Publié le 28 Janvier 2015

Ce vendredi 30 janvier François Hollande, Angela Merkel et Martin Schulz se rencontreront au restaurant « Zuem Ysehuet » (quai Müllenheim) à Strasbourg. Cette rencontre entre les trois nervis européens du capitalisme mondial est encore une fois une provocation envers les peuples écrasés sous le joug de leur austérité, d'autant plus que la rencontre se déroulera à huit clos, loin de la presse et des médias.


Le Mouvement des jeunes communistes du Bas-Rhin appelle à un rassemblement de toutes les forces progressistes à 18h sur la parvis du Palais universitaire (place de l'université) : faisons entendre notre voix contre l'austérité !


À l'instar de l'élan populaire du week-end dernier en Grèce, nous aussi en France battons l'austérité à plate couture !

Nous appelons donc tous les étudiants, travailleurs, chômeurs et retraités, qu'ils appartiennent ou non à une association, un syndicat, ou un parti à réclamer avec nous la fin des politiques austéritaires devant ses responsables. Ils viennent parler soit disant d'avenir : la voix de l'avenir ne sera donc pas muette vendredi !

 

Le Mouvement des jeunes communistes du Bas-Rhin.

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Rédigé par Union des étudiants communistes de Strasbourg

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Publié le 27 Janvier 2015

Le 7 janvier, deux actes effroyables ont été commis. Des criminels ont exécuté des journalistes, des individus en raison de leur religion. Ces terroristes ont commis ces actes au nom d’une religion, insultant les croyants musulmans. Ils ont commis des actes ignobles en tuant ceux qui n’étaient pas comme eux : ces actes sont clairement des actes d’extrême droite. Nous les condamnons sans réserve. 4 millions de personnes ont défilé, lors des plus grandes manifestations depuis 50 ans.

Après l’émotion, après l’indignation, quelles solutions ?

Les tentatives de récupération ont été très nombreuses après le drame survenu mercredi 7 janvier 2015 à Paris. François Hollande a tenté de se poser en garant de l’unité nationale, au mépris d’une réalité que connaissent les Françaises et Français jours après jour : l’aggravation des inégalités, le chômage, l’absence de perspectives d’avenir, etc.
La seule réponse apportée à ce drame par le premier ministre, Manuel Valls, a été le déploiement des forces de l’ordre et de l’armée sur tout le territoire. Une réponse sécuritaire et plus de répression, alors que ces solutions n’en finissent plus de montrer leur inefficacité.
À droite et à l’extrême droite, on réclame un « Patriot Act » à la française (du nom de la loi antiterroriste votée aux États-Unis suite aux événements du 11 septembre 2001), des mesures de fichages, la déchéance de la nationalité française ou le retour de la peine de mort, le tout sur fond d’amalgames et de stigmatisation des Français de confession musulmane.


Derrière le fanatisme se cache le fatalisme !

Nous aurions aimé entendre le gouvernement parler des jeunes laissés sur le bord de la route, déscolarisés, au chômage et sans perspectives d’avenir et de réussite. De quelle réussite parlons-nous ? De celle qui nous permet de se former correctement, afin de trouver un emploi dans des conditions dignes et bien rémunéré, un logement, bref, un cadre dans lequel tout le monde peut évoluer en fonction de ses aspirations et s’émanciper !
Tous ces jeunes ne tombent pas dans le piège du fanatisme, du terrorisme, mais la pauvreté et le déclassement social sont un terreau fertile à l’embrigadement !
Alors que Manuels Valls reconnaît l’existence de ce qu’il appelle un « apartheid territorial, social », nous l’invitons à aller jusqu’au bout de son analyse et à cesser la destruction de notre modèle social.

