquer le plus grand obstacle à notre réussite : la précarité étudiante. L’UEC défend depuis des années des propositions en faveur des étudiants, pour abolir à leur source ces difficultés que nous rencontrons tous :

1. La création d’un salaire étudiant inconditionnel, pour remplacer un système de bourses archaïque et insuffisant. Les étudiants ne sont pas de simples écoliers, ce sont des travailleurs en formation, devant travailler tout autant voire plus que des salariés, afin de fournir une main-d’œuvre qualifiée au patronat. Cependant, nombre d’entre eux sont confrontés à la précarité : problèmes de logements, nécessité de se salarier en plus de leurs cours pour survivre, etc. Il en vient deux constats. Premièrement, ce n’est pas parce que le travail des étudiants ne produit pas de richesses pendant le temps d’étude qu’il n’existe pas ; puisque nous passons des dizaines heures à travailler chaque semaine, heures que nous ne pouvons pas investir dans un travail salarié à temps plein, nous avons besoin et nous méritons un salaire ! Deuxièmement, l’existence d’une force de travail bien formée profitant avant tout aux capitalistes qui vont s’enrichir sur notre dos, c’est à eux d’en assumer les frais : finançons notre salaire étudiant par de nouvelles cotisations patronales ! Ainsi, nous aurons de quoi vivre décemment pendant nos études, et nous pourrons ainsi tous disposer entre autres d’un cadre de travail correct : plus besoin de se salarier pour payer un logement adapté à nos besoins, plus besoin d’espérer avoir une place à la BNU le dimanche pour avoir la chance de pouvoir travailler correctement, plus besoin de se forcer à réviser à minuit tous les soirs parce qu’on n’avait pas le temps avant à cause de notre job étudiant, et donc plus besoin de devoir faire travailler des employés de bibliothèque en pleine nuit.

2. La mise à disposition de logements étudiants salubres, à la portée de tous. Pour étudier dans de bonnes conditions, nous avons besoin de logements adaptés à notre situation. Cependant, nombre d’entre nous n’ont pas accès aux cités-U, qui ne couvrent les besoins que de 7% des étudiants. Nous avons donc le choix entre subir des heures de trajet pour accéder à nos facultés, vivre dans un lieu inadapté à un travail efficace, ou dans un logement insalubre. Nous proposons pour cela la nationalisation des résidences étudiantes privées (qui se développent de plus en plus répondant à un besoin réel mais qui font de la spéculation sur la misère étudiante), la construction de nouveaux logements étudiants et la rénovation des cités-U existantes qui ne répondent pas aux besoins d’un travail universitaire, ainsi que la mise en place de loyers pour ces logements ne dépassant pas le montant des APL.

3. Un réinvestissement de 3 milliards d’euros dans l’enseignement supérieur. Si nous voulons plus de places dans les bibliothèques, cessons d’essayer d’étirer les horaires aux dépends du personnel, mais construisons de nouvelles bibliothèques. Cependant, ce genre de projet nécessite de la part de l’État une réelle contribution, pour ne pas retomber dans des situations absurdes comme celle du projet Studium, une dépense de 30 millions d’euros alors que l’Université continue de vivre avec des budgets trop faibles, et privant par ailleurs pendant 3 ans les étudiants d’une bibliothèque ! (http://uecstrasbourg.over-blog.com/2017/01/fermeture-de-la-bibliotheque-blaise-pascal-les-grands-projets-a-l-heure-de-l-austerite-a-la-fac.html). Cette investissement peut par exemple être réorienté depuis d’autres investissements inutiles ne servant qu’à engraisser le patronat, comme les 40 milliards d’euros du CICE, qui a été 10 fois moins utile que ce que promettait le MEDEF, ou les 6 milliards d’euros du Crédit Impôt Recherche.

Le capitalisme n’est pas la seule option ! Ensemble, luttons pour un enseignement supérieur de qualité pour tous !

 

Union des Étudiants Communistes de Strasbourg

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Publié le 12 Février 2017

Mobilisation européenne contre le CETA - mercredi 15 février à Strasbourg

Le MJCF 67 et l'UEC Strasbourg appellent à participer à la journée de mobilisation européenne à Strasbourg le mercredi 15 février 2017 contre la ratification du CETA (Comprehensive Economic and Trade Agreement), traité de libre-échange des marchandises entre le Canada et l'Union européenne.

Notre analyse sur les conséquences du CETA : http://uecstrasbourg.over-blog.com/2016/10/ceta-pour-nous-c-est-non.html

 

L'appel du collectif #StopCETA et le programme de la journée :

http://​​​​​​​https://www.facebook.com/events/1761532844165855/

Tou-te-s à Strasbourg pour le vote du CETA !

