Publié le 24 Décembre 2014

Pour la énième fois notre cher président Alain Beretz reste totalement impassible face aux revendications légitimes des étudiants et personnels, revendications qui ont notamment été exprimées lors des récentes mobilisations et lors du dernier conseil d'administration du 16 décembre. Pourtant n'est pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre !

Si monsieur Beretz reste de marbre face aux personnes qui l'interpellent quant à la situation inquiétante à laquelle est sujet son université, et bien sûr l'ESR dans sa totalité, c'est surtout qu'il est dans l'acceptation totale des politiques néolibérales sauvages menées depuis maintenant plusieurs années. Ou du moins il ne donne en tout cas pas l'impression de se rendre compte de cette passivité. Dans sa dernière interview parue dans les Dernières Nouvelles d'Alsace début décembre, il se borne à faire de l'anti-austérité « morale », sans analyse de fond concrète. Néanmoins la seule chose dont il se plaint est que le bâton de l'austérité qui frappe l'Université de Strasbourg risque de rendre son empire moins compétitif, lui fervent partisan de l'idéologie de l'excellence. Dans ce même article il ne fait par ailleurs aucune allusion aux premières personnes qui pâtissent de cette baisse des budgets : les étudiants et les personnels. Des amphis surchargés, des TD supprimés, des conditions de travail de plus en plus pénibles pour les personnels, etc. Il ne donne pas l'impression d'en être affecté.

Dire « l'austérité c'est pas bien » c'est naïf, surtout si cela ne s'accompagne pas d'une dimension politiquement revendicative. En effet l'incohérence majeure de monsieur Beretz est qu'il peine apparemment à comprendre que l'état actuel des universités françaises résulte de politiques de fond, tant à l'échelle supranationale que nationale. À l'échelle européenne il y a notamment le processus de Bologne édicté en 1999 et mis en partie en application en 2003. De ce processus découle l'instauration de la concurrence entre les universités et ce à tous les niveaux (établissements, enseignants et étudiants), ainsi que la corrélation des établissements universitaires avec les lois du marché. Mais surtout ce traité ouvre la voie à la privatisation des universités. Ce diktat en inspirera d'autres au niveau national avec la loi LRU en 2009 et dans sa totale continuité, malgré le changement d'étiquette politique, la loi Fioraso ratifiée en 2013. Il est évident que la casse du service public de l'ESR est due à ces projets politiques qui vont dans le sens de l'idéologie dominante actuelle, une part majeur des services publics étant également affectée de la même manière. Pourtant cela ne semble pas évident pour tout le monde et notamment pas pour Alain Beretz qui continue à brailler dans le but d'obtenir, pense-t-il, plus de moyens pour son université. Pis même : il est stupéfiant de le voir, dans une interview récemment postée sur le site du Rue 89, se plaindre du fait que « L'État n'ait pas transféré toutes les sommes qu'il dépensait avant l’autonomie ». N'a-t-il pas compris, ou ne veut-il pas comprendre, que ces politiques de désinvestissement public sonnent le glas d'un nouveau modèle d'université privatisée et machine à profit qu'on tente de nous imposer ? Ne se pose-t-il pas des questions vis-à-vis du fait que le patronat siège aux conseils d'administration ? Ce problème est donc clairement politique, les revendications issues de sa contestation doivent également l'être. On ne résout pas le futur probable déficit de son université en écrivant des lettres au père Noël dénuées de tout sens, ni en daignant prendre en considération les revendications d'étudiants et personnels plus que conscients des enjeux de la lutte qu'ils mènent !