Investissons dans la formation, dans l’éducation, pour les jeunes et pour tous les travailleurs ! Il faut que l’État se réengage dans l’économie française : logement, industrie, services publics, transports, etc. Le marché a montré son inefficacité pour répondre aux besoins en la matière. Des millions d’emplois ont été détruits par le capitalisme et ses valets qui ont imposés le libéralisme et l’austérité. Pendant que nous nous serrons la ceinture, le patrimoine des 500 plus grandes fortunes de France a augmenté de 25% de 2012 à 2013 ! D’ici 2016, les 85 plus riches du monde posséderont autant que les 3,5 milliards les plus pauvres !
Il n’est pas question de faire preuve de laxisme vis-à-vis du terrorisme, mais il faut trouver des solutions pour tous avant de s’attaquer aux dérives de quelques-uns. Éliminons le terreau fertile aux extrémismes plutôt que de toucher à nos libertés individuelles !

 

Le Mouvement des jeunes communistes du Bas-Rhin

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Rédigé par Union des étudiants communistes de Strasbourg

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Publié le 22 Janvier 2015

Le 26 janvier s'ouvrira le débat parlementaire sur le projet Macron. Présenté en procédure d'urgence de manière quasi anti-démocratique, il s'agit d'un regroupement de mesures menant toutes à la suppression pure et simple du Code du travail, qui servait à limiter l'arbitraire patronal. Sans lui, il ne restera plus aucune entrave à la liberté d'exploiter !

Parmi les mesures honteuses qui nous attendent :

Le travail du dimanche et de nuit : les employeurs pourront déroger à l'obligation du repos dominical pour le motif arbitraire de « préjudice au public et à l'activité », ainsi que dans les zones désignées touristiques et commerciales, et ce sans contrepartie financière fixée par la loi. De même pour le travail de nuit, pour lequel la seule obole accordée par l'employeur sera de s'assurer que l'employé dispose d'un moyen de transport pour le retour. Dans les zones touristiques, le travail de nuit ne serait considéré comme tel qu'à partir de minuit, et non plus de 21 heures !

Prud'hommes : les juges élus, suspects de rendre trop de décisions favorables aux salariés, ne seront plus que des assesseurs de peu de poids face aux juges professionnels désignés par le Tribunal de Grande Instance. Le projet introduit également des procédures de règlement « à l’amiable » des litiges entre patrons et salariés, en dehors des conseils des prud’hommes. Le gouvernement avance un peu plus dans la remise en cause du fondement même du droit du travail : l’existence d’un rapport de subordination inégal entre le patron et son salarié.

Inspection du travail : elle sera encore affaiblie (son indépendance a déjà été remise en cause et ses effectifs diminués de 10 % avec la réforme Sapin de 2014). Les patrons échapperont désormais aux juges puisque la plupart des sanctions prévues par le code du travail seront transformées en amendes administratives. Les peines d'emprisonnement condamnant les délits concernant le droit syndical seront supprimées car susceptibles de dissuader les sociétés étrangères d'investir dans les entreprises françaises !

Licenciements économiques : les procédures seront facilitées et accélérées, tout en évitant aux grands groupes de mettre la main à la poche lorsqu’ils ferment une de leurs filiales.

Médecine du Travail : les médecins seront désormais interdits de délivrer des avis d'aptitude avec réserves, qui obligent les employeurs à adapter le poste de travail à l'état de santé des travailleurs. Sous la menace d'un licenciement, dont la procédure sera facilitée, les employés seront contraints d'accepter des conditions de travail susceptibles de mettre leur santé en danger. Ces certificats empêchent les patrons de licencier abusivement les employés concernés : cette mesure leur permettra de s'en débarrasser facilement ! De plus, la dérogation pour travail dangereux accordée aux mineurs sera simplifiée en simple déclaration.

Travailleurs handicapés : les patrons ne seront plus obligés d'en employer ! À la place et pour ne pas avoir à les payer, ils pourront leur proposer d'adopter le statut de travailleur indépendant, que l'on sait très précaire, ou des « périodes de mise en situation en milieu professionnel », à durée déterminée.

Travail clandestin : pour toujours favoriser le patronat, la sanction devient une suspension d'activité ne pouvant pas dépasser un mois. L'employeur pourra même décider de ne pas s'y soumettre et de payer plutôt une amende, qui sera toutefois négociable.