Après des années de mobilisation de la société civile des 2 côtés de l'Atlantique, le traité de libre-échange UE-Canada doit être ratifié par le Parlement européen le 15 février. 

Pour la justice sociale et climatique, nous serons là pour dire non au traité des multinationales ! 
#StopCETA 

S'inscrire aux bus au départ de Paris :
 https://www.collectifstoptafta.org/actu/article/mobilisation-stopceta-organisation-des-bus-pour-strasbourg
Si vous partez d'ailleurs en France, contact@collectifstoptafta.org

Programme :

Le 14 février :

19h Soirée festive au CAJ Molodoï (19, rue du Ban de la Roche) avec une rencontre avec des eurodéputé-e-s anti-CETA, les mouvements européens, suivi d'un concert : https://www.facebook.com/events/374850279564420/

Le 15 février : 

8h30 RDV devant le Parlement européen pour l'accueil des eurodéputé-e-s.

10h30 RDV place Kléber à partir de 10h30 pour une marche au Parlement européen avant le vote du CETA. 

12h Arrivée devant le Parlement européen. Vote des eurodéputé-e-s.

14h, nous nous rassemblerons au Molodoï pour une assemblée afin de discuter des suites de la mobilisation. 

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Publié le 7 Février 2017

Programme de la Semaine de la pensée marxiste 2017 à Strasbourg : « Révolution »

L'Union des Etudiants Communistes de Strasbourg a le plaisir de vous inviter à l'édition 2017 de la Semaine de la pensée marxiste, autour du thème de la « Révolution ».

Voici le programme :

Lundi 13 février à 18h, salle A08 du bâtiment Le Platane (Agora) : Projection du film Octobre (Sergueï Eisenstein, 1928) et débat autour des innovations politiques et artistiques du cinéma soviétique : https://www.facebook.com/events/244759982639806/

Mardi 14 février à 18h, Amphi A3 de l'Institut Le Bel : Conférence/débat sur le thème « La contre-révolution capitaliste après 1989 dans les pays de l'Est » avec Maurice CARREZ (professeur d'Histoire contemporaine à l'Institut d'Etudes Politiques de Strasbourg) : https://www.facebook.com/events/161476421019699/

 

L'entrée aux conférences et projections est bien évidemment libre !

 

Qu'est ce que la Semaine de la pensée marxiste ?

Alors que la recherche universitaire et les contenus de nos cours sont chaque jour de plus en plus soumis aux exigences des capitalistes, l'Union des Étudiants Communistes propose une alternative concrète : la Semaine de la pensée marxiste !

Organisée depuis 7 ans sur tous les campus de France, elle vise à faire avancer les connaissances et le débat sur un thème précis chaque année. Elle s'attache à donner la parole à ceux qui ne l'obtiennent jamais : les chercheurs marxistes et progressistes de toutes les disciplines.

Cette année la Semaine de la pensée marxiste portera sur le centenaire de la Révolution d'Octobre 1917 en Russie. L'année 2017 sera riche en commémorations et réflexions autour de l'actualité du projet révolutionnaire des communistes. Il y a tout juste un siècle, le refus de la misère et de la guerre faisait s’embraser toute la Russie, et l’action des plus conscients et utiles des révolutionnaires faisait déboucher cette colère populaire sur la première Révolution communiste de l’Histoire.

En cette année 2017, nous ne pouvions passer outre un événement qui marqua l’histoire mondiale de tout le XXe siècle, et donna une toute autre dimension au mouvement social et à l’émancipation des peuples à travers le monde. Cent ans plus tard si l’URSS s’est effondrée, les luttes et les révolutions ne sont pas mortes. Bien au contraire, les forces révolutionnaires sont plus que jamais en action dans la société : de l’informatique, en passant par les nouveaux modes de travail, les forces productives comme les rapports de production sont en perpétuel bouleversement. Et cent ans après 1917, il existe toujours des hommes et des femmes prêt.e.s à faire advenir une société nouvelle et plus juste : le communisme.

Cette Semaine est un moment essentiel de la vie universitaire du second semestre. Alors que la pensée libérale domine le milieu universitaire, c'est le moment où de nombreux professeurs et écoles de pensée ont enfin la parole et peuvent montrer, sur beaucoup de sujets, que d'autres réflexions et d'autres ambitions pour l'Université sont possibles et nécessaires.

Toutes les infos sur cette semaine au niveau national : www.semaine-pensee-marxiste.org

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