En dehors de cette dimension politique, l'attitude de monsieur Beretz et son mépris envers la mobilisation est tout à fait inacceptable, mais au bout du compte guère surprenante. Dernier écart en date dans le même article de Rue 89 où il a le culot de dire la chose suivante : « des nostalgiques du centralisme jacobin, ou pire, de modèles plus à l'Est estiment que c'est la faute de l’autonomie ». En plus d'être on ne peut plus caricaturale cette phrase n'en est pas moins d'une stupidité telle qu'elle en déshonore son auteur, pour le peu qu'il lui en reste. Cette perception des personnes qui se mobilisent comme « des affreux gauchistes » est à vomir. Non monsieur Beretz nous ne sommes pas ce que vous prétendez, nous sommes simplement des acteurs quotidiens de l'université de Strasbourg qui sont bien tristes de voir à quel point elle est délaissée par ceux qui sont censés la représenter et la défendre. Vous crachez sur des étudiants et personnels qui défendent louablement ce que vous contribuez à détruire avec vos sbires. Par ailleurs il est normal que l'Union des Étudiants Communistes se sente visée par ces propos, étant donné le succès qu'a connu notre lettre ouverte dénonçant votre larmoiement hypocrite dans la presse locale, en marge de la manifestation organisée lors de la venue de Geneviève Fioraso en octobre dernier. De même que vient faire ici le « centralisme jacobin » ? S'opposer à la casse d'un service public par le gouvernement et le capital serait être un jacobin primaire ? Tout comme vous caractériser de collabo du capital et des politiques destructrices de l'ESR ferait de nous des personnes indignes des valeurs héritées de la Résistance ? De la part de celui qui contribue à détruire un des acquis du Conseil National de la Résistance en l'occurrence le service public cela ne manque pas de toupet ! Aussi, en plus de ces propos méprisants, il est évident que l'autonomisation budgétaire nuit aux universités françaises. Trente-huit universités françaises sont au bord de la faillite du fait du sous-financement chronique qu'elles subissent de la part de l’État. C'est justement parce qu'il y a autonomisation que les dotations publiques baissent, et que les universités se voient obligés de partir à la chasse au trésor pour trouver des fonds et dans le pire des cas de se prostituer au capital ! Dans tous les cas l'autonomisation, pour qu'elle soit efficace, requiert une situation économique favorable : elle s'en voit de ce fait corrélée aux lois du marché. Alors pourquoi affirmer que l'autonomisation n'a rien à voir avec les maux actuels ? Cela est d'une bêtise. Décidément vous persistez à creuser dans le ridicule, peut-être y finirez-vous pas trouver les financements miraculeux que vous réclamez ? Comme cela a été répété à maintes reprises que pouvons-nous attendre d'un président d'université dont la conception de la diplomatie est l'envoi de policiers sur le campus ? Qu'avons-nous à espérer d'un président aussi incompétent qui ne saisit absolument pas à quel point la situation est critique, et méprise les personnes qui se mobilisent pour le lui rappeler ?

Monsieur Beretz ne vous attendez à passer une année 2015 en toute tranquillité, les « nostalgiques de l’Est » avec leur couteau entre les dents seront à nouveau présents, pour porter haut et fort les valeurs de l'université publique et démocratique. Cette université que vous ne semblez pas avoir à cœur de défendre. Étudiants, enseignants et personnels, l'élargissement de la lutte est une nécessité ! Ne laissez pas vos avenirs se jouer lors de tables rondes avec des personnes qui ne s'en soucient guère ! Partout en France la mobilisation dans les universités a commencé et, la situation étant ce qu'elle est, elle s'amplifiera.

 

L'Union des étudiants communistes de Strasbourg.

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Publié le 18 Décembre 2014

Apprenons de leurs erreurs.

Vers la lutte de janvier !

 

Le mardi 16 décembre, l’Assemblée Générale des étudiants et personnels de l’Université de Strasbourg devait se prononcer sur les actions à mener contre le vote du budget 2015, qui aurait dû avoir lieu lors de la réunion du Conseil d’Administration. Comme il l’a été souligné à plusieurs reprises lors de l’AG, ce budget est inacceptable, puisqu'il ne fait qu'acter un choix politique creusant la tombe de l'Université publique.

 

Plusieurs étudiants du Comité de mobilisation ont évoqué l’importance de profiter de cette journée pour envoyer un signal fort au gouvernement et à sa fidèle élève, l’administration de l’Université de Strasbourg. Nous avons donc été nombreux à nous prononcer pour une action de blocage pacifique du CA : action qui aurait permis non seulement d’imposer de facto un report de la discussion autour du budget mais aussi de montrer que la communauté universitaire se mobilisait pour refuser le vote d’un budget inadmissible, de prouver qu'elle était capable de défendre directement l'intérêt commun.

 

Malgré cela, à 38 voix contre 35 (sans compter les nombreuses abstentions), l’AG a décidé de ne pas bloquer le CA mais de se contenter d’intervenir avant sa tenue pour sensibiliser les élus sur la gravité de la situation budgétaire et les appeler à reporter le vote. Nous avions prévenu qu’une telle stratégie était bien insuffisante : elle laissait une grande importance au compromis, reposait sur des spéculations mathématiques et étouffait tout l'espace d'une mobilisation massive, laissant une poignée d'élus décider du destin de notre Université, permettant la tenue d'un Conseil qui a pourtant été l'agent des différentes réformes qui ont déformé l'Enseignement Supérieur et la Recherche.

 

L’Assemblée Générale n'a pas souhaité, dans sa majorité, aller dans le sens d'une convergence des luttes allant même presque jusqu'à la refuser, elle a refusé le rapport de force ou a plutôt décidé de l'appliquer en son sein : cela s'est traduit par une multiplication, par une animosité affichée, par une grande véhémence et même des attaques personnelles de la part de certains élus et syndicalistes envers les membres du Comité.