Transports : la libéralisation du transport interrégional par autobus affaiblira le service public ferroviaire au profit de sociétés privées qui emploieront leurs salariés dans des conditions encore plus douteuses, et forcera les plus précaires à emprunter cette « troisième classe », moins onéreuse et très polluante. La privatisation des aéroports de Nice et de Lyon ainsi que la pression qui sera imposée aux sociétés autoroutières permettront aux capitalistes de profiter de ces juteux monopoles, au détriment des usagers.

Nous devons construire la riposte et infliger une défaite au gouvernement PS- Medef ! Les évènements récents ne doivent pas servir à faire passer en douce ce projet liberticide. Nous sommes tous concernés.

 

Samedi 24 janvier à 15h place Kléber à Strasbourg, Rejoignez notre mobilisation unitaire pour le retrait du projet Macron et contre l'austérité !

 

Les organisations signataires : Alternative Libertaire Alsace, ATTAC Strasbourg, JC, le comité Louise Michel de l'Organisation de Femmes Egalité, NPA, PCOF.

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Rédigé par Union des étudiants communistes de Strasbourg

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Publié le 16 Janvier 2015

Si l’attention des médias ces derniers jours s’est focalisée sur l'attentat contre Charlie Hebdo, la fusillade de Montrouge et la prise d’otages Porte de Vincennes des 7, 8 et 9 janvier derniers, une information d’importance majeure marque l’actualité internationale : la ratification par la Palestine du Statut de Rome.

Un événement historique dont les conséquences ne sont pourtant que mal, voire pas, expliquées. En effet, cette ratification emporte avec elles nombre de répercussions et soulève beaucoup de questions.

 

La CPI, qu’est-ce que c’est ?

 

Bref historique…
La CPI a été créée par le Statut de Rome de 1998, entré en vigueur le 1er juillet 2002. L’idée de créer une juridiction pénale internationale est multiséculaire mais a vu le jour, à l’époque contemporaine, avec la naissance du Tribunal de Nuremberg, chargé de juger les criminels des puissances vaincues de la Seconde Guerre mondiale. Par la suite, plusieurs tribunaux vont être créés, avec des statuts différents, comme les tribunaux ad hoc pour l’ex-Yougoslavie ou pour le Rwanda, les tribunaux spéciaux pour la Sierra Leone ou le Cambodge, ou encore celui pour le Liban. L’idée, en créant la CPI, était de punir les auteurs de crimes les plus graves qui interviendraient après l’entrée en vigueur du Statut : crimes de guerre, crime contre l’humanité, génocide, crime d’agression (ce dernier n’étant pas encore entré en vigueur).

 

Combien de fausses informations circulent sur la toile à ce sujet ! Non, la Cour pénale internationale ne juge pas des États (contrairement à la Cour internationale de Justice), non elle ne juge pas non plus des personnes morales. Elle n’est compétente que pour connaitre des situations relatives à des crimes internationaux et pour juger les personnes physiques responsables.

 

La ratification du Statut de Rome

 

En droit international, un traité ne produit des effets que lorsque celui-ci a été signé et ratifié. Une fois la ratification faite, on dit de l’État qui l’a ratifié qu’il est lié, ce qui signifie qu’il doit le respecter pour ne pas engager sa responsabilité internationale.

En ratifiant le Statut de Rome, la Palestine a fait part de sa volonté d’être Partie au Statut et donc de siéger à l’Assemblée des États Parties, au même titre que ses 122 homologues.

La Palestine a reconnu la compétence de la CPI dans sa déclaration d’acceptation du 5 janvier 2015 (déclaration qui n’est pas tributaire de la ratification du Statut). Elle permet donc à la CPI de connaitre des crimes commis sur son territoire à partir du 13 juin 2014 (il est possible de fixer une date de manière rétroactive, mais il n’est pas possible de remonter avant le 1er juillet 2002).

