Publié le 18 Décembre 2013

Étudiants, enseignants et personnels BIATSS (Bibliothèque, ingénieurs, administratifs, techniciens, social, santé) de l’Université de Strasbourg, plus de 60 personnes se sont retrouvés ce mardi 17 décembre lors d’une Assemblée Générale pour discuter des perspectives budgétaires pour 2014. L’assemblée a reconnu dans le désengagement de l’État et dans l’autonomie budgétaire des université les sources principales du déficit de plusieurs établissements en France. Strasbourg n’est pas épargnée : dans le budget primitif 2014, le président de l’UdS Alain Beretz reconnait qu’à l’heure actuelle la situation est « orange » (risque de déficit), mais si l’État n’aidera pas l’UdS avec un financement ultérieur elle entrera bientôt dans le « rouge ».


Vers la fin de l’AG, les étudiants ont salué l’annonce des élus CGT, SNESUP-FSU et UNEF de ne pas participer au vote du budget en Conseil d’administration (CA) pour essayer de faire manquer le quorum et reporter la décision budgétaire.


L’AG a alors approuvé à l’unanimité d’intervenir lors du CA de l’UdS pour demander au président Beretz une prise de position claire contre la démarche de l’autonomie budgétaire et pour soumettre au CA la motion étudiante approuvée en AG. Cette intervention s’est déroulé effectivement une fois l’AG terminée : reçus par Beretz, les étudiants ont pu exposer le point de vue ressorti à l’AG et appeler les élus au CA à voter contre ce budget austéritaire. Le président Beretz a écouté la motion étudiante mais il a refusé de la soumettre au vote du CA et a qualifié le texte de « mensonger ». Après seulement une demi-heure de débat, le CA a finalement approuvé le budget (2 voix contre parmi les présents, c’est-à-dire les élus SGEN-CFDT, qui ont choisit tout de même de se présenter au CA…).


L’UEC, présente activement lors de l’AG et de l’intervention au CA, dénonce l’adoption de ce budget qui va faire empirer les conditions de travail des enseignants et des personnels, ainsi que la situation financière de la plupart des UFR. Nous dénonçons aussi réticence du président Beretz qui, au contraire de plusieurs de ses collègues d’autres établissements français, refuse de rejoindre les raisons de la colère étudiante face au désengagement de l’État. Nous dénonçons le vote favorable au budget de la part des élus AFGES qui, présents en AG, avaient été invités à plusieurs reprises à être cohérents avec leur devoir en tant que représentants des étudiants et donc à refuser un tel budget.


Malgré l’adoption du budget, des perspectives de mobilisation ont été tracées pour la rentrée 2014 : une AG des étudiants et du personnel sera organisée pour les premières semaines de janvier et elle essayera de placer la mouvement anti-austérité strasbourgeois dans le contexte national des autres universités en lutte. Par ailleurs, des perspectives de mobilisation dans les UFR ont été envisagées, notamment en collaboration avec les élus dont le rôle sera de sensibiliser les étudiants aux problématiques budgétaires dans leurs effets concrets sur la qualité des diplômes et de l’enseignement, en se concentrant en particulier sur la suppression des rattrapages et sur la mise en place du contrôle continu intégral.

 

Ci-joint, le texte de la motion étudiante approuvée à l’unanimité par l’AG :

 