 

Cela n'a pu entraîner qu'une division du front de mobilisation..

 

Les organisations qui ont voté contre le blocage étaient bien au courant que le vote du budget allait être reporté : pourquoi donc laisser à Beretz décider des rythmes, lui qui vient de bloquer toute possibilité de négociation ? Pourquoi ne pas avoir profité de notre nombre et de la volonté de mobilisation de mardi au lieu de parier sur la possibilité d’obtenir des délais utopiques de la part de la direction ?

 

C'est à présent devant l'ensemble des étudiants et des personnels qu'il faudra assumer votre attitude : si aucun message fort au gouvernement n'a été adressé lors du vote du budget de l'Université de Strasbourg, cela n'est que la résultante de vos choix politiques.

 

Le report du CA pour le jeudi 18 décembre ne nous laisse aucune marge temporelle pour préparer une nouvelle opération de mobilisation. Opération qui aurait cette fois deux raisons d’être : s’opposer au budget d'une part et dénoncer d'autre part le jeu anti-démocratique joué par la direction de l’Université.

Pour ne pas se détacher des décisions votées en AG, nous n’appellerons pas à un blocage lors du CA du jeudi 18 décembre.

 

Le Comité de mobilisation s'est toujours prononcé en faveur d'un véritable rapport de force, de la possibilité pour chacun de défendre l'intérêt commun dans une convergence des luttes, de l'action massive en vue de construire une mobilisation et même si les choix politiques d'hier n'allait pas dans ce sens, nous ne nous résignons pas pour autant.

 

Ces dernières semaines ont démontré que la seule solution est la lutte de front pour empêcher l'Université de courir à sa ruine.

 

Il échoit au Comité de tout faire pour aller dans le sens de ce qui s'annonce comme une nécessité.

 

 

Nom Provisoire - Comité de mobilisation étudiant de Strasbourg

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Publié le 16 Décembre 2014

Le vote du budget 2015 de l'Université de Strasbourg a été reporté. Une nouvelle réunion du Conseil d'administration aura lieu dans les prochains jours !


Nous renouvelons notre appel : s'il n'y aura pas des perspectives concrètes de rallonges budgétaires qui puissent garantir une marge de manœuvre financière à notre université, le blocage du CA reste la seule solution ! Nous avons le devoir d'envoyer un message fort à un gouvernement qui reste sourd aux exigences des étudiants et des personnels.

Le temps des lettres ouvertes est fini. Seule la mobilisation de la communauté universitaire nous permettra de gagner cette bataille !

 

De suite, le texte qui a été lu par les étudiants du Comité de mobilisation lors de l'intervention devant le Conseil d'administration de l'Université de Strasbourg :

 

Pourquoi envahissons-nous le Conseil d'Administration ?

 

Depuis des années, les gouvernements successifs, de gauche comme de droite, conformément aux directives européennes, s'acharnent à démanteler réformes après réformes ce qui constitue l'Université publique.

 

Avec la loi Fioraso, le code de la recherche a été modifié en ce que tout une partie sur les « activités de transfert pour la création de la valeur économique » est ajoutée. Cela signifie que les « résultats de la recherche » sont à transmettre et sont utilisables par le « monde socio-économique », autrement dit le secteur privé et les entreprises. La conséquence est que la recherche n'est plus un service public pour l'amélioration de la société, c'est une source de richesse pour le secteur privé. La « valorisation économique » devient le critère de l'excellence académique.

Cette loi vient s'ajouter à la loi LRU qui établissait l'autonomie budgétaire des établissements, notamment dans la gestion de la masse salariale et la distribution des crédits aux différentes composantes, plongeant nombre d'établissements en situation de difficultés financières voire de déficits.

Aujourd'hui, alors que le nombre d'étudiants en France augmente, les crédits publics dont sont dotées les Universités sont en chute libre. À Strasbourg comme ailleurs, on en arrive à recruter les étudiants par tirage au sort ou par critère géographique. Toutes les universités restreignent le nombre de TD, mutualisent des cours dans les pires conditions, appauvrissent les contenus par l'allègement du volume horaire, durcissent les critères d'assiduité pour pousser dehors les étudiants salariés et tous ceux qui sont les moins prometteurs, les moins rentables.

 

Nous assistons ainsi à la destruction du modèle de l'université publique en vue de l'instauration d'un modèle autre : la baisse des dotations publiques est le levier d'une politique de restructuration qui entraîne l'Université vers une fuite en avant dans la recherche de crédits. Il s'agit d'un glissement vers le modèle libéral incarné par l'Université anglo-saxonne. Car nous avons bien face à nous deux modèles proposés et entre lesquels nous devons choisir. D'une part une université publique financée à hauteur de ses besoins, d'autre part une université, qui par manque de financements publiques, se retrouvent soumises à la loi du profit.