 

Un événement historique

 

Cette adhésion est historique et ce pour deux raisons principales :

* La possibilité d’avoir une véritable enquête sur les crimes commis en Palestine, notamment à Gaza, à partir de juin 2014 : pour rappel, cela correspond au début des hostilités qui ont duré 7 longues semaines et qui ont fait suite à la mort de trois jeunes israéliens, mort à laquelle les autorités israéliennes ont répondu par une effroyable offensive militaire (opération « Bordure Protectrice »).
* La reconnaissance de la Palestine en tant qu’État est maintenant incontestable.  Après avoir été reconnue par 135 États, par des Parlements, des organisations internationales, notamment l’Union européenne, ayant le statut d’État observateur à l’Assemblée générale des Nations Unies, il est de plus en plus difficile, pour ne pas dire impossible, de remettre en cause la qualité d’État de la Palestine. Et ce n’est pas pour rien que les États-Unis et Israël se sont fortement opposés à l’adhésion de celle-ci à la CPI.

 

Concrètement…

 

La Palestine pourra renvoyer la situation au Bureau du Procureur de la Cour (et elle ne s’en privera pas !). Celui-ci procèdera à un examen préliminaire pour s’assurer que les conditions sont bien réunies, qu’il y a bien assez d’éléments prouvant qu’il y a eu commission de l’un ou plusieurs crimes, avant d’ouvrir une enquête. Il peut considérer que les documents fournis ne sont pas suffisants. Il peut également estimer que l’ouverture d’une enquête est nécessaire. Dans ce cas, il en informe la Chambre préliminaire qui décidera s’il y a lieu ou non d’autoriser ladite enquête. La Chambre peut tout à fait considérer qu’il n’y a pas de « base raisonnable pour ouvrir une enquête », cela n’empêche pas le Procureur de déposer une nouvelle demande après avoir récolté de nouveaux éléments de preuve ou que des faits nouveaux surviennent, en rapport avec la situation.

 

Des obstacles de taille

 

L’on se réjouit bien évidemment tous de cette nouvelle. Néanmoins, des obstacles majeurs se dressent sur la route de la justice pour le peuple palestinien. Le premier et non le moindre : Israël n’est pas Partie au Statut. Cela signifie qu’on ne peut en principe lui opposer le Statut. Il existe des exceptions. Étant donné qu’il est ici question de crimes internationaux qui touchent à la communauté internationale toute entière, et que le Conseil de sécurité est l’organe chargé de la paix et la sécurité internationales, ce dernier peut prendre une résolution obligeant Israël à coopérer avec la Cour. Ses décisions étant obligatoires, cela suffirait à ce que les criminels soient poursuivis et arrêtés afin d’être transférés à la Cour.

Nul doute cependant que jamais pareille hypothèse n’arrivera : la composition du Conseil rend la prise de décision impossible, du fait notamment du veto américain. D’autant plus que les trois États du Conseil qui ne sont pas Parties au Statut mais seulement États observateurs de la Cour ne sont autres que… les États-Unis, la Russie et la Chine. De quoi rire jaune.

Il ne faut pas se leurrer. La nature même de la juridiction fait que la procédure et l’examen au fond ont une dimension politique. Il serait extraordinaire, mais tristement idéaliste actuellement, de croire que l’on puisse un jour voir Netanyahu à la barre des accusés. Ce ne serait après tout que dans la logique des choses qu’un criminel de masse soit jugé et puni pour les atrocités commises et dont il ne se cache même pas. Et pourtant…

 

Le Hamas ne sera pas épargné

 

Si l’on pense directement à la responsabilité des dirigeants israéliens, il ne faut pas oublier que  l’enquête pointera aussi, à coup sûr, la responsabilité de militants du Hamas pour les actes commis à partir du territoire palestinien, sans discrimination (autrement dit, en utilisant des moyens qui ne font pas la distinction entre les populations civiles et les objectifs militaires) constituant ainsi, en vertu du droit international humanitaire, des crimes de guerre.


