L'archéologie préventive ne doit pas être la victime de la casse des services publics !

Publié le 13 Janvier 2014

Depuis le 17 janvier 2001, à l’initiative de Michel Duffour, à l’époque secrétaire d’État au Patrimoine et à la décentralisation culturelle, la France est dotée d’une loi sur l’archéologie préventive, qui permet d’effectuer plus de 80% des découvertes archéologiques de notre pays. Cette loi mettait ainsi un terme à des décennies de destruction du patrimoine archéologique se traduisant par la disparition de milliers de sites. Elle mettait fin aussi à la précarité des contractuels de l’archéologie en créant l’Institut national de recherches archéologiques (INRAP), lequel emploie actuellement 2 000 personnes.

En 2003, le gouvernement Raffarin a gravement remis en cause cette loi. Son démantèlement a consisté à ouvrir un « marché » de l’archéologie préventive, en plafonnant autoritairement les effectifs de l’INRAP et en favorisant la création et le développement de firmes commerciales privées d’archéologie. Certaines de ces entreprises pratiquent activement le dumping social et scientifique, quelles que soient la compétence et la bonne volonté de leurs employés, pour la plupart des étudiants formés en archéologie, à qui les emplois publics sont de plus en plus fermés.

En juin 2012, la Ministre de la Culture avait promis de remettre à plat le dispositif. Mais le processus s’est peu à peu enlisé, et il a fallu la journée de grève et de mobilisation du 19 novembre dernier pour qu’il soit relancé. Il est temps que change cette situation profondément nocive pour notre patrimoine culturel et pour la recherche scientifique !

 

Pour la défense de l'archéologie préventive en tant que service public fondamental, pilier du développement culturel de l'humanité, l'Union des Étudiants Communistes exige :

- que ce ne soit plus aux aménageurs, comme aujourd’hui, mais aux services archéologiques du ministère de la Culture que revienne le choix de ceux qui réaliseront les fouilles sur un projet de construction
- que les services du ministère, dont le contrôle est essentiel, soient urgemment renforcés
- qu'un plan ambitieux de développement de l’emploi public soit mis en place : il devra inclure l’INRAP et les services archéologiques des collectivités territoriales, sans oublier les salariés du privé, les uns et les autres ne pouvant plus faire les frais de cette concurrence stupide et délétère, et également les étudiants en archéologie, auxquels doit garanti le plus possible un emploi dans le secteur public
- que soient finalement éliminées les bases du dumping social et scientifique qui provoque la mise en concurrence tant entre les étudiants qu'entre les salariés !

 

 

 

L'Union des Étudiants Communistes de Strasbourg.

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