« Les étudiants de l'université de Strasbourg rassemblés en assemblé générale le 17 décembre 2013 déclarent :
La situation des universités en France à l'orée de 2014 est de plus en plus inquiétante. L'autonomie budgétaire, mise en place par la loi Responsabilité des Universités (LRU) et poursuivie par la Loi Fioraso, a eu comme première conséquence le désengagement accru de l'État vis-à-vis des universités. Cette démarche met en péril l'ensemble du service public de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche. Aujourd'hui, de plus en plus d'universités se retrouvent dans une situation déficitaire, qui aggrave leur manque de moyens ; cette politique abaisse la qualité des enseignements ainsi que de la recherche, à terme, et dévalorise nos diplômes.
À Strasbourg, cela s'est traduit dès cette année par des gels de postes, la suppression des rattrapages et des semaines de révision, la fermeture de bibliothèques et de secrétariats, la suppression de plus de 40 000 heures de TD, la mise en place de quotas à l'entrée de l'Université en première année de licence. Ainsi, le budget envisagé pour 2014, contraint par les mêmes logiques, s'inscrit dans ces perspectives inacceptables.
Nous y contestons en particulier la baisse des dotations de la plupart des composantes, les nouveaux gels de postes ainsi que les économies faites sur les salaires des personnels IATOS et enseignants ; en matière de postes budgétaires, la stagnation de celui de la vie étudiante, de celui de la recherche du conseil scientifique après deux années de baisse drastique, la baisse pour les contrats pour la maintenance des bâtiments universitaires, pour le service des Relations Internationales. Nous dénonçons le risque de la hausse des droits d'inscription pour les étudiants, et toutes les dérives et indignités qu'entraîne la raréfaction des moyens à tous les niveaux de l'université.
En refusant l'austérité budgétaire et en restant convaincus de la nécessité de maintenir un service public d’enseignement supérieur et de recherche de qualité, accessible au plus grand nombre, nous demandons à l’État d’assumer à nouveau ses responsabilités vis-à-vis de l'Université à travers une loi de programmation budgétaire conséquente.
Nous demandons aux administrateurs de l'université de Strasbourg de rejeter le projet de budget 2014 présenté aujourd'hui et de faire parvenir cette motion au ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche.
Enfin, nous nous déclarons solidaires de toutes les universités qui subissent des restrictions budgétaires et qui ont choisi de se mobiliser. »

 

 


L’Union des Étudiants Communistes de Strasbourg

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Publié le 13 Décembre 2013

Le mardi 17 décembre aura lieu le vote du budget 2014 de l’Université de Strasbourg : le Conseil d’administration (CA) de l’UdS se réunira à 14h au Nouveau Patio pour ratifier un budget austéritaire pour la troisième année consécutive. Au menu des réjouissances : nouvelles hausses des frais d’inscriptions ; baisses des dotations pour la plupart des composantes (-15% en STAPS par exemple !) ; gel de 51 postes (10 de plus par rapport à 2013) et 2,5 millions d’€ d’économies sur la masse salariale ; baisse du budget pour le soutien à l’enseignement ; stagnation du budget pour la vie étudiante et du budget recherche du Conseil scientifique après deux années de baisse drastique dans les deux domaines ; baisse de budget pour les contrats de maintenance et d’entretien des bâtiments universitaires et pour la politique immobilière ; baisse du budget pour la formation continue, le service Relations Internationales et la Carte Multi-Services etc.

Face à ces nouvelles perspectives austéritaires qui détruisent à petit feu notre campus, l’Union des Étudiants Communistes salue les efforts de mobilisation menés par les étudiants et le personnel de l’université. Le mercredi 11/12 une soirée-conférence organisée par le syndicat SNEsup (FSU) a vu la participation d’une centaine de personnes pour aborder le thème de l’austérité budgétaire. Sous le mot d’ordre « L’austérité n’est pas une fatalité », nous avons eu l’occasion de réfléchir sur les nouvelles offensives des capitalistes sur l’université : la construction d’un marché du savoir qui recherche avec un zèle inouï l’innovation, la compétitivité, l’excellence, la rentabilité et le rapprochement entre universités et entreprises , tout cela bien évidemment au détriment des étudiants. L’urgence de ces analyses est bien évidente suite aux derniers propos de la ministre G. Fioraso sur la constitution du Comité Sup’Emploi, sensé « favoriser l’accès à l’emploi des diplômés », en collaboration avec le MEDEF…

Les débats du mercredi étant restés ancrés sur le niveau national, le jeudi 12/12 une assemblée des personnels de l’UdS a permis de faire le point sur les baisses de budget de l’enseignement et de la recherche dans notre université. Des perspectives de mobilisation ont été envisagées. Les professeurs ont parlé des effets pervers induits par cette situation budgétaire précaire : effets négatifs sur la qualité des formations (suppressions de TD et TP, diminution de la réussite des étudiants, dégradation de la qualité pédagogique, remise en cause de l’accès à la connaissance) et sur la qualité du travail des enseignants et du personnel administratif (difficultés à gérer les TD surchargés, surcharge de travail pour les secrétariats, baisse des moyens pour les colloques et les publications, augmentation de la souffrance au travail et du recours aux consultations du SUMPS - Service universitaire de médecine préventive - pour problèmes de harcèlement moral). Les personnels BIATSS (Bibliothèque, ingénieurs, administratifs, techniciens, social, santé) de l’UdS ont eux aussi dénoncé l’augmentation de la souffrance au travail et l’augmentation inquiétante des gels des postes qui deviennent des véritables suppressions de postes en réalité.

