Publié le 27 Janvier 2016

 

Compte-rendu de la venue de Nicolas Sarkozy à la Librairie Kléber et de la répression dont ont été victimes les camarades du MJCF 67 et de l’UEC Strasbourg.

 

Le mardi 26 janvier, Nicolas Sarkozy était à la Librairie Kléber de Strasbourg pour la première dédicace de son livre « La France pour la vie ». La librairie était envahie par de nombreux curieux en quête de « selfie » et par quelques sympathisants de l’ancien président. Beaucoup de badauds se trouvaient en face de la librairie, mais après avoir connu la raison de toute cette foule et du dispositif policier sur place, ils ont exprimé un vif mécontentent du bilan de la présidence Sarkozy. Vers 16h30 nous avions appris que la venue de Sarkozy à Strasbourg, annoncée dans la presse dans le week-end, était confirmée. Quelques militants strasbourgeois du MJCF et de l’UEC, se sont retrouvés devant la librairie Kléber pour unir leurs voix de mécontentement.


À notre arrivée sur place nous avons entonné quelques slogans : « Sarkozy au RSA ! » ou encore « Escrocs partout ! Justice nulle part ! ». Très rapidement les policiers nous ont contrôlés et fouillés. L’un d’entre eux a menacé ouvertement l’un de nos camarades avec ces mots :« Conseil d’un ancien face à un tout jeune, je te chope par la peau du cul, je t’emmène au poste pour te tirer les oreilles et les tailler en pointe ». Les forces « de l’ordre » nous ont dit ensuite qu’il était interdit de chanter des slogans sous peine d’être arrêtés et de passer la nuit en garde à vue. Suite à cet avertissement qui était une véritable menace et face à un dispositif policier disproportionné autour de nous, nous avons décidé d’exprimer notre hostilité à l’ancien président sur des pancartes. Mais comme nous sommes dans un pays libre, où tout individu a le droit de s’exprimer, les policiers nous ont contrôlé une deuxième fois et nous ont confisqué toutes les pancartes.

 

Lorsque nous avons tenté de discuter avec les policiers, ils se sont montrés fermés à tout échange, se limitant à dire qu’ils ne faisaient qu’exécuter des ordres et qu’ils ne voulaient pas entamer un débat politique. Nous aurions pu leur parler du président Sarkozy qui supprime plus de 12 000 postes de policier sous son mandat, cela aurait peut-être pu les faire réfléchir. Nous avons tout de même réussi à leur arracher quelques mots. Quand nous leur avons demandé de quel droit nous prenaient-ils nos pancartes, ils nous ont répondu que l’état d’urgence pouvait tout leur permettre sans avoir à rendre aux citoyens une justification de leurs agissements allant à l’encontre des libertés les plus fondamentales. Ils ont ajouté que si l’un d’entre nous avait l’audace de chantonner un petit slogan, ils auraient embarqué tous ceux qui avaient été identifiés comme hostiles à la venue de Sarkozy. En clair, si une seule personne chantait un slogan, ça aurait été l’ensemble de nos camarades présents qui aurait été arrêté et placé en garde à vue. Logique, non ?


Quelques minutes plus tard, un sac avait été abandonné à côté de l’entrée de la librairie. Un policier nous a demandé si le sac était à nous. Malgré notre réponse négative, celui-ci a insisté contre l’un de nos camarades qui ne prêtait pas attention au policier. Ce dernier a tenu une attitude très agressive et a insulté le camarade. C’est dans ce contexte de plus en plus violent que quelques minutes après un policier en civil nous a forcé à nous éloigner de la librairie, alors que les agents du Renseignement Territorial (les anciens Renseignements Généraux) nous entouraient. Il y avait pas mal de curieux à l’entrée, mais nous avons été les seuls à se faire déplacer, bien que nous n’avions plus de pancartes et que nous ne chantions aucun slogan. Nous avons ensuite été contrôlés pour la troisième fois par les mêmes policiers. Pendant la fouille, un camarade a insisté pour comprendre de quel droit les policiers nous traitaient-ils de la sorte. La seule réponse a été « l’état d’urgence me le permet gamin ». Le ton montant rapidement, la police devenait particulièrement agressive, même physiquement. Nous sommes parvenus avec difficulté à détacher un camarade de la prise de deux policiers, qui, l’accusant de les avoir pris en photo, voulaient sans doute l’emmener en garde à vue. Mises en échec par notre intervention, ils ont déchargé leur frustration sur le camarade, le menaçant directement : si une seule photo ou vidéo des policiers finit sur internet, ils auraient porté plainte contre lui.