 

Tout d'abord le modèle libéral censé rétablir l'instabilité budgétaire, qui veut que les universités soient soumises à un principe de rentabilité et, suivant la logique entreprenariale, qu'elles soient mises en concurrence entre elles, car comme chacun sait, rien de telle qu'une saine concurrence pour fouetter la productivité de chacun. Partant de ce principe, quels sont les conséquences pour l'enseignement supérieur et la recherche ?

 

L'application du principe de rentabilité implique une évaluation de l'efficacité de chaque filière et de chaque laboratoire, efficacité qui est censée se traduire par les résultats dits-scientifiques ainsi que la capacité des chaque filière à fournir des emplois à ses diplômés. Que faire des filières qui par leur nature même ne peuvent être évaluées de cette sorte et de ce fait ne peuvent qu'être considérées comme non rentables et donc non efficaces ?

 

On aurait du mal à imaginer un entrepreneur investir son argent dans la science fondamentale ou les arts. Les filières dites non rentables souffrent ainsi d'un sous-financement qui paralyse la recherche, appauvrit l'enseignement et menace jusqu'à leur existence même en bien des endroits.

Et même quand ces nouvelles règles de financement n'excluent pas ces disciplines, qu'en reste-il ? La psychologie ou la sociologie, qui sont des disciplines nécessairement critiques et indépendantes, doivent elles avoir comme principale mission de faire travailler les gens plus vite ? L'histoire sert-elle à chanter le triomphe des capitaines d'industrie et le cinéma à les mettre en image ? L'économie doit-elle se borner à expliquer comment faire de l'argent sans jamais mettre en question la manière dont on s'y prend ?

 

La mise en concurrence des universités et leur autonomie budgétaire engendre une véritable chasse aux crédits. Cette chasse implique que l'université doit vendre son projet et donc adapter son offre aux potentiels acheteurs qui ne sont autres que des investisseurs. Cette logique d'adaptation de l'offre à la demande implique une soumission de fait aux intérêts de ces mêmes investisseurs.

 

De même, la concurrence entre chercheurs et laboratoires ne peut que briser la coopération et l'échange gratuit de savoirs. Dans le même ordre d'idée la mise en concurrence entre étudiants détruit par la même l'entraide et la solidarité. Pourquoi aider quelqu'un à développer son master si je sais que je serai en concurrence avec lui pour une allocation de thèse ? Cette logique est contre-productive et va même à l'encontre des impératifs d'efficacité. Imposer le modèle libéral à l'université c'est aussi lui imposer ses incohérences internes qui sont légions.

 

L'autre modèle est celui d'une université publique. Dans ce modèle, la notion de service public est attachée à l'université. Les objectifs de l'Université publique ne doivent donc être soumis qu'à des impératifs d'intérêt général et de libre accès à tous. Ces impératifs sont incompatibles avec les réformes actuellement à l'œuvre.

La mission de service public de l'ESR est dans le développement de la connaissance scientifique et du savoir humain dans tous les domaines et dans sa diffusion au plus grand nombre possible dans les meilleurs conditions possibles. Si l'université a un rôle de service publique, elle ne doit dépendre que de fonds publiques

 

Aujourd'hui il s'agit de faire un choix entre ces deux modèles. La baisse des dotations publiques va dans le sens du modèle libéral. Accepter ces baisses de dotations, c'est accepter ce modèle. Voter un budget en baisse, et donc voter ses conséquences que nul ne peut ignorer, c'est participer à sa mise en place.

 

En réduisant le budget de l'ESR, l'Etat impose aux universités et organismes de recherche une marche forcée vers la chasse aux capitaux privés.

Dans ce cadre, l'Université de Strasbourg n'a pas voulu rater l'opportunité apparente des SATT, sociétés privées dont les actionnaires sont des organismes publics et a été une des premières universités actionnaires d'une SATT. Cette décision a été prise principalement pour alléger la masse salariale des défunts services de valorisation mais a aussi été motivée par un financement, par l'ANR, visant à accompagner la création des SATT. Ce financement s'arrêtera au premier janvier. A la même date l'an passé il était convenu que la SATT Conectus Alsace gérerait, en plus des contrats privés, les contrats publics de financement de la recherche. Il s'est avéré qu'un tel montage n'était pas conforme au droit européen. Lors de la séance du CA du 17 Décembre 2013, celui où avait été voté le budget 2014, avait alors été décidé une augmentation du taux des prélèvements de la SATT sur tous les contrats de 4 à 7%. Quelles seront les conséquences de l'arrêt du financement ANR sur ce taux afin d'éviter une faillite de la SATT ? Notre université devra-t-elle supporter financièrement la SATT ? Il s'agit ici d'un exemple montrant que l'université n'est pas faite pour le modèle libéral.

