Bloquer le Conseil d’administration de l’Université de Strasbourg : seule solution face à un budget inacceptable !

Publié le 15 Décembre 2014

Nos raisons pour dire NON au budget 2015 de l’Université de Strasbourg

 

Le Conseil d’administration de l’Université de Strasbourg s’apprête à voter le budget pour l’année 2015. Nous estimons dès maintenant que ce budget est inacceptable : non seulement il n’apporte aucune réponse aux restrictions financières intervenues précédemment dans notre université, mais aussi ce budget présente un équilibre trop précaire, qui se transformerait facilement en déficit si une nouvelle baisse des dotations ministérielles devait intervenir. Voilà quelques observations :

Le budget 2015 de l’UdS ressemble pour la plupart au budget rectifié 2014 : la réduction des budgets aux composantes et aux unités de recherche est reconduite pour 2015. Aucune solution est donc envisagée face à la baisse de 3,8 millions d’euros qui en janvier a entrainé la réduction de 20% du budget de fonctionnement de toutes les composantes. Même pour les services centraux la dotation est reconduite à la hauteur du budget corrigé 2014.
Concernant le plan emploi, nous constatons avec préoccupation que l’administration de l’université continue dans sa politique de gel de postes : après les 85 postes d’enseignants-chercheurs, enseignants et BIATSS qui n’ont pas été renouvelés les années précédentes, pour 2015 c’est au total 34 postes qui seront gelés. La dégradation de la qualité des services pédagogiques et administratifs de l’université est évidente, et ses effets sur la vie étudiante sont malheureusement déjà connus.
Pour les crédits à la recherche, là aussi c’est l’austérité qui s’impose : les ouvertures des crédits en fonctionnement sont en diminution de 0,57 millions d’euros et celles en investissement de 1,55 millions d’euros. L’université est contrainte de réduire les projets d’investissement financés sur ressources propres au profit de ceux financés dans le cadre de programmes publics (Opération Campus, IdEX, CPER, etc.), programmes qui ne garantissent pas un financement équitable de tous les projets ni de toutes les composantes de l’université.
L’augmentation des crédits pour la politique immobilière (maintenance, nettoyage, énergies) arrive seulement en compensation de la baisse drastique que celle-ci avait subi dans le budget 2014 : c’est donc une augmentation qui la reporte au niveau d’avant 2014 ; mais ce niveau était déjà insuffisant pour garantir un entretien satisfaisant de nos bâtiments.
Si dans l’absolu les ressources propres de l’Université augmentent, cela est du à l’augmentation nationale des frais d’inscription : peut-on se réjouir de cela si le maintien d’un niveau minimal de ressources propres est du en large partie à l’augmentation des frais, et donc repose sur le dos des étudiants ?
L’excédent de fonctionnement qui se dégage d’une analyse des dépenses et des recettes est de seulement 45.323 euros, qui sont largement insuffisants pour garantir une quelconque marge de manœuvre à l’université pendant l’exercice financier : cela entraine l’impossibilité de renforcer le fonds de roulement avec lequel l’université finance des projets d’infrastructures pédagogiques et informatiques.

Si le budget reste en équilibre pour 2015, la route tracée pour l’Université de Strasbourg est celle du déficit, et c’est l’administration elle-même qui l’admet dans la « Note de présentation du Budget Primitif 2015 » : le risque de déficit s’accroit en raison de l’augmentation plus rapide des charges obligatoires (fluides, contrats de maintenance, GVT, etc.) par rapport aux recettes. Pour ces charges, la mise en place d’un dispositif de maîtrise à court terme est quasiment impossible. Le budget est en équilibre précaire : une modification dans les crédits dévolus à l’Université contraindrait l’établissement à prendre dans un second temps des décisions budgétaires délicates. Donc des nouvelles coupes pour garder la santé financière de l’université !

 

Mardi 16 décembre. Une seule solution : le blocage du CA !

 

Pour ces raisons, le vote de mardi 16 décembre au CA de l’UdS représente une étape cruciale avec laquelle notre communauté universitaire peut dire NON à l’austérité. Malgré les prises de positions du président Beretz et d’autres membres des conseils centraux, nous ne pouvons pas faire confiance aux personnes qui ont été les meilleurs élèves du gouvernement lorsqu’il a fallu mettre en place les dispositifs de destruction de l’ESR, notamment les lois LRU et Fioraso. Ce ne sera pas le réveil tardif des serviteurs du capital qui sauvera l’université !
La mobilisation qui a monté à l’UdS depuis le mois de novembre, et qui a vu sa meilleure expression pendant la Journée nationale de mobilisation du 11 décembre, représente le seul espoir de création d’un rapport de force face aux politiques gouvernementales. Nous saluons la décision annoncée en AG par les élus RDC, UNEF et AFGES de voter contre ce budget. Cependant, nous croyons que ce n’est pas avec les mathématiques qu’on créera ce rapport de force : le risque que les votes « contre » ne soient pas majoritaires lors du CA est trop élevé, en sachant aussi le pouvoir de chantage que Beretz et capable de mobiliser auprès de « ses » élus.

Le signal fort qui doit arriver au gouvernement n’est pas celui de quelques administrateurs qui se réveillent à la dernière minute et reportent l’adoption du budget. Le signal que nous voulons donner est celui d’une communauté universitaire entière qui se mobilise et qui bloque le vote du CA comme seule réponse à un budget inacceptable. Que les élus du CA qui souhaitent voter contre ce budget refusent de participer à la séance, qu’ils votent en AG pour le blocage et qu’ils accompagnent les étudiants et les personnels lors de l’intervention au CA !

 

Soyons nombreux lors de la mobilisation de mardi 16 décembre :
 

12h Assemblée générale unitaire (amphi 5 Institut Le Bel) : https://www.facebook.com/events/1524891084452265/

14h Intervention au Conseil d’administration (Fac de Droit)

 

 

L’Union des Étudiants Communistes de Strasbourg

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