Le moment de la sortie de Sarkozy de la librairie s’approchant, un commissaire de police nous a rappelé une dernière fois que si nous chantions un seul slogan nous aurions tous passé la nuit en garde à vue. Lorsque Sa Majesté est finalement sortie de la librairie, nous nous sommes retrouvés encerclés par policiers et agents du RT, sans pancartes et risquant une nuit de prison si on ouvrait la bouche. Nous avons été tenus au loin par les policiers, alors que Sarkozy pouvait faire son numéro de propagande médiatique en serrant quelques mains des curieux en face de la librairie. L’ancien président de la République s’est même comparé à Racine durant sa logorrhée dans la librairie. Malheureusement le ridicule ne tue pas.

 

Au-delà de la violence policière et des menaces infligées à l’encontre de nos camarades (auxquelles nous avons malheureusement été habitués tant à l’époque de Sarkozy que sous le gouvernement « socialiste »), les événements de ce 26 janvier confirment que l’état d’urgence permet la répression systématique des militants. La journée a rejoint son paroxysme lorsque deux jeunes, tout en se déclarant sympathisants de Sarkozy, ont attaqué verbalement à plusieurs reprises les policiers, leur demandant pourquoi les pancartes des communistes étaient réquisitionnées alors que celles pro-Sarkozy ne l’étaient pas.

 

Sous l’état d’urgence, la liberté d’expression est définitivement à géométrie variable. Elle est tolérée lorsqu’elle ne s’attaque pas aux institutions et à la classe dominante. Elle est réprimée et réduite au silence lorsqu’elle entend dénoncer les ravages du système capitaliste et de ses dignes représentants. L’état d’urgence est non seulement anti-social, il remet aussi en question les derniers vestiges des mots creux des libéraux tels que « liberté d’expression » : aujourd’hui, en France, un groupe de jeunes risque la prison s’il adresse un slogan contre un responsable politique !

 

Nous rappelons enfin qu’en France, même après les dispositions de l’état d’urgence, il n’est pas interdit de filmer ou de prendre en photo un policier dans l’exercice de ses fonctions ! Il existe toute une jurisprudence sur laquelle nous basons cette affirmation : http://copwatch.fr/agir/connaitre-ses-droits/article/filmer-la-police. Donc, au contraire du contenu des menaces que nous avons subies ce mardi, nous réitérons notre appel à prendre en photo, à filmer, à aller voir de plus près ce qu’il se passe durant les interpellations arbitraires dans la rue, à ne pas rester passif face aux abus policiers. Nous avons le devoir de témoigner et de dénoncer les abus dont nous sommes victimes ou spectateurs lors des mesures d’application de l’état d’urgence. Ni l’état d’urgence ni les menaces policières nous empêcheront de manifester et de gâcher la fête aux chiens de garde de la classe patronale lors de leurs visites à Strasbourg !

 

De plus, suite à de nombreux témoignages, nous nous étonnons du cortège royal disproportionné accompagnant Sa Majesté Sarkozy qui se permet de parader dans Strasbourg comme dans son fief sans qu’aucun gueux ne le dérange. Une question nous taraude : à quand la fin des privilèges injustifiables alloués aux anciens chefs d’État ?

 

 

Le Mouvement des Jeunes Communistes Bas-Rhin et l’Union des Étudiants Communistes de Strasbourg

 

Sarkozy à Strasbourg : l’état d’urgence n’est pas compatible avec la liberté d’expression des militants communistes !

Voir les commentaires

Rédigé par Union des étudiants communistes de Strasbourg

Repost 0

Publié le 25 Janvier 2016

Solidarité avec les vacataires de l'IEP Strasbourg en grève le mardi 26 janvier ! Non aux retards dans le paiement des vacataires de toute l'Unistra !


Le communiqué des vacataires de l'IEP Strasbourg :

Le mardi 26 janvier 2016, jour de mobilisation intersyndicale des agents de la fonction publique contre l’austérité, les vacataires de la bibliothèque de l’IEP Strasbourg cessent le travail !