 

Nous ne pensons pas que les logiques économiques libérales puissent être appliquées à l'enseignement supérieur et la recherche, l'écart séparant les deux mondes étant trop grand. Le combler suppose des mesures d'austérité criminelles et une restructuration dont les conséquences ne sont pas acceptables.

 

Nous revendiquons une université publique. De ce fait, nous ne pouvons accepter cette nouvelle baisse de budget. Devant la menace de son acceptation, nous nous sommes vus contraints de l'empêcher par tous les moyens. Nous avons donc décidé d'envahir ce conseil d'administration. Aujourd'hui nous empêcherons ce budget d'être voté. Aujourd'hui nous disons non à l'Université libérale soumises aux intérêts privés. Aujourd'hui nous vous appelons à reconnaître votre responsabilité politique en condamnant cette politique d'austérité destructrice pour nous tous.

 

La place de l'Université dans la société est trop importante pour qu'on la délaisse. Sachez que nous la défendrons à tout prix. L'accès à un enseignement supérieur de qualité est un droit pour toutes et tous. L'Université doit être synonyme d'enrichissement personnel. Elle est un lieu où le savoir et l'intérêt scientifique ne peuvent pas passer après les logiques de rentabilité économique.

 

C'est pourquoi nous revendiquons :

 

Une augmentation et une redistribution des moyens !

Pour un refinancement public massif des facultés à la hauteur de leurs besoins. Pour une juste répartition des budgets entre les filières. Pour une augmentation significative des recrutements de tous les personnels de l'Université (enseignants et non-enseignants). Contre la précarisation des personnels de l'Université : pour la titularisation de tous les vacataires.

Pour la possibilité pour TOUS d’accéder au savoir : pour une Université libre, gratuite, ouverte à tous, émancipatrice ! ─ Contre l'enseignement supérieur à deux vitesses : pour une qualité de financement à la hauteur des grandes écoles et des investissements d'excellence.

Pour une augmentation des bourses sur critères sociaux et élargissement des critères d'attributions : pour en finir avec le salariat étudiant ! Contre toute forme de sélection à l'entrée à l'université.

Contre l'Université-entreprise ! Contre les diplômes discount qui ne donnent droit qu'à des emplois discount. Pour un réel accompagnement pédagogique et un contenu de qualité pour tous les diplômes. Pour un financement 100 % public de l'Université et contre la mise en concurrence des établissements, des filières, des enseignant-chercheurs et des étudiants.

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Publié le 15 Décembre 2014

Nos raisons pour dire NON au budget 2015 de l’Université de Strasbourg

 

Le Conseil d’administration de l’Université de Strasbourg s’apprête à voter le budget pour l’année 2015. Nous estimons dès maintenant que ce budget est inacceptable : non seulement il n’apporte aucune réponse aux restrictions financières intervenues précédemment dans notre université, mais aussi ce budget présente un équilibre trop précaire, qui se transformerait facilement en déficit si une nouvelle baisse des dotations ministérielles devait intervenir. Voilà quelques observations :

Le budget 2015 de l’UdS ressemble pour la plupart au budget rectifié 2014 : la réduction des budgets aux composantes et aux unités de recherche est reconduite pour 2015. Aucune solution est donc envisagée face à la baisse de 3,8 millions d’euros qui en janvier a entrainé la réduction de 20% du budget de fonctionnement de toutes les composantes. Même pour les services centraux la dotation est reconduite à la hauteur du budget corrigé 2014.
Concernant le plan emploi, nous constatons avec préoccupation que l’administration de l’université continue dans sa politique de gel de postes : après les 85 postes d’enseignants-chercheurs, enseignants et BIATSS qui n’ont pas été renouvelés les années précédentes, pour 2015 c’est au total 34 postes qui seront gelés. La dégradation de la qualité des services pédagogiques et administratifs de l’université est évidente, et ses effets sur la vie étudiante sont malheureusement déjà connus.
Pour les crédits à la recherche, là aussi c’est l’austérité qui s’impose : les ouvertures des crédits en fonctionnement sont en diminution de 0,57 millions d’euros et celles en investissement de 1,55 millions d’euros. L’université est contrainte de réduire les projets d’investissement financés sur ressources propres au profit de ceux financés dans le cadre de programmes publics (Opération Campus, IdEX, CPER, etc.), programmes qui ne garantissent pas un financement équitable de tous les projets ni de toutes les composantes de l’université.
L’augmentation des crédits pour la politique immobilière (maintenance, nettoyage, énergies) arrive seulement en compensation de la baisse drastique que celle-ci avait subi dans le budget 2014 : c’est donc une augmentation qui la reporte au niveau d’avant 2014 ; mais ce niveau était déjà insuffisant pour garantir un entretien satisfaisant de nos bâtiments.
Si dans l’absolu les ressources propres de l’Université augmentent, cela est du à l’augmentation nationale des frais d’inscription : peut-on se réjouir de cela si le maintien d’un niveau minimal de ressources propres est du en large partie à l’augmentation des frais, et donc repose sur le dos des étudiants ?
L’excédent de fonctionnement qui se dégage d’une analyse des dépenses et des recettes est de seulement 45.323 euros, qui sont largement insuffisants pour garantir une quelconque marge de manœuvre à l’université pendant l’exercice financier : cela entraine l’impossibilité de renforcer le fonds de roulement avec lequel l’université finance des projets d’infrastructures pédagogiques et informatiques.

