Vœux du 1er mai 2018 des Jeunes Communistes du Bas-Rhin

Publié le 1 Mai 2018

Vœux du 1er mai 2018 des Jeunes Communistes du Bas-Rhin
Vœux du 1er mai 2018 des Jeunes Communistes du Bas-Rhin
Vœux du 1er mai 2018 des Jeunes Communistes du Bas-Rhin
Vœux du 1er mai 2018 des Jeunes Communistes du Bas-Rhin
Vœux du 1er mai 2018 des Jeunes Communistes du Bas-Rhin

Discours de Lola ROMIEUX, secrétaire fédérale du MJCF 67, à l'occasion de la Journée internationale des travailleurs 2018 : 

 

Camarades,

Il y a un an, jour pour jour, nous étions rassemblés ici en pleine période d’entre-deux-tours des élections présidentielles. La perspective d’un choix entre Macron et Le Pen nous a divisés. Nous nous sommes accusés et culpabilisés pour nous convaincre de mettre un bulletin dans l'urne ou de nous abstenir, de choisir ou d'éliminer, de voter pour l'un ou l'autre candidat. La Jeunesse Communiste du Bas-Rhin affirmait à l’époque « Ni Macron Ni Le Pen », nous disions que voter ou s’abstenir ne suffisait pas, que la lutte était la seule perspective viable. Nous refusions ainsi l’imposture du « Front républicain ». Nous refusions de jouer les idiots utiles d’un antifascisme peureux et petit-bourgeois, qui voulait nous convaincre que le libéralisme sauvage était préférable au fascisme. Le vote Macron n’a jamais été un vote antifasciste, parce que la lutte contre le fascisme est inséparable de la lutte contre le capitalisme. La bourgeoisie a en effet de plus en plus besoin de la fascisation de la société pour imposer le recul social et maintenir l’ordre de la misère. Le fascisme, quant à lui, n’est rien d’autre qu’un libéralisme qui assume la violence d’Etat pour assurer la survie du capital national. Le lit du fascisme s’est fait sur les politiques autoritaires et antisociales menées par les gouvernements successifs depuis 25 ans. Le lit du fascisme a été creusé par ceux qui ont instauré l’état d’urgence permanent et la déchéance de nationalité, par ceux qui ont toléré les manifestations de flics armés et cagoulés, par ceux qui ont fait condamner à des peines absurdes des militants syndicaux et politiques pendant le mouvement contre la loi El Khomri. Au vue de cela, il n’y avait tout simplement pas de choix à faire entre Macron et Le Pen, entre la bourgeoisie et la bourgeoisie : il ne restait qu’à se préparer à la lutte et nous l’avons fait !

 

La première année de présidence Macron a confirmé notre analyse et balayé dans les poubelles de l’histoire tous les discours opportunistes sur le vote tactique anti-FN. Depuis son arrivée au pouvoir, la clique de Macron se confirme non seulement comme la représentante la plus décomplexée de la bourgeoisie, mais aussi comme la continuatrice de la fascisation de la société. Alors qu’on voulait nous convaincre de faire barrage à l’extrême-droite au deuxième tour, Macron applique désormais le programme du FN : la loi scélérate Asile et Immigration est l’exemple même du durcissement du racisme d’Etat. De plus, nous assistons au niveau national au laissez-faire des Préfectures face à l’implantation du Bastion Social et d’autres groupuscules fascistes dans nos quartiers. Sous couvert de l’ouverture de bars associatifs, d’actions caritatives pour les SDF français « de souche », les fascistes disposent impunément de véritables QG pour préparer leurs attentats. Et ils se sont déjà mis à l’œuvre, en témoignent les multiples agressions commises sur des personnes issues de l’immigration, sur des étudiants en lutte, sur des travailleurs. En témoignent les conférences organisées avec des individus ou des organisations connus par leurs précédents terroristes. Mais le fascisme n’est pas un accident de parcours du système libéral. Bien au contraire, le capitalisme a besoin du fascisme : celui-ci demeure le bras armé de la bourgeoisie, il constitue toujours sa milice de dernier recours pour casser les grèves, diviser les opprimés et les exploités selon des critères ethniques, religieux, sexuels, et finalement rompre l’unité du prolétariat au profit du pouvoir du patronat. Tel est le rôle que rempli aujourd’hui le Bastion Social par sa récupération identitaire de la misère sociale. Les fascistes et les libéraux avancent ainsi main dans la main : les uns font le sale boulot, les autres couvrent et approuvent. C’est ainsi que Génération Identitaire peut mener ses actions de propagande anti-migrants dans les Alpes en toute tranquillité, félicitée par le ministre de l’intérieur Gérard Collomb, préoccupé davantage à faire arrêter les militants antifascistes et à criminaliser la solidarité avec les migrants. Mais si l’extrême-droite peut compter sur la complaisance de l’Etat et des pouvoirs publics, nous avons de notre côté une mobilisation inédite qui monte en puissance dans les quartiers prolétaires où les fascistes comptent s’installer. La mobilisation du quartier Esplanade à Strasbourg pour la fermeture de l’Arcadia a été exemplaire, et la Préfecture a dû tout inventer pour la museler, empêchant notamment les manifestations dans le quartier, privatisant celui-ci au profit du Bastion Social. L’exemple de Strasbourg nous confirme que dans la lutte antifasciste nous ne pouvons pas compter sur l’Etat, mais seulement sur notre puissance dans la rue. La fermeture des locaux fascistes, nous la prendrons en charge nous-mêmes. Et nous ferons en sorte que Strasbourg soit la Stalingrad du Bastion Social !

