Publié le 24 Juin 2016

Brexit : un coup salvateur porté à l'Union Européenne

Hier matin, tonnerre médiatique. Alors que, la veille au soir encore, toute l'élite médiatique européenne, de BHL aux éditocrates, affirmait que le remain l'emporterait, tout ce joli petit monde s'est pris une belle gifle hier matin. Et c'est jubilatoire. C'est jubilatoire de voir que les eurobéats, qui prétendent penser à la place du peuple, soient secoués par le peuple britannique.

En revanche, en tant que communistes, on peut légitimement s'interroger : que va changer cette sortie de l'UE, portée par des conservateurs, pour les classes populaires du Royaume-Uni et de l'Europe ?

 

Le traitement médiatique et politique de l'événement : un moment révélateur de la nature bourgeoise de l'UE.

Avant d'analyser le Brexit plus en détail, il est intéressant de revenir sur la façon dont cet événement a été perçu et analysé par la classe médiatique et la classe politique.

Du côté des médias, rien de vraiment surprenant : derrière des articles prétendument objectifs, il s'agissait d'établir un amalgame fallacieux et révoltant. En effet, on a vu fleurir les articles et les « analyses » montrant que les partisans du Brexit n'avaient rien compris à l'UE, qui était un outil formidable. Dès lors, les eurosceptiques étaient amalgamés avec les nationalistes, assimilés à une idéologie rétrograde et réactionnaire. C'est un phénomène qui n'a rien de nouveau. Déjà en 2005 lors du vote contre le TCE, tous les amalgames avaient été faits par une caste médiatique qui sentait que la légitime colère du peuple allait se retourner contre elle : des gens authentiquement de gauche se sont vus taxés de nationalistes, de populistes ou de menteurs. Ces assertions, souvent pauvres en argumentation et riches en insultes infondées, ont été le seul son de cloche médiatique.

Si l'avant est intéressant, l'après l'est tout autant. Aujourd'hui, tous les médias ont souligné à quel point ce résultat du vote sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'UE était dangereux. D'après eux, seul un parti est favorable au Brexit : le Front National. Dès lors, tous les partisans français du brexit et, plus largement, tous les eurosceptiques d'Europe se retrouvent une fois de plus associés à des crapules réactionnaires qui ne représentent absolument pas les aspirations populaires. C'est aussi dans les médias que le caractère profondément dictatorial de l'UE s'est révélé : le 22 Juin, l'éditorialiste Jean Quatremer déclarait, à propos d'un éventuel Brexit : « Pour éviter l'effet de contagion, il faut que le départ soit douloureux. » Comme pour la Grèce, on voit que l'UE est une construction bourgeoise et autoritaire : il ne faut pas remettre ses diktats en cause, sous peine de se faire corriger comme il se doit.

Pour ce qui est de la classe politique, le fait marquant est que la campagne du Brexit a révélé une chose : l'Europe de la paix, ça marche ! En effet, tous les eurobéats du continent, de Jérémy Corbyn à Nicolas Sarkozy, ont mis leurs divergences de côté pour clamer à l'unisson leur amour de l'UE. Une Europe de la paix donc, mais de la paix entre les puissants pour faire la guerre aux exploités.

 

Un brexit xénophobe et ultralibéral, vraiment ?

Après la victoire du Brexit, un autre élément a été avancé pour discréditer ses partisans, au Royaumee-Uni et ailleurs : puisque le référendum est à l'initiative de Cameron, et que le Parti Conservateur a mené une campagne xénophobe et libérale, c'est que tous les partisans du Brexit sont xénophobes et libéraux. D'une vivacité intellectuelle aussi déprimante que la triste union technocratique qu'ils s'obstinent à défendre, les opposants au Brexit n'ont donc rien trouvé de mieux que la reductio ad hitlerium (procédé rhétorique consistant à taxer son adversaire de fasciste pour contourner tout débat).

Face à cela, pourtant, des arguments et des faits tangibles existent pour montrer qu'une frange non négligeable du peuple de gauche et des classes populaires s'est mobilisée en faveur du brexit. Certes, une part importante des électeurs qui ont opté pour le Out l'ont fait sur des bases xénophobes et libérales. Mais ce fait indéniable ne doit pas masquer qu'une partie toute aussi importante de la gauche s'est mobilisée pour une sortie de l'UE.D'une part, il faut rappeler que les Travaillistes et les syndicats étaient divisés sur la question. Si la direction du Labour, menée par le social-démocrate Jérémy Corbyn, a évidemment fait campagne pour le Remain, un réel débat a eu lieu, et plusieurs responsables locaux du Labour ont signé un appel de gauche en faveur du Brexit. De même, la question a divisé le monde syndical : certaines centrales ont appelé à se mobiliser contre le Brexit, d'autres non.

D'autre part, le Parti Communiste Britannique et son organisation ont fait campagne pour le Brexit. Plutôt que d'analyser la situation à leur place, mieux vaut les citer : leur communiqué suite aux résultats du référendum parle de lui-même. « Les résultats du référendum sont une claque pour la classe capitaliste britannique et ses alliés impérialistes de l'UE, des Etats-Unis et du FMI. » Pour les camarades britanniques, le Brexit n'est pas une fin en soi. Ils sont conscients que les suites politiques immédiates du Brexit seront faites de libéralisme et de conservatisme. Mais ils sont aussi honnêtes envers le peuple : si l'on veut construire une politique de progrès social, la sortie du carcan européen est un préalable indispensable.

En outre, la sociologie électorale du Brexit est intéressante, dans la mesure où les classes populaires ont majoritairement voté en faveur d'une sortie de l'UE. A Londres par exemple, ce sont les quartiers populaires de l'est où l'on enregistre les scores les plus hauts contre l'UE.

 

Un événement révélateur des contradictions de la gauche radicale

C'est ce positionnement qui devrait être adopté par l'ensemble des communistes européens. En effet, à l'occasion du référendum sur le brexit, la gauche radicale européenne a été mise face à ses propres contradictions.

