Sélection à l'université : la légalisation de la loi du plus fort !

Publié le 15 Avril 2016

Sélection à l'université : la légalisation de la loi du plus fort !

Ces dernières années, plusieurs procès concernant la sélection à l'Université ont été médiatisés. Des étudiants ayant validé leur M1 se voyaient refuser l'accès au M2 de leur choix pour des motifs douteux (manque de place, résultats insuffisants malgré les semestres validés...). Cette sélection informelle a presque toujours été jugée illégale par les tribunaux, les étudiants obtenant presque systématiquement gain de cause. Néanmoins, tous ne portaient pas plainte, et beaucoup d'entre eux se retrouvaient désarmés, un demi Master en poche, sans perspectives de poursuite d'études.

 

Cette sélection au beau milieu du Master est une spécificité française, qui vient de la structure de notre système universitaire avant l'application du processus de Bologne, débutée en 2003 et qui a remplacé l'ancien système par l'actuel schéma Licence-Master-Doctorat (LMD). Auparavant, il y avait le DEUG (bac+2) puis la maîtrise (bac+4), et une sélection s'opérait pour entrer en DESS/DEA (bac+5). La sélection entre le M1 et le M2 est un reste de la sélection qui avait lieu entre la maîtrise et le DESS/DEA.

 

Néanmoins, cette sélection est aujourd'hui problématique : un bac +4 n'est absolument plus reconnu dans le monde du travail, et cette sélection illégale laissait donc un certain nombre d'étudiants sur le carreau. Face à cette situation, le gouvernement a décidé de réagir. Mais comme toujours, il a pris le problème à l'envers et propose simplement de légaliser cette sélection pour un nombre « restreint » de M2.

 

La liste de ces Masters sélectifs a été établie : le moins que l'on puisse dire est qu'elle est loin d'être restreinte ! À Strasbourg, la quasi-totalité des disciplines enseignées sont concernées par la sélection. Il est par ailleurs intéressant de noter que la FAGE (et donc l'AFGES), embourbée dans sa vision libérale de l'Université, soutient cette décision car elle favoriserait une meilleure orientation des étudiants.

 

Mais cette décision n'est qu'un pas de plus vers l'instauration de la loi du marché à l'Université ! En effet, cette sélection va creuser les inégalités déjà criantes envers les étudiants. Par exemple, si pour entrer en M2 de droit public il ne suffit plus de valider son M1, mais qu'il faut aussi avoir au minimum 12 de moyenne sur l'année, un étudiant issu de famille bourgeoise et un étudiant obligé de travailler 20 heures par semaines pour survivre auront-ils les mêmes chances réussite ? Dans un monde déjà ultra-compétitif, on cherche à généraliser l'affrontement plutôt que la coopération au sein de l'Université française. Cette sélection supplémentaire n'a aucun sens et ne servira qu'à rendre l'Université encore plus élitiste et antidémocratique qu'elle ne l'est déjà !

 

Face à ces réformes qui démantèlent peu à peu notre système universitaire, l'Union des Etudiants Communistes de Strasbourg réclame des mesures pour des universités populaires et démocratiques : la validation du M1 doit rester la seule condition pour entrer en M2 ! En parallèle, il faut instaurer un salaire étudiant pour permettre à tous d'étudier dans les mêmes conditions matérielles.

 

L'Union des étudiants communistes de Strasbourg

Rédigé par Union des étudiants communistes de Strasbourg

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