 

La présidence Macron creuse le lit du fascisme non seulement par ses mesures autoritaires et sa tolérance à l’égard des identitaires, il le creuse également et surtout par sa politique anti-ouvrière. Pour nous, il n’y a rien de quoi s’étonner. Serviteur fidèle du patronat, Macron continue la casse des droits sociaux et des services publics, visant à annihiler toutes les conquêtes historiques obtenues par le prolétariat. La loi Travail XXL que nous avons combattu en septembre est une nouvelle attaque contre le Code du Travail, conçue pour individualiser et précariser davantage les conditions de travail, pour pouvoir licencier librement et réduire le contrôle ouvrier dans les lieux de travail. La contre-révolution de Macron continue aujourd’hui avec des nouvelles attaques sur tous les fronts : contre les lycéens et les étudiants, contre les cheminots, contre les retraités, contre la fonction publique. La bourgeoisie est unie derrière Macron et a déclaré la guerre au prolétariat. Mais nous aussi sommes en train de nous unir, et après tant de défaites nous sommes prêts à remporter la guerre. La bataille du rail, la lutte des EHPAD, les blocages et occupations de facs et lycées, n’ont été que la première phase de la riposte de classe. La phase qui s’ouvre doit être celle de la convergence des luttes. Nous entendons à tort et à travers des fantasmes sur cette convergence, mais qui se résolvent à chaque fois en une convergence minimaliste, résignée à l’impossibilité de « solutions miracles », et donc destinée à échouer. Pour nous, il n’y a pas dix-mille manières de faire converger les luttes. La seule convergence possible se fait dans la grève générale et politique, apothéose de l’affrontement direct de la classe prolétaire unie, ne luttant plus seulement pour tel ou tel secteur, contre telle ou telle réforme, mais visant à bloquer et occuper les lieux de travail, à paralyser l’économie, à renverser un gouvernement ennemi des travailleurs et le remplacer par l’exercice direct du pouvoir ouvrier. Qu’on arrête de dire que nous voulons faire revivre Mai 68 : nous n’avons rien à faire du romantisme révolutionnaire, ni des anniversaires ; cette fois-ci nous voulons remporter le combat, et ce par une lutte de classe réelle et sans compromissions !

 

Cette lutte réelle, nous l’avons vécue dans les facs et lycées de Strasbourg depuis le mois de mars. Les lycéens ont choisi de ne pas subir la sélection sociale imposée par la plateforme ParcourSup : des comités de lutte se sont multipliés et des blocages et manifestations spontanées ont vu le jour. Les étudiants ont décidé d’enterrer le Plan étudiant de Macron, de refuser la remise en cause de rattrapages et compensations, de refuser l’augmentation des frais d’inscription… en somme, de refuser toutes les mesures qui pénalisent davantage le étudiants prolétaires, ceux qui mettent déjà leurs études en péril puisqu’ils sont contraints de se salarier pour financer leur année. Au sein du mouvement étudiant, nous avons porté une politique intransigeante : pas un pas en arrière face aux attaques de la bourgeoisie ! Ainsi nous avons érigé des barricades pour défendre les occupations du Palais Universitaire. Ainsi nous avons décidé du blocage reconductible du campus central et du campus historique. Les occupations et blocages sont les instruments de la grève étudiante, ils constituent la réappropriation des lieux de travail par leurs propres travailleurs. Les réussites du mouvement étudiant de 2018 démontrent la maturité de la conflictualité dans un milieu que les gouvernements ont tout fait pour endormir. Le réveil lycéen et étudiant est donc maintenant la cible de la violence de l’Etat bourgeois, qui déploie tous les outils à sa disposition pour le briser : les flics sur la fac pour empêcher les blocages et évacuer violemment les bâtiments ; les pressions administratives et les sondages unilatéraux pour diviser les étudiants et remettre en cause la légitimité même de nos pratiques de lutte ; les milices fascistes toujours prêtes à agresser et décourager les militants ; les agents de sécurité privés présents sur la fac 24h/24 pour instaurer un climat de tension et méfiance. Aussi, les administrations universitaires ont encouragé le phénomène des « débloqueurs », une galaxie complexe et contradictoire, entre ceux qui sont sciemment manipulés par des organisations étudiantes de droite et d’extrême-droite, et ceux qui font primer leur intérêt individuel (« Je veux aller en cours, je veux faire mon examen ») sur l’intérêt collectif d’opposition à la loi Vidal. Même dans ces dynamiques répressives, le mouvement étudiant a été riche en leçons pour nous communistes. La sélection sociale inscrite dans le Plan étudiant aura eu un mérite, celui de confirmer que la lutte de classes existe bel et bien au sein du monde étudiant, et que les étudiants ne partagent pas tous les mêmes intérêts. Aux étudiants bourgeois qui nous appellent antidémocratiques, nous répondons que la lutte ne se justifie que par elle-même, que le prolétariat lycéen et étudiant pour mener la lutte contre l’Ecole de classe n’a pas à s’organiser avec ses ennemis et selon leurs règles. La nôtre, en somme, n’est pas une lutte de classe en chocolat !