Si le budget reste en équilibre pour 2015, la route tracée pour l’Université de Strasbourg est celle du déficit, et c’est l’administration elle-même qui l’admet dans la « Note de présentation du Budget Primitif 2015 » : le risque de déficit s’accroit en raison de l’augmentation plus rapide des charges obligatoires (fluides, contrats de maintenance, GVT, etc.) par rapport aux recettes. Pour ces charges, la mise en place d’un dispositif de maîtrise à court terme est quasiment impossible. Le budget est en équilibre précaire : une modification dans les crédits dévolus à l’Université contraindrait l’établissement à prendre dans un second temps des décisions budgétaires délicates. Donc des nouvelles coupes pour garder la santé financière de l’université !

 

Mardi 16 décembre. Une seule solution : le blocage du CA !

 

Pour ces raisons, le vote de mardi 16 décembre au CA de l’UdS représente une étape cruciale avec laquelle notre communauté universitaire peut dire NON à l’austérité. Malgré les prises de positions du président Beretz et d’autres membres des conseils centraux, nous ne pouvons pas faire confiance aux personnes qui ont été les meilleurs élèves du gouvernement lorsqu’il a fallu mettre en place les dispositifs de destruction de l’ESR, notamment les lois LRU et Fioraso. Ce ne sera pas le réveil tardif des serviteurs du capital qui sauvera l’université !
La mobilisation qui a monté à l’UdS depuis le mois de novembre, et qui a vu sa meilleure expression pendant la Journée nationale de mobilisation du 11 décembre, représente le seul espoir de création d’un rapport de force face aux politiques gouvernementales. Nous saluons la décision annoncée en AG par les élus RDC, UNEF et AFGES de voter contre ce budget. Cependant, nous croyons que ce n’est pas avec les mathématiques qu’on créera ce rapport de force : le risque que les votes « contre » ne soient pas majoritaires lors du CA est trop élevé, en sachant aussi le pouvoir de chantage que Beretz et capable de mobiliser auprès de « ses » élus.

Le signal fort qui doit arriver au gouvernement n’est pas celui de quelques administrateurs qui se réveillent à la dernière minute et reportent l’adoption du budget. Le signal que nous voulons donner est celui d’une communauté universitaire entière qui se mobilise et qui bloque le vote du CA comme seule réponse à un budget inacceptable. Que les élus du CA qui souhaitent voter contre ce budget refusent de participer à la séance, qu’ils votent en AG pour le blocage et qu’ils accompagnent les étudiants et les personnels lors de l’intervention au CA !

 

Soyons nombreux lors de la mobilisation de mardi 16 décembre :
 

12h Assemblée générale unitaire (amphi 5 Institut Le Bel) : https://www.facebook.com/events/1524891084452265/

14h Intervention au Conseil d’administration (Fac de Droit)

 

 

