Publié le 29 Mai 2015

Ce samedi 30 mai aura lieu le concours commun pour l’admission en première année des Instituts d’Etudes Politiques. Et comme chaque année, malgré les milliers d’étudiants qui aspirent à intégrer les IEP, moins de 10% des participants seront admis en L1.

 

Pourtant l’argent ne manque pas aux IEP pour accueillir tout le monde : du fait de leur statut particulier, les IEP peuvent jouer sur plusieurs variables pour faire face au désengagement financier de l’Etat vis-à-vis des universités. Les IEP peuvent en effet fixer librement leurs droits d’inscription, en adoptant la formule de la « modulation » en fonction des revenus parentaux selon plusieurs tranches. La modulation permet donc aux IEP de parer au manque de financements publics, en faisant davantage participer les étudiants, ou plutôt leurs parents : il en découle une forte hausse de la participation des étudiants au financement du budget propre de leur établissement.

En remettant en cause le principe d’universalité du service public (selon lequel tous les usagers doivent bénéficier du même service), la modulation entraîne une dépendance des IEP aux foyers à hauts revenus pour leur financement.

 

Il ne sera pas étonnant alors de voir tous les efforts déployés par les établissements pour attirer les classes les plus aisées. Cela passe notamment par l’image donnée des IEP en tant qu’établissements d’élite, qui ne font entrer que les membres de cette dernière afin qu’ils accèdent à des formations d’excellence et qu’ils puissent entretenir ce caractère élitiste. Aussi, les IEP se sont construits la réputation d’instituts qui facilitent le réseautage et qui délivrent un label ayant plus de valeur que le dîplome lui-même.

 

Toutes les bonnes paroles concernant la « démocratisation » des IEP tombent face aux exigences matérielles des établissements, qui ont le besoin vital d’attirer les étudiants des classes aisées. Cette idéologie du prestige, de la séléctivité et de la concurrence est évidente dans toutes les manifestations publiques des IEP, notamment lors de la cérémonie annuelle de remise de diplômes : http://uecstrasbourg.over-blog.com/2013/12/remise-des-dipl%C3%B4mes-de-l-iep-2013-id%C3%A9ologie-du-prestige-de-la-s%C3%A9lectivit%C3%A9-et-de-la-concurrence.html.

 

Pourtant, la modulation constitue en même temps un piège pour les établissements : provoquant une volatilité des ressources en fonction de ces tranches, elle rend impossible pour les IEP de prévoir la structure sociale des promotions d’étudiants qui les intégreront. Les IEP ne peuvent donc pas prévoir à l’avance de quels financements disposeront chaque année. En effet, si la population des IEP tendait à se rapprocher de la structure des revenus de la société française, ces établissements seraient dans l’incapacité de fonctionner.

 

Du fait de leur modèle de financement, les IEP ont donc besoin de mettre en place une véritable sélection sociale à l’entrée pour assurer leur survie. Le concours commun en est un des outils, car il permet de présélectionner les étudiants qui pourront intégrer les formations et qui pourront ensuite former la classe politique du pays, les IEP donnant accès aux concours pour la haute fonction publique (notamment l’ENA, l’INET, etc.). Aussi, le concours commun en soi est soumis à plusieurs limites. Les candidats doivent en effet payer au préalable 180 euros pour y accéder, et sont évalués sur 3 épreuves dans une seule journée. Ces épreuves ne présentent cependant aucun critère objectif pour pouvoir choisir les plus capables.

 

Pourquoi les étudiants qui le souhaitent ne pourraient-ils pas tous intégrer les formations des IEP ? Au-delà des raisons idéologiques que nous avons décrypté, la sélection est souvent justifiée par des raisons financières. Mais comme nous venons de voir, c’est justement en raison du système de modulation que les IEP se trouvent dans une incertitude financière structurelle, qui les pousse à adopter des critères de sélection. Et malgré cela, les budgets de la plupart des IEP sont en hausse par rapport aux autres facultés.