Dans le traitement médiatique d'abord. Un manque de pluralisme s'est vu dans la presse communiste, dans l'Humanité notamment. Un débat sur le brexit y était organisé. Y participaient une responsable communiste française anti Brexit, une députée travailliste anti Brexit, et un intellectuel anti Brexit... Contre un seul pro Brexit. Drôle de vision du pluralisme, alors même que la question européenne est au cœur de nombreux débats à gauche actuellement.

Le plus inquiétant est surtout de voir les réactions des partis de gauche radicale à l'annonce des résultats : le PCF s'est inquiété de la montée de la xénophobie, en continuant à appeler de ses vœux une Europe sociale qui n'existera jamais ailleurs que dans son programme électoral. Ils ne veulent pas voir la nature de classe de l'UE : forte avec les faibles, faible avec les forts. D'où l'écrasement du gouvernement Tsipras. S'inquiéter d'une montée du libéralisme et de la xénophobie parce qu'un pays sort de l'UE est une ineptie. La Hongrie a-t-elle eu besoin de sortir de l'UE pour bâtir un mur contre les migrants et afficher son intention de ficher les Juifs ? La France a-t-elle eu besoin de sortir de l'UE pour lancer la loi Travail ? Au contraire, la Loi Travail est une émanation directe des institutions européennes !

 

En somme, voici les leçons à tirer du brexit. Il n'est qu'une étape, certes minime mais indispensable, pour mener une politique de rupture avec le capitalisme. Mais il doit amener les partis communistes des autres pays à mener un sérieux travail de réflexion sur ce qu'est l'UE pour envisager une sortie par la gauche de celle-ci. C'est à cette condition seulement que le FN reculera, et que les classes populaires reviendront dans le giron de la gauche communiste. 

 

Julien Rock pour l'UEC Strasbourg

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Rédigé par Julien Rock

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Publié le 22 Juin 2016

Pour la défense des rattrapages, contre la sélection à la fac

Fidèle à sa réputation de récidiviste, le Ministère de l'éducation nationale a une fois de plus démontré son talent à rattraper un échec par un autre. En effet, le procès de 2013 contre l'université de Strasbourg pour la mise en application de la loi sur les droits des étudiants aux rattrapages ne sera plus qu'un lointain souvenir avec la nouvelle note ministérielle. Cette dernière en effet appelle les facultés françaises à expérimenter dès la rentrée 2016/2017 et pendant 3 ans un nouveau système d'évaluation, qui consisterait à renforcer l’évaluation continue intégrale (ECI) tout en supprimant la session de rattrapages, le système d'évaluation d’aujourd'hui étant perçu comme « hybride ».

 

L’évaluation continue intégrale et les arguments du Ministère

Ces mesures, établies loin de la réalité de la vie quotidienne des étudiants, renforcent une fois de plus l'inégalité des chances de réussir entre les étudiants de tous horizons et de tous profils. Cette nouvelle note ministérielle, dont les modalités d’applications restent encore floues à ce jour, oblige dès maintenant les Conseils d’UFR à organiser un vote d'application pour la rentrée 2016/2017. Le renforcement de l'évaluation continue intégrale implique de manière générale un minimum de 3 épreuves pour les UE majeures et de 2 épreuves pour les mineurs. A cela s'ajoute un équilibrage des coefficients des examens, ce qui supprime le concept de l'épreuve finale. Tous ces rajouts conduiront évidemment à une déconcentration du calendrier universitaire, et donc une année un peu plus longue. Cette expérimentation prévoit une « épreuve de substitution » pour les étudiants absents aux épreuves, et ce sous présentation d'un justificatif.

Les arguments avancés par le Ministère vont clairement dans une logique d'entrave à la réussite pour les étudiants ne bénéficiant pas d'une situation leur permettant de s'impliquer tout au long de l'année. Selon le Ministère, cette expérimentation conduirait à une meilleure implication des étudiants au cours de l'année, ainsi qu'à une économie sur les rattrapages, qui font l'objet d'un fort absentéisme et d'un taux de réussite relativement bas. Le but serait donc d’arriver à une augmentation du taux de réussite et à un plus grand nombre de compétences acquises.

Une fois de plus les coupes budgétaires dans l'ESR démontrent une logique de sélection qui ne va pas dans le sens du discours idéologique du Ministère : « Ouverture de l'enseignement supérieur au plus grand nombre et préparation au monde de demain », ainsi que « Réussite pour tous »1. Alors qu'au contraire, sous le prétexte de la revalorisation du diplôme, la seule réponse trouvée est la sélection.

 

Le droit à la réussite pour tous remis en cause

Cette « sélection naturelle » imposée par le Ministère découle d'une politique d’austérité présente depuis des nombreuses années dans l’enseignement supérieur. Sous excuse de gain de temps et d'argent, le Ministère entend supprimer le droit fondamental aux rattrapages, qu’auparavant permettait d'harmoniser les chances de réussite pour tous. Considérée comme bonus, la session de rattrapages est un outil de protection pour l'étudiant afin de réduire les inégalités d'application de l'ECI entre les différentes composantes, les différentes UE et les différents enseignants. De plus, c'est aussi un réel outil pédagogique qui permet d’apprendre de ses erreurs, et qui n'est pas incompatible avec l'accompagnement pédagogique que pourrait offrir l'ECI. Le problème de l’application de l'ECI est qu'elle remet en cause le droit à la réussite pour les étudiants qui pourraient se retrouver en situation de difficulté. En effet, les étudiants salariés, les étudants précaires, bénéficieront certes d'une épreuve de substitution, mais étant donnée l'impossibilité pour eux d'assister à toutes les épreuves au cours de l'année, ils se retrouveront face à une épreuve finale sans deuxième chance.

Beaucoup d'enseignants pourraient prétendre qu'un redoublement n'est pas une fatalité, cependant les conséquences financières, sociales et psychologiques sont bien réelles. Cette énergie investie dans la destruction de nos formations serait plus utile dans un combat contre les inégalités sociales qui sont, de manière directe ou indirecte, un des principaux frein à la réussite. Une fois n'est pas coutume de demander l'avis des personnes directement concernées, mais une fois de plus il semblerait que la note ministérielle sera approuvée par les Conseils d’UFR contre l'avis général des étudiants.

