Le Dalaï-Lama à Strasbourg : NON à l'obscurantisme dans nos universités !

Publié le 14 Septembre 2016

Le Dalaï-Lama à Strasbourg : NON à l'obscurantisme dans nos universités !

Cette semaine le Dalaï-Lama, guide spirituel de la religion bouddhiste et prétendu chef de l’État tibétain en exil, est à Strasbourg. Le vendredi 16 septembre, il participera à une journée d'étude au sein de l'Université de Strasbourg sur le thème de « Corps, esprit, sciences ».

Dans les médias dominants, le Dalaï-Lama Tenzin Gyatso est présenté comme une figure honorable et respectable. Outre son rôle de guide spirituel, il est glorifié pour sa résistance face à une prétendue occupation du Tibet par la Chine. En réalité, l'engouement autour du Dalaï-Lama repose sur de l'anti-communisme primaire et sur un discours idéologique qui fait les intérêts des puissances impérialistes : les faits sont très différents de ce que l'on entend tous les jours à son sujet.

 

Le Tibet avant 1959 : une théocratie féodale ultra violente

Les partisans d'un Tibet « libre » dénoncent souvent le fait que cette région appartienne à l’État chinois. A les entendre, le Tibet aurait été, avant l'expulsion du Dalaï-lama, une sorte de paradis terrestre, empreint de spiritualité, où il aurait fait bon vivre. La réalité est toute autre. En effet, la société tibétaine a toujours été extrêmement hiérarchisée, et seuls les puissants (le roi et le haut clergé) pouvaient posséder des terres. Ainsi, l'écrasante majorité de la population était forcée d'aller travailler des terres qui ne lui appartenaient pas, et le fruit de leur travail était volé par le régime tibétain. En outre, une partie des paysans étaient la propriété directe des seigneurs, et leur descendance appartenait également au seigneur propriétaire de la terre au titre d'esclaves.

Par ailleurs, on se demande où étaient passées la bonté et l'ouverture d'esprit envers le peuple tibétain des précédents Dalaï-Lama, qui étaient au pouvoir avant 1959 : seuls 2% de la population tibétaine étaient alphabétisés ! Le but était de maintenir une main d’œuvre servile, incapable de s'organiser et donc de se révolter contre un ordre social profondément injuste.

Les dirigeants tibétains actuels sont toujours aussi réactionnaires. Récemment, le Dalai-Lama déclarait : « L'Europe, l'Allemagne en particulier, ne peut pas devenir un pays arabe, l'Allemagne est l'Allemagne ». Ses propos violents sur les réfugiés, applaudis entre autres par Florian Philippot et Marine Le Pen, montrent que pour le Dalaï-Lama les vies humaines ne sont pas importantes : les réfugiés ne sont, comme les tibétains, que du bétail dont il se sert à des fins politiques. Encore, nous ne pouvons pas oublier les propos sexistes tenus par le Dalaï-Lama : dans une interview à la BCC, il aurait affirmé que « les femmes, biologiquement, ont plus d'aptitudes à montrer de l'affection et de la compassion ». Et en parlant de son successeur, il aurait déclaré : « Si c’est une femme, elle devra avoir un visage très très séduisant. Sinon elle serait inutile ». Des propos qui reflètent bien quel genre d'ordre social le Dalaï-Lama souhaiterait réimposer au Tibet.

 

Le Tibet, région chinoise depuis toujours

Face à ceux qui présentent le Tibet comme une région qui aurait été annexée violemment par la Chine, il faut rappeler que le Tibet n'a, en réalité, jamais été indépendant ! C'est une province chinoise depuis plusieurs siècles. Ce que le Dalaï-Lama présente comme une annexion, c'est en fait le soulèvement du clergé en 1959 lorsque la République Populaire de Chine a aboli le servage et a instauré une politique socialiste au Tibet ! Affolés de perdre l'armée d'esclaves qui travaillaient pour eux, les responsables de l'ancien régime tibétain ont trouvé un appui auprès de puissances occidentales toujours disposées à lutter contre le mouvement communiste international.

La prétendue lutte pour l'indépendance du Tibet, le soutien à son gouvernement en exil, n'ont été que des pions dans la stratégie des États impérialistes pour « contenir » l'élan de la Chine communiste. L'implication de la CIA dans la guérilla anti-communiste au Tibet (soutien financier, logistique et d'armement) est avérée depuis des nombreuses années. Ni les États-Unis ni la hiérarchie tibétaine en exil ne perdent pas leur temps à le démentir. Le Dalaï-Lama lui-même a écrit dans ses mémoires (Au loin la liberté, 1990) que c'était son frère aîné qui s'occupait des relations avec la CIA. Les documents du US Foreign Office dévoilés par John Kenneth Knaus dans son ouvrage (Orphans of the Cold War, America and the Tibetan Struggle for Survival, 1999) indiquent que le Dalaï-Lama recevait personnellement une dotation de 180.000 dollars par année dès 1959, tandis que la communauté en exil en recevait 1.700.000 pour financer son travail de lobbying international. Lorsque la « diplomatie du ping pong » préconise des relations internationales moins tendues entre la Chine et les Etats-Unis (1971-1972), les financements de la CIA à la guérilla tibétaine chutent drastiquement. Cela provoquera une vague massive de suicides dans les rangs tibétains : menant une guérilla sans aucun appui populaire dans la région, la chute des financements américains signifie une remise en cause majeure de l'espoir de s'accaparer à nouveau le Tibet pour rétablir le régime féodal et ses anciens privilèges. Enfin, sous la présidence Reagan, les États-Unis décident de transférer une partie des financements des actions armées des tibétains vers une nouvelle instance, la NED (National Endowment for Democracy, Fondation nationale pour la démocratie). Celle-ci devient une véritable officine du gouvernement américain chargée de promouvoir ses intérêts dans diverses régions du monde, et sert à financer nombre d'associations qui soutiennent le Dalaï-Lama. Le soutien des Etats-Unis à la hiérarchie tibétaine n'a pas faibli, il s'est juste adapté aux enjeux géopolitiques : le financement d'actions armés a été pour la plupart remplacé par le financement de campagnes idéologiques de propagande pour un prétendu Tibet libre et démocratique.

Les faits sont là. Depuis l'abolition du servage, le Tibet se porte mieux : plus de 80% de la population est désormais alphabétisée, l'agriculture a été modernisée et les terres n'appartiennent plus au clergé. Le fait que la République Populaire de Chine soit pleine de failles, qu'elle fait usage de répression politique et qu'elle soit loin d'un paradis sur terre, ne justifie en aucune manière l’intérêt de soutenir le Dalai-Lama et sa vision rétrograde de la société, et ainsi soutenir la vision impérialiste de reconfiguration de la carte asiatique pour recommencer à en exploiter les peuples.

 

Pour toutes ces raisons, l'Union des Étudiants Communistes de Strasbourg condamne avec la plus grande fermeté la présence d'un gourou esclavagiste sur le campus de l'Université. Nous remarquons également qu'à la journée d'étude avec le Dalaï-Lama sera présent Michel Deneken, prêtre catholique et professeur de théologie, qui s’apprête à occuper le poste de Président de l'Unistra. Nous sommes profondément inquiétés par l'avenir qui se prospecte à l'Unistra : pour combien de temps nous pourrons encore parler de liberté de la recherche suite à la mainmise des religieux sur nos lieux d'études ? Contre tous les obscurantismes, nous affirmons que l'université doit être un lieu de dialogue et de production de savoirs, pas une tribune pour la promotion d'idées rétrogrades et moyenâgeuses !

 

Union des Étudiants Communistes de Strasbourg

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