Nouveaux crédits IdEX et campus européen : après la répression policière, le mépris de Hollande se renforce !

Publié le 31 Janvier 2014

Le jour après la visite de Hollande à Strasbourg, où nous avons manifesté contre les réductions budgétaires à l’Université de Strasbourg, et la répression policière disproportionnée que nous avons subie, la blague de la politique universitaire du gouvernement Hollande se poursuit. Une table ronde avec 12 étudiants, c’est bien beau, mais elle fait oublier la réalité de la situation et détache le président des véritables préoccupations étudiantes, celles qui ont été violemment réprimées devant le Palais Universitaire !

Hier soir nous nous sommes réjouis de la libération de nos camarades placés en garde à vue (voir notre article précédent : http://uecstrasbourg.over-blog.com/2014/01/libert%C3%A9-et-relaxe-pour-les-%C3%A9tudiants-en-garde-%C3%A0-vue.html). Mais nous comprenons aujourd’hui, d’après le bilan de la visite d’Hollande, que les raisons de notre colère sont plus que légitimes. Deux idées sortent de cette visite présidentielle : la prorogation des financements pour les IdEX (Initiatives d’Excellence) et la création d’un « campus européen » à Strasbourg.

Avec les crédits IdEX, le gouvernement continue à concentrer ses financements sur des projets d’excellence jugés « rentables », face à toutes les autres composantes qui subissent l’austérité budgétaire de plein fouet. Nous rappelons encore une fois que le budget de tous les UFR de l’UdS baisse de 20% !

En ce qui concerne l’idée du « campus européen », nous craignons qu’il se constitue en prolongement naturel du projet de l’Eurométropole Strasbourg, si cher à Roland Ries, sénateur-maire de Strasbourg, et à la municipalité socialiste strasbourgeoise. Si en principe l’ouverture européenne et internationale sont des éléments positifs dans la démarche de l’UdS, nous posons dès maintenant des questions aux promoteurs de cette idée : quelle place pour la démocratie étudiante européenne ? Quels financements pour les UFR qui n’auront pas un taux d’ouverture à l’international jugé « satisfaisant » ? Qui décidera du projet et qui se chargera du pilotage pour ce campus européen ? Ce seront les mêmes qui cachent les baisses des dotations et qui font voter des budgets mensongers !
Nous avons de bonnes raisons pour suspecter dès maintenant que ce campus européen sera uniquement une nouvelle vitrine pour la politique de marketing universitaire de Alain Beretz, soutenue par Roland Ries et sa clique présente lors de la visite du président ! Ce campus européen n’améliorera guère les conditions de financement de tous les UFR et encore moins nos conditions d’études !

Nous déplorons d’ailleurs qu’aucun mot n’a été adressé par Alain Beretz à François Hollande sur les baisses de dotations étatiques qui indignent étudiants et personnels de l’UdS : quelle preuve de courage, monsieur Beretz !

Face au silence des institutions de l’UdS, nous continuerons à lutter pour une université populaire et démocratique : une université où tous les UFR soient financés à la hauteur de leurs besoins, une université où l’excellence dans la recherche ne cache pas le drame des facs sous-financées, une université où les étudiants puissent avoir un pouvoir de blocage et de décision sur tout acte qui marque la route de la destruction du service publique de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.
 
Les étudiants ont le droit et le devoir de résister à la politique de désengagement de l’État, qui casse l’université publique et les CROUS :
- s’il y a des crédits disponibles, qu’ils soient destinés à l’ensemble des UFR avant toute initiative d’excellence !
- s’il y a des crédits disponibles, qu’ils soient donnés aux CROUS pour garantir les droits fondamentaux au logement, à la restauration et aux aides sociales pour les étudiants !

Les étudiants de Strasbourg ont montré qu’ils sont prêts à ne pas concéder un seul pouce de terrain sur ces questions. Nous n’avons pas reculé : nos camarades arrêtés hier en sont le symbole et doivent être un exemple pour tout étudiant qui ne quittera jamais la première ligne quand il faudra défendre l’université publique !

 

N’oublions pas ce 30 janvier ! Ce n’est qu’un début, continuons la lutte !

 

 


L’Union des Étudiants Communistes de Strasbourg

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