Nous nous positionnons résolument contre l’austérité organisée qui tue à petit feu les services publics et en particulier l’Université de Strasbourg et ses bibliothèques ! Réduction des budgets, diminution des horaires d’ouverture, désabonnements en masse aux revues scientifiques et acquisitions de nouveaux ouvrages réduites, gels et suppressions de postes, etc. Cela suffit !
Étudiants et personnels de l'Unistra, nous voulons des moyens pour étudier et travailler dans de bonnes conditions !

En tant que vacataires de l’Unistra, notre revendication est simple : nous voulons être payés ! Depuis septembre 2015, nous n’avons reçu que deux versements correspondants aux mois de septembre et octobre… À croire que la vacation est du bénévolat et que nous pouvons bien attendre 3 ou 4 mois avant d’être payés. Ce qui serait une aberration chez les titulaires ou les contractuels, est désormais considéré comme « normal » pour TOUS les vacataires de l'Unistra.

Nous travaillons à l’Université de Strasbourg, nous contribuons à son fonctionnement quotidien, nous voulons être payés au mois et considérés non pas comme des « consommables » mais comme des travailleurs à part entière !

 

Les vacataires de la bibliothèque de l'IEP Strasbourg

Les vacataires de la bibliothèque de l'IEP Strasbourg en grève !

Voir les commentaires

Repost 0

Publié le 22 Janvier 2016

"Sciences, Écologie et Progrès" - Conférence avec Amar BELLAL, le 28 janvier à l'Institut Le Bel

"Sciences, Écologie et Progrès" - Conférence avec Amar BELLAL (directeur de rédaction de la revue Progressistes)

le jeudi 28 janvier à 18h30 à l'amphi 1 de l'Institut Le Bel (campus central).


Deux mois après la COP21 et les vaines promesses faites par nos gouvernements, il est légitime de se poser plusieurs questions.
Comment résoudre le problème écologique et éviter la catastrophe ? La décroissance est-elle la solution ? Comment changer nos modes de vies sans que cela pèse sur les épaules des plus pauvres d'entre-nous ? L'écologie est-elle vouée à devenir juste un privilège pour les plus aisés ? Et qu'en est-il de la question énergétique ? Quelle place peut avoir la recherche scientifique dans la résolution de ces défis ?
C'est à ce questionnement que nous allons tenter de trouver des réponses et des pistes qui pourraient allier sciences, écologie et progrès.

Organisée par :
- UEC Strasbourg :
http://uecstrasbourg.over-blog.com/
- CERM Bas-Rhin : https://www.facebook.com/cermbasrhin/?fref=ts
- Revue Progressistes : http://revue-progressistes.org/


Lien de l'évébement Facebook : https://www.facebook.com/events/925722700837669/

Voir les commentaires

Repost 0

Publié le 20 Janvier 2016

Depuis le 18 janvier, des gardiens de sécurité circulent sur le campus de l’Esplanade et dans les locaux de l’université. Ils sont regroupés en équipes de deux personnes, habillées d’un uniforme jaune. La véritable finalité de cette présence n’est pas connue, mais leur seule action visible, pour l’instant, a été d’expulser une personne sans abri du bâtiment du Patio.

Un contrat a être signé par les services centraux de l’Unistra, seuls compétents en la matière. Cet accord a été conclu dans le plus grand silence, sans qu’aucune information directe n’ait été fournie à la communauté universitaire, notamment sur le montant et la durée d’un tel contrat liant l’université à une compagnie privée.

Déjà lors de la cérémonie des vœux 2016 de l’Université de Strasbourg, le 12 janvier dernier, l’UEC avait mis en garde la communauté universitaire contre l’austérité dans le monde de l’éducation, mais également contre l’état d’urgence qui a des conséquences directes sur la vie étudiante (http://uecstrasbourg.over-blog.com/2016/01/joyeuse-austerite-joyeux-etat-d-urgence-a-l-universite-de-strasbourg.html). La confirmation de la dérive sécuritaire ne s’est pas faite attendre, et une semaine plus tard c’est une société de sécurité privée qui fait son apparition sur le campus.

Il existe déjà un Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT : https://www.unistra.fr/index.php?id=19537) ainsi qu’un Service prévention, sécurité et environnement (SPSE : https://www.unistra.fr/index.php?id=18762). Ces deux organes sont gérés par ou en coordination avec des membres de la communauté universitaire. Nul besoin donc de recourir à une société privée !

