Publié le 23 Novembre 2013

Communiqué de l’Union des Étudiants Communistes de Strasbourg


En cette fin d’année 2013, la Communauté urbaine de Strasbourg (CUS) « offre » 30 bourses sur critères sociaux et universitaires à des étudiants en 1ère et 2ème année de Master, DCEM4 (Deuxième cycle des études médicales 4ème année) et en dernière année d’école d’ingénieur. Les conditions pour obtenir ces bourses sont : être non-boursier et avoir effectué au moins un an d’étude à Strasbourg.

Certes, l’attribution de bourses est une mesure d’aide et d’accompagnement des étudiants qui ne peut qu’être louable de la part de la municipalité strasbourgeoise, citons également la bourse attribuée aux étudiants voulant réaliser une partie de leur cursus dans les universités jumelées avec Strasbourg.

Mais deux questions se posent : pourquoi les attribuer uniquement à une part aussi infime de la population estudiantine de la ville ? Et surtout, pourquoi une bourse réservée uniquement aux étudiants non-boursiers ? Ce sont eux pourtant qui subissent le plus violemment la précarité étudiante, car non, l’on ne vit pas comme un prince en étant boursier…

30 étudiants « chanceux » chaque année sur plus 50 000 étudiants à Strasbourg pour la bourse de la CUS, quelques centaines seulement pour la « bourse ville jumelle » depuis 1997 alors que des centaines de milliers d’étudiants sont passés par l’Université de Strasbourg depuis cette année-là. La ville de Strasbourg peut réellement faire mieux, en évitant par exemple des dépenses pharaoniques engagées pour le Rallye d’Alsace. Cela laisse réellement un goût amer…
Sans compter qu’aujourd’hui, ce sont les trois quarts d’entre nous qui sommes obligés de mener une double vie entre les études et le travail pour pouvoir financer celles-ci. Comment pouvons-nous réussir nos études dans de telles conditions ? Le nombre très important d’échecs et d’abandons en dit long sur les effets de la précarité étudiante sur la réussite dans l’enseignement supérieur, car oui, ce n’est pas la fainéantise qui mène à l’échec mais bien à la précarité, n’en déplaise à certains.

De même, la CUS mène une politique élitiste au niveau des bourses attribuées aux étudiants, mais elle s’attelle également à reproduire celle-ci dans le logement étudiant. C’est bien la ville qui possède le foncier nécessaire à la construction ou à l’aménagement de cités-universitaires. Que fait-elle dans ce domaine ? Soit elle donne la gestion de pseudos résidences universitaires à des agences privées telles que Nexity qui n’ont réellement pas de soucis à se faire en ponctionnant les étudiants avec des loyers prohibitifs ; soit elle décide la création de cités-universitaires réservées à l’élite des doctorants internationaux comme nous pouvons le constater avec le futur réaménagement de la tour du môle Seegmuller. Pourquoi ne pas transformer en cités-universitaires l’ancienne manufacture des tabacs à la Krutenau ou encore la Maison du bâtiment sur la place de Haguenau abandonnée depuis des années ? Il ne manque que la volonté de la municipalité de le faire.

 

Si Strasbourg aimerait ses étudiants comme elle le clame haut et fort lors de chaque rentrée, elle leur donnerai les moyens pour étudier décemment et pour réussir ! Des moyens pour tous les étudiants et pas seulement pour une élite triée sur le volet !

Alors que la précarité étudiante n’a jamais été aussi alarmante, que la jeunesse entière subit les effets de l’austérité et s’emmure dans la misère, les étudiants communistes strasbourgeois affirment encore une fois l’urgente nécessité d’instaurer une allocation d’autonomie pour que tous les étudiants puissent vivre et étudier dans des conditions décentes.
De plus, nous exigeons la fin de la politique élitiste envers les étudiants menée par la municipalité strasbourgeoise, et un véritable engagement pour l’accompagnement des étudiants, quel que soit leur niveau d’étude, leur condition sociale ou leur origine, avec entre autres, la construction et extension de cités-universitaires dont la gestion serait exclusivement déléguée au CROUS et une politique de bourses plus ambitieuse, en augmentant leur nombre et leur montant, et qu’elles ne soient pas réservées à une infime minorité
!

 

Pour une université populaire et démocratique !


L’Union des Étudiants Communistes de Strasbourg.

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