 

Les alternatives existent, le combat continue !

D'autres solutions pourraient être avancées afin de régler les problèmes que posent les rattrapages. L'absentéisme, que selon le Ministère coûterait trop d'argent, pourrait être réglé par des épreuves prenant différentes formes, telles que des oraux ou des dossiers. L'accompagnement pédagogique pourrait prendre d'autres formes comme la solidarité ou le tutorat. Aussi, il faudrait garantir l'invalidité des UE qui ne respectent pas l'ECI. La sécurité des étudiants devrait être garantie par la création de commissions d'accompagnement pour des rattrapages conditionnels, ainsi que par un accompagnement ciblé et une véritable analyse de chaque situation par le jury.

Face à l’atteinte portée contre le droit aux rattrapages, une mobilisation immédiate des étudiants est nécessaire. Nous ne sommes pas naïfs et nous resterons vigilants face à cette nouvelle mesure qui s’annonce depuis longtemps comme l’ennemie des étudiants des classes populaires.

Nous lançons l'alerte à tous les étudiants de faire barrage à cette nouvelle réglementation. Nous félicitons nos camarades élus aux Conseils d’UFR que, comme à la Faculté de Géographie de Strasbourg lors de la réunion de vendredi 17 juin, portent la voix des étudiants et défendent leurs exigences. Nous les encourageons à continuer le combat dans chaque UFR même après la mise en application de cette nouvelle mesure de sélection. Ensemble, nous pouvons faire reculer le Ministère !

 

Union des Etudiants Communistes de Strasbourg

 

1Site du ministère de l'enseignement supérieur : http://m.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid76975/la-strategie-nationale-de-l-enseignement-superieur-stranes.html

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Publié le 21 Juin 2016

Photos : Feuille de ChouPhotos : Feuille de ChouPhotos : Feuille de Chou

Photos : Feuille de Chou

Durant le week-end des 11 et 12 juin, plusieurs personnes participant au mouvement social contre la loi Travail se sont vu notifier des interdictions d’être présentes à Paris à la manifestation du 14 juin et dans le quartier de République, basées sur l’article 5-3° de la loi sur l’état d’urgence.

À Strasbourg aussi, une manifestante a reçu dimanche 12 juin une interdiction de séjour à Paris. Cet arrêté est choquant. Il vient appuyer l’acharnement policier et administratif dont cette militante est victime depuis son arrestation brutale le 09 avril à Strasbourg, en fin de manifestation. Les conditions de cette arrestation avaient déjà, à juste titre, indigné et choqué les manifestant.e.s et passant.e.s témoins de cette scène. Elles ont été dénoncées par plusieurs groupes politiques et syndicaux.
Les chefs d’accusation retenus contre cette manifestante pour justifier l’arrestation musclée n’avaient dès le début rien en commun avec les faits s’étant déroulés place Kléber.
De plus, dès les premières heures de garde à vue, jusqu’à moins d’une semaine avant la première audience, les chefs d’accusations ont été modifiés et amplifiés, ce qui a eu pour conséquence le renvoi du procès au 15 septembre.

Fonder une interdiction de manifester sur des accusations sans que le procès n'ait eu lieu, c’est ignorer la présomption d’innocence.

L’arrêté d’interdiction de manifestation mentionne explicitement que la militante « a été remarquée, à de nombreuses reprises, lors de manifestations contre, notamment, les violences policières et le projet de réforme du code du travail ». Est-il interdit de se mobiliser et d’exprimer son indignation face à la loi travail et à la brutalité de la répression ?

Rappelons que le 16 mai dernier, le référé-liberté avait mené à l’annulation de 9 interdictions de manifester sur 10, et que le juge administratif avait relevé à cette occasion que les interdictions constituent une « atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d’aller et venir et à celle de manifester ».

L’arrêté a été notifié à la camarade le dimanche 12, soit deux jours avant la manifestation du 14 juin, laissant ainsi un délai évidemment trop court pour tenter une quelconque tentative de recours, lui permettant de participer à la manifestation parisienne !

Ces interdictions de manifester sont la conséquence directe de l’instauration de l’état d’urgence, qui sous couvert d’assurer la sécurité contre la menace terroriste, restreint le droit de manifestation, et permet de réprimer le mouvement social. C'est pourquoi, nous continuons à demander la levée immédiate de l'état d'urgence.

Nous, organisations politiques, syndicales et associatives, qui luttons depuis de nombreux mois contre la loi travail et la criminalisation de l'action militante, condamnons cette interdiction de manifester qui témoigne de l'acharnement répressif que subit la camarade depuis son arrestation le 9 avril dernier et nous déclarons en solidarité avec elle.

ÉTAT D’URGENCE, ÉTAT POLICIER, ON NE NOUS EMPÊCHERA PAS DE MANIFESTER !

 

Signataires :

Attac Strasbourg, CAL Alsace, CGT 67, CNT TAS Alsace, Défense Collective Strasbourg, Ensemble Strasbourg, FO 67, FSU 67, Jeunes Écologistes Alsace, MJCF 67, Mouvement Anarchiste Révolutionnaire, NPA 67, NPA Jeunes Strasbourg, PCF 67, SNESUP-FSU Université de Strasbourg, Solidaires Alsace, STP 67, SUD Éducation Alsace, UEC Strasbourg, UJFP 67, UNEF Strasbourg.