Lors de cette assemblée, les Étudiants Communistes sont intervenus à plusieurs reprises pour souligner le lien étroit entre la dégradation des conditions d’études et la dégradation des conditions d’enseignement et de travail à l’université. Ces dégradations sont liées car elles sont générées par la même source, ce qui montre donc la nécessité d’une unité dans la lutte contre l’austérité budgétaire, sur Strasbourg comme ailleurs.

 

En répondant positivement à cet appel, les enseignants et les personnels ont affirmé leur participation à l’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE étudiante qui aura lieu le MARDI 17/12 À 12H à la CAFÉTÉRIA DE L'AGORA (bâtiment Le Platane).

Rejoignez l'événement sur Facebook : http://www.facebook.com/events/574518019294249/?ref=2&ref_dashboard_filter=calendar

 

Nous saluons positivement la convergence de nos revendications respectives. Étudiants et travailleurs, nous devons lutter ensemble pour une université populaire et démocratique !

Nous en avons assez d’assister au lent démantèlement de l’enseignement supérieur ! Agissons et empêchons le CA de l’UdS de franchir cette nouvelle étape : après l’AG, rendez-vous MARDI 17/12 À 14H devant le NOUVEAU PATIO pour bloquer le vote du budget au Conseil d’administration !

 

 

 

L’Union des Étudiants Communistes de Strasbourg

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Publié le 10 Décembre 2013

Présente lors de la cérémonie de remise de diplômes de l’Institut d’Études Politiques (IEP) de Strasbourg le samedi 7 décembre 2013, l’Union des Étudiants Communistes exprime son regret dans le fait qu’un événement festif comme celui-ci soit transformé en un éloge de la sélectivité universitaire et dans une défense de l’actuelle démarche de mise en concurrence des universités à travers la recherche effrénée de prestige et attractivité.

Les protagonistes de cette journée n’ont malheureusement pas été les étudiants qui ont réussi leur Master et pour lesquels nous exprimons toutes nos félicitations. Bien au contraire, les protagonistes ont été les hauts dirigeants de l’Université de Strasbourg et de l’IEP, avec leurs discours imprégnés de la pensée unique de l’université capitaliste. Dans leurs interventions, ils ont dessiné l’image stéréotypée d’une université qui vit en harmonie avec son territoire et qui gravit les échelons dans les classements mondiaux : une université parfaite que les étudiants ne peuvent qu’aimer.

Parmi ces fables fantastiques, nous trouvons remarquable le discours du président de l’UDS, Alain Beretz, qui parle de prestige indiscutable et de classement de Shanghai sans même faire référence aux coupes budgétaires dans la plupart de filières : ce sont bien ces coupes qui ont été le prix à payer pour monter dans les classements mondiaux !
Alain Howiller, président du Conseil d’Administration de l’IEP Strasbourg, mentionne juste un moment le « choix douloureux » d’augmenter les frais d’inscriptions de l’IEP Strasbourg, en sous-entendant de façon peu dissimulée que cette mesure a été nécessaire pour garder le prestige de l’institut strasbourgeois face aux autres IEP. Aucun autre problème n’existe selon M. Howiller au sein de l’IEP ? Les suppressions des heures de cours, le manque d’un véritable contrôle pédagogique sur les maquettes des formations professionnalisantes, le manque d’un accompagnement pédagogique des stages, les horaires ridicules d’ouverture des secrétariats, tout cela ne pose pas de problème au sein de l’IEP selon M. Howiller !
Jean Howiller, président de l’Association Nationale des Anciens Elèves de l’IEP de Strasbourg, nous gratifie d’un très bon discours corporatiste : Alumni, utilisez l’amicale pour rester dans le réseau, faire des bons contacts hors des circuits traditionnels et s’entraider entre anciens ! Et à la fin de son discours il remet le Prix 2013 à Gérard Staedel, entrepreneur et fondateur de l’Union Internationale des Alsaciens, en le présentant comme exemple de compétitivité.
Olivier Picard, parrain de la promotion, nous fait bien rire quand il définit John F. Kennedy comme un « grand pacifiste », et nous conseille d’être compétitifs dans toute situation de notre vie et estime que cette recherche effrénée de compétitivité puisse s’accompagner avec la justice et la morale. Mais le vrai bijou de son discours, M. Picard le réserve pour la fin, quand il invite les bons étudiants éduqués à défendre l’Union Européenne contre le mécontentement du bon peuple ignorant…