« Celui qui combat peut perdre mais celui qui ne combat pas a déjà perdu »

 

Quelle meilleure citation que celle de Bertolt Brecht pour décrire le combat du peuple palestinien et des peuples opprimés du monde entier contre la barbarie et l’impérialisme. Parce que oui, le chemin est encore long pour redonner à ce peuple toute sa liberté, mais regardons le chemin déjà parcouru. Gardons en tête toutes les déclarations et manifestations d’amitié faites en l’honneur de la Palestine, rappelons-nous de l’évolution du nombre d’États, institutions, organisations qui l’ont reconnu comme un État digne de ce nom. Une chose est sûre, cette adhésion va être à l’origine de nombreux débats et querelles juridico-politiques au sein de la juridiction et de l’ONU. Mais elle pourrait également avoir, comme le souligne la Fédération Internationale des Droits de l’Homme, un effet dissuasif sur la perpétration de nouveaux crimes par Israël.

L’année 2014 était celle de la Palestine. Faisons en sorte que 2015 soit celle de la Justice pour le peuple palestinien !

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Publié le 14 Janvier 2015

Depuis le début de la semaine nous avons assisté aux premiers signes de l’instauration d’une logique sécuritaire sur notre campus, qui fait suite aux événements dramatiques des fusillades à Charlie Hebdo et en banlieue parisienne.

Nous avons été parmi les dizaines de milliers de gens qui ont manifesté leur solidarité aux familles des victimes et le refus de toute haine raciale et amalgames douteux le dimanche 11 janvier à Strasbourg. Pourtant ces événements ne peuvent justifier la mise en place de dispositifs sécuritaires qui restreignent nos libertés en tant qu’individus et en tant que militants.

Hier la police à vélo est entrée librement dans l’enceinte du campus. En effet, à côté de la Cafétéria des Sciences, les agents ont fouillé des gens qui étaient à l’extérieur en train de fumer, en les accusant de posséder des substances illégales. Inimaginable, parmi plusieurs personnes qui se tenaient à proximité de la Cafétéria, la police a ciblé les immigrés et les gens qui étaient habillés de façon plus « hors du commun ».

Des agents de sécurité ont été également placés aux entrées des Resto U du CROUS. Pour le moment, la seule action où ils se sont montrés « utiles » a été celle d’interpeller des militants de l’UEC sur les activités qu’ils étaient en train de faire devant le RU de l’Esplanade (une diffusion de tracts), en leur demandant s’ils avaient une autorisation et en lisant attentivement le tract incriminé avant de laisser poursuivre l’action.

Qui a donné le permis aux forces de l’ordre d’entrer systématiquement dans le campus ?

L’Université de Strasbourg s’est pressée d’affirmer son soutien aux victimes de Charlie Hebdo en se réclamant de la médaille de la Résistance : la direction de l’Unistra a une conception plutôt schizophrénique de la liberté d’expression. Elle la défend lorsqu’il faut s’unir au chœur pathétique et hypocrite de l’unité nationale, mais elle l’oublie lorsque ses étudiants se mobilisent pour défendre leurs conditions de vie et d’études. Où était la liberté d’expression dans les matraques policières que nous avons vu et subi tout au long de l’année dernière, dans l’enceinte du campus et devant le Palais Universitaire ?
Cela ne nous étonnerait pas que la direction même de l’Unistra, après avoir donné son consentement à la présence de forces de l’ordre sur le campus, se livrent à des fouilles qui ont tout autre objectif avec l’excuse de l’« alerte terroriste ».
Nous ne cautionnerons pas qu’au nom de la tragédie de Charlie Hebdo, qu’à cause d’une poignée d’extrémistes religieux abrutis, puissent être instaurées la peur et la paranoïa à l’université ; qu’au nom des victimes puisse se mettre en place un Patriot Act à la française, qui cible avant tout les étudiants étrangers et les militants, avec une restriction de nos libertés et une violation systématique de l’enceinte du campus par les forces de l’ordre !