L’Union des Étudiants Communistes de Strasbourg

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Publié le 14 Décembre 2014

Ce jeudi 11 novembre, à l’appel du Comité de mobilisation étudiant et de l’Intersyndicale de l’Université de Strasbourg, s’est tenu une Assemblée générale. Cette dernière s’est déroulée dans le cadre de la mobilisation nationale du 11 décembre contre les coupes budgétaires qui détruisent nos universités et notre avenir. 150 étudiants et 50 personnels de l’UdS ont débattu sur la situation actuelle de l’université. 136 millions d’euros de baisse de budget sur l’ensemble du territoire, sachant qu’en amont 180 millions ont déjà été amputés au budget de l’Enseignement supérieur et la recherche [ESR] les années précédentes. De plus, sur la période 2015/2017, ce seront 1,6 milliards d’euros de moins qui seront alloués à l’ESR : en plein accord avec les politiques austéritaires menées actuellement par le gouvernement. Dans un second temps, l’assemblée a abordé les perspectives d’actions et de mobilisation pour les semaines à venir. Le sort destiné au Conseil d’administration [CA] qui se tiendra le mardi 16 décembre, où le budget en baisse sera très certainement voté, sera décidé lors d’une AG à 12h le même jour. Toujours lors de l’AG, le principe de la grève des enseignants-chercheurs et des personnels a été voté à la majorité des présents. La mobilisation n’en est qu’à son commencement !
Le Comité de mobilisation et l’Intersyndicale ont ensuite appelé à une manifestation partant du Patio jusqu’au rectorat en passant par le préfecture, où une délégation composée de syndicalistes et d’associatifs a été reçue. « Étudiants et personnels : l’Université se soulève ! », était le slogan inscrit sur la banderole tenue en tête du cortège. 300 personnes ont défilé dans les rues de Strasbourg en scandant « Hollande, Fioraso commis du patronat ! L’austérité on en veut pas ! ».
Malgré les négociations en cours et l’annonce insignifiante de François Hollande de réinvestir 70 millions dans l’ESR, l’UEC, active aux côtés de la communauté universitaire, poursuit la lutte pour un réinvestissement massif dans l’université à hauteur de ses besoins ! Notre message, soutenues par nos interventions en AG, est clair : assez des négociations stériles, il n’y aura pas de compromis, nous voulons une université de qualité qui réponde aux aspirations populaires des étudiants !

 

Rendez-vous mardi 16 décembre pour le CA budgétaire : AG à 12h amphi 5 de l'Institut Le Bel et 14h intervention au CA selon la decision souveraine de l'AG.
 

L'Union des étudiants communistes de Strasbourg

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Publié le 9 Décembre 2014

L'Union des étudiants communistes de Strasbourg soutient et appelle à la journée de mobilisation du 11 décembre.

Le jeudi 11 décembre est organisée une journée nationale d'action pour l'Enseignement Supérieur et la Recherche.

À l'Université de Strasbourg, de nombreuses actions de mobilisation auront lieu tout au long de la matinée. Voir l'événement Facebook consacré : https://www.facebook.com/events/752663338142182

Une Assemblée Générale ouverte à tous les étudiants, tous les personnels, enseignants, doctorants et vacataires se tiendra à 12h30.

Elle sera suivi d'une manifestation en direction de la préfecture, puis du rectorat.

Nous devons tous nous mobiliser pour la défense de notre intérêt commun :

  • Contre cette université austère que tout pousse à la faillite !
  • Contre les différentes réformes qui ouvre l'Université aux capitaux privés : non à l'Université-entreprise !
  • Pour une université refinancée entièrement par des fonds publics et à hauteur de ses besoins !

 

12h30 : Assemblée générale des étudiants et personnels Amphi 2 au Patio

14h : Manifestation au départ du Patio, en direction de la Préfecture, puis du Rectorat.

 

Afin de préparer au mieux les actions du 11 décembre, nous invitons tous les étudiants et personnels de l'Université à se coordonner dans le comité de mobilisation qui se tiendra mardi 9 décembre à 18h au Patio.

 

Le Comité de mobilisation de Strasbourg. (Page Facebook du comité : https://www.facebook.com/NomProvisoire)

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Publié le 3 Décembre 2014

Le CFVU de l’Université de Strasbourg vote contre les étudiants étrangers !