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Publié le 17 Juin 2016

Photo : DNA

Photo : DNA

La situation de l’abattoir d’Holtzheim dans la crise de l’agro-alimentaire français

La Coopérative des producteurs de viandes d’Alsace (Copvial SA), locataire de l’abattoir d’Holtzheim, est en redressement judiciaire depuis le 25 avril 2016 pour les difficultés financières cumulées (retards dans le paiement des producteurs de porcs et bovins, déficit de l’atelier charcuterie, cotisations sociales impayées, concurrence des abattoirs allemands qui font chuter les prix du porc...). Le 14 juin, le groupe Bigard a déposé une offre de reprise pour « restaurer la rentabilité de l’abattoir » et « réaliser des investissements ». Sur la validation de cette offre, la chambre de commerce du Tribunal de Grande Instance de Strasbourg s’exprimera le 20 juin. Mais une fois de plus, rentabilité ne rime pas avec conditions de travail : sur les 180 salariés actuels de l’abattoir, Bigard n’en reprendrait que 80 ou 90. Une centaine de licenciements seraient donc à l’ordre du jour dans le plan du géant de la filière viande. Notamment, il s’agirait majoritairement des salariés de l'atelier de transformation de Reichstett, destiné à la liquidation après seulement deux ans depuis sa reprise par Copvial SA.

Cet épisode se place dans un contexte plus large que les 10 ans de crise de la filière viande alsacienne. La crise des abattoirs est un des effets de la crise du secteur agro-alimentaire français. La gestion privée des abattoirs et leur course à la rentabilité n’ont su porter pour l’instant que des conditions sociales au rabais : gels de salaires face aux augmentations des cadences, primes d’ancienneté et de treizième mois à la baisse face à une souffrance physique et morale en augmentation, fermetures de sites et suppressions d’emplois (entre 2010 et 2016 en Côtes d’Armor à Lamballe, en 2010 dans le Finistère à Brest, en 2012 dans l’Aude à Castelnaudary, en 2013 dans les Hautes-Pyrénées à Tarbes, en 2016 dans le Gers à Auch et dans le Finistère à Pont-Croix...). L’emprise du secteur privé dans l’agro-alimentaire a porté enfin le mépris pour les garanties sanitaires et éthiques dans l’abattage des animaux.

Les emplois des abattoirs, de l’élevage local ainsi que les conditions d’abattage ne sont pas préservés dans un contexte où les trusts de l’agro-alimentaire et de la grande distribution réalisent des énormes bénéfices en pillant les producteurs et n’hésitant pas à délocaliser en permanence à la recherche d’une meilleure rentabilité, mettant en concurrence les territoires agricoles les uns contre les autres. Les mouvements de grève entamés récemment par les travailleurs de l’agro-alimentaire pour la défense de leurs emplois ont fait l’objet de l’acharnement répressif des grands groupes : citations en justice, flicage des salariés, interdictions de l’accès aux salles de pause et parking, entraves au droit de réunion...

La vidéo des grévistes de l’abattoir de Lamballe, réouvert en 2012 par l’entreprise Cooperl Arc Atlantique à deux ans de la fermeture imposée par Bigard, fait le buzz sur internet car explique le quotidien de souffrance et mépris vécu par ses travailleurs : https://www.youtube.com/watch?time_continue=196&v=FTP-fv8vtY4

 

Ni Bigard ni les trusts de l’agro-alimentaire sauveront la filière viande alsacienne

Lorsqu’on analyse les circonstances des fermetures des abattoirs, on retrouve les mêmes acteurs et les mêmes scenarii : des municipalités ou collectivités locales qui ont « offert » à des entreprises privées des abattoirs alors en régie municipale, versant des subventions publiques pour attirer le secteur privé et le convaincre à s’installer dans la région. Ces subventions ont été parfois très conséquentes, ce qui a permis aux groupes privés la rénovation de l’appareil de production, entraînant des profits importants. Puis, par incompétence des gestionnaires, on assiste à une chute de production (pas d’entretien de la clientèle, actions privilégiées pour des profits à court terme, etc.), qui aboutit inéluctablement à un constat de perte, puis aux licenciements et enfin, à la fermeture des sites.

Le groupe Bigard n’est pas étranger à cette démarche. Il à déjà montré par le passé son mépris des conditions d’emploi et de la dignité des travailleurs. En septembre 2010, alors qu’en plein essor financier il rachetait le groupe Socopa, Bigard a réussi à obtenir la fermeture de l’abattoir de Lamballe et à licencier les 80 salariés du site avec des méthodes douteuses, dans la finalité de mettre en oeuvre ses projets de restructuration rentable de sa filière veau. L’excuse officielle a été celle de « faute grave » : des prétendus « insultes à la hiérarchie » de la part des ouvriers. Cela a permis dans un premier temps de cacher le motif réel de licenciements économiques. Même sur la procédure de licenciement en tant que telle, Bigard avait tenu une attitude plus qu’opaque : entretiens préalables au licenciement fixés oralement par la direction, envoi aux salariés de lettres recommandées ne comportant qu’une feuille blanche à signer en bas...

Malgré sa leadership dans la filière viande en France, Bigard n’a jamais arrêté ses appétits et ses manoeuvres frauduleuses pour conserver ses profits. Lors de la vente de sa marque Valtero, le groupe Bigard a été condamné en 2012 à verser une amende d’1 million d’euros pour le non-respect des engagements qu’il avait pris auprès de l’Autorité de la concurrence et pour avoir « par diverses pratiques, retiré tout l’intérêt à la marque Valtero » avant sa vente. Par la suite, pour avoir tenté de mettre au point des accords (illicites) avec d’autres groupes pour fausser la concurrence quant aux prix d’achat aux éleveurs, Bigard a été condamnée à payer une amende d’1,7 millions d’euros par l’Autorité de la concurrence en 2013 pour « fixation concertée des quantités de porc achetées, dans le but de faire baisser le prix du porc payé aux éleveurs ». Enfin, en pleine crise des éleveurs en 2015, Bigard s’est lancé dans une campagne contre le projet du gouvernement français de fixer un prix minimum pour l’achat de viande de porc pour garantir un revenu minimum aux éleveurs.