 

Concernant l’IEP de Strasbourg, l’argent est bel et bien là quand il s’agit de lancer un grand projet de déplacement des locaux de l’Ensemble St-Georges au campus de l’Hôpital Civil. et l’Etat, la Communauté Urbaine, la Région et le Département sont bien contents de co-financer le projet. Pourtant, le changement de locaux vers un bâtiment flambant neuf ne coïncidera pas avec une augmentation des primo entrants. Il servira seulement à déplacer les étudiants de l’IEP en les éloignant du « commun des mortels » du campus central et à cultiver le sentiment de fierté et l’attachement au principe d’excellence propres à ces instituts. Financièrement, le projet devrait permettre à l’IEP de faire encore plus d’économies en intégrant dans un seul bâtiment l’IEP historique et l’ancien IHEE et en fusionnant plusieurs services administratifs.

 

L’Union des Etudiants Communistes de Strasbourg dénonce les logiques qui se cachent derrière le concours commun et la modulation des frais d’inscription des IEP. Contre la sélection sociale et pour le droit de tous d’accéder aux IEP, nous exigeons que des nouvelles modalités d’admission soient mises en place pour démocratiser réellement les IEP et, à terme, garantir à tout le monde le droit d’y accéder !

 

En nous battant pour un réengagement budgétaire de l’Etat, nous voulons que les IEP soient financés pour donner à tout le monde la possibilité d’y accéder sans que leurs financements dépendent des usagers, en remettant ainsi en cause les principes du service public et en incitant les établissements à attirer davantage les étudiants issus des familles les plus aisées. Des cadrages nationaux budgétaires, scientifiques et professionnels des formations doivent être mis en place pour qu’on en finisse avec un enseignement supérieur à deux vitesses !

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Publié le 28 Mai 2015

Le Drame

 

Le 27 octobre 2005, 10 jeunes rentraient chez eux après avoir joué au foot, parmi eux Zyed, Bouna et Muhittin. Pressés, ils prennent un raccourci par un chantier. Un homme les aperçoit et craignant pour leur sécurité - le chantier étant dangereux -, appelle la police. Deux minutes plus tard, un policier en civil, Flash-Ball à la main était déjà en train de poursuivre les jeunes. Ces derniers prennent peur, la police n’est pas tendre en ces lieux, et se faire attraper un jour de ramadan n’est pas une bonne idée. La B.A.C. (Brigade Anti-Criminalité) lance la course-poursuite, cinq voitures au total sont déployées. Les trois plus rapides réussissent à s’enfuir en direction de la centrale EDF, mais sont encerclés de tous les côtés. Il ne leur reste qu’une seule solution : se cacher dans la centrale.

 

Mais la police ne lâche pas prise, un appel est lancé : « Deux individus sont localisés. Ils sont en train d’enjamber pour aller sur le site EDF. Il faudrait cerner le coin… Oui je pense qu’ils sont en train de s’introduire sur le site EDF… Il faudrait ramener du monde, qu’on puisse cerner un peu le quartier quoi. Ils vont bien ressortir… En même temps, s’ils entrent sur le site EDF, je ne donne pas cher de leur peau. » Ils étaient au courant donc du danger qui menaçait les trois garçons, mais ont préféré maintenir la pression.

 

Apeurés, encerclés, chassés, les trois jeunes restent cachés pendant une bonne demi-heure, avant d’être électrocutés. Un seul survivant, Muhittin, qui sort alors de la centrale, gravement brûlé, va chercher des secours. Entre temps, la police est rentrée au commissariat, comme si de rien n’était. « Aucun délit, ni tentative de délit n’avaient été commis par les jeunes », l’affaire est close pour eux, ils n’ont nullement l’idée de prévenir EDF afin qu’une équipe puisse intervenir, ce qui aurait peut-être pu sauver les garçons.

 

Le bilan est grave : deux morts. Les banlieues s’embrasent et l’État, avec son Ministre de l’Intérieur Sarkozy, souffle sur les braises au lieu d’apaiser la situation. Dans ce climat de tension, un attentat se produit contre une mosquée. C’est la goutte qui fait déborder le vase, les émeutes éclatent, et avec elles, les répressions violentes.

 

L’Injustice

 

Durant le procès des policiers, débuté le 16 mars dernier, sont souvent revenues les mêmes remarques et les mêmes questions :

 

  • Zyed et Bouna étaient-ils des délinquants ?

  • Pourquoi les jeunes se sont-ils enfuis à la vue des policiers ?