Après l’austérité généralisée entérinée hier au Conseil d’administration de l’Unistra avec le vote du budget 2015, voilà le système policier et répressif qui se met en place. Quel début d’année 2015 ! Ne nous laissons pas avoir par « l'unité nationale et républicaine » qui conforte notre exploitation par les capitalistes et l'État qui écrasent leurs bottes sur nous ! Luttons pour notre liberté et pour le socialisme du XXIe siècle !

 

Les étudiants communistes de Strasbourg.

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Publié le 9 Janvier 2015

 

Chers camarades, chers amis,

 

l’année 2014 qui vient de s’écouler n’a pas été de tout repos, très loin de là. Le capitalisme que certains estiment épuisé, sur le point de s’effondrer de lui-même par le poids de ses propres contradictions, est plus que jamais à l’offensive. Sous le joug de ses armes que sont le chômage, la précarisation, la discrimination, l’intimidation, la division, la misère et la guerre, nous sommes plus que jamais exploités et écrasés par ce système. En somme ce panel d’armes n’est guère nouveau mais notre monde semble le découvrir chaque jour. En effet, rien que dans notre région nous pouvons démontrer la vigueur destructrice du capitalisme ces dernières années : des centaines et des centaines de suppressions d’emplois chez General Motors, chez Lohr, chez De Dietrich, chez Caddie ; des dizaines d’entreprises liquidées comme la raffinerie de Reichstett, les Grandes poteries d’Alsace ou Coop Alsace, pourtant le symbole de la distribution en Alsace ; de même, les collectivités territoriales sont asphyxiées financièrement et ne peuvent plus assurer leurs missions de service public. Preuve en est par exemple avec les coupes budgétaires inouïes à la Communauté urbaine de Strasbourg qui durant cinq ans sera privée de 67 millions d’euros et va ainsi sacrifier un millier d’emplois sur l’autel de l’austérité. Nous pourrons encore citer beaucoup de situations analogues, comme l’Université de Strasbourg qui ne peut plus fonctionner de manière optimale puisque ce sont des dizaines de millions d’euros qui manquent à son budget. En clair, c’est notre avenir qui est bradé à quelques profiteurs s’engraissant sur notre dos, sous les yeux complaisants des barons politiques et administratifs locaux qui n’hésitent d’ailleurs pas à mettre la main à la pâte.

    Ces dernières années l’Alsace pouvait encore se targuer d’avoir de meilleurs résultats économiques qu’en « France de l’intérieur ». Maintenant ce n’est même plus le cas, nous constatons que le nombre de privés d’emplois explose dans notre région et dépasse même la hausse nationale lors du mois de décembre dernier. La privation d’emploi frappe encore une fois particulièrement les jeunes.

    Que dire encore de la situation politique, animée ces derniers mois par la fusion des régions Alsace, Lorraine et Champagne-Ardenne qui constitue encore un nouveau déni de démocratie de la part du gouvernement socialiste. Nous ne parlons même pas ici de la toute fraîche « Eurométropole » de Strasbourg qui ne nous réservera que des surprises de choix, nous n’en doutons pas. Les barons locaux, qu’ils soient « centristes », socialistes ou de droite, savent défendre leur pré carré et leur prébende : opportunistes, menteurs, populistes, démagogues, voleurs, mais toujours au service du capital, ils peuvent se transformer tel un caméléon pour enfumer le peuple. Certains appellent même à l’unité de leur caste contre les travailleurs en colère et en lutte, et c’est ce personnage même qui est désormais président de Strasbourg Eurométrople. Quel mépris du peuple, quelle honte pour la capitale alsacienne. Ainsi, peu importe pour eux que des néo-nazis et autres fascisants défilent le bras tendu pour « défendre leur Alsace » face à « l’invasion islamiste/juive/extraterrestre, etc. » (à choisir selon la sensibilité du groupuscule), et s’approprient la question de l’identité alsacienne. Le drapeau Rot un wiss [Rouge et blanc] n’est pas acquis aux hitlériens, tout comme le drapeau bleu blanc rouge n’est pas le drapeau du Front national mais celui du peuple de France. N’ayons plus honte d’être fiers d’être Alsaciens, de sang ou de cœur, n’ayons plus honte d’aimer notre région, refaisons de notre culture et de notre identité un bien commun. Nous voulons une Alsace progressiste et solidaire, fondée sur sa mixité et son interculturalité qui a depuis toujours fait sa force et nous en appelons à tous les jeunes Bas-Rhinois et par extension Alsaciens, qui ne se reconnaissent pas dans ces valeurs de haine et d’exclusion à se joindre à nous.

