De l’Assemblée Générale Publique du 9 novembre à une réelle mobilisation étudiante contre le budget 2016

Publié le 13 Novembre 2015

De l’Assemblée Générale Publique du 9 novembre à une réelle mobilisation étudiante contre le budget 2016

Le lundi 9 novembre quelques 70 étudiants ont rejoint l’appel de l’AFGES pour participer à une Assemblée Générale Publique pour faire un point sur la situation budgétaire actuelle, en France et à Strasbourg, et débattre sur les conséquences de la sous-dotation aux universités. Amphis surchargés, bâtiments délabrés, formations supprimées, APL diminuées : année après année le budget de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche est de plus en plus sous-doté, alors que le nombre d'étudiants en France augmente. Tel a été le constat de l’AFGES sur les effets de plusieurs années d’austérité à la fac.

L’UEC Strasbourg a participé à l’AG et à plusieurs reprises ses membres sont intervenus pour dénoncer les politiques gouvernementales qui ont plongé l’ESR sur le bord de la faillite, notamment les lois LRU de 2007 et Fioraso de 2013. Concernant la mobilisation qui semble avoir commencé avec cette AG, nous avons salué l’initiative de l’AFGES de proposer aux étudiants de se réunir pour débattre de ce qui les concerne au quotidien, de ce qui précarise leurs conditions de vie et d’étude. Pourtant, malgré le fait que depuis quelques mois l’AFGES entreprenne ouvertement une démarche syndicale et montre une bonne volonté de mobiliser sur les questions budgétaires (leur présence massive à la manifestation de Paris du 16 octobre lancée par Sciences en Marche en est un exemple), nous n’oublions pas leurs réticences et les positions qu’ils ont tenu durant les mobilisations étudiantes des dernières années. Si nous les avons rejoint ce lundi, c’est précisément dans la volonté commune d’associer le plus grand nombre d’étudiants à la lutte contre les coupes budgétaires, et nous appelons les autres organisations étudiantes à rejoindre notre combat pour qu’il soit encore plus efficace. Mais nous le disons haut et fort : nous voulons gagner le combat sur les budgets ! Et notre travail est celui de créer les conditions pour rendre possible cette victoie étudiante. Un travail qui doit faire un bond qualitiatif et proposer à notre milieu de rentrer dans l’action offensive.

Comme nous l’avons affirmé en AG, les actions symboliques peuvent avoir un rôle à jouer certes, mais une AG qui ne donne pas des perspectives immédiates de mobilisation ne changera en rien le rapport de force qu’il est de notre devoir de construire. Rapport de force contre le gouvernement et les directions universitaires complices qui est, à l’heure actuelle, en notre défaveur. Il est donc impératif que les forces étudiantes qui veulent construire une réelle opposition à la destruction de l’ESR lancent ensemble des pistes d’action immédiates, pour reprendre la rue, bloquer les budgets en baisse partout où ils seront présentés.

Dans le monde entier les étudiants sont en mobilisation contre la dérive néolibérale des universités, contre l’austérité et la précarité imposée à la jeunesse, contre la casse des services publics dont l’ESR est un des piliers. Au Québec, au Chili, en Afrique du Sud, en Côte d’Ivoire, aux Pays-Bas, en Espagne… c’est des milliers d’étudiants qui ont participé aux mouvements anti-austéritaires et qui ont arraché les premières victoires face aux gouvernements de la classe capitaliste. Leur exemple doit être suivi si en France aussi nous voulons gagner, si nous voulons imposer un changement de cap dans la politique vis-à-vis des universités et de la jeunesse. Et leur exemple est précisément celui d’une mobilisation radicale et d’ampleur, lancée par les organisations étudiantes dans l’unité et cherchant à mettre en échec les gouvernements dès le début par le biais d’actions tant symboliques qu’offensives, par la grève étudiante, par des référendums universitaires, par le blocage des campus, par la signature massive de pétitions, par l’occupation des universités, par des manifestations régulières tant locales que nationales. Nous ne pouvons pas exclure la réflexion sur ces modes d’action si nous avons la réelle volonté de bloquer la casse de l’ESR et donner à tous les étudiants l’espoir qu’une victoire est possible et que leur engagement sera le seul facteur qui fera basculer le rapport de forces.