Alors que la propagande de la direction de l’Université de Strasbourg revendique son taux exceptionnel d’étudiants étrangers, les instances centrales de l’université votent le contraire ! Réuni en session hier soir, la CFVU (Commission de la Formation et de la Vie Universitaire) a voté l’adhésion de notre université à Campus France ! Bien que ce vote ait besoin de la ratification de la part du Conseil d’administration avant d’entrer en vigueur, nous exprimons dès maintenant notre inquiétude et notre déception !
Campus France est un système mis en place par Sarkozy en 2010 qui remplace les universités dans la gestion des dossiers d’accueil et d’inscription des étudiants étrangers hors Union européenne. L’adhésion à Campus France étant facultative, l’UdS avait toujours refusé d’y faire partie jusqu’à présent. Si l’Université de Strasbourg validera son adhésion à Campus France, ce ne sera plus elle seule la juge pour accepter ou non un étudiant étranger, mais elle déléguera cette mission à un établissement extérieur à l’université : ce sera Campus France qui étudiera les dossiers des étudiants étrangers et qui aura la souveraineté de décider de les admettre ou pas.
Mais Campus France est un système pervers qui met en place de facto une politique de sélection sociale des étudiants étrangers, qui s’ajoute à toute la série des obstacles qui existent déjà pour ces étudiants (système des visas, décret du 6 septembre 2011, exclusion du système des bourses, etc.). Les étudiants étrangers les plus démunis, aussi bien ceux qui sont politiquement exposés dans leurs pays d’origine, sont plus faciles à exclure des universités avec le système Campus France. En effet, la pertinence de ses décisions est tout à fait arbitraire : pour l'accomplissement de ses missions, il s’appui sur le réseau diplomatique français à l'étranger, alors que normalement la mission de traiter les dossiers des étudiants devrait être confiée à des équipes pédagogiques et administratives des universités. Par ailleurs, Campus France met en place un dispositif d’accueil dématérialisé (avec une seule assistance par mail) et impose aux étudiants des coûts trop élevés lorsqu’ils sont en train de boucler leur dossier d’inscription.
Nous dénonçons qu’avec ce vote du CFVU, l’Université de Strasbourg risque de renoncer à jamais à sa tradition historique d’accueil des étudiants étrangers, à sa vocation internationale ainsi qu’au modèle d’une université qui s’oppose, au moins dans la forme, à une sélection sociale de ses étudiants !
Nous saluons la CFVU récemment élue comme ennemi des étudiants étrangers ! Vous aurez le plaisir de notre opposition la plus déterminée. Alors que nous luttons tous les jours pour une université accessible à tous, ouverte aux étudiants internationaux et lieux de construction concrète de la solidarité entre les étudiants, les institutions de l’Université de Strasbourg ont décidé d’entreprendre le chemin contraire. Nous en prenons acte et nous appelons dès maintenant le Conseil d’administration à ne pas ratifier l’adhésion de notre université à Campus France !
Nous demandons au gouvernement de remettre en question ce système pervers et de l’abandonner ! L’accueil, l’aide et la gestion des inscriptions des étudiants étrangers doivent redevenir une prérogative exclusive des universités et des CROUS. Que tous les deux soient refinancés afin qu’ils puissent accomplir ces missions dans l’intérêt des étudiants étrangers qui viennent en France pour étudier et contribuer au rayonnement de nos établissements !


L’Union des Étudiants Communistes de Strasbourg

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Publié le 1 Décembre 2014

Mercredi 26 novembre, nombreuses étaient les personnes présentes à l’appel du Collectif pour une autre politique migratoire devant les Institutions européennes strasbourgeoises.
Cette action symbolique, réalisée dans le cadre de la semaine internationale de la solidarité, a réuni associations, collectifs et députés européens engagés, qui ont formé une chaîne humaine afin de revendiquer les droits des migrants en Europe. Parmi eux, le collectif Justice et Libertés, le Mouvement contre le racisme et pour la solidarité entre les peuples ou encore la Coordination des résidents étrangers de Strasbourg.
Les revendications portées par le mouvement et appuyées par les interventions des députés présents comme Marie-Christine Vergiat, Eva Joly, Barbara Spinelli, Cornelia Ernst et Malin Björk sont principalement :
Une réaffirmation de l’intangibilité du droit international par une application effective de la Convention de Genève, et donc, la délivrance de visas
Des investissements économiques et une aide au développement inscrits dans une dynamique d’égal à égal avec les pays du sud de la Méditerranée
Un contrôle démocratique des accords passés entre FRONTEX (Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures) et les pays tiers.
Les manifestants portant chacun sur une bulle un passage de récit d’un migrant en français, anglais, espagnol ou allemand ont marché depuis la Cour Européenne des Droits de l’Homme pour arriver face au Parlement Européen. Paradoxalement, le cortège de 200 personnes venues demander pacifiquement une ouverture des frontières s’est retrouvé accueilli par un double barrage de CRS en grande tenue pour l’événement. C’est ici que la phrase d’accroche du Collectif pour une autre politique migratoire, « L’Europe est en guerre contre un ennemi qu’elle s’invente ! », prend tout son sens.

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Comme nous l'avions déjà affirmé en mai dernier à l'occasion de la Marche pour la liberté, les Jeunes communistes du Bas-Rhin et l’Union des Étudiants Communistes de Strasbourg, présents lors de la manifestation du 26 novembre, renouvellent leur soutien aux revendications des migrants !  
À leurs côtés, nous lutterons toujours pour abattre les outils de l’exploitation capitaliste à l’échelle internationale et pour bâtir un nouvel ordre mondial ayant comme principes la solidarité internationale des peuples et la destruction de toute frontière à la circulation des femmes et des hommes !


Les Jeunes communistes du Bas-Rhin & l’Union des Étudiants Communistes de Strasbourg.

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