Enquête du CNOUS sur la restauration universitaire : l’insatisfaction des étudiants noir sur blanc !

Publié le 6 Janvier 2014

Les statistiques indiquent une nette dégradation de la qualité de la restauration universitaire !

 

Deux fois par an, le CNOUS (Centre national des œuvres universitaires et scolaires) organise une enquête en ligne pour permettre aux étudiants d’évaluer la restauration universitaire, principalement en ce qui concerne la fréquentation, l’accueil, les prestations, les plats et le cadre. Les résultats de l’enquête de décembre 2013 montrent clairement la montée de l’insatisfaction des étudiants sur les aspects clé de la restauration, au niveau national comme à Strasbourg.

Par rapport à 2012, au niveau national le nombre d’étudiants qui doivent renoncer à se rendre au Restaurant Universitaire à midi à cause des cours augmente, et également le nombre d’étudiants qui estiment disposer de moins d’une heure pour déjeuner en période de cours. En parallèle, le nombre d’étudiants qui fréquentent les RU tous les jours ou presque diminue. En ce qui concerne l’accueil, les résultats de l’enquête révèlent des baisses de satisfaction des étudiants pour les temps d’attente, les moyens de paiement des repas et pour les prix. Au niveau des prestations, les taux de satisfaction augmentent très légèrement pour la possibilité de choix offerte chaque jour, la variété des menus dans la semaine, la qualité gastronomique et la qualité diététique.

Au niveau des RU gérés par le CROUS de Strasbourg, les tendances soulignées au niveau national se confirment et souvent empirent. Le nombre d’étudiants qui doivent renoncer au RU à midi à cause des cours augmente sensiblement (+4,33%) et le nombre d’étudiants qui estiment disposer de moins d’une heure pour déjeuner en période de cours augmente également (+0,41%). Le nombre d’étudiants qui fréquentent les RU tous les jours ou presque diminue (-4,66%).
Au niveau de l’accueil, sur Strasbourg aussi se confirment : une baisse de la satisfaction sur les temps d’attente (-1,23%) ; une baisse de la satisfaction sur les moyens de paiement (-1,65%) ; une baisse drastique de la satisfaction sur les prix (-11,85% par rapport à 2012 et -8,46% par rapport à l’enquête nationale de 2013).
En ce qui concerne les prestations, l’augmentation de satisfaction remarquée au niveau national n’est pas confirmée sur Strasbourg, où deux cas de figure se dessinent. Dans deux cas, la baisse de satisfaction est sensible par rapport aux résultats régionaux de 2012 mais reste sur la moyenne nationale de 2013 : c’est le cas de la satisfaction pour la possibilité de choix offerte chaque jour (-10,07%) et de la satisfaction pour la qualité diététique (-4,76%). Dans les autres cas, la baisse de satisfaction est remarquable tant par rapport au résultats régionaux de 2012 tant par rapport au niveau national de 2013 : c’est le cas cette fois de la satisfaction pour la variété des menus dans la semaine (-5,56% par rapport à 2012 et -3,39% par rapport au national de 2013) et de la satisfaction pour la quantité (-9,81% par rapport à 2012 et -14,57% par rapport au national 2013).
En ce qui concerne le cadre, la satisfaction pour la propreté des locaux, pour le confort du mobilier, pour le nombre de places assises et pour l’environnement sonore, diminue légèrement. Une diminution sensible par rapport à 2012 se relève en ce qui concerne la satisfaction pour les équipements (micro-ondes, fontaines à eau, etc.) : -11,23%.
Quand l’enquête sur les RU de Strasbourg arrive finalement à la question décisive « D’une façon générale (accueil, menus et cadre confondus), vous êtes… », on ne s’étonne pas si de 2012 à 2013 la satisfaction étudiante baisse de 10,2% !

L’enquête nous permet aussi de faire un petit zoom sur le RU Esplanade, où l’insatisfaction étudiante concerne plus particulièrement les prix, les possibilités de choix, la quantité de nourriture, l’environnement sonore et le système de dépose des plateaux. La baisse de satisfaction n’épargne aucun plat spécifiquement pris en compte : ni les entrées (-2,78%), ni les plats principaux (-2,29%), ni les desserts (-4,23%).
On remarque aussi, par rapport à 2012, une baisse de la satisfaction générale (tous domaines confondus) pour ce RU : -6,28% en une seule année !

