Publié le 26 Septembre 2013

Le 17 septembre 2013, le Conseil d’Administration du CROUS (Centre régional des œuvres universitaires et scolaires) de Strasbourg a renouvelé la convention qui confie à l’AFGES (Association fédérative générale des étudiants de Strasbourg) la gestion du restaurant universitaire « La Gallia ». Ce prolongement de la convention de 2005 n’est pourtant pas la fin de toute une série de problèmes qui se présentent régulièrement dans les relations entre le CROUS et l’AFGES depuis 8 ans et qui voit toujours le CROUS contraint à céder face au pouvoir de pression de l’AFGES. Après 8 ans de gestion catastrophique du RU Gallia, l’AFGES se voit donc encore une fois livrer une délégation de mission de service public. Mais sur la base de quelles garanties ?

 

Aucune.


En soi, le fait que le CROUS laisse des espaces à la gestion étudiante est une bonne chose et pourquoi pas aussi en matière de restauration. Ce qui est grave dans la question spécifique de La Gallia est que le CROUS doit déléguer une mission de service public par défaut de dotations financières : le CROUS ne dispose pas de moyens suffisants pour gérer pleinement un autre restaurant universitaire, donc il est contraint à en laisser la gestion à une association qui depuis longtemps ne donne aucune transparence de cette dernière, comme cela avait été souligné en mars 2011 dans des observations de la Chambre régionale des comptes d’Alsace. Par ailleurs, l’AFGES a utilisé durant ces derniers années les fonds du RU pour survivre en tant qu’association, et cela a été rendu clair lors du début de cette nouvelle querelle avec le CROUS en février 2013.

Les étudiants communistes, dénoncent l’opacité de la gestion de La Gallia, et dénoncent aussi une gestion corporatiste des fonds du RU de la part de l’AFGES, qui utilise l’argent des étudiants pour se renflouer, pour financer ses campagnes électorales et ses activités pseudo-culturelles. Une association qui, dans ses votes en CA, dans les institutions universitaires et dans son soutien au président de l’université de Strasbourg Alain Beretz, montre qu’elle n’est pas aux cotés des étudiants mais plutôt avec la bureaucratie universitaire qui lui permet de survivre sur le dos des étudiants, ancre l’austérité et la présence des capitalistes dans nos facultés en soutenant la loi Fioraso. Peut-on vraiment croire qu’une telle association puisse garantir totalement une délégation de mission de service public dans un domaine aussi important que la restauration universitaire ?

Les étudiants communistes remarquent également les limites et la fragilité des propositions de l’UNEF, qui depuis longtemps s’oppose à juste titre à la gestion de l’AFGES du RU La Gallia. Si le « débat préalable » demandé par l’UNEF peut sans doute amener à une réflexion sérieuse sur les problématiques de la restauration universitaire strasbourgeoise, il est légitime de nous demander à quelles conclusions pourra amener ce dialogue si l’État n’est toujours pas disposé à se réengager directement dans la gestion des CROUS. Nous estimons qu’à l’heure actuelle la seule solution possible pour le RU La Gallia est un réengagement direct du CROUS dans sa gestion, et dans une optique plus large d’intégration de tous les RU  et cafétérias conventionnés des campus strasbourgeois au CROUS. Bien évidemment, si le CROUS aujourd’hui ne dispose pas des moyens pour gérer La Gallia et doit en laisser la gestion à une corporation étudiante, c’est à cause d’un désengagement financier général de l’État concernant les services publics universitaires : comme cela a été souligné à plusieurs reprises par la CGT CROUS, la situation de la restauration universitaire strasbourgeoise est emblématique d’une plus large casse de service public.

Suite à la décision insatisfaisante et inacceptable du CA du CROUS de Strasbourg sur le RU La Gallia, les étudiants communistes strasbourgeois dénoncent l’aggravation des conditions de la restauration universitaire strasbourgeoise : des conditions déjà précaires à la rentrée 2013/2014 à cause de la fermeture du RU Pasteur, du gel des fonds alloués à la rénovation du RU Paul Appell et de l’augmentation du ticket des RU de 5 centimes (soit une augmentation de 12,5% en 5 ans). Il faut pas s’étonner donc si chaque année la fréquentation étudiante des Restos du Coeur est en augmentation, à Strasbourg comme ailleurs.

Face à cette situation insoutenable, l’UEC Strasbourg demande le réengagement immédiat de l’État dans la gestion des CROUS et qu’ils aient les moyens de fonctionner correctement pour pouvoir fournir des services décents aux étudiants. Nous voulons également une gestion démocratique du CROUS, avec la participation des étudiants, des personnels et de la direction, tout cela pour éviter des décisions lourdes de conséquences comme la reconduction de la convention de l’AFGES pour la gestion du RU Gallia.
N’oublions pas les travailleurs du CROUS qui subissent eux aussi, comme à l’université de Strasbourg, des conditions de travail intolérables. Nous réaffirmons encore une fois notre solidarité avec les travailleurs du CROUS.

La fin de la précarité étudiante passe aussi par une re-nationalisation du CROUS !

 

 


L’Union des Étudiants Communistes de Strasbourg.

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