Or, y a-t-il des raisons de se réjouir d’une éventuelle arrivée du groupe Bigard dans l’agro-alimentaire alsacien ? Et bien non. Son arrivée se fait déjà sur un projet d’une centaine de licenciements entre Holtzheim et Reichstett. Le rôle des grands groupes comme Bigard dans le contexte de crise de l’agro-alimentaire français a été de réaliser les plus grandes bénéfices profitant des restructurations de filière et des délocalisations. La reprise de l’abattoir d’Holtzheim par Bigard ne serait en aucun cas une garantie de pérennisation de la production et des emplois du plus gros abattoir de la région (abattage de 2/3 de la production régionale de viande). Rappelons que si Bigard n’arrivait pas à maintenir en activité le site d’Holtzheim, à terme les éleveurs alsaciens n’auraient d’autre choix que d’aller en Allemagne ou dans le Loiret pour l’abattage du bétail, provoquant des coûts supplémentaires et renforçant ainsi la crise dans la filière. Enfin, ses condamnations par le passé parlent par eux-mêmes et décrivent une société privée qui réalise ses profits sur le mépris de ses salariés, des éleveurs et des conditions économiques des régions qu’elle investit pour les délaisser quelques années après, laissant derrière son passage des déserts agricoles.

 

Les alternatives existent : l’exemple de l’abattoir de Pont-Croix

Pourtant, les solutions alternatives pour la crise des abattoirs existent. Le cas de l’abattoir de Pont-Croix dans le Finistère est marquant. Après une longue crise et la menace de fermeture du site, ce dernier a été sauvé par le Syndicat Intercommunautaire d’Ouest Cornouaille en mars 2016, réunissant quatre Communautés de communes autour du projet de relance de l’abattoir par une régie publique. Un investissement d’1 million d’euros a été réalisé pour relancer l’activité et garantir l’emploi. La mobilisation des salariés de l’abattoir et des communistes de Cap Sizun a permis aux communes de clarifier un constat qui était pourtant évident dès le départ : permettre la fermeture de l’abattoir aurait signifié un appauvrissement de la région, une accéleration de la disparition des exploitations agricoles, une situation de chômage pour nombre de salariés et une réduction des ressources fiscales des communes.

 

Pour l’abattoir d’Holtzheim, reprise publique et gestion démocratique

Le MJCF 67 et l’UEC Strasbourg estiment que l’offre de rachat de l’abattoir d’Holtzheim par Bigard envisage un volet social inacceptable, préfigurant des conditions de travail au rabais et des suppressions d’emplois, imposant donc le chômage pour nombre de salariés. Seule une reprise publique de l’abattoir en tant que service public, garanti par une mutualisation des colectivités locales, pourrait créer les conditions de maintein de l’emploi ainsi que les conditions pour un contrôle transparent et démocratique des pratiques d’abbatage du bétail. La finalité d’un tel service public devrait viser le développement d'une agriculture de proximité et de circuits courts, conformes aux intérêts des éleveurs et des consommateurs, nécessaire à la vitalité du territoire et au maintien de l'emploi.

La dérive mangériale actuelle des collectivités locales alsaciennes, et en particulier de Strasbourg Eurmétropole, est l’entrave principale à un tel projet de sauvegarde de l’emploi agro-alimentaire et leur non-intervention ne fait que jeter l’avenir du secteur dans les bras des trusts privés. Seule une mobilisation des travailleurs d’Holtzheim et de Reichstett pourra imposer une solution « par le haut », garantir l’emploi pour tous, pérenniser le secteur agro-alimentaire de la région et obtenir des nouveaux contrôles des conditions d’abattage. 

 

Mouvement des Jeunes Communistes du Bas-Rhin et Union des Etudiants Communistes de Strasbourg

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Publié le 13 Juin 2016

Grève chez Federal-Mogul, site de Schirmeck (photo : PCF 67)

Grève chez Federal-Mogul, site de Schirmeck (photo : PCF 67)

Depuis mercredi soir, les travailleurs du site de Schirmeck de la multinationale d'équipement automobile Federal-Mogul sont en grève reconductible. Ils dénoncent le "plan de sauvegarde de l'emploi" (PSE) qui est actuellement en cours de négociations entre la direction de l'entreprise et les représentants des salariés. Un PSE qui n'est rien d'autre qu'un plan de licenciements qui toucherait 27 travailleurs du site de Schirmeck.

Par la grève, les 270 travailleurs de Federal-Mogul de Schirmeck affirment leur solidarité avec les personnes concernées par le PSE et défendent leur emploi ainsi que la survie d'un des derniers sites industriels dans la Vallée de la Bruche. Nombre d'exemples antérieurs montrent qu'un plan social dans une entreprise n'est que la première étape vers la fermeture totale d'un site ou de sa délocalisation. Un scénario catastrophique non seulement pour les salariés mais aussi pour la Vallée, qui serait ainsi vouée à devenir un désert industriel où chômage et précarité seront la règle.

Le MJCF 67 et l'UEC Strasbourg affirment leur soutien aux travailleurs de Federal-Mogul : la grève reste le moyen le plus puissant pour empêcher l'application des licenciements économiques. Il est plus que jamais nécessaire de contrer les directions d'entreprises qui restructurent leurs activités en fonction de leurs perspectives de profit sans prendre en compte les conditions de vie et d'emploi de ceux qui produisent véritablement les richesses, les travailleurs.

 

Mouvement Jeunes Communistes du Bas-Rhin et Union des Etudiants Communistes de Strasbourg

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Publié le 13 Juin 2016

19 mai, barrage filtrant et opération escargot à Haguenau pour le retrait de la loi Travail (photo : Solidaires Alsace)

19 mai, barrage filtrant et opération escargot à Haguenau pour le retrait de la loi Travail (photo : Solidaires Alsace)

Lucette Hohmann, secrétaire de l’Union Locale CGT d’Haguenau, a été récemment convoquée au Commissariat d’Haguenau et mise en cause par la police. Sa faute ? Avoir organisé une manifestation sur la voie publique sans autorisation préalable et avoir participé à des actions entravant la circulation de véhicules sur la voie publique. Les faits remontent à l’opération de « barrage filtrant » dans la zone industrielle de Schweighouse-Haguenau, suivie d’une « opération escargot » sur l’autoroute en direction de Strasbourg, dans le cadre de la journée de grève du 19 mai pour le retrait de la loi Travail.