 

Focus sur le budget 2016 de l’Université de Strasbourg

L’UEC Strasbourg a décrypté le budget de l’UdS pour l’année 2016, un budget qui porte quelques maigres avancées mais qui ne propose aucune solution de long terme contre la dégradation structurelle de notre établissement et qui ne revient pas sur les coupes qui l’ont affecté depuis des trop nombreuses années.

Le budget 2016 stabilise par rapport à celui de 2015 quelques domaines, notamment il prévoit finalement la rénovation de certains amphithéâtres (à savoir que en 2015 seulement 82,12% des places en amphi était utilisé, le reste étant indisponible pour les usagers à cause du manque de fonds pour la rénovation). Si l'UdS bénéficie d'une maigre augmentation des ressources c'est parce que le gouvernement a décidé de favoriser Strasbourg en coupant plus drastiquement le budget d'autres universités, pour donner quelques miettes à notre établissement. Les dotations ministérielles augmentent de 0,6 % pour Strasbourg, mais nationalement le budget pour l’ESR prévu dans le Projet de loi finances 2016 envisage une baisse de 641 millions pour les universités françaises ! Le réinvestissement budgétaire à la hauteur des besoins des universités n’est certainement pas la priorité du gouvernement, le PLF 2016 le montre une fois de plus. Cette politique pénalise certains territoires, augmente la concurrence néfaste entre les universités et révèle le manque d'engagement du gouvernement pour la réussite des étudiants.

Une autre source des recettes supplémentaires de l'UdS pour 2016 provient de l'augmentation du nombre d'étudiants inscrits, et donc des frais d’inscription qu'ils payent. Cependant, l’augmentation des ressources due aux frais d'inscription ne fait que mettre la santé financière de l’université sur le dos des étudiants et de leurs familles. Par ailleurs, il est impossible de prévoir si sur le moyen terme une augmentation du nombre d’inscrits aura lieu chaque année : le financement de l’université sur la base du payement des frais d’inscriptions n’a rien d’une solution de long terme contre la sous-dotation structurelle que subit notre établissement.

Enfin, c’est le changement de système de la carte multi-services Pass Campus de Monéo à Izly qui a fait baisser certaines dépenses de l’UdS, mais au prix de faire entrer les banques dans nos universités, menacer nos libertés publiques et externaliser un nombre de plus en plus important de services universitaires (voir le décryptage du système Izly que nous avions publié en avril : http://uecstrasbourg.over-blog.com/2015/04/de-moneo-a-izly-d-une-banque-a-d-autres-l-universite-et-le-crous-de-strasbourg-ensemble-pour-arnaquer-les-etudiants.html).

La répartition de cette augmentation très faible des ressources est ambivalente. Si d'un côté les crédits pour le Soutien pour la Formation, pour le Soutien à la Recherche et à la Valorisation et pour la Politique immobilière augmentent, cela arrive bien trop tard après des années de baisses drastiques dans ces domaines. Aussi, les crédits pour la Politique documentaire baissent et ceux pour la Vie étudiante stagnent, et cela depuis bien longtemps.

Des gels de postes d'enseignants-chercheurs et personnels ne sont pas prévus par le budget 2016 dans l'état actuel, mais nous rappelons les dizaines de gels de postes qui ont été décidés par la Direction de l'UdS au cours des dernières années et sur lesquels il n'est pas question de revenir dans ce nouveau budget. Ces gels de postes ont produit des effets néfastes pour la réussite étudiante et les conditions du travail du personnel, notamment des surcharges de travail, de baisses dans l'offre pédagogique et des services administratifs.

Au total les dépenses augmentent de 1% alors que les recettes augmentent de 2%, ce qui est largement insuffisant pour garantir une quelconque marge de manœuvre à l’université pendant l’exercice financier : cela entraînera encore une fois l’impossibilité de renforcer le fonds de roulement avec lequel l’université finance des projets d’infrastructures pédagogiques et informatiques.

Si le budget reste en équilibre pour 2016, la route tracée pour l’UdS dans le contexte plus général des politiques nationales d'austérité est celle du déficit, et une modification dans les crédits dévolus à l’université la contraindrait à prendre dans un second temps des décisions budgétaires délicates. Le budget de 2016 ne met donc pas notre université à l'abri de nouvelles coupes pour garder sa santé financière !

L'Union des Étudiants Communistes de Strasbourg

 

 

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