    Dans nos vœux nous ne pouvons pas ignorer la fusillade au siège de Charlie Hebdo qui a eu lieu le mercredi 7 janvier. Deux hommes déterminés et lourdement armés ont assassinés 12 personnes, dont des journalistes et dessinateurs de renom, certains étaient des compagnons de route de longue date du mouvement communiste. Nous tenons de prime abord à exprimer notre solidarité envers les familles et les proches de toutes les victimes. Même si nous ne partageons pas toutes les opinions du journal, nous ne pouvons qu’être abasourdis et profondément révoltés par un tel déchaînement de violence à son encontre. Nous saluons également les 5 000 Strasbourgeois réunis sur la place Kléber le soir du drame, nous aurions également aimé qu’autant de personnes se réunissent pour défendre leurs droits et leurs libertés dans d’autres circonstances. Nous ne sommes également pas dupes du soudain soutien à Charlie Hebdo et à la liberté émis par certaines organisations et personnalités, il ne suffit pas de s’afficher avec le slogan « Je suis Charlie » pour être un ardent défenseur des droits humains. Enfin, il est encore trop tôt pour tirer des conclusions de cet événement, en revanche, nous devons à tout prix lutter contre les amalgames douteux qui allient islam et terrorisme, qui vont être exploités jusqu’à la corde par les islamophobes et fascisants nauséabonds. Encore une fois ne pas lutter contre cela c’est laisser place à la stratégie de division que les capitalistes opposent aux travailleurs du monde entier.

    Que pouvons-nous faire face à tout cela ? La lutte serait donc vaine face à un ennemi aussi puissant ? En ce début d’année 2015 nous, jeunes communistes du Bas-Rhin, avec une organisation renforcée grâce à notre dernier Congrès national en décembre dernier, nous répétons encore une fois que non, ne nous résignons pas. Combattons de toutes nos forces ce capitalisme mortifère et ses laquais comme le Front national qui détruisent nos vies, nous empêchent de nous émanciper et confortent notre exploitation. Pour mettre fin aux inégalités, aux discriminations, dégageons enfin les bonzes de ce système pour mettre en place le socialisme du XXIe siècle !

    Même si nous partageons la réflexion d’Antonio Gramsci sur le Nouvel An (http://dormirajamais.org/gramsci-2/), le Mouvement des jeunes communistes du Bas-Rhin vous souhaite une très belle année 2015 ! Une année de luttes victorieuses, où le MJCF sera le bouclier et l’épée de la jeunesse, dans notre région, en France comme dans le monde de par son appartenance à la FMJD [Fédération mondiale de la jeunesse démocratique]. Nous avons une pensée particulière pour les Kurdes et pour le peuple palestinien qui luttent pour leur liberté au Proche-Orient.

    En cette année 2015 où nous allons célébrer les 70 ans de la fin de la Seconde Guerre mondiale, pensons aux dernières paroles de Georges Wodli et soyons dignes de celles-ci : « Sollte ich den heranbrausenden Wirbelsturm der neuen Menschenrechte nicht mehr erleben, so sorgt dafür, daß mein Tod nicht umsonst war. »
[Si je n’ai pas vécu le déferlement irrésistible des nouveaux droits humains, assure-toi que ma mort n’a pas été vaine.]

Derniers mots de Georges Wodli* à un camarade au camp nazi de Schirmeck (*résistant et dirigeant communiste alsacien, torturé et assassiné par la Gestapo en 1943).

 

Les Jeunes et étudiants communistes du Bas-Rhin.

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