À travers la mise en cause de Lucette, les pouvoirs publics manifestent une fois de plus leur volonté de criminaliser les luttes sociales et d’intimider les participants pour provoquer un essoufflement du mouvement. En effet, d’autres convocations de militants syndicaux ayant participé au barrage filtrant et à l’opération escargot du 19 mai auront probablement lieu dans les prochains temps, alors qu’au moins une personne a déjà eu une amende avec suspension de permis de conduire à l’occasion de la même manifestation.

Mais le 19 mai, nous étions plusieurs centaines, syndicalistes, étudiants et lycéens mobilisés contre la loi Travail à Haguenau. Nous étions à côté des salariés des sites d’Alstom, Siemens, Usocome, Schaeffler et Hager en grève pour la défense de leurs conditions de travail et contre l’utilisation du 49.3 pour forcer le passage de l’enième loi anti-sociale. Si Lucette est coupable, alors nous le sommes tous !

 

Le MJCF 67 condamne la mise en cause de Lucette Hohmann et appelle à l’arrêt des poursuites pour tous les manifestants inculpés lors des mobilisations contre la loi Travail.

Nous n’oublions pas non plus les intimidations subies par les élèves des lycées Siegfried et Schuman d’Haguenau lors de la mobilisation du 24 mars dernier contre la loi Travail, quand les proviseurs des deux lycées ont utilisé tous les moyens de pression pour obliger les lycéens à aller en cours et ne pas se rendre à la manifestation.

Nous réaffirmons que face à la remise en cause des droits des travailleurs et de la jeunesse et au déni de démocratie du 49.3, la lutte est légitime : ce ne seront pas les intimidations de la police et des administrations des établissements scolaires qui nous feront reculer !

 

Mouvement des Jeunes Communistes du Bas-Rhin - Union de ville de Haguenau

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Publié le 11 Juin 2016

Marche des Visibilités LGBTI de Strasbourg - samedi 11 juin à 14h

Marche des Visibilités LGBTI de Strasbourg

samedi 11 juin, place de l'Université

à 11h Village des associations, et à 14h départ du cortège

https://www.facebook.com/events/1509688759338696/

 

MARCHE DES FIERTÉS
ON RELÈVE LA TÊTE POUR NOS DROITS !

 

Partout en France et dans le monde des manifestations prônent la liberté, la visibilité et l'égalité pour toutes les orientations sexuelles et identi-tés de genre. Cette année marquera le troisième anniversaire de la Loi Taubira qui ouvre le mariage aux personnes de même sexe et le droit à l'adoption pour tous. Une grande avancée après des décennies de mépris et de dis-criminations institutionnelles.

 

Continuer contre l'homophobie !

Mais le combat est loin d’être terminé: le mariage et l'adoption pour tous a lancé une vague de protestation réactionnaire et ouvertement homophobe, réunissant des responsables politiques et des intégristes religieux qui entendent peser contre l'égalité de toutes et tous afin de faire abroger la loi Taubira. Par ailleurs de nombreuses mairies ont refusé de marier des couples de même sexe en toute illégalité. 

Selon SOS Homophobie, la parole homophobe s'est décomplexée depuis quelques années mais on peut constater en même temps une multiplication des témoignages des victimes : les actes homophobes ont augmenté de plus de 35% en milieu scolaire et une agression homophobe est signalée tous les 2 jours.

La Marche des fiertés, c'est l’occasion d’affirmer l’égalité des droits, de faire entendre l’exigence de liberté et d’égalité des personnes LGBTI car c’est l’égalité de tous qui se joue.

L’histoire est en marche pour l’égalité des droits comme le montre la récente victoire du référendum en Irlande sur le mariage pour tous.

 

Nous voulons :

1. Combattre les stéréotypes

Il est temps de déconstruire les stéréotypes de genre, sources de discriminations et de violences. Cela doit se faire dans l’éducation nationale mais aussi dans les lieux de travail.

 

2. Pour une PMA accessible à tous !

Pour que chacun puisse fonder une famille : Les moyens de Procréation Médicale Assistée doivent être ouverts à tous les couples. Nous sommes opposés à la marchandisation des corps et par conséquent contre la Ges-tation Pour Autrui.


3. Arret de la discrimination pour le don du sang !

Arrêt de la discrimination : suppression de la circulaire déconseillant le don du sang par les homosexuels. La ministre a promis de se repencher sur le questionnaire et de faire évoluer les choses mais c’est le droit com-mun que nous voulons !

 

4. Oui le mariage et l'adoption c'est pour tous !

Pas de retour en arrière : le mariage pour tous est un acquis, ainsi que l’adoption qui doit être facilitée. Ils doivent être protégés. Nous deman-dons également l’abrogation des accords bilatéraux interdisant le mariage homosexuel avec des ressortissants de certains pays tiers.

 

Fiers et révolutionnaires : continuons la mobilisation !

 

Mouvement des Jeunes Communistes du Bas-Rhin et Union des Etudiants Communistes de Strasbourg

Marche des Visibilités LGBTI de Strasbourg - samedi 11 juin à 14h
Marche des Visibilités LGBTI de Strasbourg - samedi 11 juin à 14h

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Publié le 9 Juin 2016

Contre les élèves du lycée Kléber en fête, répression administrative et intervention militaire !Contre les élèves du lycée Kléber en fête, répression administrative et intervention militaire !

Les élèves de terminale du lycée Kléber de Strasbourg fêtaient ce matin la fin des cours pour cette année scolaire, avec le traditionnel lancers d'oeufs et farine. Mais l'administration du lycée a  choisi de réprimer la fête des élèves et de criminaliser ce moment collectif. Des lycéens ont été attrapés par les cheveux et transportés de force dans l'établissement, l'administration menaçant de porter plainte et, le cas écheant, de leur empêcher l'accès aux classes prépas à Kléber. La police a également été appelée par l'administration et plusieurs lycéens ont été embarqués dans une camionette, pour être ensuite relâchés faute de preuves. 