Mais également pendant la remise des diplômes un par un aux étudiants, la même logique continue, avec les responsables des Masters qui s’efforcent de montrer comment leur Master est le plus professionnalisant et attractif pour les entreprises : après la concurrence entre Universités et entre filières rentables et non-rentables, nous avons ainsi assisté au nouveau spectacle de la concurrence entre Masters au sein du même institut ! Le meilleur est sûrement Guy Siat, responsable du Master ALORE, qui appelle un par un les étudiants et cite, seulement pour quelques-uns d’entre eux, les postes de prestige où ils ont été embauchés après avoir obtenu leur Master. Un vrai éloge à l’employabilité des étudiants comme seul but d’une université de plus en plus sélective, qui ne prend pas en compte le fait que peut-être ces étudiants occupent des postes certes de prestige mais avec des contrats précaires et sous-payés.

 

L’Union des Étudiants Communistes de Strasbourg invite les anciens étudiants qui sont sorti de l’IEP en 2013 comme tous les autres étudiants qui sont encore à l’IEP à ne pas se laisser influencer et à démasquer ces discours idéologiques sur le prestige, la compétitivité et l’employabilité comme seules valeurs importantes dans une université conçue comme service public. L’UEC invite également les étudiants en sciences politiques à ne pas se contenter du dessein de l’université parfaite présenté par Alain Beretz et à se mobiliser pour obtenir des avancées qualitatives concrètes dans leur filière et pour s’opposer à des nouvelles hausses de frais d’inscriptions.

 

 

L’Union des Étudiants Communistes de Strasbourg.

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Publié le 8 Décembre 2013

Un nombre croissant d’universités françaises sont en situation de grave déficit budgétaire depuis l'entrée en vigueur de la LRU et des RCE (Responsabilités et compétences élargies), qui transfèrent aux universités la gestion de la masse salariale. Mais comme la situation actuelle le rend évident, ce transfert de compétences n’a pas été accompagné du budget nécessaire, ce qui conduit les universités à supprimer des formations et des TD, geler des embauches, précariser les postes. À Strasbourg, même si les débats de la rentrée ont été occupés par l’entrée de l’UDS au 97ème rang du Classement de Shanghai et par l’obtention du Prix Nobel de Chimie, la situation budgétaire est plus qu’inquiétante : suppression de 40 000 heures de TD en 2 ans, suppression des rattrapages dans la plupart des licences, mise en place des quotas à l’entrée en L1 (psychologie, LEA etc.), réductions des horaires d’ouverture et fermeture de bibliothèques le samedi etc.
Aujourd’hui nous apprenons que la ministre Geneviève Fioraso n'a rien trouvé de mieux que d'accuser les présidents d'université de ne pas savoir gérer leurs établissements et elle leur a proposé une formation à l'ENA (École nationale d'administration) de Strasbourg…


Les Étudiants communistes dénoncent cette dérive managériale dans la gestion des universités où le seul critère qui importe est la rentabilité et l'équilibre budgétaire. L'université n'est pas une entreprise et l'éducation n'est pas une marchandise. Il semble qu'il faille le rappeler à la ministre soit disant « socialiste », ministre qui dans sa loi de réforme de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche approuvée en juillet 2013, a continué sur la route de l’autonomie budgétaire des universités tracée par la LRU Pécresse/Sarkozy, qui donne en pâture nos universités aux capitalistes. Au lieu d’envoyer les présidents d’université à l’ENA de Strasbourg, nous exigeons qu’on leur donne les moyens financiers pour faire fonctionner leurs établissement sans précariser les diplômes et les emplois. Et pour cela, il est nécessaire d’inverser la tendance dans la politique actuelle de l’enseignement supérieur. Ainsi, les Étudiants Communistes dénoncent la logique actuelle qui vise à changer le mode de financement des universités en donnant tout à ceux qui ont le plus et moins à ceux qui ont moins, créant un système à deux vitesses qui entérine une concurrence territoriale acharnée entre les différentes universités françaises.

Si une formation supplémentaire doit être donnée à l’ENA en ce qui concerne le mode de gestion des universités, les Étudiants Communistes strasbourgeois suggèrent que ce soit la ministre Fioraso de suivre des cours sur les dégâts de l’autonomie budgétaire qu’elle a refusé de remettre en cause. Peut-être que la ministre sortira de ces formations avec les idées plus claires sur comment remettre en place un service de l’enseignement supérieur public, démocratique et égalitaire !

 

L'Union des Étudiants Communistes de Strasbourg

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