ParcourSup : que la compétition commence !

Publié le 15 Janvier 2018

ParcourSup : que la compétition commence !

On en sait un peu plus sur la réforme concernant l’admission post-bac et cela ne suppose rien de bon pour la jeunesse prolétarienne. Rien de bien nouveau : comment un gouvernement regroupant la bourgeoisie industrielle et financière pourrait-il améliorer la justice sociale ?

 

La réforme prévoit de supprimer l’algorithme Admission Post-Bac (APB) en faveur d’une nouvelle plateforme, ParcourSup : le logiciel APB serait devenu obsolète et inefficace, aboutissant de plus en plus à un tirage au sort afin de sélectionner les élèves entrant à l’université. Cependant, il ne s’agit là que d’un logiciel répondant à un programme, le manque de place sur les bancs des facultés n’est dû qu’à la réduction du budget alloué à l’éducation, s’opérant depuis des années alors que le nombre d’élèves augmente continuellement. A Strasbourg, le nombre d’enseignants est passé de 1.906 à 1.795 entre 2010 et 2016, alors que le nombre d’étudiants dépasse aujourd’hui les 50.000.

 

La sélection à l’entrée de l’enseignement supérieur est l’horizon qu’apporte cette nouvelle attaque de la classe dirigeante. En effet, chaque élève se verra dorénavant demander de postuler à 10 formations maximum (non-hiérarchisées), chaque vœux sera examiné selon plusieurs critères constitués des relevés de notes de l’élève, de l’appréciation du conseil de classe, de l’avis du chef d’établissement et celui de deux professeurs principaux, ainsi que du positionnement de l’élève dans la classe. Ainsi, là où jadis le baccalauréat constituait le ticket d’entrée à l’université, celui-ci perd à présent toute son utilité, en atteignant l’apogée de son galvaudage en marche depuis des années par l’appauvrissement de l’apprentissage. Faîtes maintenant place à la concurrence entre les élèves : celui qui sera le plus haut classé, obtiendra la meilleure faculté. Encore faut-il que cet élève soit dans un lycée réputé, sinon son diplôme et son bulletin n’auront aucune valeur puisque la réforme du bac prévoit, elle, de mettre en place un contrôle continu constituant la majorité de l’évaluation de l’élève quant à son obtention dudit diplôme. Alors le bac n’aura plus qu’une valeur relative définie par l’établissement dont le bachelier est originaire. Cette discrimination face à l’accès aux études est justifiée par une méritocratie imaginaire tant vantée par la morale bourgeoise, tandis qu’en réalité tout enfant issu des catégories les plus exploitées du prolétariat pourra témoigner qu’il ne manque pas de volonté quand il s’occupe de ses frères et sœurs au lieu de réviser, ou lorsqu’il aide à entretenir le foyer lorsque ses parents sont occupés à trimer pour engraisser la bourgeoisie.

 

Il est plus que temps de définir ce que doit être une École au service du prolétariat. Pour sûr qu’il ne s’agit pas d’une École répondant à la logique et aux désirs du marché du travail, contrairement au modèle existant qui offre comme unique horizon aux enfants des prolétaires un travail aliéné et qui met les diplômes aux enchères par une idée désuète affirmant qu’un accès limité aux études valorisera les diplômés sortants. En quoi l’accès universel à la culture et au savoir appauvrit-il leur qualité ? Il n’en est rien cependant : une éducation offerte à tous les citoyens permettrait la réémergence d’un sentiment de classe au sein du prolétariat, ce qui constituerait une grande menace pour la bourgeoisie. C’est pour cela que cette bourgeoisie se donne tant de mal à briser ce sentiment d’appartenance de classe par un enseignement propagandiste, soumis à la pensée unique utilitariste et néolibérale, s’appuyant sur le mythe que l’humanité ne forme qu’un bloc uni par l’égalité des droits et que l’égalité des chances suffirait à garantir l’égalité matérielle.

 

Aujourd’hui l’École ne sert que les intérêts de la bourgeoisie et elle pervertie la connaissance : celle-ci n’a plus comme but la compréhension du monde, et donc la possibilité d’agir sur lui, mais ne vise qu’à l’obtention d’un diplôme nous valorisant plus ou moins (selon sa rareté) sur un marché répondant à la loi de l’offre et de la demande, le marché du travail. Ainsi, l’École ne vise qu’à salarier l’enfant de prolétaire à son tour, le préparant à devenir un esclave du 21ème siècle. Un savoir nous amenant à l’aliénation ne peut être qu’un savoir lui-même aliéné. Il faut en finir.

 

Aucune réforme de la bourgeoisie ne pourra mettre en place cette École d’émancipation. Il faut que la classe prolétaire brise les chaînes de l’exploitation, renversant le système capitaliste et construisant le socialisme. Alors seulement l’éducation pourra être universelle et gratuite, et formera des personnes conscientes, critiques, révolutionnaires.

 

Mouvement Jeunes Communistes du Bas-Rhin

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article