 

Le constat et les propositions de l’UEC Strasbourg

 

Face à ces statistiques, le premier constat est certainement la dégradation progressive de tous les aspects de la restauration universitaire au niveau national et strasbourgeois, dégradation dont les étudiants sont bien conscients et les résultats de l’enquête CNOUS le prouvent bien.
En prenant le cas de Strasbourg, les problèmes liés à la fréquentation des RU sont attribuables à la mauvaise organisation des cours, qui laisse parfois moins d’une heure à dédier au repas de midi. Ainsi, l’organisation des cours est incompatible avec les temps de la restauration et oblige souvent les étudiants à se rendre dans des cafétérias qui, même quand elles ne sont pas privées ou gérées par des corporations, proposent des « formules sandwich » plus rentables pour les gérants mais qui ne constituent pas un repas complet et équilibré. Une autre explication pour ces problèmes de fréquentation est certainement la localisation des RU et leur manque de possibilité d’accueil pour toute le monde (cf. insatisfaction sur les temps d’attente) ; le manque de RU de proximité reste un problème récurrent dans les sites annexes de l’Université de Strasbourg (à la Robertsau, à Schiltigheim, au Neudorf, à la Meinau, à Haguenau, etc.).
La baisse drastique dans la satisfaction pour les prix des RU enregistrée à Strasbourg est l’indice que les étudiants sont bien conscient que, quand cette été le CNOUS a décidé l’augmentation de 5 centimes des tarifs des RU, cela n’a pas correspondu à une amélioration suffisante de la qualité alimentaire ou des locaux des RU. Les étudiants sanctionnent ainsi une choix austéritaire dans la gestion d’un service public : le prix augmente mais le service ne s’améliore pas en conséquence ! Cela est confirmé aussi par les taux d’augmentation de satisfaction pour possibilité de choix, variété des menus, qualité gastronomique, qualité diététique, etc. : des hausses qui restent très légères et qui n’augmentent pas autant que revendiqué par les CROUS, qui depuis des années dépensent de l’argent en affiches et campagnes locales pour montrer que leur alimentation est saine et variée. S’il y a eu une légère amélioration, on est loin du compte. Face à ces hésitations dans l’amélioration du service, les étudiants doivent garder un esprit critique face aux augmentations des prix et s’opposer aux futures mesures austéritaires dans leurs RU !

Si nous sommes arrivés à une telle situation, la responsabilité est attribuable au désengagement de l’État du financement des services publics universitaires. La preuve de cela sont les 6,6 millions  d’€ en moins sur le budget 2014 du CNOUS : 6,6 millions qui manqueront pour les services des CROUS (logement, restauration, culture, etc.). Opposés à cette démarche austéritaire, les Étudiants Communistes demandent le réengagement de l’État vis-à-vis de ses responsabilités de financement des CROUS pour garantir des services universitaires de qualité et égales sur tout le territoire. Cette nouvelle démarche devrait s’accompagner, à Strasbourg, par un réengagement de la part du CROUS pour intégrer toutes les cafétérias et les RU conventionnés dans un service public global de restauration universitaire (mesure qui éviterait des nouveaux scandales pour une mauvaise gestion d’un RU, comme dans le cas du RU La Gallia). Par ailleurs, la construction de nouveaux RU doit être envisagée dans tous les sites annexes de l’Unistra et dans toutes les Cités-U qui encore manquent d’un pôle de restauration universitaire. De même, l’extension des horaires d’ouvertures des RU, et notamment les RU de Paul Appell ou encore Illkirch, qui ne sont pas ouverts le soir.
Enfin, nous exigeons le retour du ticket du RU à 2,50€ et le droit à une restauration universitaire de qualité comme pilier du statut social de l’étudiant !

Les Étudiants Communistes de Strasbourg relèvent également l’insuffisance et les limites de l’enquête du CNOUS : elle traite seulement certains aspects « internes » aux RU mais elle n’arrive pas à traiter les aspects plus globaux qui permettraient d’avoir une vision vraiment générale de ce que pensent les étudiants de la restauration universitaire. Pour une réelle démocratisation de la gestion des CROUS, ces enquêtes devraient demander aux étudiants s’ils sont d’accord avec les principes qui ont guidé la politique de restauration universitaire dans les derniers années ; par ailleurs, à la fin de l’enquête un espace large devrait être donné aux propositions des étudiants ; enfin, les résultats de l’enquête devraient être plus facilement accessibles (publiés sur les sites CNOUS, CROUS et dans les RU), ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

 

À Strasbourg, l’UEC propose donc un contre-sondage pour compléter l’enquête du CNOUS. Nous demandons aux étudiants :


- s’ils estiment qu’il y a un manque de RU de proximité et que les RU et cafétérias des sites annexes n’offrent pas toujours les mêmes services que celles du campus central
- s’ils estiment que la pleine intégration et gestion du RU La Gallia au CROUS permettrait une amélioration du service et une gestion non-opaque de ce RU
- s’ils estiment que les conditions de travail du personnel des RU sont dignes
- s’ils estiment que dans le cas du RU Pasteur, mieux vaut avoir une cafétéria « rentable » ou un RU comme les autres
- s’ils sont d’accord avec l’augmentation des tarifs du RU décidée nationalement et à laquelle ne correspond aucune augmentation des services offerts.

 

 


L’Union des Étudiants Communistes de Strasbourg

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