 

Tout était mis en place pour que ce soit, non plus le procès des policiers mis en examen, mais le procès de ces deux jeunes, qui ont connu suffisamment de contrôles au faciès et de violences policières pour avoir le réflexe de fuir à la vue de la B.A.C avant que cela ne dégénère en une énième bavure.

 

Dans le hall du tribunal, à l’issue du verdict du 18 mai 2015, grande incompréhension et l’impression, qu’une fois encore, les « banlieusards », comme on aime à les appeler, ces exclus de la République, n’ont pas le droit à la Justice. C’est pourtant de Justice qu’avaient besoin ces familles. Et l’on comprend mal ce qui a poussé les juges à prononcer la relaxe alors que les preuves étaient bien là. Les policiers ont préféré se taire en ne portant pas assistance à deux jeunes innocents. Encore une occasion ratée de montrer que la police n’a pas juste pour mission d’interpeller et mettre en garde à vue, mais surtout de venir en aide à la population.

 

Plus qu’un verdict juridique, c’est un constat politique qui se confirme : deux mondes coupés l’un de l’autre, antagonistes et étrangers et la manifestation du pouvoir de l’un sur l’autre. Il y a dix ans, Sarkozy appelait à « karcheriser » la banlieue, autrement dit à une « épurer » celle-ci. Son action en tant que ministre de l’Intérieur puis Président n’a fait que renforcer l’apartheid social présent dans notre pays.

 

En 2005, l’on avait assisté à trois semaines d’émeutes un peu partout sur le territoire, déclenchées par un terrible sentiment d’injustice, et qui en appelaient à la reconnaissance et au respect du droit fondamental à la vie. Protestation morale contre la police, ses comportements, sa violence et son racisme latent qui n’est que la traduction de politiques discriminatoires et de discours haineux et stigmatisant.

 

Dix ans plus tard, rien n’a changé et c’est toujours avec la même colère que les familles, les jeunes et la population cherchent à comprendre.

 

Pour éviter des drames futurs et lutter contre les injustices subies par les habitants des quartiers populaires, la Jeunesse Communiste appelle au rassemblement contre la ghettoïsation et pour un service public plus proche des populations.

 

https://www.youtube.com/playlist?list=PLesGts17DXSSNjlgQIWCcLBRRqHLM4Lg2

 

 

Le Mouvement des jeunes communistes du Bas-Rhin.

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Rédigé par Union des étudiants communistes de Strasbourg

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Publié le 21 Mai 2015

Dans le cadre de l'initiative "Unis dans la résistance" impulsée par le Parti communiste français pour rendre hommage aux Résistants ayant combattu le nazisme et à l'occasion de la Journée nationale de la Résistance, nous vous invitons le MERCREDI 27 MAI à 18h30, rue Sellénick où se trouvait le siège de la Gestapo, à commémorer l'assassinat de Georges Wodli par les nazis.

Georges Wodli, né en 1900, membre du comité central du PCF, cadre de la fédération des cheminots de la CGTU et du Parti communiste d'Alsace-Lorraine, fut un des principal artisan de la reconstitution du Parti communiste dans les trois départements (Bas-Rhin, Haut-Rhin et Moselle) annexés par les nazis et du mouvement de Résistance dans cette
région. Il fut notamment l'un des fondateur du groupe Mario en Moselle et du réseau Wodli en Alsace.
Arrêté par le police de Vichy le 30 octobre 1942, il est livré à la Gestapo le 18 novembre et transféré au camp nazi de Schirmeck le 16 janvier 1943. Humilié, battu et torturé à de nombreuses reprises par la Gestapo à Strasbourg, il meurt vraisemblablement de ses sévices dans sa cellule rue Sellénick le matin du 2 avril 1943. Ramené au camp de Schirmeck peu après, il est incinéré au camp de concentration du Struthof.

Cette année les commémorations prennent une dimension particulière puisque nous fêtons cette année le 70ème anniversaire de la défaite de l'Allemagne nazie et de la fin de la Seconde Guerre mondiale. D'autant plus que le gouvernement socialiste fait entrer plusieurs Résistants français au Panthéon, en ostracisant scandaleusement totalement les communistes.