C’est suite aux attentats de Charlie Hebdo en janvier dernier que l’on a commencé à voir la police circuler régulièrement au sein même du campus, interpellant et fouillant arbitrairement des étudiants immigrés ou militants (http://uecstrasbourg.over-blog.com/2015/01/apres-les-larmes-les-mesures-securitaires-s-imposent-deja-a-l-universite-de-strasbourg.html).

Combien de policiers, combien de gardiens faudra-t-il avant que l’Unistra devienne un lieu plongé dans la privatisation et le délire autoritaire ?

Les universités constituent des environnements favorisant l’émancipation et le développement de la pensée critique. Une compagnie privée de sécurité n’a rien à y faire ! En outre, cette présence est contraire à l’image de liberté et d’ouverture qu'est revendiquée par l’Unistra, en opposition notamment avec certaines de ses homologues parisiennes où l’accès aux bâtiments est entièrement contrôlé par des gardiens. Le président de l'Unistra Alain Beretz déclarait, dans sa lettre à la communauté universitaire faisant suite aux attentats du 13 novembre, que « nous devons nous rassembler autour de nos valeurs, liberté, égalité, fraternité ». Seulement pour Alain Beretz liberté égalité fraternité riment avec société privée de sécurité !

L'Union des Étudiants Communistes de Strasbourg dénonce cette nouvelle étape dans la dérive sécuritaire de l'Université de Strasbourg. Nous exigeons de la part de la direction de l’Unistra qu’elle informe l’ensemble de la communauté universitaire sur la finalité ainsi que le montant du contrat qu’elle a conclu avec cette société privée. Nous invitons les étudiants et les membres du personnel de l’université à observer au plus près les actes et manœuvres de ces gardiens de sécurité, et le cas échéant, à leur demander de s’identifier et de justifier leur présence.

 

L'Union des Étudiants Communistes de Strasbourg

L’état d’urgence à l'Université de Strasbourg : après la police, les gardiens de sécurité privés !

Voir les commentaires

Repost 0

Publié le 12 Janvier 2016

Joyeuse austérité, joyeux état d'urgence à l'Université de Strasbourg !
Joyeuse austérité, joyeux état d'urgence à l'Université de Strasbourg !

L'UEC était présente à la cérémonie de vœux 2016 de l'Université de Strasbourg, pour rappeler qu'il n'y a rien à fêter dans un pays où l'austérité fait des ravages dans les mondes du travail et de l'éducation et où l'état d'urgence ne sert qu'à museler les mouvements sociaux et renforcer le racisme d’État !

L'austérité à la fac et dans les services du CROUS continuent à remettre en cause de centaines de parcours, minant nos conditions de vie et d'étude. Malgré un budget 2016 de l'Unistra qui, suite aux fortes mobilisations des deux dernières années, relance partiellement la masse salariale et les investissements pour la rechreche, pour nous le compte n'y est pas : les millions d'euros de coupes budgétaires, les suppressions de postes d'enseignants, les suppressions de TD et TP, les réductions des horaires des bibliothèques et des services administratifs... nous n'oublions pas ces attaques et nous serons toujours mobilisés pour l'obtention d'un véritable réinvestissement dans l'éducation !

Mais nous avons également voulu dénoncer que l'année 2016 commence sous le signe de l'état d'urgence. Pourquoi le rappeler à l'Unistra ?
Car cela fait des années que la direction n'hésite pas à envoyer régulièrement la police pour réprimer les étudiants et que l'état d'urgence lui permet de franchir une nouvelle étape. Il permet aux forces de l'ordre de circuler en toute tranquillité dans l'enceinte du campus et de procéder à des fouilles arbitraires et à des arrestations, pour des raisons qui n'ont bien évidemment rien à voir avec "la protection de la menace terroriste". Ces actes ne font que stigmatiser une partie de la population estudiantine et aggraver la discrimination et le racisme d’État. Dans sa lettre à la communauté universitaire suite aux attentats du 13 novembre, le président de l'Unistra Alain Beretz disait que "nous devons nous rassembler autour de nos valeurs, liberté, égalité, fraternité". Force est de constater que c'est tout le contraire qui a eu lieu !

 

Joyeuse austérité et joyeux état d'urgence à tous !

 

L'Union des Étudiants Communistes de Strasbourg

Joyeuse austérité, joyeux état d'urgence à l'Université de Strasbourg !

Voir les commentaires

Repost 0