Alors que les élèves criaient "démission" au proviseur, ce dernier a été atteint par un lancer d'oeuf. Il s'est alors dirigé vers le groupe des terminales avec l'intention de frapper les responsables, mais il en a été empêché par l'intervention d'autres élèves qui ont réussi à le calmer. 

L'administration du lycée a joué également la carte de la division, montant les lycéens de seconde et première contre leurs camarades de terminale et provoquant ainsi des altercations verbales et des bagarres. Une de ces bagarres a servi de prétexte à l'administration pour attraper avec la force un élève de terminale et le retenir dans le lycée.

Enfin, alors que les lycéens s'éloignaient de l'établissement en direction du parc de Contades et qu'une dernière altercation avait lieu avec des secondes et premières, une équipe de militaires est arrivée sur place, les famas et des bombes de gaz lacrymo dans les mains. L'administration du lycée a finalement voulu empêcher que la violence aille encore plus loin que ce qu'elle avait déjà provoqué juste avant : elle est alors intervenue pour calmer les militaires et les dissuader de toute intervention pour disperser les lycéens.

Le MJCF 67 condamne l'action répressive de l'administration du lycée Kléber ainsi que l'intervention militaire, qui ont voulu intimider la jeunesse alors qu'elle ne faisait rien de mal. Nous exigeons que les élèves de terminale ne subissent aucune poursuite judiciaire ni administrative, et qu'ils puissent être admis aux épreuves du BAC en toute sérénité. Comme la série de pratiques répressives auxquelles les lycéens ont été confrontés lors des mobilisations contre la loi Travail (blâmes, intimidations, menaces d'exclusion, violences physiques, etc.), l'administration de Kléber a préféré user de la violence au lieu de laisser les élèves fêter leur dernier jour de lycée.  

Face aux administrations des lycées qui nous veulent la tête pliée sur nos livres à avaler la doctrine libérale qui nous est apprise chaque jour, nous continuerons à y opposer la créativité de nos moments de fête et la détermination de nos moments de lutte. 

 

Mouvement Jeunes Communistes du Bas-Rhin - cellule Lycée Kléber

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Publié le 6 Juin 2016

Violence contre les grévistes d'Heppner Strasbourg :  à quel prix on va faire taire les travailleurs en lutte ?

Ce lundi matin, le piquet de grève des travailleurs d'Heppner - Logistique Strasbourg, menacés de licenciement suite à la fermeture du site du Port du Rhin envisagée dans le plan social de l'entreprise, continuait dans le calme sur le site du Neudorf (rue de la Kaltau et rue de la Station). Les salariés attendaient la reprise des négociations entre la direction d'Heppner et les organisations syndicales, une réunion étant prévue pour ce mardi à Paris. La direction d'Heppner Strasbourg avait déjà utilisé tous les moyens pour briser la grève : assignations en justice pour entrave à la liberté du travail et entrave à la circulation (qui a donné au TGI un non-lieu contre les grévistes et une amende de 1.000 euros à la direction de l'entreprise pour "entrave au droit de grève"), propositions de négociations individuelles avec les grévistes (refusées à l'unanimité ce matin par l'ensemble des travailleurs).

Piquet de grève des travailleurs d'Heppner (site de rue de la Kaltau)Piquet de grève des travailleurs d'Heppner (site de rue de la Kaltau)Piquet de grève des travailleurs d'Heppner (site de rue de la Kaltau)
Piquet de grève des travailleurs d'Heppner (site de rue de la Kaltau)Piquet de grève des travailleurs d'Heppner (site de rue de la Kaltau)
Piquet de grève des travailleurs d'Heppner (site de rue de la Kaltau)Piquet de grève des travailleurs d'Heppner (site de rue de la Kaltau)

Piquet de grève des travailleurs d'Heppner (site de rue de la Kaltau)

Vers 12h15, à l'accès du site de rue de la Station, un camion a essayé de sortir en toute vitesse et de forcer le barrage filtrant mis en place par les grévistes. Certains travailleurs se sont interposés entre le camion et le reste des grévistes. Un travailleur s'est fait percuter violamment et il est tombé par terre devant le camion. Ce dernier a pourtant continué à rouler et les pneus ont impacté le dos du salarié, qui a perdu connaissance. C'est seulement grâce à l'intervention des autres travailleurs que le camion a pu être stoppé et le pire a été évité. La colère légitime des travailleurs s'est alors tournée contre la direction du site et le huissier de justice, arrivés sur place par la suite (bizarrement, la direction était présente à chaque sortie de camion mais pas cette fois-ci). En effet, au cours de la matinée, les travailleurs auraient entendu la direction inciter des camionneurs à forcer le passage et à rouler sur les grévistes.

[Vidéo] La colère des travailleurs d'Heppner : https://www.facebook.com/EtudiantsCommunistesStrasbourg/videos/738298072939354/

Violence contre les grévistes d'Heppner Strasbourg :  à quel prix on va faire taire les travailleurs en lutte ?
Violence contre les grévistes d'Heppner Strasbourg :  à quel prix on va faire taire les travailleurs en lutte ?Violence contre les grévistes d'Heppner Strasbourg :  à quel prix on va faire taire les travailleurs en lutte ?

Enfin, une ambulance a transporté le blessé à la clinique Sainte Odile. Une équipe de policiers a recueilli les témoignages des présents, non sans essayer de mettre la pression aux militants communistes présents sur place, en remettant en question la légitimité de leur présence et de leur intervention pour protéger les travailleurs de la violence du camion.

Le MJCF 67 et l'UEC Strasbourg déclarent encore une fois leur solidarité avec les grévistes d'Heppner Strasbourg, qui se battent pour leur dignité et leur avenir contre un plan social inacceptable. Toute la lumière doit être faite sur les responsabilités de la violence de ce matin : qui a donné l'ordre au camion de foncer sur les grévistes ? Nous exigeons que la direction d'Heppner répond de ses responsabilités. Jusqu'à où est-elle prête à aller pour casser la grève ? Quel prix est-elle prête à payer pour faire taire ses salariés ? Le profit compte-t-il plus que la vie de ses travailleurs ?