Nous n'oublions pas les centaines de communistes et syndicalistes victimes de la grande rafle d'août 1942 opérée par les autorités nazies. Emprisonnés, déportés, torturés, exécutés, tel fut le sort de la grande majorité des communistes en Alsace-Moselle durant la Seconde Guerre mondiale. Nous ne pouvons malheureusement pas citer tous les noms ici, mais évoquons Marcel Rosenblatt, membre du comité central du PCF, syndicaliste, député du Bas-Rhin, déporté au camp de Dachau de 1941 jusqu'en 1945 ; Charles Lutz, militant communiste et syndicaliste à Illkirch-Graffenstaden et à Hagondange, lieutenant dans les Brigades internationales durant la guerre d'Espagne, arrêté et fusillé le 4 décembre 1942 à proximité du Struthof ; Marguerite Durrmeyer, militante chez les Jeunes communistes en Moselle, membre du groupe Mario, arrêtée, torturée puis déportée par les nazis.

Par cette initiative faisons également vivre les valeurs de la Résistance et du Conseil National de la Résistance contre le révisionnisme historique, les réactionnaires et la peste frontiste en France comme dans le monde.


L'événement Facebook de la commémoration :
https://www.facebook.com/events/389330227927428/

Pour approfondir la vie et l'engagement politque et syndical de Georges Wodli, nous vous renvoyons à l'article à lui dédié dans notre rubrique hebdomadaire "L'histoire du mouvement ouvrier" : http://uecstrasbourg.over-blog.com/l-histoire-du-mouvement-ouvrier-note-hebdomadaire-de-l-uec-strasbourg.html

Le Mouvement des jeunes communistes du Bas-Rhin et l'Union des Etudiants Communistes de Strasbourg

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Publié le 3 Mai 2015

Nous avions signalé en avril la situation d’un ancien étudiant gabonais de l’Université de Strasbourg arrêté par la police des frontières, détenu au centre de rétention de Metz et sous le coup d’une OQTF : http://uecstrasbourg.over-blog.com/2015/04/l-universite-de-strasbourg-doit-soutenir-son-ancien-etudiant-menace-d-expulsion.html.

 

Un recours a été fait contre la décision du Préfet de Doubs d’imposer une OQTF à l’ancien étudiant. Au cours du procès, la défense de Ian a bien montré l’intégration de l’ancien étudiant dans la vie associative et universitaire française. Elle a pu également montrer le soutien de la part de plusieurs associations et collectifs (dont la Cellule de Veille de l’UdS), qui mènent un travail remarquable contre les expulsions des sans-papiers.

 

A la fin du procès, l’OQTF et l’ordre de placement en centre de rétention ont été annulés et Ian a finalement pu rentrer à Strasbourg, libre.

 

Nous saluons la libération de Ian et la victoire des associations qui l’ont défendu. Et cela malgré le silence de la direction de l’UdS qui a raté une fois de plus une occasion d’exprimer sa solidarité envers l’un de ses anciens étudiants.

 

Mais la lutte contre les expulsions des étudiants étrangers continue, à Strasbourg comme partout en France. La victoire de Ian nous motive encore plus dans ce combat, car nous ne pouvons pas concevoir que des étudiants étrangers vivent la peur au ventre de se retrouver privés de papiers et d’être expulsés arbitrairement par les Préfectures. Aussi, les étudiants étrangers sont disciminés avant, pendant et après la durée de leurs études, notamment par les conditions financières inacceptables imposées par le système de Campus France et par le Décret du 6 septembre 2011, dont le seul but est de favoriser une immigration choisie et de mettre en place une sélection sociale à l’université.

 

Pour mettre en place l’égalité entre les étudiants français et étrangers, l’UEC se bat pour la sortie du système de Campus France et pour l’abrogation du Décret de 2011. Nous nous battons également pour que la carte étudiante devienne valable comme titre de séjour pluriannuel afin de permettre aux étrangers qui finissent leurs études de rester en France pour trouver un emploi, sans être contraints d’en chercher un qui soit forcement lié à leur parcours pédagogique. Enfin, les étrangers doivent pouvoir bénéficier du même système d’aides sociales que les français, qu’ils soient à l’université, à la recherche d’un emploi ou qu’ils en occupent déjà un.

 

L’Union des Etudiants Communistes de Strasbourg

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