 

Enfin, nous ne devons pas oublier le 1er mai la dimension internationale et internationaliste de la Journée des travailleurs. Notre classe, nos combats, n’ont pas de patrie, n’ont pas de frontières. Les voix de la lutte classe contre classe, de la révolution et du socialisme sont par essence internationales. La solidarité entre les travailleurs de tous les pays permet de s’attaquer à une bourgeoisie financière qui n’a plus de frontières et qui participe aux logiques de déstabilisation et domination impérialiste aux quatre coins du monde. Mais l’impérialisme a fait germer ses fossoyeurs, et des foyers de résistance s’ouvrent partout afin de bâtir un monde de paix. Dans un esprit résolument internationaliste, nous rendons hommage aujourd’hui à tous les combattants révolutionnaires dans le monde, à tous ces militants de la paix. Nous rendons hommage aux martyrs du peuple Palestinien tombés dans la lutte contre l’occupant israélien et ses alliés atlantistes. Nous rendons hommage aux martyrs du peuple Kurde, à ceux qui sont tombés hier pour défendre Kobané des milices réactionnaires de l’Etat islamique (armé par les puissances occidentales), et à ceux qui tombent aujourd’hui pour défendre Afrin des bombardements de l’armée turque, dans le silence assourdissant des pseudo-démocraties européennes. Nous rendons hommage aux communistes qui sont tombés au Donbass pour défendre l’autodétermination de leur terre à la fois contre les milices fascistes de Kiev manœuvrées par l’OTAN et l’Union européenne, et contre les visées hégémoniques de la Russie de Poutine. Aussi, nous rendons hommage à tous les communistes et syndicalistes qui croupissent actuellement dans les prisons des pseudo-démocraties, et particulièrement à nos camarades syndicalistes sud-coréens et ivoiriens, aux camarades antifascistes italiens, allemands et espagnols, aux camarades révolutionnaires états-uniens et mexicains, aux camarades anti-impérialistes grecs. Battons-nous ici et maintenant pour la liberté de tous les prisonniers politiques, faisons vivre ici et maintenant leurs combats !

 

En France comme ailleurs, nos luttes n'en sont qu'à leurs prémices, le premier Mai enverra un nouveau message à Macron, à sa clique de patrons et à ses alliés impérialistes. Nous ne laisserons pas être démantelés nos services publics, nous ne laisserons pas les travailleurs du rail être soumis à un nouveau régime d'exploitation, nous ne laisserons pas nos hôpitaux à la merci du profit capitaliste, nous ne laisserons pas la Sécurité Sociale être détruite, nous ne laisserons pas l'Université Publique devenir le vivier à élites de la bourgeoisie, nous ne laisserons pas les capitalistes détruire et piller les richesses des pays d'Afrique et du Moyen Orient, nous ne les laisserons pas mener en paix leur guerre de conquête et de destruction en Syrie ! Mais surtout, nous ne nous ferons plus d’illusions sur les moyens de lutte : la remise en cause de nos conquis sociaux est pérenne, la voie du réformisme heureux a montré son échec. Il est temps de lutte de classe, de révolution et de communisme !

 

VIVE LE PREMIER MAI !
VIVE LA JOURNÉE INTERNATIONALE DES TRAVAILLEURS !

 

VICTOIRE POUR LES CHEMINOTS, VICTOIRE POUR LES LYCEENS ET LES ETUDIANTS, VICTOIRE POUR TOUS LES TRAVAILLEURS !
EN AVANT VERS LA GREVE GENERALE ET POLITIQUE ! EN AVANT VERS LA VICTOIRE DE NOTRE CLASSE !

Publié dans #1er mai

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