 

Mouvement des Jeunes Communistes du Bas-Rhin et Union des Etudiants Communistes de Strasbourg

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Publié le 2 Juin 2016

Cheminots en grève à Bischheim

Cheminots en grève à Bischheim

6h30 : opération de barrage filtrant contre la loi Travail dans la zone d’activités du Trèfle de Molsheim, organisée par CGT et FO.

Photo : CGT Eurométropole de Strasbourg

Photo : CGT Eurométropole de Strasbourg

8h30 : rassemblement devant le Tribunal de Grande Instance de Strasbourg en solidarité avec La Feuille de chou (média indépendent strasbourgeois attaqué en justice pour "diffamation" par le responsable de la Mission Rom de la Ville de Strasbourg), et en solidarité avec une camarade attaquée en justice pour les événements du 9 avril 2016 à Strasbourg lors de la manifestation contre la loi Travail.

Pour plus d'info sur le procès à La Feuille de Chou : http://uecstrasbourg.over-blog.com/2016/05/rassemblement-de-soutien-a-la-feuille-de-chou-le-2-juin-devant-le-tribunal-de-strasbourg.html

Pour plus d'info sur les inculpé.e.s de Strasbourg : https://solidarite67.noblogs.org/
 

2 juin : une journée de luttes contre la casse sociale et pour la solidarité militante dans le Bas-Rhin

10h : action "coup de gueule" des intermittents du spectacle contre la fraude fiscale devant Apple Store, Starbucks et McDonald’s de Place Kléber, alors que les négociations sur la convention d'assurance-chômage sont toujours en cours face aux blocages du Medef

[Vidéo] "Evasion fiscale, rien d'illégal !" : https://www.facebook.com/EtudiantsCommunistesStrasbourg/videos/736549216447573/

2 juin : une journée de luttes contre la casse sociale et pour la solidarité militante dans le Bas-Rhin2 juin : une journée de luttes contre la casse sociale et pour la solidarité militante dans le Bas-Rhin

11h : Assemblée Générale des Cheminots de Bischheim (Matériel) et de Strasbourg (Inter-services) contre la loi Travail et la Convention Collective Nationale (CCN) : vote de reconduction de la grève pour ce vendredi et de l'appel "Les cheminots parlent aux cheminots". Nouvelle AG demain à 11h !

Photos : CGT Cheminots Bischheim et Strasbourg
Photos : CGT Cheminots Bischheim et StrasbourgPhotos : CGT Cheminots Bischheim et Strasbourg
Photos : CGT Cheminots Bischheim et Strasbourg

Photos : CGT Cheminots Bischheim et Strasbourg

17h : opération de déploiement d'une banderole "Non à la loi Travail" au-dessus de l'autoroute A4 à Strasbourg, par la CGT Territoriaux de Strasbourg.

Photo : CGT Eurométropole de Strasbourg

Photo : CGT Eurométropole de Strasbourg

Pendant ce temps là, la grève des travailleurs d’Heppner - Logistique et le blocage de tous les sites de l'entreprise continuent à Strasbourg. La direction d'Heppner, lors des négociations en cours à Paris, a refusé toute concession favorable aux revendications des salariés. Une nouvelle réunion de négociation étant prévue pour mardi prochain, la grève et les blocages seront reconduits dans l'attente de la reprise des négociations.

Entre-temps, la direction d'Heppner - Strasbourg n’a pas perdu son temps pour utiliser tous les moyens de pression pour casser la grève. Hier après-midi, un huissier de justice a notifié une assignation à tous les participants au blocage devant la présidence du Tribunal de Grande Instance de Strasbourg, pour entrave à la liberté du travail et entrave à la circulation. Par ailleurs, la direction essaye de minimiser l'impact financier de la grève en organisant le transfert des marchandises dans d'autres sites, notamment à Heppner - Metz, et en cherchant un dépot en location à Strasbourg.

 

Pour plus d'infos sur la grève des travailleurs d'Heppner : http://uecstrasbourg.over-blog.com/2016/05/solidarite-avec-les-travailleurs-d-heppner-en-greve.html

 

2 juin : une journée de luttes contre la casse sociale et pour la solidarité militante dans le Bas-Rhin
2 juin : une journée de luttes contre la casse sociale et pour la solidarité militante dans le Bas-Rhin
2 juin : une journée de luttes contre la casse sociale et pour la solidarité militante dans le Bas-Rhin

Cheminots, intermittents, territoriaux, travailleurs d’Heppner : si chaque secteur subit des attaques spécifiques du patronat, la casse sociale est générale dans le pays et elle répond à la même logique de fond de la loi Travail : la loi du capital qui prime sur les conditions de travail et toute dignité humaine. Face à la machine capitaliste, la convergence des luttes des travailleurs est plus que jamais une nécessité.

Les inculpé.e.s de Strasbourg passent ces jours-ci devant les tribunaux car ont osé dire NON, ont refusé la loi Travail et se sont battus pour leur avenir ! Après la répression policière, ils subissent aujourd'hui un acharnement judiciaire sans précédents. Soyons solidaires des inculpé.e.s et participons les plus nombreux possibles aux prochains rassemblements de soutien !  

Il est temps de montrer au gouvernement et au patronat que sans nous rien ne tourne ! Organisons-nous dans les lieux de travail, et par la grève et le blocage imposons le retrait de la loi Travail, obligeons le patronat à revenir sur les accords de branche qu'il voudrait nous dicter et gagnons partout des nouvelles avancées sociales !

 

Le rendez-vous est encore une fois dans la rue, le jeudi 9 juin à 14h à Place Kléber !  

https://www.facebook.com/events/1715569122001359/

 

Mouvement Jeunes Communistes du Bas-Rhin et Union des Etudiants Communistes de Strasbourg

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